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COMMISSION SOLIDARITÉ REFUGE
ENTRAIDE
Commission Solidarité / Refuge / Entraide
: Elle répond aux besoins des personnes en grandes difficultés
(jeunes LGBT mis à la porte par leurs parents, risques suicidaires
plus importants chez les personnes LGBT, etc.) en assurant un accueil, un logement,
une aide, une écoute, une information, un accompagnement psychologique dans les limites
financières de l’association.

Le Silence et
l'isolement ne règlent pas le problème.
Nous sommes là à vos
cotés pour vous aider, venez nous rencontrer !
ADHEOS
06 26 39 66 13
ou 05 46 92 98 55

COLLOQUE.
--
Riche journée jeudi sur la prévention des risques suicidaires chez les
personnes homosexuelles
Halte
à l'homophobie !
ARTICLE SUD OUEST DU 14 OCTOBRE 2006
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Eric Verdier, psychologue et chercheur,
faisait partie des intervenants
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Le colloque
régional sur la prévention des risques suicidaires chez les personnes
homosexuelles a été riche d'enseignements et d'informations. Organisé hier
à la salle Saintonge par l'association d'aide de défense homosexuelle pour
l'égalité des orientations sexuelles (ADHEOS), elle a réuni un bel
aréopage d'experts et de professionnels.
Ainsi,
le Dr Marc Shelly a parlé du taux de suicide plus élevé que la moyenne
chez les jeunes homosexuels. Le coordinateur national de la ligne Azur est
intervenu de même que l'association SOS Homophobie ou celle de parents
d'homosexuels, Contact. Le psychologue, chercheur et auteur, Eric Verdier
a clôturé l'après-midi avant que n'intervienne en soirée, le Dr Pommereau
du centre Abadie à Bordeaux. Devant un public fourni, la soirée fut riche
elle aussi.
Toujours urgence à agir.
Et ce colloque aura été un premier pas vers une meilleure
connaissance du phénomène selon lequel les homosexuels connaissent un
risque de suicide plus élevé que les autres. Bien sûr, ce n'est pas
l'homosexualité en soi qui est un facteur de risque suicidaire, mais
plutôt l'homophobie « qui provoque une mauvaise estime de soi ». Sans
oublier la crise d'identité en rapport avec l'orientation sexuelle se
manifestant par un questionnement, un inconfort, un stress et une anxiété
qui poussent à l'isolement. Et le silence prive toujours du recours aux
ressources, du soutien de la famille et des proches.
Après
cette manifestation, ADHEOS qui n'existe finalement que depuis deux ans,
s'engage à faire en sorte que la politique de santé publique appréhende
mieux cette problématique. Le colloque s'intitulait « L'urgence d'agir !
». Après ce premier pas, ce mot d'ordre reste d'actualité.

Le
suicide est aujourd’hui en France la première cause de décès chez les
25-34 ans et la seconde chez les 15-24 ans.
Selon le psychologue Eric VERDIER, les jeunes
homosexuels masculins ont 4 à 7 fois plus de risque de faire une tentative
de suicide que les jeunes hétérosexuels. Pour les jeunes filles
homosexuelles, ce risque est accru de 40%.
Ces propos sont confirmés par différentes études dans le
monde et en France. Citons celles faites par le Docteur Xavier
POMMEREAU, médecin psychiatre chef de service au centre Jean Abadie
appartenant au CHU de Bordeaux et par le Docteur Marc SHELLY,
médecin de santé publique à l’hôpital Fernand WIDAL, APHP de Paris.

LE RISQUE SUICIDAIRE
CHEZ LES
PERSONNES LGBT
(
Lesbiennes Gay Bi Trans.)
L’homosexualité n’est
pas un facteur de suicide. McCutcheon, président de Gai Écoute (QUEBEC),
rappelle en effet « qu’il n’est pas correct de faire une
relation directe entre l’orientation homosexuelle et le suicide.
Toutefois, des personnes homosexuelles peuvent être à risque élevé de
suicide à un moment précis de leur vie, celui de la découverte et de la
prise de conscience de leur différence. Cette
période est caractérisée par une crise d’identité en rapport avec l’orientation
sexuelle, se manifestant par un questionnement, un inconfort, un stress et
une anxiété qui poussent à l’isolement. »
Se réfugiant derrière le
silence tout au long de cette période, les personnes homosexuelles sont
confrontées à l’homophobie, aux préjugés, à la condamnation par la
société et par les autorités religieuses, au rejet par la famille, au
rejet par les pairs, au refus de leur propre image, à l’isolement, à
la solitude morale et à la négation de leur homosexualité. De
surcroît, leur silence les privera du recours aux ressources, du soutien
de la famille, des amis et des pairs. Le moment, la durée, l’âge où
se présente cette période varient d’une personne à l’autre : ce
sera à l’adolescence pour plusieurs et à l’âge adulte pour d’autres.
Elle sera facile pour les uns, difficile pour les autres, voire tragique
pour certaines personnes.
Ainsi, l'association ADHEOS
recommande au ministère de la Santé, aux décideurs politiques, à
l'ensemble des Services sociaux de reconnaître, dans ses politiques, les
personnes homosexuelles comme étant un groupe à risque élevé de
suicide au moment où elles vivent une crise d’identité en rapport avec
l’orientation sexuelle. Toujours au regard de cette approche, nous
proposons aussi d’accroître le niveau de connaissance sur cette
problématique, de dispenser des services d’adaptation à l’orientation
homosexuelle, de mener des campagnes d’éducation et de sensibilisation
et d’offrir des outils de prévention.
Télécharger la plaquette du colloque régional Poitou-Charentes sur
" les risques suicidaires chez les personnes homosexuelles : L '
URGENCE D'AGIR !"
TÉLÉCHARGER LE RAPPORT SUR LE
SUICIDE DES PERSONNES LGBT FAIT AU QUÉBEC :
Le suicide chez les jeunes hommes homosexuels
Par Michel Dorais
Depuis quelques années,
des recherches menées au Canada et aux États-Unis ont montré que les
adolescents et les jeunes adultes d’orientation homosexuelle étaient
beaucoup plus susceptibles que les autres de faire des tentatives de
suicide. En fait, plus un garçon découvre tôt son homosexualité et
plus il se sent différent des autres garçons, plus il se voit isolé,
plus il craint d’être jugé ou rejeté, plus il est effectivement
victime de quolibets, de « taxage », parfois de violences
physiques. Sa famille et son milieu scolaire ou de loisirs, qui devraient
être les premiers à se préoccuper de son bien-être sont, au mieux,
indifférents à ce qu’il vit; au pire, ils participent à son angoisse
en entretenant toutes sortes de préjugés et d’attitudes négatives
face à l’homosexualité.
Devant le fait qu’il n’entend
pour ainsi dire jamais parler positivement de ce qu’il vit, sinon qu’il
se sent de trop, le garçon qui ressent des attirances homosexuelles en
vient souvent à se haïr lui-même. D’autant plus qu’il n’y a pas
beaucoup de modèles publics de réussite amoureuse, familiale ou
professionnelle pour un jeune qui aime quelqu’un du même sexe. L’épouvantail
du sida que l’on dresse devant lui n’est pas réjouissant non plus…
De là à déprimer et à penser que sa vie ne vaut pas la peine d’être
vécue, il y a un pas relativement facile à faire. Le pire, c’est que
ce garçon emportera parfois son malaise et son secret dans sa tombe. C’est
le cas typique du jeune garçon dont personne ne comprend le suicide.
Peut-être parce que l’on préfère ne pas trop savoir pourquoi il en
est arrivé là et ne pas nous sentir coupable de n’avoir rien fait à
temps.
Beaucoup de gens croient qu’aider
les jeunes qui vivent des attirances homosexuelles à s'accepter et
surtout à être acceptés par leur milieu de vie serait encourager l’homosexualité.
C’est plutôt d’encourager la vie qu’il s’agit et de défendre le
droit de chacun au respect et – pourquoi pas? – au bonheur. Aucune
orientation sexuelle ne garantit d’être heureux; aucune ne devrait l’interdire.
Le principal problème que rencontrent les jeunes hommes homosexuels, c’est
que l’on préfère trop souvent encore les voir morts plutôt que de
leur faire une place.

Introduction à l'étude
Mort ou fif
Mobiles des tentatives de suicide
chez les jeunes hommes homosexuels ou bisexuels
Problématique
Bien avant les accidents de la route, le suicide
constitue la première cause de décès chez les jeunes québécois. Le Québec
détient par ailleurs le taux de suicide le plus élevé parmi les dix
provinces canadiennes. Pour les jeunes hommes de 20 à 24 ans, le taux de
suicide est sept fois plus élevé que pour les jeunes femmes de même groupe
d'âge [1]. Et quoique l'on
possède maintenant des données d'ordre statistique sur l'ampleur du
phénomène du suicide chez les jeunes du Québec, nous ne savons que peu de
choses sur les mobiles qui les incitent à vouloir mettre fin à leur
existence. Pour les raisons que nous verrons dans les pages suivantes, le
cas des jeunes hommes d'orientation homosexuelle et bisexuelle, qui
représenteraient à eux seuls une portion significative mais ignorée (du
moins par la plupart des statistiques officielles) des jeunes suicidaires
ou suicidés, devrait tout particulièrement retenir l'attention.
Quoique les recherches sur les possibles liens entre
une orientation homosexuelle ou bisexuelle et des comportements
suicidaires sont actuellement inexistantes au Québec, les données
disponibles au Canada anglais et aux États-Unis, notamment, ne manquent
pas d'attirer l'attention, et de susciter parfois la controverse sur
l'ampleur de cette réalité (Muehrer, 1995). Néanmoins, il y a généralement
consensus sur le besoin de mieux comprendre les facteurs pouvant expliquer
la relation entre une orientation homosexuelle ou bisexuelle et une
conduite suicidaire (Workshop on Suicide and Sexual Orientation, 1995).
Il existe, à notre connaissance, trois études traitant
de la question du suicide chez les jeunes hommes homosexuels ou bisexuels,
ayant toutes utilisé de larges échantillons aléatoires ou probabilistes et
comportant une comparaison avec des jeunes hommes hétérosexuels au profil
sociodémographique similaire. Ces recherches semblent par conséquent les
plus fiables. La première, celle de Bell et Weinberg (1978), rapporte un
taux de 35 % de répondants homosexuels ayant tenté de se suicider; en
comparant le groupe des hommes homosexuels avec les autres répondants, les
auteurs estiment notamment que les jeunes hommes homosexuels sont, à l'âge
de 20 ans, environ 13 fois plus susceptibles que les hommes d'orientation
hétérosexuelle de commettre un acte suicidaire
[2]. La seconde étude, une
récente enquête canadienne conduite auprès de 750 jeunes hommes de toutes
orientations sexuelles de la région de Calgary (Bagley et Tremblay, 1997)
montre que les jeunes hommes gais et bisexuels comptent pour 62,5 % des
jeunes hommes ayant tenté de se suicider, alors que la population
d'orientation homosexuelle ou bisexuelle ne représente que 12,7 % du total
de l'échantillon [3]. Les
auteurs de l'étude en concluent que les jeunes hommes d'orientation
homosexuelle ou bisexuelle de 18 à 27 ans (âge moyen: 22,7 ans) sont
presque 14 fois plus à risque que les jeunes hommes d'orientation
hétérosexuelle de tenter de se suicider. Cela confirme les résultats
obtenus vingt ans auparavant par Bell et Weinberg. Enfin, la nouvelle
analyse faite par Gary Remafedi (1998) d'une étude conduite en 1987 auprès
de 36,254 étudiants américains (inscrits de la septième à la douzième
année du cours secondaire, ayant un âge moyen d'environ 15 ans) arrive à
des résultats similaires: en dépit de leur nombre limité (202), les jeunes
hommes de 13 à 18 ans qui se déclaraient ouvertement homosexuels ou
bisexuels rapportaient sept fois plus souvent avoir fait des tentatives de
suicide que les individus d'un groupe témoin composé de jeunes hommes
hétérosexuels présentant le même profil sociodémographique
[4]. En fait, 28 % des
répondants homosexuels ou bisexuels de cette étude rapportaient avoir fait
une tentative de suicide.
Évidemment, ces résultats ne signifient pas qu'une
orientation homosexuelle ou bisexuelle chez les garçons mène au suicide.
Cela suggère plutôt qu'une orientation homosexuelle ou bisexuelle accroit
ou ajoute des facteurs de risque particuliers. C'est précisément afin
de mieux connaître ces facteurs particuliers, qui rendraient les jeunes
hommes homosexuels ou bisexuels vulnérables aux idées ou aux conduites
suicidaires, que la présente étude sera menée (et non pour confirmer
ou infirmer l'importance des liens entre le suicide chez les jeunes en
général et leur orientation sexuelle, ce qu'une étude quantitative serait
plus à même de faire). Il faut par ailleurs noter que les seules études
portant sur les suicides complétés chez des jeunes semblent peu en mesure
d'établir l'ampleur du phénomène. Non seulement les certificats de décès
et les proches sont généralement muets sur l'orientation
homosexuelle/bisexuelle des jeunes suicidés, si tant est qu'elle fut
connue ou révélée (Shaffer, 1995), mais les données disponibles
post-mortem ne permettent guère d'éclairer les motifs véritables de
ces suicides (les jeunes suicidés emportent souvent leurs secrets dans
leur tombe).
Hormis les trois études dont nous venons de faire état,
plusieurs autres recherches, portant cette fois sur des échantillons de
population restreints (et non probabilistes), ont aussi exploré la
question des idéations ou les tentatives de suicide chez les (jeunes)
hommes homosexuels ou bisexuels, avec des résultats malgré tout assez
similaires. Une toute récente enquête du magazine gai québécois RG montre
que 44 % des 125 répondants ont songé au suicide et que 26 % rapportent
avoir déjà tenté de s'enlever la vie (Dorais et Berthiaume, 1998). Cela
confirme une tendance déjà observée en Amérique du Nord. Dans leur étude
sur le vécu d'hommes et de femmes homosexuels, Jay et Young (1977)
révélaient que 40 % des hommes interrogés avaient attenté à leur vie ou y
avaient sérieusement songé; ces auteurs indiquent aussi que 53 % de ces
répondants croyaient précisément que leurs tentatives de suicide étaient
liées de près à leur orientation sexuelle. Bell et Weinberg (1978),
précédemment cités, font état d'une proportion similaire: 58 % de leurs
répondants homosexuels sont persuadés qu'il y a un lien direct entre leurs
tentatives de suicide et leur homosexualité. Dans leur enquête auprès de
jeunes hommes gais et bisexuels, Remafedi et al.(1991) indiquent que près
du tiers des participants interrogés ayant mentionné avoir tenté de se
suicider l'avaient fait l'année même où ils se s'étaient identifiés comme
gais ou comme bisexuels; près de la moité avaient répété le geste par la
suite [5]. Une enquête
américaine menée auprès d'un groupe de psychiatres spécialisés auprès des
adolescents révèle que 66 % de ces répondants croyaient que la conduite
suicidaire chez les adolescents homosexuels était plus grave et souvent
plus fatale [6]. On peut
retrouver dans la littérature des nombreuses données qui tendent à
confirmer ce constat [7].
La majorité des tentatives de suicide chez les jeunes
hommes qui vivent l'homosexualité surviendraient au cours de l'adolescence
ou au tout début de la vie adulte, alors que ces garçons se trouvent
isolés, sans groupe social d'appartenance, aux prises avec un rejet réel
ou anticipé de la part des pairs, du milieu scolaire et du milieu
familial, souvent confrontés de surcroît à une culpabilité et une
homophobie intériorisées. Bell et Weinberg (1978) mettent en évidence le
fait que plus un jeune homme découvre tôt ses attirances homosexuelles,
plus il est désemparé et par conséquent à risque de suicide: selon leurs
données, ceux qui sont âgés de 17 ans sont 16 fois plus à risque que les
jeunes hommes hétérosexuels d'attenter à leurs jours, ceux de 20 ans, 13
fois plus et ceux de 25 ans, 6 fois plus. D'après les quelques études
disponibles qui tiennent compte de cette réalité, les jeunes d'orientation
homosexuelle ou bisexuelle compteraient pour une portion significative de
l'ensemble des jeunes qui tentent de se suicider
[8] ou qui finalisent leur
suicide [9];
de ce fait, le suicide pourrait constituer la première cause de décès chez
les adolescents homosexuels ou bisexuels, devançant à ce titre le sida.
Selon les recherches de
Remafedi et autres (1991 et 1998) et de Bagley et autres (1997), le
sentiment d'inadéquation (ou non-conformité) qu'ils éprouvent en ce qui
concerne leur identité sexuelle ou leur identité de genre serait
l'indicateur premier de tendances suicidaires chez les jeunes hommes. Cela
transparaît dans le profil des jeunes hommes homosexuels ou bisexuels les
plus suicidaires
[10]. La forte pression
sociale subie afin qu'ils se conforment au modèle hétérosexuel rend les
jeunes hommes homosexuels ou bisexuels plus susceptibles de développer
des problèmes psychologiques — dont la dépression — et d'avoir des
comportements suicidaires [11].
Les jeunes hommes qui vivent ouvertement leur préférence homo/bisexuelle
s'exposent en effet à la désapprobation de leur entourage, à la
stigmatisation, au rejet et à l'isolement social, mais aussi à la
violence verbale, physique ou sexuelle. Pour amoindrir la souffrance
éprouvée, plusieurs d'entre eux vont glisser vers la consommation
abusive de drogues et d'alcool (Gibson, 1989). Selon les études de
Remafedi (1985 et 1991), les jeunes hommes gais seraient plus nombreux que
leurs homologues adultes à faire usage de drogues. Ils présenteraient
d'autre part un risque plus grand de développer une dépendance
[12]. La corrélation entre l'abus de drogue et l'idéation
suicidaire a déjà été démontrée depuis plusieurs années. Mais le
symptôme «alcoolisme» ou «toxicomanie» camoufle très souvent des
problèmes inavoués ou inavouables...
Le sentiment d'inadéquation personnelle ou sociale et
la difficulté de s'accepter comme personne d'orientation homosexuelle ou
bisexuelle peut contribuer à ce que le jeune entretienne une pauvre estime
de lui-même. Dans une enquête menée au Québec auprès de 93 jeunes gais,
bisexuels et lesbiennes, Otis, Ryan et Chouinard (1997) indiquent que 33 %
des répondants jettent un regard négatif sur eux-mêmes ou croient qu'ils
n'ont pas autant de valeur que les autres personnes. D'autre part, les
sentiments de rejet et d'isolement ainsi que les sentiments dépressifs
caractérisent 50 % des répondants de cette étude, dont la majorité est
masculine [13]. Comme la
faible estime de soi et la dépression représentent des facteurs de
prédisposition au suicide (Gibson 1989), force est de constater le risque
ici présent.
Les jeunes hommes d'orientation homosexuelle ou
bisexuelle représentent donc un sous-groupe d'individus dont la
vulnérabilité est accrue par le fait d'appartenir simultanément à trois
catégories de personnes à haut risque suicidaire: celui des jeunes, celui
des hommes et celui des personnes ayant un attrait pour des partenaires de
même sexe. Si l'on considère que certains d'entre eux font partie de
communautés culturelles ou de classes sociales défavorisées, et subissent
de ce fait une stigmatisation de plus, on peut imaginer que la pression
sociale ressentie face à à leur «différence» puisse les conduire tout
droit vers de hauts risques de blessures ou de mort par suicide.
Quelle que soit la proportion exacte du phénomène chez
les jeunes homosexuels ou bisexuels, comprendre plus finement les
conditions et les processus qui mènent un certain nombre d'entre eux à
songer au suicide ou à attenter à leur vie reste une démarche à faire
tellement pauvre est la recherche auprès de cette clientèle au Canada, et
plus encore au Québec, où aucune recherche n'a jamais été conduite sur ce
thème.
Car l'existence des réalités que nous venons de décrire
est souvent méconnue, quand elle n'est pas ignorée, tant sur le plan
social, professionnel, que scientifique. La nouveauté même de
l'identification de liens possibles entre orientation homosexuelle et
suicide donne lieu à d'âpres discussions parmi les méthodologues et les
suicidologues: tous s'entendent néanmoins sur la nécessité de développer
la recherche en ce domaine, ne serait-ce que pour en arriver à des
résultats qui permettent de mieux cerner la problématique et ses
conséquences réelles. En effet, pour l'ensemble du Canada, très peu
d'études relèvent le phénomène nommément (hormis Bagley 1994; Otis, Ryan
et Chouinard 1997). Dans l'ouvrage collectif Adolescents en danger de
suicide [14] publié
au Québec en 1995, aucune mention n'est faite de l'orientation
homosexuelle ou bisexuelle comme motif possible de suicide à
l'adolescence. Quant à la toute récente stratégie québécoise d'action face
au suicide, elle ne mentionne le problème qu'en annexe [15].
Seul le Groupe d'étude sur le suicide au Canada a abordé la question
directement (1994); une analyse bibliographique de Santé Canada sur Les
expériences des jeunes gais à l'ère du sida (1996) note en effet que
les actes d'autodestruction toucheraient davantage la population des
jeunes d'orientation homosexuelle.
En définitive, on peut supposer que le peu de soutien
et de modèles positifs qu'ils rencontrent, leur sentiment de
non-conformité sociale, la stigmatisation à laquelle ils font face, les
difficultés familiales et scolaires reliées au dévoilement de leur
orientation sexuelle et la non reconnaissance sociale de leurs désirs ou
de leurs amours comme viables ou légitimes entraînent nombre de jeunes
hommes homosexuels ou bisexuels à éprouver des problèmes angoissants,
voire à songer à en finir (ce que n'aide pas l'épouvantail du sida que
l'on dresse devant eux). Une condition homosexuelle mal assumée, mal
intégrée et no reconnue socialement multiple vraisemblablement les risques
quant à la santé physique (comme la recherche sur le sida tend à le
montrer) mais aussi quant à la santé mentale. Ces phénomènes restent
néanmoins à être contextualisés et explorés à partir du vécu même des
jeunes suicidaires, d'où la pertinence de la présente recherche.
[1]
Gouvernement du Québec, Conseil permanent de la
jeunesse, Le point sur la délinquance et le suicide chez les jeunes,
septembre 1995, p. 54.
[2] Bell, A., et Weinberg, M., Homosexualities: A
study of diversity among men ans women, New York, Simon & Schuster,
1978.
[3] Cette proportion correspond assez à celle
d'enquêtes où l'anonymat et la confidentialité étaient respectées.
Lorsque l'une ou l'autre ne sont pas respectées, les pourcentages de
personnes qui révèlent avoir des rapports homosexuels ou bisexuels sont
sensiblement moindres. Voir à ce sujet: Kinsey, A. C., Sexual Behavior in the Human
Male. Philadelphia, W.B. Saunder Company, 1948; Janus, S. S. et Janus,
C. L., The Janus Report on Sexual Behavior, New Tork, John Wilwey
& Sons, 1993; Laumann, E. O., et autres, The Sexual Organisation of
Sexuality — Sexual Practices in the United States, Chicago,
Chicago Un. Presss, 1994.
[4] Remafedi, Gary, et autres, «The Relationship
between Suicide Risk and Sexual Orientation: Results of a Population-Based
Study», American Journal of Public Health, janvier 1998, vol. 88,
no. 1.; voir aussi The Advocate, «Youth at risk», octobre 1997, p.
15.
[5] Remafedi, G. et al., «Risk Factors for Attempted
Suicide in Gay and Bisexual Youth», in Remafedi, G., Death by Denial,
Boston, Alyson Publications, 1994, p. 128.
[6] Kourany, R., «Suicide Among Homosexual
Adolescents» in Remafedi, G., Death by Denial, Boston, Alyson
Publications Inc., 1994, p. 91.
[7] Tremblay, P. J.,
The
Homosexuality Factors in the Youth Suicide Problem, Présentation
dans le cadre de la 6e conférence annuelle de l'Association canadienne
pour la prévention du suicide, Banff, Alberta, octobre 1995, p. 2-3.
Publié sur Internet.
[8] Avicolli, T., «Coming out of the Dark Ages:
Social workers told of special youth need», Philadelphia Gay News, May
1986; Remafedi, G., Male homosexuality: The adolescent's perspective,
Unpublished manuscript, Adolescent Healt Program, University of Minnesota,
1985; Roesler, T., and Deisher, R., «Youthful man Homosexuality»,
Journal of the American Medical Association, February 1972. p.
1018-1023; Los Angeles Suicide Prevention Center, Problems of suicide
among lesbian and gay adolescents, Unpublished preliminary data, 1986.
[9] Gibson, P., «Gay Male and Lesbian Youth Suicide»,
in Remafedi, G., Death by Denial, Boston, Alyson Publications Inc.,
1994, p. 15-16.
[10] Harry, J., «Parasuicide, Gender, and Gender
Deviance», in Remafedi, G., Death by Denial, Boston, Alyson
Publications Inc., 1994, p. 69-73.
[11] Remafedi, G., Male homosexuality: The
Adolescent's Perspective, Unpublished manuscript, Adolescent Health
Program, University of Minnesota, 1985; Los Angeles Suicide Prevention
Center, Problems of Suicide Among Lesbian and Gay Adolescents,
Unpublished preliminary data, 1986; Larking Street Youth Center, Client
statistics, San Francisco, 1982.
[12] Rofes, E., «I Thought People Like that
Killed Themselves»: Lesbians, gay men and suicide, San Francisco, Grey
Fox, 1983.
[13] Otis, J., Ryan, B., Chouinard, N., «Prévention
du VIH. Impact du «Projet 10» sur le mieux-être sexuel de jeunes gais et
bisexuels», Profil des jeunes à leur entrée au groupe de support du
«Projet 10», Rapport préliminaire, Université du Québec à Montréal
(département de sexologie), janvier 1997.
[14] Numéro thématique de la revue PRISME,
automne 1995, vol. 5, no. 4.
[15]
S'entraider pour la vie,
ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, 1998.
PRINCIPAUX SIGNES D'ALERTES :
80 %
DES SUICIDES sont précédés d'un ou plusieurs signes :
-
Abandon des activités extérieures
(sport, cinéma...).
-
Baisse inexpliquée et continuelle des
résultats scolaires.
-
Provocations ou agressivité
inhabituelles.
-
Changement brutal de comportement.
-
Prise excessive et continue de
produits toxiques (alcool, cannabis, tabac...).
-
Conduites à risques ou accidents à
répétition
-
Dévalorisation ou mauvaise image de
soi.
-
Expression d'idées suicidaires.
-
Absence ou abandon de projet(s).
-
Repli sur soi,
silence,isolement.
-
Don d'objet(s) personnel (s) de
valeur.
-
Perte de goût de vivre ou au
contraire un mieux-être inexpliqué après avoir annoncé des idées
suicidaires
Quoi faire
lorsque mon copain ou ma copine me confie ses idées de suicide ?
-
Ne garde pas ce secret pour toi
-
Il ou elle a confiance en toi et a
besoin d'aide
-
Sans le ou la trahir, sis lui que
seul (e), tu ne pourras pas y arriver
-
Essaie de le ou de la convaincre
d'aller avec toi vers un adulte en qui vous avez confiance
Lieux d'écoute, de soins, de suivi et de prise en charge :
L'infirmier (ère), l'assistant (e)
social (e), le médecin, le conseiller principal d'éducation, le CROUS, le
service de la médecine préventive ou du travail et tout adulte en qui il
ou elle a confiance.
Là encore tout adulte en qui il ou elle
a confiance, médecin de famille, éducateur sportif...
--Ligne AZUR,
ligne d'écoute pour les jeunes et les moins jeunes sur
leurs orientations sexuelles
au
0810 20 30 40
(prix d'un appel local) SITE WEB :
http://www.ligneazur.org
-Fil
Santé Jeunes (gratuit, 24h/24, 7j/7) au
0800 235 236 site web
http://www.filsantejeune.com/
-Bien
être Gay sur le site d'information
www.be-gay.fr
-Sida Info
Service au 0800 840 800
- SOS
Amitiés au 05.46.45.23.23

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