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 d’ADHEOS

Créé il y a vingt ans, Coco.gg est dans le viseur du gouvernement en raison du nombre de guet-apens homophobes qui émanent de ce site. Que sait-on sur ce tchat en ligne trop facilement accessible ?

De plus en plus de personnes homosexuelles sont visées. Coco.fr, devenu coco.gg il y a plusieurs mois, fait partie de ces sites très souvent cités dans les affaires de personnes homosexuelles prises dans des guet-apens. Il s’agit pièges organisés par des agresseurs homophobes pour frapper, voler ou parfois tuer des homosexuels après leur avoir donné un lieu de rendez-vous sur le site de tchat en ligne.

Sur ce site qui se définit comme « le premier site de tchat gratuit en ligne » et comme « un réseau social où vous pouvez retrouver vos amis », le mode opératoire est souvent le même. Une personne est chargée d’alpaguer une proie, elle discute avec elle pour la mettre en confiance, lui donne un lieu de rendez-vous pour la rencontrer, avant de la rediriger vers plusieurs hommes homophobes qui passent à tabac et dépouillent la victime.

Axé sur la facilité, Coco n’exige pas de créer de compte pour s’inscrire et utiliser le tchat, mais seulement un pseudonyme, le sexe, le code postal et l’âge. Pour ce dernier point, si le site affirme qu’il faut être majeur pour pouvoir discuter avec d’autres utilisateurs, aucune vérification n’est effectuée et n’importe quel utilisateur peut indiquer qu’il est majeur. Aucune modération n’est assurée et les clichés illicites circulent à foison sur la plate-forme.

Un profil créé en quelques secondes

En moins de trente secondes, Le Parisien a pu se créer un faux profil de jeune homme de 19 ans sur le site et, en l’espace de quelques messages, de nombreux messages pullulaient sur notre messagerie, mêlant tout type de propositions, presque à chaque fois sexuelles. Parmi les quatre personnes avec qui Le Parisien a échangé, deux d’entre elles ont très rapidement proposé un rendez-vous, en physique, dans la rue le soir même ou lendemain de notre échange.

Hébergé sur le territoire britannique de Guernesey, Coco est détenu par une société nommée « Vinci SA », rendant très difficile l’obtention des identifications des agresseurs par les autorités françaises.

C’est ce manque de moyens de vérification d’identité efficaces qui est régulièrement critiqué car il permet aux agresseurs ou autres prédateurs sexuels de commettre des actes répréhensibles en tout anonymat. Invité sur RTL lundi, Baptiste Garaud de l’association SOS Homophobie a demandé l’interdiction du site par les fournisseurs d’accès. Selon lui, le dispositif juridique existe pour demande aux fournisseurs d’accès Internet de fermer le site, ou du moins bloquer son accès en France.

Le site Coco est devenu tristement célèbre en 2021, suite à l’affaire des 83 violeurs du Vaucluse. Entre 2011 et 2020, un retraité a livré sa femme, à son insu grâce à des sédatifs, à plusieurs dizaines d’inconnus « recrutés » sur Coco pour qu’ils la violent et assouvissent ses fantasmes.

Pédophilie, trafic de drogue ou encore trafic d’armes

Au mois d’avril dernier, un homme de 40 ans racontait au Populaire du Centre comment il a été ligoté, frappé, racketté puis humilié pendant une heure et demie par un homme qui lui a tendu un piège pendant ce qui devait être un rendez-vous galant sur Coco. Un cas parmi tant d’autres qui s’est déroulé à Limoges (Haute-Vienne), où un réseau opérerait puisque pas moins de vingt cas d’agressions ont été recensés via Coco.gg depuis la fin de l’année 2022.

Ce site à l’interface minimaliste et vieillissante qui se présente comme un site « sympa » de dialogue entre internautes est également pointé du doigt suite à des affaires de pédophilie, de trafic de drogue ou encore de trafic d’armes. Si Coco conserve les données du site et les remet aux autorités à leur demande, le simple maintien du site permet à de nombreux prédateurs de continuer à opérer.

Lancée en 2019, une pétition en ligne a recueilli plus de 19 000 signatures à ce jour pour attirer l’attention sur ce « site malsain », décrit comme un « repaire à pédophile ».

SOURCE : www.leparisien.fr