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 d’ADHEOS

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a appelé mercredi à dépénaliser l’homosexualité au Maroc suite à la condamnation pour ce motif de deux personnes à Al Hoceima.
 
Si le Maroc aspire réellement à être un leader régional dans le domaine des droits humains, il devrait montrer la voie en décriminalisant les pratiques homosexuelles", a déclaré la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du nord à HRW, Sarah Leah Whitson.
 
Un élu local et un étudiant de la région d’Imzouren (18 Km au sud d’Al Hoceima), condamnés en première instance à trois ans de prison ferme chacun pour pratiques homosexuelles, avaient vu leur peine réduite respectivement à un an et à six mois de prison ferme en appel.
 
Ils étaient notamment poursuivis pour "acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe" et "outrage public à la pudeur", selon HRW.
 
La police avait arrêté ces deux personnes le 13 décembre dans le véhicule de fonction de l’élu alors qu’ils étaient "en train de s’adonner à des ébats sexuels", selon l’accusation citée dans un communiqué de l’Association Rif des droits humains (ARDH, indépendante).
 
Ils avaient été "jugés coupables sur la base d’aveux faits, selon la police, en détention, mais qu’ils ont ensuite rétractés devant le juge", affirme HRW dans son communiqué.
 
La Constitution du Maroc adoptée dans un contexte de "printemps arabe" stipule que "toute personne a droit à la protection de sa vie privée", rappelle HRW selon qui cela "devrait conduire à abolir la loi qui criminalise les relations sexuelles consentantes entre personnes majeurs de même sexe".
 
Au Maroc, l’article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.
 
D’après un sondage réalisé en novembre par l’institut TNS pour l’hebdomadaire TelQuel, plus de 8 Marocains sur 10 se disent "pas du tout favorables à la tolérance envers l’homosexualité", contre 11% "favorables".