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Quatre hommes agressent violemment une femme trans près de Clermont-Ferrand

Samedi 05 août 2017 à 16h32
Catégories : FRANCE, Revue de presse

Elisabeth Ferretti a été rouée de coups sur un parking de supermarché d’une petite ville près de Clermont-Ferrand, mardi 25 juillet. Corinne, sa sœur, a décidé de témoigner publiquement dès le lendemain.
 
Elisabeth Ferretti a l’habitude des petites phrases insultantes glissées du coin des lèvres, des moqueries faussement cachées et des menaces non dissimulées à son encontre.
 
Mardi 25 juillet 2017, quand quatre hommes se mettent à pouffer de rire à son passage, dans un supermarché de Riom, près de Clermont-Ferrand, elle décide de les confronter. Elle se tourne vers eux et leur demande, sans détours, pourquoi ils se moquent d’elle. Ils nient, tentent de se débiner, le ton monte. Alors qu’ils s’éloignent, Elisabeth pense que cette altercation va en rester là. Mais, quand elle sort du supermarché, elle découvre que ces mêmes quatre hommes l’attendent. Lorsqu’ils se dirigent vers elle et l’insultent de « pédé », « tafiole » et « tarlouze », elle prend peur. Elle sort le petit couteau factice qu’elle garde avec elle pour se rassurer et décourager de possibles agresseurs.
 
L’effet escompté n’est pas au rendez-vous. Les quatre hommes fouillent dans leur propre véhicule et en sortent un objet contondant. Elisabeth rejoint alors sa voiture et s’empresse de quitter les lieux. Elle se dirige vers un autre parking de supermarché, quelques centaines de mètres plus loin. Une nouvelle fois, elle se pense sortie d’affaire. C’était sans compter sur la pugnacité de ses agresseurs, qui l’ont suivie. Lorsqu’ils se garent à son niveau, tout s’accélère.
 
En une poignée de secondes, l’un d’eux lui assène un coup de poing en plein visage. Elle s’écroule. Ils la rouent de coups. Elle se dégage enfin, se relève mais ils la rattrapent et recommencent. À la différence du précédent parking, celui-ci est équipé de caméras de surveillance. Les vigiles du supermarché, qui ont vu la scène sur leurs écrans de contrôle, interviennent. Les agresseurs prennent la fuite, Elisabeth est transférée à l’hôpital par les pompiers. Les médecins lui prescrivent 5 jours d’ITT (incapacité totale de travail) mais se réservent le droit d’en ajouter en fonction des derniers examens qu’elle doit encore passer. Son œil pourrait en effet avoir été touché.
 
Les blessures psychologiques
 
Corinne Ferretti, sa soeur, apprend le drame quelques heures après. Le lendemain de l’agression, elle accompagne Elisabeth déposer plainte. Au commissariat, elles apprennent alors que les quatre hommes ont eu le culot de venir se présenter, la veille, pour déposer une main courante pour agression avec un couteau. Le fameux couteau factice. Heureusement, les policiers possèdent les bandes de la vidéo surveillance du supermarché. Sa sœur Elisabeth les visionne avec eux. Elle évoque à TÊTU une « violence qu’elle n’aurait jamais imaginée. »
 
Mis en examen, les quatre hommes, dont les policiers possédaient l’identité après leur dépôt de main courante, reconnaissent les faits.
 
Corinne Ferreti prend quelques jours de congés pour soutenir sa sœur. « Les blessures psychologiques vont être bien plus longues à guérir que les blessures physiques« , témoigne-t-elle. « Aujourd’hui, ma sœur refuse de sortir de chez elle, elle est barricadée dans son appartement. »
 
La nécessité d’en parler publiquement
 
« Très très en colère », Elisabeth décide de rendre publique cette agression sur son compte Facebook. Avant de le faire, elle en parle à sa sœur. « C’est elle qui ne voulait pas au départ. Elle pensait que cela pourrait me causer du tord« , se souvient Corinne. Le tord dont parle Elisabeth est d’ordre politique. En effet, Corinne était candidate aux législatives dans la 3ème circonscription du Rhône pour Debout la France, dont elle est toujours membre du bureau politique. Elle lui rétorque : « Les possibles conséquences négatives m’importent peu car c’est, en partie, pour me battre contre ce genre de violences que je fais de la politique. »
 
Toutes deux sont alors agréablement surprises de voir à quel point les réactions à sa publication son positives. « Sur 400 commentaires et 650 partages, on compte seulement 2 imbéciles. Ça nous a touché que les gens s’émeuvent de cette agression, qu’ils adressent à Elisabeth des messages de soutien« , raconte-t-elle.

« Une cause à défendre politiquement »
 
En signature du texte, Corinne Ferretti affiche son appartenance politique. Selon elle, « c’est une cause à défendre politiquement. Même si des gens me l’ont reproché au sein du parti, je compte bien aborder les sujets de l’homophobie et de la transphobie lors des universités d’été du parti en septembre prochain. » Elle est persuadée que Nicolas Dupont-Aignan sera à l’écoute, même s’il n’a pas abordé ces sujets lors des présidentielles. Corinne avait quant à elle affiché son attachement à ses problématiques lors de la campagne des législatives.
 
Une prise de conscience exemplaire
 
Le parcours de Corinne Ferreti est un exemple du processus qui amène à comprendre et à intégrer l’importance de ces questions. Elle le dit elle-même, leur famille n’est pas forcément celle qui semblait, sur le papier, la plus ouverte d’esprit. Et pourtant, après une courte phase d’adaptation, tous ont accepté la transidentité d’Elisabeth. « Il n’y a eu aucun rejet au sein de notre famille », affirme Corinne, un grain de soulagement dans la voix. Elle a ensuite suivi de près la transition de sa sœur. Cela lui a fait prendre conscience de nombreux problèmes sur la manière dont les trans sont pris en charge psychologiquement. Elle se rappelle notamment de la fois où sa sœur lui a montré le test qui lui avait été demandé de faire pour avoir la certitude qu’elle se sentait véritablement « femme ». Corinne l’a elle-même réalisé et sa sentence est sans appel :
 
Selon ce test, je n’étais moi-même pas une femme. Ce genre de tests véhicule une image des femmes d’un autre âge. Vous voyez bien qu’il y a donc un problème…
 
Comptons donc sur elle pour relayer ces expériences auprès de celles et ceux qui n’y ont jamais été confrontées. Les histoires personnelles sont parfois des vecteurs de prise de conscience plus puissants que nombre de discours, aussi nécessaires soient-ils.
 


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