NEWS
Les actualités
 d’ADHEOS

Ce n’est pas le premier en Charente mais c’est un symbole. A Suaux, le maire a épousé son compagnon dans sa mairie. Sous le regard des proches et de ceux qui ont voté la loi. Une "étape" pour les époux.
Olivier Pascal, consentez-vous à prendre pour époux Sébastien Ernest Michel ?" Sabine Sautreau, première adjointe au maire de Suaux était un peu émue, quand son maire, Olivier Périnet, lui a répondu d’un sonore: "Oui, je le veux !".
 
Il faisait beau sur Suaux samedi après-midi et la belle salle des mariages de la mairie, l’ancien château de la commune.
 
Olivier Périnet, le maire, costume sombre, chemise et cravate blanche était au moins aussi ému que son compagnon depuis seize ans, Sébastien Le Guérit, costume sombre, cravate et chemise blanches, entrés dans la salle des mariages au bras de leurs mamans respectives. Accueillis par Cyril Cibert, le vice-président du conseil régional, rencontré lors des premières manifs angoumoisines, devenu ami au gré des marches, "fier que la loi ait été votée", heureux d’être là, en ce moment "historique: le maire marié dans sa mairie".
 
Olivier Périnet n’est pas le premier maire à épouser son conjoint. Un élu parisien, un autre dans la Vienne, l’ont précédé. Il est le premier en Charente et c’est un symbole aussi, aux yeux des élus. Michel Boutant, Nicole Bonnefoy, les sénateurs, et Martine Pinville, la députée, assis sous le portrait de François Hollande, un peu à l’écart de celui de Nicolas Sarkozy qui, composition de l’image oblige, donnait un peu l’impression de tourner le dos.
 
C’était "très flatteur, très flippant et émotionnant". Sabine Sautreau a marié son maire et la salle s’est levée pour applaudir à tout rompre le baiser des époux.
 
Les parents, les familles, et puis encore quelques élus du secteur, des habitants de la commune, parfois très récemment installés, des figures locales, comme l’industriel Antoine Longeville, venu "en enfant du pays". Et puis quelques "amis" du collectif angoumoisin.
 
Une reconnaissance
 
Sabine Sautreau a voulu y voir un signe. "Les gens de la commune sont venus tout naturellement", rejoints par d’autres voisins au vin d’honneur, un peu plus tard, là où se sont aussi retrouvés quelques élus du canton pour "un mariage comme un autre, avec des parents émus et des petites filles endimanchées", dit Michel Boutant, le président du conseil général, entouré de celles, parlementaires, qui comme lui ont voté la loi.
 
"C’est une reconnaissance de cette égalité si difficile à obtenir". Pour Olivier Périnet, c’est samedi "une étape qui a été franchie. C’est la fondation d’une famille", qui permet de "songer", mais pas trop fort", à des enfants. "Mais la première étape, c’était le mariage, l’égalité des droits", ce statut que les parents du maire ont redouté "ne jamais voir le jour".
 
"Même après les élections, ce n’était pas évident", se souvient le papa. La maman, élue de la commune, aurait juste souhaité pouvoir abandonner ses béquilles pour pouvoir officier.
 
En Charente, il y a eu d’autres mariages. La première union de deux jeunes femmes à Mouthiers en juin. Deux autres à Cognac, trois à Angoulême, un à Magnac, un autre à Aubeterre. Une reconnaissance, certes. "Mais ça posera toujours des problèmes". Olivier Périnet lui-même en convient. A La Tâche, une adjointe a même démissionné (lire ci-contre). A Cognac, les "veilleurs" continuent à manifester avec insistance leur hostilité à toute avancée législative, qu’elle concerne le mariage ou l’adoption. Sur le parvis de la mairie de Suaux, Nicole Bonnefoy, la sénatrice, se souvient de "l’hostilité de ce groupuscule lorsque je suis sortie du Sénat après le vote de la loi. J’ai dû me dissimuler derrière une écharpe. ils avaient le trombinoscope des élus". Elle se souvient d’un "climat de violence extrême".
 
A Suaux, personne n’est venu s’opposer au mariage du maire. Un mariage "comme les autres", avec des petits fours et des confettis.