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Non, Jacques Chirac n'était pas très LGBT-friendly, mais. . .

Vendredi 27 septembre 2019 à 11h06
Catégories : FRANCE, Revue de presse

L’ancien président de la République Jacques Chirac est décédé à l’âge de 86 ans. Si sa carrière politique n’a pas toujours été très LGBT-friendly, on peut toutefois saluer sa mobilisation contre le SIDA.
 
L’âge a finalement emporté le « bulldozer ». L’ancien président Jacques Chirac est décédé ce jeudi 26 septembre, à l’âge de 86 ans, après une carrière politique de plus de 40 ans. Député, secrétaire d’Etat, maire de Paris, puis président de la République… Jacques Chirac a marqué les esprits, au point de devenir, pour une génération qui ne l’a pas ou peu connu, un emblème de style et de décontraction. Preuve en est le succès du Tumblr « Fuck yeah Jacques Chirac« , et les nombreux memes de l’ancien fondateur du RPR diffusés sur internet, comme la désormais mythique photo de lui fraudant le métro parisien.
 
Mais envers la communauté LGBT, Jacques Chirac n’a pas toujours été cool… En 1982, le député Chirac a voté contre la dépénalisation de l’homosexualité, alors qu’il était le chef de l’opposition à l’Assemblée. Pendant son premier mandat de président, il s’est opposé jusqu’au bout au vote du pacs, permettant des unions civiles entre personnes de même sexe. En juin 1998, alors que le débat faisait rage dans la presse, il déclarait « il ne faut pas prendre le risque de dénaturer le mariage, ni de le banaliser en mettant sur le même plan d’autres réalités humaines de notre temps, qui conduisent bien loin des valeurs fondatrices de la famille ».
 
Gêne sur le pacs
 
Le bilan LGBT+ de son premier mandat, il le doit à la cohabitation. La dissolution ratée de l’Assemblée, qui l’impose à choisir un premier ministre de gauche en la personne de Lionel Jospin. C’est ce gouvernement qui proposera la loi de Pacte Civil de Solidarité, projet porté de longue date par les associations LGBT+, mais également la loi de modernisation sociale, votée début 2002, qui interdit officiellement toute discrimination à l’embauche faite aux homosexuel.le.s.
 
Pour autant, après sa victoire aux élections de 2002, et la victoire de la droite aux législatives, Chirac ne reviendra pas sur le Pacs. Il l’avait d’ailleurs promis à TÊTU, dans une interview publiée en avril de la même année, même s’il n’est pas question de parler de mariage qui doit selon lui « rester le socle de la fondation d’une famille ». Pas sectaire, il nomme ministre et porte-parole de son gouvernement la seule députée de droite à avoir voté le texte, Roselyne Bachelot. « Si je suis devenu porte-parole, mon discours sur le Pacs y est pour beaucoup », confie d’ailleurs cette dernière dans le dernier numéro de TÊTU, disponible en kiosque. Preuve qu’un virage était probablement en train de s’opérer du côté du président préféré de la France rurale.
 
Création de la HALDE
 
Son nouveau gouvernement, dirigé par Jean-Pierre Raffarin, s’empare à son tour des questions LGBT+. Signe que les temps changent, Raffarin fut le premier Premier ministre à recevoir les associations LGBT à Matignon. A la clef, et malgré une certaine déception des associations LGBT, le gouvernement leur promet la mise en chantier d’une loi sur les propos homophobes à caractère discriminatoire.
 
Le 30 décembre 2004, ce fut chose faite : plus jamais on ne pourrait dire « sale pédé » impunément… ou presque. Cette loi vient compléter la loi du 18 mars 2003, qui faisait de l’homophobie une circonstance aggravante en cas d’agression, et institue la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE). Elle modifie également la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse afin de réprimer les provocations «à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap».
 
Mais son fait majeur, peut-être, a été de devenir, en 2005, le premier Président français à avoir reconnu la déportation des homosexuels par le régime Nazi. « En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés », avait déclaré le chef de l’Etat lors des célébrations de la Journée nationale de la Déportation.

La folie Madonna
 
En 1987, Chirac est premier ministre. Madonna donne un concert à Paris, et en profite pour remettre une partie de son cachet à l’association de Line Renaud, « Fondation des artistes contre le Sida ». La présence de Chirac est un coup médiatique majeur. Cette image marque surtout le premier contact de Jacques Chirac avec un combat de la communauté homosexuelle : le sida.
 
« De tous les présidents, il aura été le plus engagé contre l’épidémie » raconte Willy Rozenbaum, le médecin français éminent spécialiste du Sida, dans le magazine en ligne « Transversal ». Maire de Paris, Chirac rencontre les militants d’Act Up. « Un jour, j’ai reçu un coup de fil très ennuyé de Line Renaud, dont il était proche. Elle nous a proposé de le rencontrer. Cela n’a rien changé à nos actions, mais on a eu face à nous quelqu’un qui semblait savoir à peu près de quoi on lui parlait », a raconté, toujours au même magazine, Christophe Martet, l’ancien président d’Act Up et journaliste à TÊTU et actuel directeur publication du site Komitid.
 
Créateur du fonds mondial contre le sida
 
Quelques mois après cette rencontre, Jacques Chirac est élu président de la République. Et c’est deux ans plus tard, qu’il va concrétiser son engagement dans la lutte contre Sida. En décembre 1997, à Abidjan, il annonce la création d’un Fonds de solidarité thérapeutique international (FSTI), prémisse du Fonds mondial des Nations unies de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
 
En 2006, le président Chirac annonce un doublement de la contribution française au Fonds mondial, la faisant passer à 300 millions d’euros, et instaure la « taxe Chirac » sur les billets d’avion, pour contribuer au financement d’Unitaid, une organisation internationale d’achat de médicaments.
 
C’est aujourd’hui à cet engagement que les militants LGBT+ rendent hommage. Aurélien Beaucamp, président de Aides, a tenu a saluer le travail de l’ancien président dans un communiqué :
 
« Jacques Chirac restera le père fondateur de la taxe sur les billets d’avion et l’artisan d’UNITAID. Deux innovations complémentaires qui ont donné un coup d’accélérateur à la riposte mondiale contre le sida. Garantissant aux laboratoires de gros volumes d’achat, UNITAID a réussi à faire chuter les prix des traitements, tandis que la taxe a permis de lever plus de 2 milliards d’euros pour financier les actions d’UNITAID. Aujourd’hui, 61,5% des personnes vivant avec le VIH bénéficient de soins alors qu’ils n’étaient qu’une poignée à l’échelle de la planète au début des années 2000. »
 
De quoi inspirer, peut-être, Emmanuel Macron, alors qu’Aides l’appelle à encourager les pays contributeurs à donner davantage au Fonds mondial de lutte contre le Sida…
 


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