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 d’ADHEOS

 Agé de 14 ans au moment des faits, il avait abattu de deux balles dans la nuque un adolescent de 15 ans, ouvertement gay et victime de brimades
 
Le procès d’un adolescent qui avait abattu à bout portant l’un des élèves de son école parce qu’il était gay s’est ouvert hier en Californie, au terme d’une bataille de procédures qui défraie la chronique.

 
 
Le 12 février 2008, alors âgé de 14 ans, Brandon McInerney avait abattu de deux balles dans la nuque le jeune Larry King, 15 ans, en pleine salle de classe, à Oxnard, une ville située à une centaine de kilomètres à l’ouest de Los Angeles. Le meurtre, qui avait suscité une vague d’indignation à travers les Etats-Unis, est traité par l’accusation comme un crime homophobe, car Larry King, victime en permanence des moqueries de ses camarades, se revendiquait gay.
 
Pas de report
Selon les témoignages des audiences préliminaires, Brandon McInerney avait menacé de mort Larry King à plusieurs reprises, et avait attendu une vingtaine de minutes, arme en main, avant d’abattre l’adolescent pendant un cours d’informatique.
 
A la surprise générale, le juge Charles Campbell, de la Cour supérieure du comté de Ventura, à l’ouest de Los Angeles, a refusé aux avocats de Brandon McInerney, aujourd’hui âgé de 16 ans et jugé comme un adulte, le report de «quelques mois» qu’ils demandaient pour pouvoir achever leur enquête et assurer à leur client, qui risque la prison à vie, «un procès juste».
 
«Je ne pense pas que vous ayez été suffisamment diligents» dans cette affaire, a lancé assez sèchement le juge aux avocats Scott Wippert et Robyn Bramson, qui avaient déjà obtenu un report de deux mois en mai dernier.
 
«Cette histoire tourne à la blague»
Le juge a suivi le procureur, Maeve Fox, qui avait estimé un peu plus tôt: «Cette histoire est en train de tourner à la blague. On va finir par perdre des témoins, qui vont en avoir assez de tout ça».
 
A la sortie du tribunal, M. Wippert se montrait scandalisé par la décision du juge et la position de l’accusation. «C’est effrayant de voir un procureur précipiter la tenue du procès d’un garçon de 16 ans quand il est clair, et nous le disons depuis plus d’un mois, que nous ne sommes pas prêts».
 
Mme Fox a déclaré pour sa part aux journalistes que «la défense avait eu près de deux ans pour se préparer» et que cette «enquête est certainement ce qu’elle aurait dû commencer par faire».
 
Un appel possible
Poursuivi pour meurtre avec préméditation, Brandon McInerney risque la prison à vie. Le visage impassible, il n’a pas dit un mot lors de l’audience de mercredi. Sa mère était présente dans la salle.
 
Les débats devaient reprendre lundi avec la sélection du jury, à moins que la défense ne fasse appel de la décision du juge Campbell, ce qu’elle n’excluait pas mercredi. «C’est une option», a déclaré Mme Bramson.