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 d’ADHEOS

Les actes homophobes, qui s’étaient envolés dans le sillage des débats sur le mariage pour tous, ont reflué de 38% en 2014 même si, au quotidien, "la haine et la violence se manifestent toujours autant", selon le rapport annuel de SOS Homophobie publié mardi. 
 
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, et pour la 19e année consécutive, SOS homophobie publie son Rapport sur l’homophobie et la transphobie.
 
Réalisé à partir des témoignages que l’association reçoit chaque année, il constitue aujourd’hui la seule publication permettant de suivre, année après année, l’évolution de la lesbophobie, de la gayphobie, de la biphobie et de la transphobie en France.
 
En 2014, l’association a recueilli 2.197 témoignages faisant état d’actes homophobes contre 3.517 l’année précédente, selon son rapport annuel publié mardi.
 
Cette "baisse du nombre de témoignages reçus" arrive après la "hausse sans précédent" de 2013, année de "la libération de la parole homophobe" liée aux "débats sur le mariage pour tous", écrit-elle dans ce document intitulé "Homophobie 2015".
 
"En 2013, nous avions reçu un nombre sans précédent de témoignages", souligne Yohann Roszéwitch, président de SOS Homophobie. "Un an plus tard le nombre de témoignages a baissé mais dans (…) la vie quotidienne, la haine et la violence se manifestent toujours autant". Si on met de côté l’année 2013, les actes homophobes ont du reste augmenté de 11% en 2014 par rapport à 2012.
 
La hausse est même de plus de 40% par rapport à 2011. En 2014, la baisse est surtout spectaculaire sur internet, le "principal vecteur d’homophobie en France", avec une chute de 53% des manifestations homophobes par rapport à l’année précédente. Mais dans un contexte plus concret et "quotidien", comme celui du travail, les témoignages reculent peu ou pas.
 
Des LGBTphobies ancrées‏
 
45 % des témoignages reçus concernent l’homophobie et la transphobie du quotidien (lieux publics, famille, travail, voisinage, commerces et services, milieu scolaire). Les jeunes sont particulièrement exposés à cette haine qui, chaque jour, peut prendre la forme de moqueries, d’insultes, de rejet, de harcèlement voire de violences physiques. SOS homophobie s’inquiète du niveau toujours très élevé d’homophobie et de transphobie du quotidien qui montre l’enracinement de plus en plus profond des LGBTphobies en France.
 
Malgré une baisse relative, le contexte Internet reste le principal contexte de LGBTphobies (867 témoignages, 40 % des témoignages reçus en 2014). Ces chiffres reflètent l’enracinement de LGBTphobies décomplexées qui s’expriment sans retenue notamment sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, Internet constitue une caisse de résonnance toujours forte des violences LGBTphobes de notre société.
 
"Nous espérions que les premières célébrations de mariages entre deux femmes ou deux hommes, que les premières reconnaissances de familles homoparentales allaient enfin permettre le recul des LGBTphobies. Au contraire, (…) nous avons assisté à une banalisation des paroles de haine", écrit le président de SOS homophobie.
 
L’association relève néanmoins le comportement exemplaire de certaines institutions confrontées à des actes homophobes. Comme la société américaine de véhicules avec chauffeur Uber qui a rapidement suspendu puis radié un de ses chauffeurs qui refusait de prendre dans son véhicule un couple d’homos à Paris.
 
Face à cet ancrage de l’homophobie, SOS homophobie indique qu’elle compte "poursuivre avec détermination son action".
 
"Grâce à nos services d’écoute anonyme et de conseils juridiques personnalisés, nous apportons un soutien aux victimes qui nous sollicitent. Dans les écoles et sur les lieux de travail, nos bénévoles sensibilisent chacun-e aux LGBTphobies. Nous militons activement pour la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de lutte contre les LGBTphobies à l’École, l’accès à la PMA pour toutes les femmes, la simplification du changement d’état civil pour les personnes trans et la levée de l’interdiction pour les hommes gays et bisexuels de donner leur sang", souligne l’association.