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 d’ADHEOS

Les résultats d’une enquête « secrète » du ministère de la Santé sur les maladies sexuellement transmissibles ont fuité dans la presse. D’après certains médias, le rapport préconise la dépénalisation de l’homosexualité.
 
En 2013, le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Association lutte contre le sida (ALCS) et Onusida (agence des Nations unies de lutte contre le sida) a mené une enquête sur la prévalence des maladies sexuellement transmissibles chez les populations à risque. D’après Akhbar Al Yaoum et Medias24, l’enquête « conclut à l’urgence de décriminaliser l’homosexualité », pour permettre aux homosexuels atteints du sida et autres maladies sexuellement transmissibles d’accéder aux soins nécessaires sans craindre pour leur peau. La stigmatisation entraînant inévitablement les personnes à ne pas se faire dépister.
 
Contacté par Telquel.ma, la communication du ministère de la Santé explique que cette étude n’est pas publique, et n’a pas souhaité confirmer cette information relayée par nos confrères. De son côté, l’ALCS nous confie qu’elle n’a pas les résultats de cette enquête et que « nous sommes juste partenaires, c’est au ministère de décider de sa publication ».
 
Un taux de prévalence 37 fois plus élevé que la moyenne nationale
 
D’après Medias24, cette enquête a été menée auprès d’un échantillon d’environ 700 hommes homosexuels (ce qui contredit ce que nous dit le ministère : qu’elle concerne les populations à risque en général) à Agadir et Marrakech. Sans grande surprise, elle révélerait une prévalence importante du VIH et de la syphillis et des comportements sexuels à risque dans cette population. Mais les chiffres font froid dans le dos : 5,6 % de la population est atteinte du VIH dans l’échantillon d’Agadir et 2,8 % dans celui de Marrakech. Parmi les personnes testées séropositives à Agadir, 31,6 % des hommes sont aussi co-infectés par la syphilis (56,4 à Marrakech).
 
Toujours d’après la même source, les personnes sondées auraient avoué de ne pas utiliser régulièrement de préservatifs (56%) et avoir plusieurs partenaires sexuels.
 
En plus de recommander la dépénalisation, l’enquête souligne l’importance de mener des campagnes de prévention auprès de cette population cible, et rendre les traitements accessibles à ces personnes. Au niveau national, le taux de prévalence du Sida est de 0,15 %.