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L'HOMOSEXUALITÉ C'EST QUOI ?

L'homosexualité désigne l'amour, l'attirance et,
le cas échéant, la pratique de
relations sexuelles entre deux personnes de même sexe, selon une
perspective comportementaliste ou empirique, et, selon une perspective
psychologique ou sociologique, une
orientation sexuelle. Le mot s'applique indistinctement aux hommes ou
aux femmes.
Selon les époques et les cultures, l'homosexualité est
relativement acceptée ou réprimée. Aujourd'hui, la tendance, dans les
sociétés occidentales, est à l'acceptation et dans certains pays
l'établissement d'un statut légal (union
civile,
mariage homosexuel, avec éventuellement une ouverture du
mariage à tous les couples). Malgré cette tendance, 88 pays
(principalement en
Afrique et au
Moyen-Orient) condamnent l'homosexualité à des peines plus ou moins
importantes, allant jusqu'à l'emprisonnement
à perpétuité ou à la
peine de mort (voir sur la pénalisation/dépénalisation, l'article sur
les
droits des personnes LGBT dans le monde).
Il n'existe pas de « comportements » typiquement
associés aux personnes homosexuelles.
Des relations sexuelles entre individus du même sexe
sont également observées dans le
monde animal.

Définitions
L'homosexualité masculine était autrefois appelée
sodomie, antiphysique, inversion sexuelle ou uranisme.
La
pédérastie, qui désigne l'attirance d'hommes envers les
adolescents mâles, a fini par désigner aussi l'attirance entre les
hommes d'âges semblables, ou encore l'acte de sodomie. Cet amalgame s'est
poursuivi en ce qui concerne les relations avec des
enfants, si bien que les homosexuels masculins sont parfois soupçonnés
de
pédophilie. Or, la
sexologie moderne ne retrouve chez les homosexuels masculins aucune
tendance particulière à la pédophilie, par comparaison avec les hommes
hétérosexuels[1].
L'homosexualité ne se résume pas au seul aspect de la
sexualité, au
coït entre personnes du même sexe. Elle est aussi et parfois pour
certaines personnes exclusivement un sentiment. Le psychiatre américain
Judd Marmor, à qui l’on est redevable, en grande partie, de la
suppression de l’homosexualité de la
liste des troubles mentaux, propose la définition suivante :
« peut être considérée comme homosexuelle une
personne qui, durant sa vie adulte manifeste une préférence pour des
personnes de son propre sexe, est sexuellement attirée par ces personnes
et a habituellement, mais pas nécessairement, des relations sexuelles avec
une ou plusieurs de ces personnes. »[2]
Dans Comprendre l'homosexualité[3],
Marina Castañeda précise qu'il faut faire une distinction entre ce qu'un
psychologue pourra définir comme homosexuel, et ce qui fera dire à une
personne qu'elle est elle-même homosexuelle. Ce sont parfois les seuls
sentiments pour d'autres personnes qui importent et un acte sexuel ne peut
être vu que comme un jeu, ou inversement, certains ne se considèrent pas
homosexuels tant qu'ils n'ont pas eu de relation sexuelle avec une
personne du même sexe.
Chez les femmes, l'homosexualité est appelée
lesbianisme (ou plus archaïquement saphisme). Les deux
termes font référence à la poétesse grecque
Sappho de l'île de
Lesbos, où elle tenait un collège de jeunes filles, et dont les poèmes
passionnés envers ses amies, et la vie entourée d'autres femmes lui ont
valu la réputation d'homosexuelle. On disait aussi
tribadisme, mot qui désigne, de nos jours, une pratique sexuelle
spécifique.
Dans le langage courant,
gay (ou gai,
orthographe standard au
Canada) désigne un homosexuel qui assume son identité sexuelle et la
revendique. De même chez les femmes on utilise l'appellation lesbiennes
(ou gaies). Cependant, ces appellations semblent se généraliser et
devenir des synonymes à part entière du mot homosexuel(-le).
Du fait d'une perception sociale souvent négative de
l'homosexualité, bien des termes minorisants, moqueurs, dégradants ou
injurieux ont été créés pour nommer les homosexuels.

Étymologie et évolution sémantique
Le mot français homosexualité et sa déclinaison
homosexuel et homosexuelle ont été transposés au
XIXe siècle,
dans le cadre de la définition et du classement psychiatrique des
déviations sexuelles, à partir des mots allemands homosexual et
Homosexualität forgés en
1868 et
1869 par l'écrivain hongrois
Karl-Maria Kertbeny dans le cadre tout différent d'une revendication
de légalisation de l'homosexualité. Ils associent une
racine grecque (homo, « semblable ») et une
racine latine (sexuel).
Avant cette date, la distinction des différentes
pratiques sexuelles considérait déjà comme pertinente la distinction
homo/hétéro, et comportait nombre de qualificatifs souvent voisins pour
désigner des pratiques très diverses. Certains font une distinction entre
comportement actif ou passif, ce qui a été le cas dès l'Antiquité, et
reste encore vrai aujourd'hui dans beaucoup de cultures,
voire de législations[réf. nécessaire].
On relève, en français, l'opposition bougre ou culiste versus
coniste (XVIIe-XVIIIe
siècles) et chez
Charles Fourier (suivi par
Pierre Joseph Proudhon) l'opposition unisexuel/bisexuel.
Les relations entre personnes du même sexe ont vu
passer les mots suivants :
-
pour les femmes,
lesbienne, saphiste,
tribade,
gouine, goudou, invertie, anandryne, etc.
-
pour les hommes, cinaède,
bardache,
mignon, giton,
bougre,
sodomite,
pédéraste, uraniste,
enculé, inverti, antiphysique,
pédé, pédale,
tapette,
tante, folle, etc.
Certains de ces mots appartiennent au
langage argotique, d'autres non. Dans le vocabulaire courant, la
locution anglaise gay a pris le pas sur d'autres qualificatifs pour
évoquer l'homosexualité.
De nos jours, le mot homosexualité est sorti
d'une définition médico-légale.
On utilise souvent le mot pour parler de sexualité
avant le
XIXe siècle.
Ceci fait l'objet d'un vif débat. Certains historiens soutiennent que
c'est un abus de la pertinence strictement contemporaine du mot, qui
aboutit à dévoyer les débats sur cette question, cas flagrant quand on
veut parler de l'homosexualité
dans l'Antiquité, et amenant parfois au contresens[4].
D'autres répliquent que, bien que chaque culture
approche l'homosexualité d'une façon différente, le phénomène de base et
la distinction entre amour du même sexe et amour du sexe opposé ont
toujours existé ; il leur paraît donc pertinent de discuter l'histoire de
l'orientation et des pratiques sexuelles en utilisant les expressions
homosexuel, hétérosexuel, bien que les personnes concernées ne
se seraient pas reconnues comme telles[5].

L'homosexualité aujourd'hui
Statistiques
La part d'individus homosexuels dans la population
humaine est une question épineuse, car les deux camps (à savoir : les
adversaires et les défenseurs des droits des homosexuels) sont
inévitablement tentés de considérer les chiffres comme une manipulation
dès lors qu'ils sont produits par les uns ou les autres. Les définitions
permettant de créer de telles catégories statistiques sont moins simples
qu'il n'y paraît. Comment en effet caractériser ce qui n'est pas une
catégorie biologique ou ethnique ?
La plupart des études reposent sur des enquêtes
effectuées à l'aide de questionnaires, ce qui est un premier biais, de
nombreuses personnes refusant de répondre, qu'elles soient ou non
homosexuelles. Entre ensuite en ligne de compte la pratique individuelle à
partir de laquelle une personne va être classée comme homosexuelle ou non.
Aussi, le niveau de tolérance de l'environnement culturel et familial peut
soit inhiber la personne, soit l'encourager. Enfin, dans la société
d'aujourd'hui, il n'est pas aisé de parler de son homosexualité à
l'enquêteur.
Ces facteurs expliquent les divergences dans
l'appréciation du nombre d'individus homosexuels dans une population
donnée : selon les statistiques et les études réalisées, pour la plupart
exclusivement dans les pays occidentaux, l'estimation du nombre
d'homosexuels va ainsi d'une hypothèse basse allant de 5 % à 10 % à une
hypothèse haute allant de 10 % à 30 %[25]
de la population. Il est donc difficile de connaître plus précisément ce
nombre. Ce qui en revanche est l'objet d'un consensus, c'est le caractère
remarquablement constant et structurel du phénomène.
Nous possédons peu d'études permettant de connaître
avec exactitude les orientations sexuelles de la population. Aux
États-Unis, les enquêtes menées par
Alfred Kinsey au tournant des
années 1950 ont permis de constater que homosexualité et
hétérosexualité ne sont pas deux orientations sexuelles et amoureuses
exclusives. Elles constituent plutôt les pôles d'un même continuum de
l'orientation sexuelle. À partir de deux études sur le comportement sexuel
des américains effectuées auprès de quelque 5 300 hommes (en 1948) et de
8 000 femmes (en 1953), Kinsey a conçu une échelle portant sur la
diversité des orientations sexuelles.

Banalisation
Dans plusieurs pays, essentiellement occidentaux, l'homosexualité est
relativement considérée comme une forme "banale" de sexualité n'ayant pas
à faire l'objet de stigmatisation particulière, d'où la reconnaissance
officielle de la possibilité de
mariage homosexuel. Ceci dit, même dans les pays acceptant ces unions,
les sondages reflètent un certain désaccord social sur le bien-fondé de
cette institution[26]
Certains affirment[27]
que l'homosexualité correspond à une tendance naturelle chez l'être
humain, même hétérosexuel, à être attiré par des individus de même sexe.
L'expression de cette attirance serait un facteur important de l'équilibre
du comportement sexuel. Les comportements homosexuels observés (tout comme
les comportements hétérosexuels) chez nombre d'enfants
et d'adolescents
constitueraient également une étape fondamentale de la
différenciation sexuelle et de l'émergence du sentiment d'appartenance
au sexe féminin ou masculin.
Cependant, les individus d'une même société ne pensent pas souvent de
la même manière, et même si la législation change dans certains pays, on
peut toujours observer des actes homophobes, allant de la simple réflexion
au meurtre en passant par les insultes ou la stigmatisation[28].
De plus, même dans les pays où l'homosexualité est relativement
banalisée, tous les homosexuels ne vivent pas forcément bien leur
homosexualité, et leurs proches ne l'acceptent pas forcément.[29]
Marketing
Le couple homosexuel est devenu une cible spécifique du
marketing dans les pays occidentaux : le comportement public de
certains gays a inspiré la publicité. En cela, le marketing a intégré un
certain nombre de
clichés gay.
Ainsi, des opérateurs touristiques se sont spécialisés dans le
« tourisme gay », des marques de vêtements, de lessives ou de voitures
affichent des couples gays dans leurs campagnes publicitaires. Dans les
années 1990, on a vu apparaître chez les spécialistes du marketing
communautaire des expressions telles que *DINK (double income, no kids)* -
double revenu, pas d'enfants - ou encore *pink dollar*, pour parler du
commerce ciblé sur les gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels.
Science
Des études récentes ont été faites pour connaître les causes des
comportements homosexuels de nos sociétés. Aux États-Unis des expériences
sur des jumeaux ont été faites pour savoir s'il y avait un rapport
génétique dans le fait d'être homosexuel. Les résultats de ses études
n'amènent que des statistiques peu concluantes sur le fait que si un
jumeau est homosexuel, son jumeau s'il est vrai aura environ 33% de chance
de l'être aussi et que les faux jumeaux ont une proportion beaucoup plus
faible de l'être tous les deux si l'un l'est.
[30]
Une plus récente étude faite à l'Université
de Lausanne en Suisse sur des mouches génétiquement modifiées "en
réduisant le taux de glutamate à l'extérieur des neurones qui déterminent
le comportement homosexuel" a démontré que cette
carence entraînait une désinhibition des orientations sexuelles et que
celle-ci étaient réversibles. Toutefois selon le responsable de cette
étude, Dr Yael Grosjean, "l'homosexualité n'est pas fixée".
Les animaux, plus gays qu'on ne pensait
Une étude de l'Université de Californie-Riverside a répertorié
les comportements homosexuels dans la nature. Leurs manifestations
sont parfois surprenantes, autant que les raisons qui semblent les
provoquer.
Une
nouvelle étude scientifique des plus sérieuses vient bousculer les idées
reçues. Figurez-vous que des chercheurs de l'Université de
Californie-Riverside ont recensé bon nombre d'espèces animales parmi
lesquelles les relations homosexuelles sont plus répandues qu'on ne
l'imagine. Rien de tel pour redonner un coup de fouet au débat
nature-culture !
«Il est clair, explique ainsi le biologiste Nathan Bailey, que les
comportements sexuels entre individus du même sexe vont bien plus loin que
les quelques exemples connus qui dominent la littérature scientifique, par
exemple chez les bonobos, dauphins, pingouins et mouches».
Faciliter les liens sociaux dans le groupe
Mais encore? Eh bien par exemple, près d'un tiers des albatros de Laysan,
nous dit cette étude, ont été élevés par deux femelles. Ces couples de
«deux mamans» élèveraient moins de bambins que les couples formés d'un
mâle et d'une femelle, mais leurs efforts auraient clairement permis de
repeupler l'île, alors que la population d'albatros était en forte
diminution. Chez le vautour gypaète barbu, les relations entre mâles
représentent un quart des accouplements, tandis que chez les dauphins,
nous disent ces scientifiques, on est carrément dans du 50-50.
Nathan Bailey et sa consœur Marlene Zuk, les deux responsables de
l'enquête, concluent que les raisons de formation des couples de même sexe
sont variables selon les espèces. «Par exemple, indiquent-ils, les mouches
mâles sont attirées par d'autres mâles car il leur manque un gène leur
permettant de différencier les sexes. Mais c'est très différent chez les
dauphins, qui s'engagent dans des relations entre même sexe pour faciliter
les liens sociaux dans le groupe». Moralité? Un : vous voyez bien que la
science, ça peut être chouette! Deux : dans la série des «noms d'oiseaux»,
il existe donc plein de supplétifs au phoque...

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