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 d’ADHEOS

 L’ILGA a publié sa carte annuelle européenne des droits LGBT. Le Royaume-Uni arrive en tête devant la Suède et l’Espagne. La France est en milieu de classement et à l’Est, le rouge domine. Qu’est-ce que cela veut dire exactement? Décryptage.
 
Avec une note de 12,5 points, c’est au Royaume-Uni, selon l’ILGA, que la situation des LGBT est la plus enviable. Un pays où le mariage homosexuel n’est pourtant pas autorisé, bien qu’un partenariat civil permette de bénéficier des mêmes droits. Ce résultat pourrait donc étonner. Mais la carte et le classement annuels reposent en fait sur 24 critères comme l’explique Joel Le Deroff, conseiller politique à l’ILGA: «C’est vrai que l’on pourrait s’attendre à ce que les pays où le mariage est ouvert à tous soient en tête. Mais le Royaume-Uni a fait de grandes avancées sur la question des identités de genre. A l’inverse, ce sont des questions qui ne sont pas parfaitement réglées en Espagne.»
 
 
«Aucun pays n’est vraiment en tête»
Le Royaume-Uni bénéficie aussi de l’avance de l’Ecosse, seule région d’Europe à disposer d’une vraie législation réprimant les discriminations basées sur l’identité de genre. Mais «on ne peut pas dire qu’un pays soit en avance sur les autres. Aucun n’atteint le score maximal », précise Joel Le Deroff. «Aucun pays n’est vraiment en tête.»
 
Autre détail à éclaircir, le score très moyen de la France qui, avec l’Italie réalise l’un des plus mauvais scores de l’Europe occidentale, avec 5 points. L’Hexagone ne fait pas mieux que la très catholique Irlande et se place derrière la Croatie ou la Hongrie. «Si l’on avait fait cette carte il y a dix ans, ce score français aurait été l’un des meilleurs du continent, analyse le responsable de l’association. Ce qui est marquant, c’est que la France ait été dépassée entre-temps. Les conditions légales qui encadrent le changement d’identité civile sont toujours assez conservatrices. Ce sont les tribunaux qui arbitrent au cas par cas. Si vous êtes marié, on exige en général que vous divorciez avant la reconnaissance du changement d’identité. Celle-ci est aussi conditionnée à une stérilisation chirurgicale.» Deux critères qui font reculer la position française, tout comme la situation des familles homoparentales.
 
Zéro pour l’Italie
En Europe, l’évolution est globalement positive. Des pays comme le Portugal, qui a ouvert le mariage aux couples de même sexe, sont désormais en haut du classement. D’autres comme l’Irlande ou la Croatie viennent d’instaurer une première forme de partenariat civil pour les couples homosexuels. Tout n’est pourtant pas rose, notamment dans les anciennes républiques soviétiques. «Peu de pays régressent, mais parmi les moins bien notés, l’absence de progrès est inquiétante. C’est le cas de la Moldavie ou de l’Ukraine où l’on a enregistré de nouveaux actes de violence contre des personnes ou des évènements LGBT. On peut alors parler d’atteinte à la liberté d’expression.»
 
Plus proche de nous, avec un zéro pointé, le cas de l’Italie est aussi inquiétant: «On a eu cette année deux propositions de lois réprimant les actes homophobes et transphobes, remarque Joel Le Déroff. Cela a été un échec. De plus, c’est à chaque fois l’occasion d’un déchaînement de propos homophobes en public. Cela nous préoccupe.»
 
A noter enfin que cette carte ne prend en compte que la situation sur un plan législatif, sans intégrer de données judiciaires. Or dans certains pays, même parmi les mieux classés, on note une persistance et parfois une augmentation des actes homophobes (lire par exemple  article: Dans «The Guardian»: L’homophobie s’installe-t-elle à Londres?).