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 d’ADHEOS

L’ancien président sud-africain avait très tôt épousé la cause des gays et lesbiennes de son pays, auquel il aura légué une Constitution révolutionnaire.
 
C’est une immense dette que les LGBT d’Afrique du Sud et du monde entier garderont envers Nelson Mandela, décédé hier à l’âge de 95 ans. L’ancien président et Prix Nobel de la Paix avait conçu les droits des LGBT comme partie intégrante de sa nouvelle Afrique du Sud, la bien-nommée «Nation arc-en-ciel», et ceci très tôt. D’après l’activiste britannique Peter Tatchell, cette sensibilité aux questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre pourrait provenir du compagnonnage politique avec des personnes homosexuelles, notamment le directeur de théâtre anglais Cecil Williams, au début des années 1960.
 
A la fin de l’Apartheid, dans les années 1990. L’Afrique du Sud sortait à peine des lois coloniales qui criminalisaient les rapports homosexuels entre hommes. Le pays sera le premier à se doter d’une Constitution qui bannit la discrimination pour cause d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Développé dès la fin des années 1980 par les leaders de l’ANC en exil – non sans fortes résistances au sein du mouvement – ce texte fondamental sera défendu avec passion par Nelson Mandela devenu chef de l’Etat. «Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité», avait-il écrit dans «Le long chemin vers la liberté», en 1995. La Constitution sud-africaine reste la seule du continentà garantir la protection des LGBT, à ce jour. Elle a ouvert la voie au mariage égalitaire, adopté par Pretoria en 2006.