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 d’ADHEOS

À l’approche du mois de juin, le mois des Fiertés LGBT+, gros plan sur la sexualité animale : des comportements homosexuels ou bisexuels ont été observés chez des centaines d’espèces.

(Rediffusion du 12 juin 2022)

Ce fut longtemps un sujet tabou pour les scientifiques, comme il l’était dans la société. Et pourtant : l’homosexualité est dans la nature. « C’est la même chose que chez les humains », souligne Fleur Daugey, journaliste, éthologue (spécialiste du comportement des animaux), auteure de Les Animaux homos, une histoire naturelle de l’homosexualité. « Chez les animaux, il va y avoir des baisers, des pénétrations, dans le vagin ou dans l’anus, selon le sexe des individus. »

Des comportements homos ou bisexuels ont été observés chez 1 500 espèces, et 500 d’entre elles ont fait l’objet d’études scientifiques, chez des oiseaux, des insectes, des mammifères, des reptiles ou des poissons. Autant de cas qui tordent le cou à une idée reçue : la sexualité animale ne servirait qu’à la reproduction.

« L’homosexualité fait du bien »

En réalité, dans le sexe, il y a d’abord du plaisir. « Si vous êtes un lion ou une fourmi, vous ne vous dites pas “il faut que je me reproduise pour laisser une descendance” », ironise Fleur Daugey. « On va aller vers un comportement sexuel parce que ça nous fait du bien, et incidemment, on se reproduit. Ce n’est donc pas étonnant qu’il y ait de l’homosexualité, puisque ça fait du bien ! »

Les lions se font des câlins et les lionnes aussi. Les bisons mâles ont plus de relations homos qu’hétéros, les femelles n’étant disponibles qu’une seule fois dans l’année. L’homosexualité, ou la bisexualité, aussi chez les dauphins ou les bonobos, ces singes qui nous ressemblent tant. L’amour est libre dans la nature, et c’est un libre choix.

Homoparentalité animale

Beaucoup de relations homosexuelles ont d’abord été observées chez des animaux en captivité : parce qu’ils n’avaient pas le choix du sexe de leur partenaire, pensait-on ? Pas du tout, comme en témoignent des expériences menées chez des insectes, des hannetons, dès le XIXe siècle. « Quand les chercheurs mettaient des mâles et des femelles tous ensemble, des mâles choisissaient d’avoir des relations avec d’autres mâles alors qu’il y avait des femelles à disposition », raconte Fleur Daugey.

Mais il n’y a pas que le sexe dans la vie. Il y a aussi l’amour. Le désir de fonder une famille. Chez le cygne noir australien, un exemple que cite souvent Fleur Daugey, « ce sont les mâles qui sont parfois homosexuels, et qui sont fréquemment parents. Ils réussissent par exemple à s’accoupler avec une femelle et la chassent une fois qu’elle a pondu les œufs pour s’en occuper eux-mêmes. » On a même vu un couple de manchots mâles couver un caillou !

« Que pensent les animaux de la GPA ? »

On ne leur a pas demandé leur avis, et pourtant… Ce que font les poules, les vaches ou les chiennes d’élevage, c’est bien de la gestation pour autrui, pour les humains en l’occurrence, et leur seul profit ; la mère porteuse n’est jamais rémunérée. Mais il y a aussi des pères porteurs dans le monde animal. Chez l’hippocampe, par exemple, la femelle vient pondre dans la poche ventrale du mâle, qui féconde les œufs et les porte pendant 4 semaines. Pour permettre à la femelle de se reposer, pour remettre le couvert au plus vite…

SOURCE : www.rfi.fr