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 d’ADHEOS

La manifestation dimanche 24 mars à Paris contre le mariage des homosexuels a rassemblé 300.000 participants, selon une première estimation de la préfecture de police de Paris. "Les chiffres définitifs seront communiqués en début de semaine prochaine, après visionnage de l’ensemble des films de la manifestation", a déclaré un porte-parole de la préfecture de police de Paris.
Les participants se sont massés essentiellement à la Porte Maillot et à la Défense pour entamer ce que les organisateurs ont appelé "une grande armée (qui) se lève", en référence à l’avenue du même nom qui remonte vers la place de l’Etoile.
 
Ambiance tendue
 
Des gaz lacrymogènes ont été dispersés à plusieurs reprises pour "maintenir les manifestants" contre le mariage des homosexuels à Paris, qui voulaient accéder aux Champs-Elysées, ont rapporté des journalistes de l’AFP sur place et la police.
 
"Entre 100 et 200 personnes ont tenté de forcer un barrage pour rejoindre les Champs-Elysées", a expliqué un porte-parole de la préfecture de police. Les gendarmes mobiles ont été "obligés de répondre en utilisant des gaz aérosols pour qu’ils ne puissent pas accéder à ce périmètre interdit" aux organisateurs de la manifestation, a ajouté ce porte-parole.
 
Les gaz étaient envoyés via de petites bombes aérosols, selon l’AFP sur place.
 
La manifestation était initialement prévue sur un axe de près de 5 km entre la Défense et la place de l’Etoile. La foule remuante, massée depuis la mi-journée, débordait largement sur les avenues Foch et Carnot, mais aussi aux abords de l’Arc de Triomphe qui étaient interdits aux manifestants, selon les journalistes de l’AFP.
"Non au gaystremisme"
 
Entre deux et trois cents personnes faisaient face aux gendarmes mobiles qui empêchent l’accès aux Champs-Elysées avec des barrières, a constaté un journaliste de l’AFP, décrivant une ambiance tendue.
 
"Hollande dictateur!", scandaient ces manifestants, en grande majorité des jeunes, avant d’entonner La Marseillaise. De nombreux badauds restaient sur place. "Libérez les Champs !", criaient d’autres. "C’est honteux", a crié une sexagénaire, au sein d’une foule composée de nombreuses familles avec enfants.
 
Les organisateurs lançaient des appels réguliers au calme, via haut-parleur. Les écrans géants qui jalonnent le parcours relaient également ce message : "N’essayer pas de déborder, c’est inutile, périlleux et illégal".
 
Des écrans géants jalonnent le parcours. Aux balcons, des banderoles sont accrochées: "Touche pas à ma filiation", "On veut du boulot pas du mariage homo" ou encore "non au gaystremisme".
 
Au cours d’une brève conférence de presse Frigide Barjot, l’une des principales organisatrices de cette manifestation, a enjoint le président Hollande à s’intéresser davantage à l’économie dégradée du pays plutôt qu’aux familles : "Nous voulons que le président s’occupe d’économie et laisse la famille tranquille", a-t-elle dit, en compagnie notamment de Hervé Mariton (député UMP de la Drôme).
 
"Restez au centre des avenues pour être comptés !"
 
La préfecture de police ayant limité le parcours, les manifestants parmi lesquels de nombreuses familles, se déplacent essentiellement sur l’axe Arche de la défense, Arc de Triomphe, distants de 5 kilomètres.
 
Drapeaux au vent, bleu outre mer, fuchsia, blanc, mais aussi ceux de leur région, les manifestants sont encadrés par quelque 8.000 bénévoles, reconnaissables à leur T-shirt jaune ou rouge, pour assurer accueil et sécurité.
 
Alors que le projet de loi sera examiné au Sénat à partir du 4 avril et vraisemblablement voté, les "anti" espèrent mobiliser autant qu’en janvier. La dernière manifestation avait rassemblé le 13 janvier 340.000 manifestants selon la police, près d’un million selon les organisateurs.
 
"Nous pensons faire au moins aussi bien, mais simplement ça se verra cette fois-ci", a souligné Frigide Barjot dimanche. La police s’attend à une mobilisation plus faible, et table sur 150.000 à 200.000 manifestants.
 
Les organisateurs espèrent "une meilleure visibilité sur le nombre des participants" et un "effet de masse" maximum, en profitant du caractère statique de la manifestation.
 
"Restez au centre des avenues pour être comptés!", recommande un organisateur porte Maillot. Au mégaphone, un autre interpelle la foule: "On comprend votre frustration, mais pour des raisons d’organisation merci de rester sur place", dit-il, appelant les manifestants à se réchauffer en sautant, levant "un pied, un bras!"
 
"Rien n’est encore fait"
 
En ce dimanche des Rameaux, plusieurs manifestants arboraient un rameau à la main ou accroché au sac.
 
Mais cette date importante dans le calendrier de l’Eglise catholique pourrait priver la manifestation de sympathisants préférant rester en famille. "On aurait préféré que ça tombe un autre jour", reconnaissait samedi Frigide Barjot.
 
Les opposants comptent redemander dimanche soir à François Hollande de retirer le texte pour le soumettre au référendum.
 
Selon eux, ce projet "bouleverse totalement la société en niant la parenté et la filiation naturelles" et "les conséquences économiques, sociales et éthiques seront inéluctables".
 
Alors que la manifestation se veut apolitique, le Front national a invité ses militants à rejoindre une délégation nationale du parti.
 
Plusieurs ténors de droite ont aussi affiché leur soutien, tel le député UMP Henri Guaino, qui a appelé les manifestants à "censurer" le gouvernement "dans la rue".
 
Le président de l’UMP Jean-François Copé a aussi invité les militants de son parti à manifester "en masse". Selon lui, le gouvernement "méprise" les quelque "700.000 citoyens" qui "ont signé une pétition pour saisir le Conseil économique, social et environnemental (Cese)", jugée fin février irrecevable sur le fond.