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 d’ADHEOS

Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont appelé mercredi le président gambien Yahya Jammeh à invalider une loi récemment votée et instituant la prison à vie pour "homosexualité aggravée".
Ces organisations de défense des droits de l’Homme font état, dans un communiqué conjoint, d’une loi votée le 25 août par l’Assemblée nationale de Gambie durcissant la répression contre l’homosexualité. Rédigé en termes vagues, ce texte pourrait permettre, selon elles, de condamner à la prison à vie des personnes séropositives ou vivant ouvertement leur homosexualité.
 
"Le président Jammeh ne doit pas approuver cette loi profondément dommageable, qui viole la législation internationale des droits de l’Homme", a déclaré Stephen Cockburn, un responsable d’Amnesty International en Afrique de l’Ouest et centrale.
 
"L’Assemblée nationale et le président ne doivent pas soutenir une homophobie parrainée par l’Etat", a-t-il ajouté.
 
Le dirigeant gambien dispose d’une période d’un mois pour promulguer une loi, à partir de la date de son adoption par l’Assemblée nationale.
 
Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, élu en 1996 et réélu trois fois, le président Yahya Jammeh règne en maître sur la Gambie, petit pays anglophone enclavé dans le Sénégal, à l’exception de sa façade maritime.
 
Comme dans la plupart des pays d’Afrique, l’homosexualité est interdite en Gambie (où elle est passible de 14 ans de prison) en dépit des appels de la communauté internationale au respect des droits des homosexuels.
 
En 2008, Yahya Jammeh avait lancé un ultimatum aux homosexuels, leur demandant de quitter le pays et promettant de "couper la tête" de tout homosexuel qui y serait découvert, avant de se rétracter.