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 d’ADHEOS

 Invité par le président estonien pour la fête nationale la semaine dernière, un célèbre chef d’orchestre est arrivé au bras de son compagnon. Une première très médiatisée dans ce pays où les LGBT ont encore peu de droits.
 
C’était une première, la semaine dernière, au palais présidentiel estonien. Le chef de l’Etat, Toomas Hendrik Ilves, y donnait une réception le 24 février, en l’honneur de la fête nationale. Parmi les invités figurait le célèbre chef d’orchestre Erki Pehk (ci-dessus à gauche), arrivé exprès d’Amsterdam. Mais celui-ci n’est pas venu seul, il est apparu sur le tapis rouge avec son partenaire Madis Nurms, décorateur de théâtre.

 
 
«Qu’y a-t-il d’étrange dans tout cela?»
C’est la première fois dans l’histoire estonienne qu’un couple gay s’affiche ouvertement à une cérémonie présidentielle. Et la médiatisation de l’événement a transformé cette visibilité en message militant: fini l’époque où les homos devaient laisser leurs partenaires à la maison, dans le placard, pour assister à une réception accompagné d’un ou d’une ami(e) alibi.
 
Pour Erki Pehk, il n’y avait aucune hésitation à avoir. «Qu’y a-t-il d’étrange dans tout cela? Avec Madis, nous n’avons vu aucun problème à venir ensemble. Nous vivons tout de même au 21 siècle! » a raconté Pehk au journal Kroonika-online.
 
Violences à la gay pride
Est-ce lié à la présence du couple d’artistes? Dans son discours, le président estonien a en tout cas voulu faire passer un message d’ouverture: «Nous sommes une société tolérante, libérale et tournée vers l’avenir» a-t-il assuré. Toomas Hendrik Ilves a aussi évoqué le désir des Estoniens de constituer une nation moderne, et pour cela, selon lui, il faut se débarrasser des préjugés.
 
Reste que pour le moment, le pays ne reconnaît pas les couples de même sexe ni le droit d’adoption par les gays. Entrée en UE en 2004, l’Estonie a été le premier des pays baltes à voir défiler la ga pride la même année à Tallinn. Mais les violences qui ont suivi la gay pride de 2006 ont montré que la plupart des Estoniens, comme leurs voisins des autres pays baltes, restaient défiants vis-à-vis des LGBT.