NEWS
Les actualités
 d’ADHEOS

 Une manifestation sans précédent sur la Côte d’Azur a eu lieu ce samedi, après les violences dont ont été victimes une semaine plus tôt Steeve et Romuald, agressés après s’être embrassés dans un jardin public
 
«Ça fait super chaud au cœur de voir une mobilisation pareille.» Steeve et Romuald (photo ci-contre) sont «très touchés». Plus de deux cents personnes ont en effet participé samedi après-midi à un kiss-in en réaction à l’agression présumée dont ils ont été victimes une semaine plus tôt à Nice (lire article).

  
Le rassemblement s’est déroulé dans le jardin public du centre-ville de la ville où ce couple d’étudiants, 29 ans chacun, affirme avoir été pris à partie par une mère de famille qui leur reprochait de s’embrasser devant ses enfants, avant d’être roué de coups par de jeunes hommes.
 
Manif pacifiste
Alors que Steeve (avec une veste foncée sur la photo), le plus blessé des deux, porte encore autour des yeux les derniers stigmates des nombreux hématomes qui lui ont valu dix jours d’arrêt de travail, c’est Daniel, un gay niçois  qui a eu l’idée de cette manifestation on ne peut plus pacifiste. «Le meilleur moyen de répondre aux homophobes qui ne supportent pas de nous voir nous embrasser, c’est justement de s’embrasser. Notre façon à nous de lutter est beaucoup moins violente que la leur», devise ce Niçois «qui n’appartient à aucun parti, aucune association. Je suis juste un homosexuel qui a été révolté quand il a découvert dans Nice-Matin l’agression scandaleuse de Steeve et Romuald.»
 
«Des agressions comme celles-ci ne sont pas propres à Nice, il s’en produit partout en France.» Daniel a d’abord songé à une action individuelle: «Je voulais proposer à un copain qu’on aille, une semaine après, s’embrasser dans le fameux jardin.» Alors que l’agression suscitait une vague d’indignations, son initiative, relayée par les médias, a fait écho sur Facebook. Résultat, une manifestation sans précédent à Nice. Pendant cinq minutes, des dizaines d’étreintes sous les banderoles, les objectifs des caméras et la surveillance discrète des forces de l’ordre qui avaient eu vent de menaces finalement restées vaines. Le rassemblement d’une demi-heure s’est déroulé dans une ambiance détendue, même si ses motifs sont graves. «Se faire agresser parce qu’on embrasse son copain est intolérable, s’indigne Daniel. Des agressions comme celles-ci ne sont pas propres à Nice, il s’en produit partout en France. A chaque fois, il faut les dénoncer pour dissuader les homophobes de recommencer.»
 
L’enquête se poursuit
Un mot d’ordre qu’ont démultiplié les nombreuses associations, locales et nationales, représentées à ce kiss-in. «Nous espérons que les agresseurs seront identifiés et traduits en justice afin que nous nous portions partie civile auprès des victimes pour les aider et que cette triste affaire serve de leçon», fait savoir Aglaé, l’une des associations homo les plus enracinées à Nice.
 
Pour l’heure, l’enquête se poursuit. Vendredi, Steeve et Romuald ont été confrontés à la mère de famille qui prétend avoir été la première molestée. C’est parole contre parole, tant que les autres protagonistes n’ont pas été retrouvés.