NEWS
Les actualités
 d’ADHEOS

Au micro d’Audrey Crespo-Mara, le ministre confie les insultes homophobes et l’impression que la “souffrance n’aura pas de fin”. Son harceleur présumé lui répond.

Ce dimanche 5 novembre, le ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal a voulu témoigner dans l’émission Sept à Huit de son expérience du harcèlement scolaire, qu’il a vécu à la fin du collège, lorsqu’il avait “quatorze ou quinze ans”.

“Ce qui était dur pour moi, et qui l’est aussi aujourd’hui pour beaucoup de jeunes, c’est le sentiment parfois qu’on a personne avec qui en parler”, affirme-t-il. “Je crois que le pire, c’est quand on a le sentiment que cette souffrance n’aura pas de fin”. Le ministre affirme qu’il “va continuer à (se) battre pour qu’il y ait une fin à la souffrance des jeunes harcelés”.

L’un de ses camarades de classe avait ouvert un blog sur Skyblog, un réseau social numérique des années 2000, sur lequel les adolescents pouvaient mettre des “commentaires sur le physique des élèves”.

“À cette occasion j’ai vécu un déferlement d’insultes et d’injures. Ça a duré plusieurs mois et ça a été très violent”, raconte le ministre. “Il y avait quelque chose de très pervers : il postait des photos de mes amis, et il allait mettre des commentaires, en usurpant mon identité, pour les insulter. Son objectif, c’était de m’isoler”

Le déclencheur selon le ministre ? Le jeune Gabriel Attal aurait emmené une fille au cinéma, que son harceleur aimait bien. “Ce jour-là, il m’a dit : ‘je vais te détruire’.

Dans les commentaires postés sur le site, beaucoup d’homophobie : “c’était pédale, tafiole, tarlouze”. “C’était sur une orientation sexuelle supposée à l’époque, puisque moi j’en parlais pas autour de moi”. Le jeune homme ne parle pas de ses problèmes à l’école à sa famille, par peur qu’on lui pose des questions sur son homosexualité : “on allait rentrer dans une discussion dans laquelle je n’avais pas forcément envie de rentrer à cette époque-là avec ma famille”.

Il a fini par en parler à un membre du personnel de son établissement, qui a pris les choses très au sérieux. “Au bout de plusieurs mois, il (le harceleur, ndlr) a fini par quitter l’établissement”.

Des rancoeurs qui se sont poursuivies dans la vie adulte

L’histoire ne s’arrête pas là : Gabriel Attal retrouvera son présumé harceleur bien des années plus tard sur les bancs de Sciences Po, car il fait partie de la même promotion que le ministre. Il explique ne pas l’avoir recroisé à ce moment-là.

“C’est après, quand je me suis engagé en politique, que j’ai compris qu’il ne voulait pas me lâcher. Quand j’ai été nommé au gouvernement, il a posté des messages sur les réseaux sociaux, faisant référence à mon homosexualité”. “J’ai compris qu’il avait gardé la même obsession”. Cet homme a révélé l’homosexualité de Gabriel Attal dans un livre en 2019.

Le ministre n’a pas forcément mal vécu ce coming-out forcé, qu’il a pris avec “beaucoup plus de recul”. “Simplement, je souhaitais pouvoir en parler moi, au moment où je le voulais, de la manière dont je le voulais”. Il dénonce une “incursion dans (s)on intimité“. “C’était douloureux”, ajoute-t-il.

Cet ancien camarade de classe, c’est le très médiatique avocat Juan Branco. Ce dernier a réagi sur le réseau social X dans un long message : “Gabriel Attal vient de monter une opération de victimisation sur TF1 (…). Gabriel Attal n’a jamais été harceléGaby était en fait un des plus violents camarades de classe que l’on puisse imaginer (…), il s’attaquait sans retenue aux plus fragiles que lui”. Il mentionne des “querelles d’enfants”.

SOURCE : www.rtl.fr