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 d’ADHEOS

À la veille de la prière nationale contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homos, les plus hauts représentants de l’Eglise affûtent leurs arguments: «Il ne faut pas dénaturer le mariage», disent-ils
 
 Les catholiques sont appelés à dire le 15 août une prière pour la France, marquant la solidarité avec les personnes touchées par la crise, ainsi que l’attachement de l’Eglise à la famille, alors que le gouvernement veut donner aux homosexuels le droit de se marier et d’adopter avant l’été 2013.
 
Ainsi le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, réaffirme son opposition au mariage homosexuel dans une interview parue ce matin dans le quotidien lyonnais Le Progrès. «Nous l’avons déjà rappelé en février 2007 avec Richard Wertenschlag, grand rabbin de Lyon, et Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne: le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. C’est écrit sur la première page de la Bible», déclare le cardinal.
 
«Un Parlement, ce n’est pas Dieu le Père»
Interrogé sur l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, le prélat répond ensuite: «Notre désir est que la loi n’entre pas dans des domaines qui dépassent sa compétence. Un Parlement est là pour trouver du travail à tout le monde, (…) pour s’occuper de la sécurité, de la santé ou de la paix. Mais un Parlement, ce n’est pas Dieu le Père».
 
Selon l’archevêque de Lyon, le Parlement «ne peut pas proclamer “A partir d’aujourd’hui, nous décidons qu’une femme n’est plus ce que vous croyez et nous décidons que le mariage devient autre chose”. Que chacun garde le sens des limites de sa responsabilité!».
 
«L’heure est grave»
Alors qu’on lui demande son avis sur les catholiques homosexuels qui souffriraient de cette prière du 15 août, Mgr Barbarin répond: «À l’intérieur de l’Eglise, beaucoup d’homosexuels ont laissé un héritage extraordinaire, de Michel-Ange à Max Jacob. Les homosexuels sont ce qu’ils sont et ils essaient comme moi d’être fidèles au Christ et de servir leurs frères».
 
«Oui, l’heure est grave. C’est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage, qui est depuis toujours une réalité merveilleuse et fragile», renchérit Mgr Barbarin dans une interview au Figaro. Quant à l’euthanasie, une loi l’instaurant «accréditerait l’idée que certaines vies ne méritent pas d’être vécues. Or, notre civilisation reconnaît “la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine”; c’est la première ligne de la Déclaration des droits de l’homme», ajoute-t-il.
 
«Pas un scoop que l’Eglise s’y oppose»
Alors que le journaliste demande au religieux si cette prise de position n’est pas une atteinte à la laïcité, ce dernier réagit vivement: «La laïcité interdirait la prière? Est-ce cela que vous me demandez? Sommes-nous en tyrannie? Allons-nous soumettre nos rites et nos formulaires au commandement de la pensée unique?»
 
Enfin, sur France Inter ce matin, Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a renchéri: «Ce n’est un scoop pour personne que de dire que l’Eglise s’oppose au mariage homosexuel. Mais si ce n’est pas un scoop, il doit y avoir débat. Or il n’y en a pas. (…) Tout cela n’est pas catho, c’est transversal, cela touche l’humain. Et on ne peut pas plier un projet civilisationnel sans un débat de société», a-t-il ajouté (écouter l’émission)