NEWS
Les actualités
 d’ADHEOS

L’Irlande du nord reste la dernière région du Royaume-Uni à interdire le mariage homosexuel. L’Ulster est un point noir sur la carte de l’Europe, non seulement en ce qui concerne l’homosexualité mais pour tout ce ce qui a trait à la sexualité en général.
 
L’Irlande du nord reste la dernière région du Royaume-Uni à toujours interdire le mariage homosexuel. Même le voisin irlandais vient de l’approuver. "C’est super mais ça ne change rien pour nous.
 
"Tout ça parce que l’Irlande du nord est gouvernée par des fondamentalistes", fulmine Clare Bailey. Comme d’autres militantes des droits de la femme, elle dénonce l’influence de l’Église presbytérienne et des courants créationnistes, comme la Caleb Foundation, sur le parti de la droite protestante DUP, majoritaire à l’assemblée semi-autonome d’Irlande du nord.
 
"Notre Premier ministre, Peter Robinson, est persuadé que la terre est vieille de 6000 ans et qu’elle a été crée en six jours", dit Clare. Son épouse Iris Robinson, dont la liaison avec un adolescent avait fait scandale en 2010, estime que l’homosexualité est une "abomination". Le ministre de la Santé a, lui, démissionné en avril après avoir associé les homosexuels aux pédophiles.
 
"L’Ulster reste un point noir sur la carte de l’Europe", déplore James Copeland de l’association Rainbow project. Le sexe en général est une "question taboue", dit Clare Bailey. "Le racisme aussi est un gros problème", ajoute-t-elle. "On n’est pas bon quant il s’agit de diversité", constate Evelyn, la présidente de la Commission de l’Égalité, un organisme semi-public crée dans le cadre de l’accord de paix qui a mis fin en 1998 à trente ans de violences inter-confessionnelles.
 
Le manque de tolérance, elle l’a expérimenté à titre personnel lorsque la Commission a apporté son soutien à un plaignant qui s’était vu refuser par une boulangerie la confection d’un gâteau pro-mariage gay. "J’ai reçu 300 lettres d’insultes, certains me disant que j’allais brûler en enfer", dit-elle.
 
Une manifestation au soutien de la boulangerie a rassemblé des milliers de personnes à Belfast. "Au premier rang, quatre ministres chantaient des psaumes", se rappelle Evelyn Collins.
 
Pour elle, ce conservatisme des moeurs est d’abord un héritage du conflit interconfessionnel qui a fait plus de 3000 morts. "Déjà on est une île et à cause du conflit, on est resté isolés très longtemps. La violence a dissuadé des gens de l’extérieur de venir apporter leur différence." "Le conflit, tranche Clare, nous a fait perdre 50 ans de progrès social."
 
Il a aussi engendré un système politique particulier où, pour garantir la paix, l’exécutif est composé d’une coalition obligatoire entre unionistes protestants et républicains catholiques. Pour éviter un retour aux années noires, chaque parti dispose en plus d’un droit de véto. C’est cet instrument que le DUP a brandi à quatre reprises pour tuer dans l’oeuf tout projet de législation sur le mariage gay.
 
"Le projet pourrait revenir dix fois sur la table, il serait retoqué dix fois", déplore James Copeland. L’unique espoir passe donc par les tribunaux.
 
Plusieurs recours, à la fois sur l’avortement et le mariage homosexuel, sont étudiés dans les prochaines semaines. "Ce n’est pas digne d’une démocratie. C’est juste déprimant", s’insurge Clare Bailey.