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L'IGPN saisie après des insultes homophobes d'un policier lors d'une interpellation filmée

Vendredi 26 février 2021 à 22h09
Catégories : FRANCE, Revue de presse

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier insulter copieusement un homme qu'il interpelle, dans le quartier de La Chapelle à Paris. La préfecture de police et Flag! ont saisi l'IGPN.
 
"Je t'encule moi (...) petit pédé (...) enculé". Non, ces mots ne sont pas prononcés par un voyou, mais bien par un policier en uniforme. Et la scène est filmée par un habitant du quartier. Elle montre l'interpellation d'un homme qui se débat contre deux policiers. L'un d'entre eux assène au prévenu plusieurs insultes homophobes.
 
L'interpellation se déroule dans le quartier de La Chapelle à Paris. Une zone de tension où se multiplient les contrôles de police. Elle se serait déroulée lundi 22 février. L'un des deux policiers dit au prévenu "ferme ta gueule, je t'encule moi. Ferme ta gueule, petit pédé. Petit pédé que tu es. Tu n'es pas un homme, t'es un petit pédé". Le prévenu répond vivement au policier par "t'es personne, et toi t'es quoi ?". "Je suis un homme", répond l'agent avant de déplacer l'homme dans une rue adjacente.
 
L'IGPN saisie, une plainte déposée
 
Les propos homophobes de l'interpellation ont rapidement fait réagir. Dans la soirée du 25 février, la préfecture de police a indiqué sur Twitter que le préfet souhaite saisir l'IGPN. L'association Flag ! a également saisi la police des polices. Quant aux associations Stop homophobie et Mousse, elles ont annoncé leur intention de déposer plainte.
 
"Ce contrôle de police a lieu dans un contexte intersectionnel, où plusieurs facteurs de discrimination s’entremêlent. Le policier s’est cru autorisé à employer des insultes homophobes pour rabaisser le jeune qui est interpellé. Ici aussi, racisme et homophobie sont inextricablement liés", a déclaré Me Étienne Deshoulières, avocat des associations.
 
Des cas sous-répertoriés
 
Dans son dernier rapport, SOS homophobie recense 27 cas de LGBTphobie émanant des personnels de la police, de la gendarmerie ou de la justice. Cela représente environ 1% des témoignages totaux. "Cependant, les situations impliquant des membres de la police ou de la gendarmerie sont en nette augmentation, de 77% des cas en 2018 à 85% en 2019", remarque l'association.
 
"Si ces signalement restent faibles, c'est parce que les problèmes avec les forces de l'ordre interviennent souvent de façon secondaire, après un acte LGBTIphobe commis dans le contexte du travail, sur internet ou dans l'espace public ; c'est alors cet acte qui est pris en compte dans les statistiques", souligne SOS homophobie.
 
La perpétuation d'un climat homophobe au sein des commissariats décourage notamment les victimes de porter plainte. "La mise en place des formations aux problématiques LGBTI lors de la formation initiale des policier·e·s et des gendarmes en 2019 permet d’espérer une amélioration, à condition que les personnes déjà en fonction soient également formées", plaide l'association.


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