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 d’ADHEOS

Dans un message de vœux déchirant envoyé du fond de leur cellule, sept hommes détenus pour homosexualité implorent ceux qui les soutiennent à ne pas baisser les bras.
 
Un message de vœux déchirant. Sept homosexuels détenus à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, ont tenu à présenter leurs souhaits pour l’année 2012 depuis le fond de leur cellule. Ces hommes ont tous été emprisonnés en 2011, dont les derniers mois ont été marqués par une recrudescence des arrestations.
 
«Ne vous découragez pas»
«Nous vous exhortons à ne jamais céder au découragement et à ne jamais faiblir dans votre mobilisation pour nous et pour la cause LGBT, car votre soutien représente pour les LGBT du Cameroun en général, et pour nous en particulier qui sommes en prison… l’Espoir», écrivent-ils dans un message transmis à l’Association de défense de l’homosexualité (Adefho).
 
«L’espoir de sortir un jour de cette prison dans laquelle nous avons été jetés, mais aussi l’espoir qu’un jour les LGBT pourront marcher en toute liberté au Cameroun, la tête haute… Sans humiliation», poursuivent les cosignataires, dont Franky et Jonas, deux hommes arrêtés en juillet parce que la police les a notamment jugés «très "féminisés"», et Jean-Claude, ici en photo avec l’avocate Alice Nkom.
 
Santé préocuppante
L’Adefho rencontre «régulièrement» ces prisonniers. «Nous essayons, tant bien que mal, de les assister (matériellement et médicalement) afin d’alléger les souffrances atroces et inhumaines» dans la prison de Kondengui, réputée pour ses conditions de détention particulièrement éprouvantes, explique Stéphane Koche, vice-président de l’Adefho.
 
«Séraphin, détenu pour homosexualité à ladite prison depuis le mois d’août de l’année écoulée, se trouve dans un état de santé très préoccupant, a-t-il ajouté, après une visite mercredi. Malgré son état de santé qui va en s’empirant, Séraphin déclare n’avoir pas reçu de soin de santé des autorités pénitentiaires depuis le début de sa maladie.» Le vice-président de l’association précise que toutes les «démarches et insistances» auprès des services ont été vains, et que Franky et Jonas souffrent pour leur part «régulièrement de gale du fait des conditions de détention insalubres».