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 d’ADHEOS

 Malgré l’importance de l’escorte policière, dans cette manifestation classée «à risque» dans ce pays très catholique, des homophobes ont pu jeter des projectiles aux participants.
 
Plusieurs personnes ont été blessées samedi au cours d’incidents qui se sont produits à Split, dans le sud de la Croatie, à l’occasion d’une marche d’homosexuels, pris à partie par quelque 10.000 manifestants hostiles, a annoncé la télévision publique croate.

  
Deux cents personnes environ participaient à cette Gay pride, sous haute protection policière, lorsque quelque 10.000 manifestants ont entrepris de lancer dans leur direction des bouteilles et des pierres, a précisé la télévision.
 
Plusieurs dizaines de personnes avaient été interpellées avant même le défilé, qui avait été classé à hauts risques par la police, dans cette ville souvent présentée comme le foyer des milieux conservateurs et nationalistes en Croatie.
 
Critiques de la police
Une centaine de manifestants ont été arrêtés après la marche homosexuelle.
 
Sanja Juras, membre de l’association de femmes homosexuelles Kontra, a accusé la police de ne pas avoir pris de mesures adéquates pour empêcher les violences. «Le rassemblement d’aujourd’hui à Split a montré qu’en Croatie, le droit de choisir l’homosexualité n’est pas garanti et qu’il n’y a pas d’Etat de droit», a-t-elle dit.
 
Amnesty International et l’Association des journalistes croates (HND) ont condamné ces actes de violence et reproché à la police de n’avoir pas assuré d’une manière correcte la protection des manifestants. «La police doit absolument faire comprendre que la violence discriminatoire est un délit criminel et qu’elle ne sera pas tolérée», a souligné le communiqué d’Amnesty, qui a appelé les autorités croates à agir afin d’empêcher de tels incidents à l’avenir.
 
Pays très catholique
L’Association des journalistes croates s’est pour sa part déclarée «choquée par la violence homophobe» qui s’est manifestée à Split, déplorant que «manifestement une police mal préparée n’ait pas pu la prévenir». Selon la HND, un cameramen de la chaîne RTL a été atteint à la tête par une pierre. L’association a regretté «qu’un évènement qui aurait dû mettre en évidence la maturité de la démocratie en Croatie, n’ait pas été une réussite complète car on a cédé à des petites frappes».
 
La première gay pride jamais organisée en Croatie avait eu lieu à Zagreb, la capitale, en 2002, et plus d’une dizaine de participants avaient été frappés à l’issue de la manifestation. Depuis lors, les défilés des milieux homosexuels ont lieu à Zagreb chaque année sans incidents, tout en faisant l’objet d’importantes mesures de sécurité.
 
La société croate reste très traditionnelle et l’Eglise catholique, très influente dans le pays, a qualifié publiquement l’homosexualité de "handicap" et de "perversion". Près de 90% des Croates sont catholiques.