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 d’ADHEOS

Lahcen et Mohsine risquent trois ans de prison pour s’être embrassés en public sur l’esplanade de la tour Hassan, où avait eu lieu le happening de deux militantes Femen deux jours plus tôt.  
 
Deux Marocains, Lahcen et Mohsine, seront jugés demain au Maroc, accusés d’atteinte à la moralité publique. Leur tort a été de s’embrasser en public sur l’esplanade de la tour Hassan à Rabat (photo), là où deux militantes du groupe Femen se sont aussi embrassées en signe de protestation contre la criminalisation de l’homosexualité. Selon leurs avocat.e.s, les deux hommes, arrêtés le 3 juin, auraient été victimes de violences physiques de la part de la police pour leur extorquer des aveux. Les avocat.e.s signalent aussi d’autres vices de procédures, et notamment la violation du secret de procédure judiciaire. Lahcen et Mohsine ont en effet vu leurs noms et leur photo révélée dans plusieurs médias, y compris au journal télévisé de la chaîne publique Al Aoula. Lors de la première audience, la défense a demandé la liberté conditionnelle des deux accusés, ce qui avait été refusé par le juge. L’article 489 du code pénal marocain punit de trois ans de prison pour les personnes coupables d’actes «contre nature avec un individu de son sexe».
 
En partenariat avec le collectif LGBT marocain Aswat, l’organisation All Out a lancé une pétition pour mobiliser la communauté internationale et obtenir la libération des deux hommes, dont l’arrestation représente une grave atteinte aux droits humains: «Aswat invite la société marocaine et mondiale à s’unir pour revendiquer et obtenir la liberté des deux détenus Lahcen et Mohsine, et leur rendre ce qu’il leur est de droit, à eux et à leurs famille ayant vécu un cauchemar sans précédent de plusieurs chapitres dont la diffamation sur les chaines publiques, les manifestations près de leurs domiciles respectifs et le communiqué du ministère de l’intérieur.»
 
Le procès aura lieu tout juste quelques jours après la polémique autour de la une du magazine Maroc Hebdo qui questionnait «Faut-il brûler les homos?». Le numéro concerné a depuis été retiré de la vente.