Plusieurs milliers de Hongrois ont défilé samedi à Budapest pour défendre les droits des LGBT+, un an après l’entrée en vigueur d’une loi jugée discriminatoire.
Coeur géant, drapeaux et ombrelles aux couleurs de l’arc-en-ciel, la manifestation s’est déroulée en toute légalité le long du Danube par une chaleur caniculaire.
Les participants, parmi lesquels des diplomates étrangers, ont condamné le texte adopté l’été 2021 qui interdit « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs.
« C’est un outil pour diviser les gens et les monter les uns contre les autres », selon Armin, expert en marketing, qui n’a pas voulu donner son nom de famille.
« Pour être franc, la situation est déprimante », a confié Pal Vas, un étudiant de 18 ans qui quittera la Hongrie en septembre pour ses études.
« J’ai la chance d’avoir une famille et des amis ouverts, mais je connais tellement de personnes LGBT+ qui sont obligées de se cacher », dit le jeune homme, qui raconte avoir récemment été insulté dans la rue. « Juste parce ce que je portais un tee-shirt rose ».
Annamaria Nemet, vendeuse de 54 ans, est venu par solidarité avec son fils. « Je ne peux pas accepter le fait qu’il soit considéré comme un citoyen de second rang dans son propre pays », souligne-t-elle. « Nous sommes une société rétrograde ».
Sur un pont de la ville, des contre-manifestants avaient déployé une banderole faisant l’amalgame entre homosexualité et pédophilie, à l’image de la loi.
La loi hongroise, visant à l’origine à lutter contre la pédocriminalité, avait soulevé l’an dernier un tollé en Europe: la présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait parlé de « honte ». Dans la foulée, l’exécutif européen avait lancé une procédure d’infraction contre la Hongrie, avant de saisir mi-juillet la Cour de justice de l’UE.
Le Premier ministre nationaliste et ultra-conservateur Viktor Orban, dont le pays est dans le collimateur de Bruxelles pour ses atteintes à l’Etat de droit, assure que la loi n’est pas homophobe et vise à « protéger les droits des enfants ».
Samedi, à l’occasion d’un discours en Roumanie, il a réaffirmé la position du gouvernement: « Le père est un homme, la mère est une femme, laissez nos enfants tranquilles », a-t-il insisté, rejetant « les absurdités occidentales » sur le sujet.
- SOURCE LA CROIX