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 d’ADHEOS

Dans une vidéo, le chanteur jamaïcain accusé d’incitation à la haine homophobe assure qu’il «respecte les gays et les lesbiennes». Mais la sincérité de ce mea culpa, juste avant une tournée européenne qui passera par la Suisse, soulève des doutes. 
 
«Je n’ai rien contre qui que ce soit. Je respecte tous les êtres humains, quelque soit leur race ou leur foi et quelque soit leur préférence sexuelle, y compris les gays et les lesbiennes.» Star du dancehall jamaïcain, Beenie Man a enregistré lundi une vidéo en forme de mea culpa. Il y demande de ne plus être jugé sur des textes qu’il a écrit il y a 20 ans. L’artiste qui s’apprête à se produire sur plusieurs scènes d’Europe fait l’objet d’une nouvelle campagne de protestations. En cause, le contenu de certaines de ses chansons, où il incite à la haine, voire au meurtre d’homosexuels. 
 
En Suisse, un appel au boycott a notamment été lancé contre l’Open Air de Frauenfeld, où le chanteur doit se produire début juillet. Un festival sponsorisé par Migros. Dans la «Neue Zürcher Zeitung», la porte-parole du géant suisse de la distribution affirme avoir reçu des assurances des organisateurs, selon lesquelles l’artiste avait définitivement tiré un trait sur ses textes homophobes. De côté de l’Open Air, on précise que le chanteur de 38 ans a signé la nouvelle mouture du controversé «Reggae Compassionate Act», où des artistes s’engagent à renoncer à tout appel à la violence, y compris dans leur pays, et qu’il était désormais à nouveau admis dans les grands festivals européens. 
 
Double langage
 
Or Queer.de rappelle que lors de sa dernière tournée, en 2010, des concerts prévus en Belgique et aux Pays-Bas ont été déprogrammés. Le site allemand relève que Beenie Man a démenti son soutien au «Reggae Compassionate Act» par deux fois, en 2007 et en 2008, lors d’interviews données à des médias jamaïcains. Sa signature lui avait pourtant permis de se produire dans plusieurs européennes, quelques mois plus tôt.