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 d’ADHEOS

Si plusieurs gays ou lesbiennes déclarés se sont illustrés à Londres cette année, les athlètes qui révèlent leur homosexualité restent peu nombreux. Sur plus de 10.000 sportifs participant aux Jeux olympiques, 23, dont seulement trois hommes, sont ouvertement homosexuels, selon le décompte du site internet pro-gay Outsports.com.
 
"Ce chiffre est tellement bas, c’est absurde", souligne Jim Buzinski, co-fondateur du site. Comparé au monde des arts, de la politique ou des affaires, selon lui, "le sport est le dernier placard existant dans la société".
 
Les estimations de la part d’homosexuels dans une population donnée varient toujours énormément. Au Royaume-Uni, 1,5% des personnes interrogées pour les besoins d’une enquête publiée en 2010 par le Bureau britannique des statistiques (ONS) se sont déclarées homosexuelles ou bisexuelles, mais certains considèrent qu’il s’agit d’une proportion sous-évaluée.
 
A Londres, rares sont les sportifs ouvertement homosexuels. Le cavalier britannique Carl Hester, médaillé d’or, la footballeuse américaine Megan Rapinoe, championne olympique, le plongeur australien Matthew Mitcham, la basketteuse américaine Seimone Augustus et l’archère sud-africaine Karen Hultzer font partie de ceux-là.
 
"Je suis archère, d’âge moyen et lesbienne", a déclaré à Outsports.com Karen Hultzer, 46 ans, qui a révélé son homosexualité aux médias pendant les Jeux. "Je suis également grognon avant mon premier café. Aucun de ces aspects ne définit qui je suis, ils font juste partie de moi", a-t-elle ajouté.
 
Dans cette liste de 23 sportifs homosexuels, trois seulement sont des hommes. Megan Rapinoe, qui a révélé son homosexualité cette année, pense qu’il est plus délicat pour les hommes que pour les femmes d’être transparents sur leurs préférences sexuelles.
 
"Je pense qu’il y a beaucoup de lesbiennes dans le sport, et cela se sait largement dans l’équipe, elles peuvent avoir un style de vie assez ouvert sans se faire connaître dans les médias", explique l’Américaine. "Mais je pense que pour les hommes, malheureusement, ce n’est pas la même ambiance dans les vestiaires."
 
Autre frein, la peur de perdre des contrats publicitaires lucratifs. Aucun sponsor n’admettrait publiquement le renvoi d’un athlète après son "coming out", mais rares sont les sportifs prêts à prendre le risque.
 
On a beaucoup parlé de la signature de l’ancien joueur de NBA John Amaechi avec la marque de rasoirs HeadBlade après ses révélations sur son orientation sexuelle en 2007, mais HeadBlade reste un sponsor de second plan.
 
Adidas resterait aux côtés d’un athlète qui révélerait son homosexualité, assure néanmoins Katja Schreiber, porte-parole du groupe.
 
Les temps changent, selon Jim Buzinski. Un nombre croissant de sportifs, homosexuels ou hétérosexuels, s’engagent contre l’homophobie.
 
Les organisateurs des Jeux de Londres eux-mêmes se sont montrés "gay-friendly" en approuvant l’ouverture de la London Pride House, un lieu de convivialité homosexuel et en autorisant l’édition d’un pin’s officiel des Jeux orné d’un arc-en-ciel, le symbole de la cause homosexuelle