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 d’ADHEOS

 Pour la première fois, le Grand Orient de France (GODF), principale obédience franc-maçonne française, exclusivement masculine, compte parmi ses membres une trans’, reconnue par celle-ci comme femme.

 
Cette obédience n’initie en effet que des hommes, cependant à l’époque Olivia Chaumont avait été initié en tant qu’homme. La question de la mixité s’est donc posée lors de sa transition, il y a quelques années. Aujourd’hui, le Grand Maître Pierre Lambicchi y répond, une sœur vient d’être reconnue au GODF, une grande première.
 
RECONNAISSANCE DES COUPLES HOMOS EN 2004
Déjà, en avril 2004, le GODF avait autorisé la reconnaissance conjugale d’un couple homosexuel, reconnaissance réservée habituellement aux compagnes et épouses, qui consiste à « adopter » le conjoint d’un frère et à le reconnaître comme membre de la « fraternité maçonnique », sans pour autant qu’il devienne franc-maçon. Depuis, plusieurs cérémonies de reconnaissance conjugale de pacsés se sont tenues au GODF et dans d’autres obédiences francs-maçonnes.
 
Le GODF et deux autres obédiences étaient également intervenues en novembre 2008, parlant de « régression pour tous les humanistes attachés au respect de la dignité de la personne », suite à l’arrêt de la Cour de cassation blanchissant Christian Vanneste, poursuivi pour propos homophobes. « Il appartient aux élus de la République, dans l’exercice de leurs mandats publics, de respecter l’ensemble des citoyennes et des citoyens auxquels ils s’adressent et qu’ils représentent », avaient-ils ajouté.
 
Dans une interview exclusive pour Yagg, Olivia Chaumont, première sœur du Grand Orient, témoigne de son expérience.
 
Comment avez-vous vécu votre transition?
J’ai fait ma transition en 2005, ça a d’abord été un problème personnel, une étape importante de ma vie de tous les jours, puis ensuite j’ai dû être confrontée à cet engagement maçonnique qui fait partie de ma vie. Un jour, j’ai effectivement dû annoncer à mes frères francs-maçons qu’ils avaient une sœur, j’étais alors en cours de transition.
 
Mon coming-out trans’ a été la chose la plus difficile à vivre. Il y a encore une très mauvaise connaissance de la transsexualité. On nous regarde encore comme des bêtes curieuses, on est confrontée à tout un tas de difficultés administratives… Tout cela est quelque chose d’assez difficile à vivre mais le plus difficile a été de le dire, dans le milieu familial, puis dans le milieu professionnel. Je suis architecte-urbaniste, vous imaginez, sur un chantier, combien cela a pu être difficile. Et finalement, le faire dans la franc-maçonnerie n’a vraiment pas été l’étape la plus difficile. Tous les membres travaillent sur les sujets liés à la tolérance et se posent des questions sur « l’acceptation de l’autre devenu diffèrent », donc pour eux cela s’est fait plus naturellement.