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 d’ADHEOS

Combattre l’homophobie fait partie intégrante de sa vie. Ex-responsable et chroniqueur au sein d’un média pro gay-lesbien, animateur de l’émission "Egalité" sur Lyon Radio, l’engagement de notre contributeur est réel. Sauf qu’aujourd’hui, il se retrouve victime de ces agressions qu’il dénonce depuis des années.
 
Depuis plusieurs mois, je reçois presque quotidiennement des mails ou des tweets à caractère homophobe. Mon engagement, très actif, en faveur du mariage pour tous et pour l’égalité des droits pour les couples de même sexe. Le fait d’être contre l’homophobie ne semble pas plaire à tout le monde.  
 
Jusqu’à présent, j’ai pris ces attaques à la légère, sans y prêter d’attention particulière. Je me disais que la meilleure réponse à apporter aux imbéciles était le silence. Mais, comme tout le monde, j’ai un seuil de tolérance avec ses limites. Et ses limites ont été franchies récemment.  
 
Insultes sur internet : le choc   
 
Il y a quelques jours, un ami m’a informé qu’il a découvert un forum de discussion sur internet, où une page me concernant avait été ouverte. Il m’avait prévenu que les propos étaient particulièrement violents. C’est ce que j’ai pu constater en me rendant sur le site en question.  
 
Ma surprise fut grande en prenant connaissance du premier message. Mon compte Twitter a même été mentionné en premier (probablement pour que les lecteurs puissent en savoir un peu plus sur moi) :  
 
"PUTAIN MAIS FAUT LE FLINGUER CE PD C’EST MÊME PLUS UNE CARICATURE LÀ
 
GIUSEPPE DI BELLA TU VAS CREVER
 
QUE LE SPERME DE VINCENT MCDOOM TE FASSE T’ÉTOUFFER SALE BOUFFEUR DE BITES"   
 
A ce moment, j’ai pris conscience que je ne pouvais pas laisser passer ça.  
 
Le dernier message de la page de discussion est également très explicite : une répétition de plusieurs photos de moi, accompagnées d’une insulte : "AHHHHH MAIS QUEL SAC À PINES".  
 
Le but ? Probablement celui de pouvoir me reconnaître plus facilement, au cas où quelqu’un de mal intentionné me croise dans la rue. Cela ne fait aucun doute.  
 
Porter plainte ? La belle affaire…  
 
Je me suis rendu immédiatement au commissariat de police de mon quartier pour y déposer plainte. L’accueil n’a pas été particulièrement à la hauteur. Je n’attendais pas que l’on me déploie le tapis rouge, mais de là à me faire attendre avec des personnes convoquées pour répondre de délits, j’ai trouvé cela un peu limite. Il existe pourtant une "charte du public et des victimes", affichée dans tous les commissariats de police ou de gendarmerie. On peut y lire :  
"Article 4 : Les victimes d’infractions pénales bénéficient d’un accueil privilégié." Entre la théorie et la pratique…vous voyez ce que je veux dire.   
 
Après 30 minutes d’attente, j’ai été reçu par un agent de police judiciaire pour prendre ma plainte. Il n’a pas mesuré la gravité des faits, qui ne sont pourtant pas anodins. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir été écouté ni d’avoir bénéficié d’un minimum d’empathie ou de compréhension 
 
Les infractions qui ont été constatées sont : "Propos à caractère homophobe, menaces de mort liées à l’homosexualité de la victime". Un double de la plainte m’a été remis, avec quelques documents expliquant le déroulement d’une éventuelle suite judiciaire. Je suis donc officiellement victime d’une infraction pénale. La belle affaire !
  
Je dois avouer que je n’ai jamais été confronté à une homophobie viscérale de cette nature. Son caractère haineux m’a profondément choqué. Je ne compte pas baisser les bras, me laisser intimider à nouveau. Les injures et les menaces de mort à caractère homophobe ne sont pas tolérables. L’homophobie est également une circonstance aggravante. En théorie…  
 
me écœuré, je continue de me battre  
 
Je me rends compte que dans de telles circonstances, on se sent bien seul face aux rouages de la machine judiciaire, parfois compliquée. Le gouvernement a fait de l’homophobie l’une de ses préoccupations, d’après ce qu’il prétend. Ce n’est pas mon impression. Il ne semble pas avoir pris réellement conscience que les actes et les propos homophobes se sont libérés de manière significative, avec le débat autour du mariage pour tous. Des mesures appropriées doivent être prises rapidement. Et dire qu’il y a des personnes qui pensent qu’il existe un "puissant lobby gay" ! Où est-il ? S’il existe, j’aimerais pouvoir connaître son adresse pour le contacter afin qu’il puisse m’aider et m’apporter un soutien efficace.  
 
Encore aujourd’hui, je viens de recevoir deux mails à caractère homophobe, d’un même expéditeur. Je le sais car il a pris soin de m’écrire avec l’adresse octroyée par son fournisseur internet… Sans menace de mort, cette fois :  
"Mariage de PD : tu es un traître à la botte des siono-américano-homos-erectus-pedophilus". Il pousse même le souci (sordide) du détail en y joignant une photographie pornographique de deux hommes faisant l’amour, avec la légende d’un goût exquis (sic) : "Vive les mariés. Félicitations, vous pouvez sodomiser le marié".   
 
Une broutille en somme…Cette fois-ci, une plainte sera déposée. Ce sera le cas systématiquement désormais. Il faut que les auteurs de tels propos prennent conscience qu’ils commettent des délits et qu’ils risquent d’être punis par la loi. Ils ne sont pas protégés par le sentiment d’anonymat qu’ils peuvent ressentir devant leur clavier d’ordinateur. Internet n’est pas une zone de non-droit !  
 
Je suis écœuré par tant de haine. Ecœuré de voir qu’en 2013, il existe encore des personnes qui considèrent les homosexuels comme des anormaux, des erreurs de la nature ou des pervers. Mon parcours du combattant pour que mes droits soient respectés et pour que la loi soit correctement appliquée ne fait que commencer. Je compte le mener jusqu’au bout, avec force et détermination.