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 d’ADHEOS

Depuis la mort de leur fils, les parents d’Ihsane Jarfi étaient discrets, mais dignes. Un mois et demi après les faits, ils confient à la presse belge leur tristesse et leur envie de militer contre l’homophobie.  
 
Dans une interview accordée hier aux journaux Le Soir et la Meuse, Nancy et Hassan Jarfin racontent leur cauchemar éveillé. Depuis ce jour où, l’air grave, des policiers leur ont annoncé que trois hommes avaient été arrêtés, «que c’étaient des barbares et que ce qu’ils avaient fait était inhumain». Quelques heures plus tard, le corps de leur fils Ihsane sera retrouvé dans un champ.
 
Né à Casablanca, Hassan Jarfin est venu en Belgique pour ses études en communication. Il y a rencontré sa femme, Nancy, qui est institutrice. Le couple aura six enfants, dont Ihsane était l’aîné. Ils étaient très fiers de lui: «Il venait de décrocher un job de gérant d’un magasin de vêtement de luxe à Bruxelles et avait pris un mois de congé pour réviser les langues avant de commencer ce travail. Il a toujours travaillé, il rigole tout le temps. Il rayonne d’amour.» Ils en parlent toujours au présent.
 
«Dieu a créé mon fils comme ça»
Hassan enseigne la religion islamique dans une école liégeoise et est responsable d’une des plus grandes mosquées de la ville. Mais quand Ihsane (photo ci-contre) a fait son coming out, il n’a été ni surpris, ni choqué. «Je le savais déjà. Quand il était petit, il essayait les chaussures de sa maman. J’ai éduqué mes enfants dans la multiculturalité, la liberté.» Après avoir consulté les textes religieux, il dit n’avoir «rien trouvé dans (sa) religion disant qu’un homosexuel était condamné à l’enfer. L’ignorance est la pire des ennemies. Dieu a créé mon fils comme ça.»
 
Pour Nancy et Hassan, impossible de ne pas penser aux circonstances atroces de la mort d’Ihsane. Ils ne crient pas vengeance, mais ne peuvent pas pardonner. «Nous espérons que dans leur cellule, ils repensent au visage d’Ihsane qui les suppliait d’arrêter et qu’un petit peu d’humanisme va poindre dans leur tête. Nous voudrions que personne ne soit privé de son enfant juste parce que celui-ci a voulu être ce qu’il était. Jusqu’au bout, nous militerons pour les minorités, contre l’homophobie et la haine de la différence.»