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 d’ADHEOS

Le Parlement lituanien a rejeté de justesse un projet de loi soumis par les conservateurs au pouvoir, tentant de sanctuariser une conception catholique de la famille, réservée aux couples mariés
 
l ne s’en est fallu que d’une voix: une seulement a manqué pour obtenir la majorité des deux tiers, requise pour amender la Constitution. C’est à ce score limite (93 députés avaient voté pour, sur 141 au total) que le Parlement de Vilnius a rejeté, hier, un projet de loi homophobe. Ce texte d’inspiration catholique, soumis par les Conservateurs au pouvoir, tentait d’imposer la conception de «Famille» aux seuls couples (hétérosexuels) mariés.
 
Valeurs «fondamentales»
Le projet stipulait «qu’une famille est établie lorsque le mariage est conclu» et il a été formulé malgré la décision de la Cour constitutionnelle annoncée l’an dernier, selon laquelle la famille pouvait être «créée sur une base autre que le mariage». «Nous essayons de protéger ce qui est basée sur des siècles d’expérience humaine et les valeurs fondamentales de notre civilisation», a déclaré pendant le débat le député conservateur Mantas Adomenas.
 
L’adoption de l’amendement à la Constitution a été bloquée par un allié libéral de la coalition au pouvoir et par l’oposition socio-démocrate. «Dans les sociétés démocratiques, les gens ont le droit de définir la vie de famille eux-mêmes, selon leurs convictions», a insisté un député social-démocrate Vytenis Andriukaitis.
 
Minorités protégées
La Constitution de Lituanie, pays majoritairement catholique qui a regagné son indépendance de l’URSS en 1990 avant de rejoindre l’Union européenne en 2004, définit la famille comme le «fondement de la société» et le mariage comme étant une union entre un homme et une femme. L’opposition à l’homosexualité reste profondément enracinée dans ce pays.
 
La Lituanie avait fait parler d’elle en tentant de faire passer une loi interdisant la «promotion des relations homosexuelles» semblable à celle qui vient de passer dans des villes russes comme Saint-Pétersbourg – la présidente avait exprimé son opposition à ce texte. Finalement, le texte avait été amendé pour le rendre plus vague sur les discours interdits, ce qui a créé d’ailleurs un autre débat… mais il avait aussi inclu une forme de protection des minorités sexuelles, rendant le tout conforme aux injonctions de l’Union européenne.