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 d’ADHEOS

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi les autorités russes à "cesser d’encourager l’homophobie", s’inquiétant des violences croissantes subies par les homosexuels dans le pays.
Depuis l’adoption par la Russie en juin 2013 d’une loi punissant tout acte de "propagande" homosexuelle devant des mineurs, HRW note dans un rapport "une hausse des attaques, du harcèlement et des discriminations contre les gays, lesbiens et transgenres".
 
"La violence subie par les LGBT en Russie est motivée sans aucun doute par l’homophobie, mais les autorités ignorent délibérément ces crimes de haine et ne réussissent pas à protéger les victimes", a expliqué Tanya Cooper, chercheuse de l’ONG. "Les autorités doivent cesser d’encourager et de tolérer l’homophobie", insiste-t-elle.
 
Avec à l’appui les témoignages de 78 victimes, le rapport souligne aussi le manque de soutien judiciaire donné aux victimes des "crimes haineux".
 
Ainsi, Dmitri Chijevski, militant pour les droits de la communauté LGBT a perdu la vue d’un oeil après avoir été frappé par des inconnus. La police n’a pas voulu donné suite à sa plainte et a classé l’affaire. "La réponse habituelle est qu’il ne s’agit pas d’un ‘crime haineux’ parce que la majorité de la société russe hait les gays, donc c’est normal de les haïr et de les tabasser", explique Ksénia Kiritchenko, avocate de l’association Coming Out, qui défend les droits de la communauté LGBT, citée par HRW.
 
Selon Tanya Cooper, "les organes judiciaires russes ont les outils pour condamner la violence homophobe, mais pas la volonté". Seules 2 plaintes sur 44 ont mené à la condamnation des accusés, à des peines légères comparés aux faits, accuse Human Rights Watch.
 
Dans son rapport, l’ONG s’inquiète aussi de l’apparition de groupe "de vigilance anti-gay" dans plusieurs dizaines de villes russes à partir de fin 2012. Les membres de ces groupes donnent de faux rendez-vous galants à de jeunes garçons et adultes avant de les humilier sous l’objectif d’une caméra et de diffuser sur internet la vidéo, dénonce Human Rights Watch.
 
Selon le président russe Vladimir Poutine, la Russie privilégie "une famille traditionnelle (et) saine", mais n’est pas homophobe, contrairement à l’étiquette que souhaitent lui coller certains pays occidentaux.