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 d’ADHEOS

Le Parlement de Singapour a révoqué mardi une loi pénalisant les rapports sexuels entre hommes datant de l’époque coloniale. Le Parlement de Singapour a révoqué mardi une loi pénalisant les rapports sexuels entre hommes datant de l’époque coloniale. Cette loi, critiquée comme discriminatoire et stigmatisante pour la communauté LGBT, prévoyait une peine maximale de deux ans d’emprisonnement, mais n’était plus appliquée.

“Je suis content qu’on y soit finalement arrivé”, a observé Justin, un membre de la communauté LGBT, qui n’a voulu donner que son prénom. Avec cette “loi archaïque” qui disparaît, “c’est une raison de moins pour cacher qui je suis”, a-t-il dit

“Mais c’est juste un premier pas pour éliminer les préjugés sociaux et religieux qui pèsent sur notre communauté à cause de croyances dépassées et de la censure des médias” dans la cité Etat d’Asie du Sud-Est, a-t-il estimé.

Singapour est un important carrefour commercial et financier à l’architecture ultramoderne mais conserve des normes sociales conservatrices. Elle compte cependant une communauté LBGTQ+ visible, qui s’est mobilisée régulièrement, avec notamment des rassemblements «Pink Dot» pour défendre ses droits.

Le Parlement singapourien a cependant également modifié la Constitution locale pour préciser qu’un mariage ne pouvait être que l’union d’un homme et une femme, empêchant les couples de même sexe d’obtenir l’égalité devant le mariage.

Le premier ministre Lee Hsein Loong s’est félicité de cette double évolution, «une étape marquante pour Singapour», et a salué le sens des responsabilités de toutes les parties.

Des mois «d’innombrables» réunions de dialogue impliquant des milliers de personnes ont permis de parvenir à un «consensus national pour aller de l’avant» sur un sujet clivant, a-t-il souligné dans un message sur Facebook.

Le ministre de la Justice K. Shanmugam a indiqué à la fin des débats au Parlement mardi que la révocation de la loi était «la bonne chose à faire, parce qu’on ne peut plus considérer que les rapports sexuels consentants entre hommes sont un crime».

Il avait encore relevé la veille que cette législation était «un rappel quotidien» aux homosexuels que «chaque fois qu’ils se livrent à des actes sexuels en cachette, dans l’intimité de leur chambre à coucher, il sont néanmoins des criminels».

Le ministre aux Affaires sociales et familiales Masagos Zulkifli, dont l’administration a proposé l’amendement à la Constitution bloquant les unions de personnes du même sexe, a souligné que la définition traditionnelle de la famille devait rester le socle de la société.

«Il n’y a pas de projet de changer cette définition pour inclure les mariages entre personnes de même sexe», a-t-il déclaré mardi. Il a prévenu que toute célébration d’une union entre personnes du même sexe «était contraire à la loi». Mais il est possible néanmoins que le Parlement modifie à l’avenir la définition du mariage, a-t-il convenu.