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ANGOULEME CINEMA : Marvin ou la belle éducation !

Du Mercredi 22 novembre 2017 à 16h15 au Mercredi 29 novembre 2017 à 16h15
Un film ce mois ci au CNBDI Angouleme

France - 2017 - 1h53 sorti en France le 22 novembre 2017
 
Film francophone de Anne Fontaine
scénario : Pierre Trividic, Anne Fontaine
d'après l'oeuvre de : Edouard Louis
direction de la photographie : Yves Angelo
avec : Finnegan Oldfield (Martin Clément), Grégory Gadebois (Dany), Vincent Macaigne (Abel Pinto), Catherine Salée (Odile), Jules Porier (Marvin Bijou), Catherine Mouchet (Madeleine Clément), Charles Berling (Roland), Isabelle Huppert (elle-même)
 
  • synopsis
Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s'est quand même trouvé des alliés. D'abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l'encouragera à raconter sur scène toute son histoire. Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer...
 
Marvin ou la belle éducation a pour point de départ le roman autobiographique En finir avec Eddy Bellegueule (1) d’Edouard Louis, dans lequel l’auteur parle de son enfance difficile dans un village de Picardie où il subissait les humiliations et la violence de son entourage du fait de ses manières efféminées. Anne Fontaine explique avoir ressenti un lien très fort avec ce livre : j’ai éprouvé presque aussitôt l’envie de m’emparer de son histoire. J’ai voulu lui réinventer un destin, explorer la manière dont il allait se construire après un départ si difficile dans cette famille - et cette France - socialement et culturellement déshéritée ; lui imaginer des rencontres déterminantes à l’adolescence ; bref, prendre de telles libertés que Marvin ne pouvait plus être une adaptation du roman, pourtant puissant.
 
Anne Fontaine a particulièrement apprécié dans le roman cette idée que des êtres puissent échapper à leur condition. Comment y parvient-on ? Comment réussit-on à transcender ces difficultés ? Ce sont des questions auxquelles il est facile de s’identifier - elles nous concernent presque tous ; des questions auxquelles, moi, qui suis complètement autodidacte, je m’identifie. Le trajet de Marvin m’a passionnée comme celui de Coco Chanel (2) avant lui - elle aussi a su s’inventer alors qu’elle venait d’un milieu extrêmement précaire, raconte la réalisatrice.
 
Anne Fontaine et son coscénariste Pierre Trividic n’ont pas cherché à représenter la famille de Marvin de manière abjecte et ont même voulu lui conférer une certaine humanité malgré sa dureté. La cinéaste développe : c’était important pour moi de ne pas coller ces personnages à terre et les épingler comme des papillons. C’est l’inculture qui dépose en eux les phrases parfois terrifiantes qu’ils prononcent. Ils le font presque à leur insu : ils pensent de là où ils sont, avec des codes enfermants. Pierre Trividic, mon coscénariste, et moi, ne voulions pas les juger.
 
Le personnage qu’interprète Isabelle Huppert porte le même nom que la comédienne. Anne Fontaine justifie ce choix : je trouvais intéressant que Marvin rencontre une femme de théâtre, et Isabelle s’est imposée dès l’écriture. C’était comme une évidence. Je ne savais pas si elle accepterait ; mais je ne voyais personne d’autre pour ce rôle, à la fois très court et très important, qui fait littéralement basculer le destin de Marvin. Je crois qu’elle a été très touchée par le film.
 
Anne Fontaine avait repéré Finnegan Oldfield dans Bang gang (3) d’Eva Husson, puis dans Les Cowboys (4) de Thomas Bidegain. La réalisatrice lui a fait passer plusieurs essais (avec Grégory Gadebois notamment) et a rapidement été convaincue de le choisir. Finnegan est quelqu’un de singulier - son histoire est singulière, sa beauté aussi. J’ai aimé son rapport indécidable à la féminité et à la virilité, sa façon de marcher, presque en lévitation, précise-t-elle.
 
Jules Porier, qui joue Marvin enfant, participait à des cours d’improvisation et c’est lui-même, parce qu’il voulait faire du cinéma, qui a répondu à l’annonce qui avait été postée sur Internet.
 
Anne Fontaine a cherché à construire le plus finement possible la gémellité entre les deux Marvin : elle les a ainsi teint tous les deux en roux, a travaillé leur carnation, leurs tâches de rousseur et les a longuement filmés ensemble. La cinéaste se rappelle : j’ai ensuite demandé à Finnegan de suivre une préparation physique - des cours de danse et de gymnastique - pour parfaire le rapport à son corps qu’il avait déjà naturellement. Lui et moi avons beaucoup travaillé sur son personnage, notamment les scènes où il est seul dans sa chambre d’étudiant et celles où il joue aux Bouffes du Nord (5). Il avait besoin d’une direction, ça le rassurait.
 
Un mois avant le tournage, Anne Fontaine, Jules Porier, Grégory Gadebois et Catherine Salée sont partis répéter dans la maison des Bijou. Pendant quatre semaines, ils ont testé les dialogues, réglé les scènes violentes et effectué un vrai travail de recherche. Une méthode que la réalisatrice avait déjà utilisée au moment des Innocentes, permettant de créer des liens entre les acteurs et de rentrer de plain-pied dans le sujet.
 
Si, dans le roman, le personnage principal grandit en Picardie, celui de Marvin ou la belle éducation vient des Vosges. Anne Fontaine justifie ce choix pour se distinguer des nombreux films réalisés dans le nord de la France qui traitent de la précarité sociale. La cinéaste confie : je connaissais un peu Belfort pour y avoir réalisé Nettoyage à sec (6). Epinal n’était pas loin. J’aime les paysages de cette région, leur beauté un peu rude. Elle apporte quelque chose au film.
 
Pour des raisons liées à l’emploi du temps d’Isabelle Huppert, Anne Fontaine a démarré le tournage de Marvin ou la belle éducation par la scène des Bouffes du Nord (5). Le lendemain, j’étais dans les Vosges avec les gosses qui harcèlent Marvin au collège. En deux jours, je suis passée par les deux extrêmes : la stylisation et la brutalité des actes. Cela m’a tout de suite donné le la du film, la bonne note musicale, se rappelle la cinéaste.
 


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