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 d’ADHEOS

La police londonienne a indiqué que 1.633 affaires d’agressions sexuelles ou de violences domestiques présumées impliquant plus de mille officiers et agents ces dix dernières années allaient être réexaminées.

Sexismeracisme et homophobie dans la police londonienne. Dans un rapport indépendant, les forces de l’ordre de Londres sont accusées d’avoir fermé les yeux sur ces agissements et de ne pas avoir « protégé ses employées ou les membres du public contre les policiers auteurs de violences domestiques, ni contre ceux qui abusent de leur position à des fins sexuelles ». Dans ce rapport de 363 pages publié mardi, l’autrice du rapport, Louise Casey, dénonce aussi des mauvais traitements visant les agents issus des minorités, en appelant à une « réforme générale » de l’institution déjà en crise après une série de scandales.

Ce rapport a été commissionné après le meurtre de Sarah Everard, une Londonienne de 33 ans violée et tuée par un policier, Wayne Couzens, qui l’avait arrêtée sous un prétexte en 2021. Ce meurtre a traumatisé les Britanniques.

La « Met Police » – plus grande force de police du pays avec plus de 43.000 officiers et membres du personnel- est engluée depuis des années dans une série de scandales et crimes sexuels, alimentant une grave crise de confiance du public.

Pour un « changement fondamental »

L’autrice du rapport, qui appelle à un « changement fondamental », estime que l’enquête est « rigoureuse, dure et sans complaisance ». Selon elle, les violences visant les femmes et les filles n’ont « pas été prises au sérieux en termes de ressources et de priorités ».

La longue enquête dépeint notamment comment des preuves dans des affaires de viols (prélèvements d’urine ou de sang par exemple) n’ont pas pu être exploitées après avoir été stockées dans des réfrigérateurs surchargés -parfois fermés à l’aide de sangles- ou carrément tombés en panne. Par ailleurs, « malgré la présence de quelques officiers supérieurs expérimentés, c’est un personnel inexpérimenté et surchargé qui s’occupe de la protection de l’enfance, des viols et des délits sexuels graves », note Louise Casey.

L’affaire Everard a été suivie de plusieurs autres scandales et rapports dénonçant le racisme et le sexisme dans la police londonienne. Sous pression, la cheffe de la police Cressida Dick a finalement démissionné début 2022.

Des « preuves accablantes »

La crise de confiance a encore été aggravée quand David Carrick, un policier de 48 ans a plaidé en janvier coupable de 24 viols et de multiples agressions sexuelles contre douze femmes entre 2003 et 2020. Il terrorisait ses victimes en mettant en avant ses fonctions.

La Met avait alors indiqué que 1.633 affaires d’agressions sexuelles ou de violences domestiques présumées impliquant plus de mille officiers et agents ces dix dernières années allaient être réexaminées.

En attendant, Louise Casey note « ne pas pouvoir assurer » qu’il n’y a plus de criminels tels Wayne Couzens et David Carrick dans les rangs de la police londonienne.

Elle souligne par ailleurs que les femmes travaillant dans la police sont « victimes de sexisme au quotidien » et qu’une « homophobie profondément ancrée » règne au sein de la Met. « J’accepte son diagnostic sur le racisme, la misogynie et l’homophobie au sein de l’organisation, ainsi que sur les défaillances systémiques, managériales et culturelles », a réagi le chef de la police londonienne, Mark Rowley, présentant à nouveau des excuses. « Les preuves sont accablantes », a déclaré de son côté le maire de Londres Sadiq Khan.

 

SOURCE : 20minutes.fr