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 d’ADHEOS

La Tunisie a rejeté deux recommandations du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU sur la dépénalisation de la diffamation et de l’homosexualité, a indiqué vendredi le ministre tunisien des Droits de l’Homme Samir Dilou, qui s’est rendu fin mai à Genève devant le Conseil. 
 
Au total, la Tunisie a accepté 110 recommandations du Conseil, en a ajourné 12 et rejeté deux, qui ne sont pas "en harmonie avec la législation et la réalité de la société tunisienne", a précisé Samir Dilou cité par l’agence TAP.
 
L’homosexualité est considérée comme un crime en Tunisie et passible de jusqu’à trois ans de prison.
 
Les 12 recommandations ajournées doivent "faire l’objet d’un dialogue" national incluant des représentants de la société civile et de partis politiques, a ajouté Samir Dilou. Elles concernent notamment l’égalité homme/femme dans l’héritage, la garde des enfants, l’abolition de la peine de mort (en vigueur en Tunisie mais pas appliquée depuis 20 ans, ndlr).
 
Le ministre a présenté le 22 mai à Genève le deuxième rapport national de la Tunisie sur les droits de l’Homme, dans le cadre de l’Examen Périodique Universel (EPU). Ce mécanisme consiste à passer en revue, tous les quatre ans, les réalisations de l’ensemble des 192 Etats membres de l’ONU en matière de droits de l’Homme.
 
"Le rapport final comporte 110 recommandations qui réaffirment l’attachement de la Tunisie aux droits humains et aux libertés fondamentales, et à leur consécration dans le texte et dans la pratique", a déclaré Samir Dilou.
 
Il s’agit notamment d’inscrire l’égalité des droits entre les deux sexes dans la Constitution, de promouvoir les droits des personnes handicapées, d’entamer le processus de réforme de la justice, de garantir la liberté de presse et d’expression ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels, a-t-il énuméré.
 
Le rapport final de la Tunisie sera adopté lors de la session du Conseil des droits de l’homme qui se tiendra du 10 au 28 septembre 2012 à Genève.