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 d’ADHEOS

 Une quinzaine d’équipes se sont rencontrées hier à l’occasion du tournoi «Be Yourself!» organisé par le Paris Foot Gay contre l’homophobie. L’occasion de faire l’état des lieux des mentalités parmi les joueurs, les dirigeants ou encore les lycéens
 
 Ils ont tous enfilé un short pour répondre à l’appel du Paris Foot Gay. Hier, le club organisait pour la sixième année consécutive le tournoi «Be yourself !!». Une quinzaine d’équipes se sont affrontées sur la pelouse du Parc des Princes à Paris. Parmi eux, des associations LGBT ou de lutte contre les discriminations (Le Refuge, Sos Racisme…), des médias (France Soir, France Bleu, So Foot…), les lycéens de la FIDL et quelques spécialistes du ballon rond dont les joueuses de l’OGC Nice.

 
 
La FFF, signataire de la Charte contre l’homophobie
Mais sur la pelouse du Parc, pas de tacles ni d’anti-jeu puisque, cette fois, c’est l’homophobie qui a pris un carton rouge. Et dans le football, peut-être plus qu’ailleurs, il y a de quoi faire! «Sur quarante équipes professionnelles, seules quatre ont signé la charte contre l’homophobie, rappelle Pascal Brethes, directeur du Paris Foot Gay qui milite en ce sens. Certains s’en foutent, mais depuis peu, il y a quand même une prise de conscience réelle.» Après de nombreuses années d’indifférence, la Fédération Française Football va signer cette charte. Même le président de Montpellier, le tonitruant Louis Nicollin serait prêt s’engager (en novembre dernier, il avait notamment traité un joueur de «petite tarlouze», lire article). Peut-être de quoi se racheter une conduite auprès du grand public.
 
«Les footballeurs vivent dans un monde merveilleux sans dopage, sans triche et sans homos» Et le Paris Foot Gay compte sur son nouveau président d’honneur, Alain Cayzac, pour faire avancer les choses. L’homme, qui est aussi président du Paris Saint-Germain a été l’un des premiers à s’engager contre l’homophobie: «Certains présidents de clubs n’ont toujours pas compris l’ampleur du problème. Je suis là pour leur dire qu’ils n’ont pas de raisons de ne pas agir.» Selon lui, ces dirigeants auraient peur de «dramatiser et de créer des problèmes là où il n’y en a pas».
 
Les insultes se banalisent
Pour Michel Royer, réalisateur du documentaire Sports et homosexualité, c’est quoi le problème? on peut parler d’omerta. «Beaucoup de footballeurs sont persuadés qu’il n’y a pas d’homos dans le foot. Il y a une négation totale. Ils vivent dans un monde merveilleux sans dopage, sans triche et bien sur sans homos.» Pas de quoi encourager un coming out ! Et le problème est parfois plus criant chez les jeunes. Le Paris Foot Gay conduit plusieurs actions de préventions dans des lycées. «Il faut tout déconstruire, déplore Pascal Brethes. Les gamins pensent que les homos sont forcément efféminés. Ils ont peur de se faire sauter dessus dans les douches avec un joueur gay dans leur équipe.» Et contrairement à ce qui a été fait pour le racisme l’encadrement est souvent sans réponses face à l’homophobie. Résultats, les insultes se banalisent. L’objectif du club est donc la mise en place d’une formation spécifique pour les éducateurs sportifs.
 
Luc Sonor a été joueur professionnel dans les années 80 et 90. Il a lui-même subit le racisme et a aujourd’hui rechaussé les crampons contre l’homophobie. «Le football, c’est un sport viril et machiste», selon lui. Pourtant il n’est pas persuadé qu’un joueur qui ferait son coming out serait mis à l’écart. «Il se ferait peut-être un peu chambrer, mais sans doute pas plus qu’un autre. Des insultes homophobes sont employées couramment, ça créé un climat malsain, mais au final ce n’est pas contre les gays.» Selon lui, la solution c’est que la parole se libère, «que les gays s’assument pour mettre fin au silence ! Que cela devienne une réalité.» Dans le football français aujourd’hui, il n’y a toujours pas de joueurs professionnels ouvertement gays, et ceux ayant un engagement marqué contre l’homophobie se comptent sur les doigts d’une main