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«La population LGBT en Afrique reste difficile à étudier»

Vendredi 20 novembre 2009 à 00h00
Catégories : MONDE, Revue de presse

INTERVIEW. Charles Gueboguo, sociologue camerounais spécialiste de l'homosexualité, analyse cette enquête au Kenya sur le sida auprès des gays, dans un pays qui pénalise pourtant l'homosexualité.
 
Assiste-t-on à une ouverture sur l'homosexualité en Afrique? On vient d'apprendre qu'au Kenya, où les relations entre personnes de même sexe sont passibles de 14 ans de prison, une enquête sur la population gay est tout de même prévue pour mieux connaître cette partie de la société africaine (lire notre article). Pour tenter de comprendre la politique kenyanne, TÊTU a interrogé Charles Gueboguo (photo), jeune sociologue camerounais, auteur de Sida et homosexualité(s) en Afrique*.
 
TÊTU: L'enquête ouverte par le Kenya auprès de la population gay semble ambitieuse…
Charles Gueboguo: En termes de coût et de l'importance de la population ciblée, il s'agit effectivement d'une enquête de grande ampleur en Afrique. C'est également un défi car la population LGBT en Afrique, bien que de plus en plus visible, reste somme toute difficile à étudier. Elle est très dynamique, mouvante, et parfois changeante. D'autres enquêtes avec peu ou prou des objectifs similaires sont prévues sur le continent: Cameroun, Somalie, Burkina Faso, Côte d'Ivoire.
 
 
Comment expliquez-vous que le Kenya autorise une telle enquête alors qu’il pénalise l’homosexualité?
Il faut faire la différence entre l'action de la Santé publique du pays et la loi, qui prohibe l'homosexualité. Quand on réfléchit en termes de santé, on se rend vite à l'évidence qu'il n'est pas dans l’intérêt de la société de continuer à minimiser la prise en charge des catégories vulnérables en Afrique, et plus précisément celle des catégories homosexuelles. L'urgence est d'intégrer tout le monde dans les politiques de santé et d'accès aux soins si l'on veut freiner l'avancée du VIH dans les différentes communautés. Les questions de dépénalisation viendront sûrement car elles sont complémentaires, mais là, c'est une autre problématique.
 
Le gouvernement ne fait-il pas preuve d'une certaine hypocrisie en voulant d'un côté protéger les homos du sida tout en les réprimant de l'autre?
Les jeux et les enjeux des politiques peuvent parfois rejoindre ceux des chercheurs quand ils y ont quelque intérêt. C'est la logique de la politique politicienne. La préoccupation serait plutôt, à mon sens, de savoir comment les communautés LGBT en Afrique peuvent se saisir de ces opportunités de «visibilisation officielle» –même si ce n'est qu'en termes de santé– pour des plaidoyers concernant d'autres problématiques vitales pour elles. Mais pour cela, il faudrait que leurs moyens d’action soient renforcés.
 
Peut-on craindre que les autorités ne se servent de cette enquête pour «ficher» les homos ?
Tout dépendra des personnes entre lesquelles ces documents tomberont. Mais il est important de souligner que les comités d'éthique et scientifique qui donnent leur accord pour la réalisation de telles enquêtes veillent à ce que la sécurité des répondants soit assurée. C'est ce qui donne par ailleurs, au-delà des seuls résultats, de la crédibilité à ce genre d'enquête. Pour être clair, s'il y a des «fichages», je ne pense pas que ce sera de la part des équipes de chercheurs. Bien sûr, le risque existe que les politiques se servent des données dans un objectif autre mais, dans ce cas, je pense que les universitaires africains devront réagir pour qu'on respecte les libertés individuelles.
 
Propos recueillis par Habibou Bangré.
 
* Charles Gueboguo, Sida et homosexualité(s) en Afrique - Analyse des communications de prévention. (éditions L'Harmattan).
 


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