NEWS
Les actualités
 d’ADHEOS

Le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) a annulé à la dernière minute vendredi sa participation officielle à une conférence organisée par la Commission européenne, au motif que la lutte contre l’homophobie était à l’ordre du jour.
 
L’événement était initialement annoncé comme "organisé par la Commission européenne, avec les pays ACP et le Parlement européen", et un point de presse était prévu avec des représentants des trois institutions: le commissaire chargé de l’aide au développement Andris Piebalgs, l’eurodéputé travailliste britannique Michael Cashman et Alva Baptiste, le ministre des Affaires étrangères de Sainte-Lucie, actuel président du groupe des Etats ACP.
 
Ce dernier a finalement fait faux bond, et Michael Cashman a précisé que les pays ACP l’avaient informé au début de la conférence "qu’ils ne participeraient pas officiellement à la conférence au motif que l’orientation sexuelle était à l’agenda".
 
De fait, quelque 49 des 79 pays membres du groupe ACP, qui regroupe principalement les anciennes colonies européennes devenues indépendantes, criminalisent encore aujourd’hui l’homosexualité, a relevé Michael Cashman.
 
"Le dialogue politique est crucial", a souligné de son côté le commissaire Piebalgs, qui s’est réjoui "qu’au moins quelques pays ACP ont participé au débat" même si le groupe en tant que tel n’était pas officiellement représenté.
 
"Le débat a été vif par moments", selon un participant.
 
Ces pays, parmi lesquels le Sénégal qui pénalise l’homosexualité, "ont exprimé leurs vues et il est important de poursuivre le dialogue", a relevé Andris Piebalgs.
 
"En même temps, il est de mon devoir de soutenir les groupes minoritaires et la lutte contre les discriminations", a souligné Andris Piebalgs, en annonçant le déblocage d’une aide de 20 millions d’euros à destination des ONG et de la société civile pour aider à la lutte contre "toute sorte de discrimination", qui affecte "des millions de personnes dans le monde".