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« Les faux profils courent les rues » : victime d'une agression via un site de rencontre gay, Éric témoigne

Dimanche 07 avril 2019 à 22h32
Catégories : FRANCE, Revue de presse

Éric a été victime d’une agression après avoir invité un homme contacté sur un site de rencontre gay à venir chez lui. L’agresseur a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme. Les associations appellent à la vigilance.
 
« On s’était téléphonés, il avait l’air normal et rassurant. On avait un bon feeling, il voulait me rencontrer, il n’y avait pas lieu de m’inquiéter. » Éric, 56 ans, a été victime d’une agression à son domicile à La Rochelle, le 6 mars dernier. Il a rencontré quelques jours auparavant un homme sur « gaymec.com », un site de rencontre pour homosexuels. Après plusieurs échanges de messages, les deux hommes s’appellent. Le courant passe plutôt bien entre eux et Éric propose à celui qui s’avèrera être son agresseur de venir à son domicile.
 
Le 6 mars dernier, le jeune homme, âgé de 20 ans, se présente donc chez Éric, et les deux hommes échangent quelques banalités. Mais soudain, son invité change de ton et l’agresse physiquement. « Il m’a frappé au visage et a fouillé tout mon appartement. Il a trouvé un marteau et m’a menacé avec », raconte Éric à TÊTU. Ce dernier se rend compte qu’il est tombé dans un piège.
 
« Je suis là pour l’argent »
 
En tout, le cauchemar durera une heure. L’agresseur s’empare de ses clés d’appartement et de voiture et il prend son téléphone portable avant de l’obliger à lui donner de l’argent :
 
« Il m’a dit ‘je ne suis pas homo du tout, alors tu vas écouter ce que je te dis maintenant, je suis là pour de l’argent, et ça va mal se passer pour toi si tu ne m’en donnes pas’ ».
 
L’individu s’empare de 120 euros qu’Éric conservait à son domicile et le force à descendre dans la rue pour aller en retirer davantage au distributeur. Sous la contrainte, la victime retire 200 euros. Heureusement et de façon tout à fait fortuite, la police municipale croise leur route. Éric crie pour interpeller les forces de l’ordre, tandis que son agresseur prend la fuite avec l’argent et les clés. Lors de son dépôt de plainte, les agents informent Éric que son histoire n’est pas isolée.
 
Les homosexuels, des « proies faciles »
 
En faisant des recherches sur plusieurs sites de rencontre pour hommes, Éric tombe sur le profil de son agresseur, toujours en ligne, avec sa photo. Il communique cet élément à la police qui le retrouve très rapidement. L’homme sera arrêté deux jours seulement après l’agression et avouera immédiatement les faits qui lui sont reprochés.
 
Jugé en comparution immédiate fin mars, il a écopé de deux ans de prison, dont un an ferme. Pour autant, le caractère homophobe n’a pas été retenu par la justice. « Il n’a pas tenu de propos homophobes à mon encontre », constate Éric. Selon lui, son agresseur a avoué pendant le procès qu’il visait la communauté homosexuelle car les gays étaient des « proies faciles ».
 
« Il a dit que ce n’était pas dans le but de ‘casser du pédé’, mais plutôt que c’était facile d’intégrer le milieu et d’obtenir par la suite ce qu’il voulait, à savoir de l’argent. »
 
 Mais pour Frédéric Hay, président de l’Association d’aide, de défense homosexuelle, pour l’égalité des orientations sexuelles (Adheos), le profil de l’accusé est potentiellement homophobe puisqu’il « s’en prend à des hommes sur des sites de rencontre gay, et notamment ceux qui n’oseraient pas porter plainte parce qu’ils ne sont pas out auprès de leur famille ». Au total, quatre hommes ont été agressés en deux mois dans la région, avec le même procédé.
Vigilance
 
Éric tombe de haut. « Apparemment, ce sont des choses courantes. Jamais je n’aurais pensé pouvoir me faire agresser via les sites de rencontre », lance-t-il au téléphone. Il confie qu’avec le recul certains propos auraient pu lui mettre la puce à l’oreille, notamment s’il avait été sensibilisé sur le sujet. « Au téléphone, il m’a demandé si le métier d’éducateur, que j’exerce, payait bien. Je lui ai répondu que non, mais il a insisté et m’a reposé la question. Sur le coup ça ne m’a pas interpellé, maintenant je comprends mieux. »
 
Le président d’Adheos appelle à la vigilance : « Je conseille de toujours donner rendez-vous dans des lieux publics comme les bars, les restaurants ou une place de centre-ville. Jamais directement à son domicile. »
 
Éric est retourné sur les applications depuis. Pas pour rencontrer quelqu’un, mais pour faire de la prévention. « Je ne parle pas aux inconnus mais aux gens que je connais, pour leur expliquer ce qu’il m’est arrivé. Je ne veux pas faire peur à tout le monde mais il s’agit de prévenir. Les faux profils courent les rues. »
 


 


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