Centre LGBT Charente-Maritime

SAINTES Centre Gay & Lesbien ADHEOS 5 passage Ancienne Caserne 17100 Saintes

Ouvert tous les mercredis 14H-18H00  et vendredis et samedis 19H-23H30

 

LA ROCHELLE : Permanence tous les 3ème mardis du mois

                                           salle ADHEOS MAS  au 10 rue de la Guignette La Rochelle

 

ADHEOS est reconnue association d'intérêt général

ADHEOS est une marque déposée à l’INPI de Paris   SIRET n°490 678 919 00013
ADHEOS est agréée par la CNIL sous le n° 1124785
       Association d'Aide, de Défense Homosexuelle, pour l'Égalité des Orientations Sexuelles
                                     
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   Revue de presse sur l'actualité homosexuelle LGBT
(Sources Diverses dont TÊTU, Yagg, gay clic, association LGBT etc.)

Septembre

Dominique Dord, un croisé anti-pacs devient trésorier de l’UMP

Le remplaçant d'Eric Woerth est une figure discrète mais attachée de longue date à l'UMP. Il s'était illustré lors de la bataille du pacs par une blague douteuse sur ce pacte, qui pourrait être signé «à la direction des services vétérinaires».

«Il y aura un nouveau trésorier du Mouvement populaire ce soir. Je proposerai au bureau politique qui va se réunir le nom de Dominique Dord, qui est député de la Savoie, qui est quelqu'un de particulièrement rigoureux et sérieux.» Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, ne tarrissait pas d'éloges hier sur Dominique Dord. Celui qui remplace un Eric Woerth englué dans l'affaire Bettencourt est chargé de laver le parti présidentiel de tout soupçon.

Manque de chance, il traîne déjà de nouvelles casseroles politiques potentielles, pour avoir été un temps (deux ans, dans les années 80) directeur chez L'Oréal et pour avoir lui aussi son propre micro-parti, chargé de récolter des financements hors des limites de financement des partis politiques.

«Le pacs est une patate chaude que l'on se refile de la mairie à la préfecture, puis au tribunal d'instance et demain matin – pourquoi pas? – à la direction des services vétérinaires.» Proche de Christine Boutin
Mais pour les plus attentifs aux questions homos, et ceux qui ont de la mémoire, le député de Savoie fait surtout partie des députés ayant mené la bataille contre le pacs. Le Centre LGBT de Paris vient d'ailleurs de s'émouvoir de la nomination de celui qui présidait, avec Christine Boutin, le groupe «Oser la famille» à l'Assemblée nationale. Et de l'initiateur du grand rassemblement «Générations anti-pacs» le 30 janvier 1999 à Paris.

Dominique Dord est aussi l'auteur d'une plaisanterie douteuse, mêlant homosexuels et animaux (ou zoophilie?). Le 8 novembre 1998, comme le consigne le compte-rendu officiel de l'Assemblée, il avait en effet lancé: «Le pacs est une patate chaude que l'on se refile de la mairie à la préfecture, puis au tribunal d'instance et demain matin – pourquoi pas? – à la direction des services vétérinaires.»

Favorable à la pension de réversion
Ses interviews de l'époque continuent de révéler sa personnalité. Dans Le Figaro, quelques mois plus tôt, il déclarait: «Si le pacs était instauré au nom de l'égalité entre les citoyens, il deviendrait alors très vite impossible, incohérent, voire illégal de refuser aux contractants d'un pacs la possibilité d'accueillir et d'élever des enfants (…) On sacrifierait alors le droit de l'enfant au profit d'un droit à l'enfant, comme si nous ne mesurions pas tous les jours les dégâts causés, chez de nombreux pré et post-adolescents, par l'absence d'image du père ou par la désintégration des familles.»

Mais en janvier de l'année suivante, Dominique Dord se défendait d'être «anti-homos», et toujours pour tenter de trouver une parade au pacs, il déclarait au Monde qu'il était «même pour aller plus loin que la proposition de loi, en accordant notamment la pension de réversion aux couples non mariés». Un droit qui n'est toujours pas ouvert par le pacs, et encore tout récemment refusé par la majorité (lire article). Alors, installé à un poste que l'on considère parfois comme le «numéro trois» du parti politique majoritaire, voudra-t-il reprendre ce combat?

Le Refuge accueillera des volontaires du Service civique

ASSOCIATION. Cette structure, qui accueille des jeunes victimes d'homophobie depuis 2003, vient de recevoir son agrément et recherche six volontaires. Rencontre avec Nicolas Noguier, fondateur du refuge, qui fait le point sur une saison riche en développements.

Nicolas Noguier, le président fondateur du Refuge. ne boude pas sa joie: «Nous avons réussi à nous structurer et à nous étendre, c’est une très bonne année.» Sept ans après sa création à Montpellier, ce lieu d’écoute et d’accueil pour les jeunes victimes d’homophobie poursuit en effet son développement, et son action commence à être reconnue par les pouvoirs publics.

Avec l'ouverture d'une antenne à Lyon cette année (lire notre article), Le Refuge a entamé son déploiement national. Selon son président, l’idée est de couvrir les plus grandes villes, «parce que c’est là que l’on va quand on est rejeté et que l’on a besoin de s’assumer». L’association vient d’ailleurs de se doter de sept chambres en banlieue parisienne, ce qui permettra d’accueillir autant de jeunes. Le président explique privilégier «l’urgence et les origines géographiques, même si le choix est la plupart du temps difficile.»

Service Civique
Le travail acharné des bénévoles leur a valu deux autres belles récompenses. La première, c’est l’agrément donné par le rectorat de Montpellier à l’association. Celle-ci va pouvoir mettre en place des interventions dans les lycées. Au programme: sensibilisation des élèves à l’homophobie, mais aussi formation du personnel éducatif. «On est agréablement surpris d'autant que l’on ne pensait pas l’obtenir» confie Nicolas Noguier.

Mais c’est un autre agrément, obtenu la semaine dernière, qui devrait avoir le plus grand impact sur le développement de l'association. Il est maintenant possible de faire son Service Civique Volontaire au Refuge. Pas question de remplacer les bénévoles; la structure accueillera en plus des jeunes de 16 à 25 ans pour une durée de six mois minimum. «C’est l’occasion de s’engager pour une belle cause», explique le fondateur.

Est-ce là une forme de reconnaissance officielle de l’Etat? Nicolas Noguier reste prudent: «On est content du travail de sensibilisation, il y a un réel sentiment d’écoute. Maintenant on attends les moyens financiers promis pour nos actions sur le terrain...»

Les candidatures pour le service civil volontaire sont à déposer sur le site de l'association, deux places sont à pourvoir par antennes, soit six places au total.
 

Des écrivains français lancent un appel: «Ebrahim Hamidi a 18 ans et il va être pendu»

Les écrivains Philippe Besson et Gilles Leroy, rejoints par des personnalités de la culture telles qu'Alfredo Arias, Dominique Blanc ou Claude Lanzmann, lancent dans «Le Monde» un appel à casser la condamnation qui pèse sur le jeune Ebrahim Hamidi.



Les écrivains français Philippe Besson et Gilles Leroy (photo), rejoints par près de vingt autres personnalités du monde de la culture, lancent un appel en faveur d'un jeune homme condamné à la pendaison en Iran pour homosexualité, publié dans Le Monde daté de mercredi.

Intitulé «Ebrahim Hamidi a 18 ans et il va être pendu», cet appel est notamment soutenu par Alfredo Arias, Dominique Blanc, Arnaud Cathrine, Isabelle Gallimard, Vincent Josse, Claude Lanzmann, Camille Laurens, Jonathan Littell, Paul Otchakowsky-Laurens ou Atiq Rahimi.

«Contraire à la notion d'humanité»
«Après Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère, l'Iran persiste et signe en condamnant à la pendaison un jeune homme soupçonné d'homosexualité», soulignent les écrivains (lire  article).

«Cette seule perspective suffirait à nous horrifier, tant elle est contraire à la notion même d'humanité et nous laisse imaginer la terreur dans laquelle vivent les homosexuels iraniens», poursuivent-ils.

«Il va mourir, si nous ne nous mobilisons pas»
L'accusation «aurait été montée de toutes pièces à la suite d'une rixe banale et les aveux d'Ebrahim extorqués sous la torture. Au cours de son procès, l'accusé n'a pas eu droit à la moindre représentation légale. Quant au verdict, il a été prononcé par un magistrat qui s'en est remis à son propre jugement, procédure utilisée lorsqu'il n'existe pas de preuve formelle.»

De plus, en juillet, la «victime» présumée d'Ebrahim Hamidi a reconnu avoir porté contre lui de fausses accusations sous la pression de ses parents. La sentence n'a pas été annulée pour autant, rappellent les auteurs.

«Il va mourir, si nous ne nous mobilisons pas (…). Si nous ne crions pas haut et fort et partout que cette condamnation est insupportable et qu'elle doit être cassée», conclut l'appel.

Une pétition en ligne est toujours ouverte pour tenter d'empêcher l'exécution d'Ebrahim Hamidi.

 

Fidel Castro admet son rôle dans les discriminations faites aux gays à Cuba

Aurait-il été sermonné par sa nièce gay-friendly Mariela? Le leader communiste revient pour la première fois sur la répression des homosexuels sur l'île dans les années 60 et 70.

Le leader communiste cubain Fidel Castro, 84 ans, a reconnu dans un entretien avec un quotidien mexicain sa responsabilité dans les discriminations dont ont fait l'objet les homosexuels cubains dans les années 1960 et 1970.

«S'il y a quelqu'un de responsable, c'est moi… Mais c'est sûr qu'à cette époque je ne pouvais pas m'occuper de ce sujet… J'étais immergé dans la crise d'octobre (1962), la guerre, les questions politiques», a déclaré l'ancien président en réponse à une question du quotidien La Jornada, dont l'article a été diffusé mardi sur le site officiel cubain Cubadebate.

«Echapper à la CIA, qui achetait tant de traîtres, ce n'était pas simple, mais s'il faut assumer la responsabilité, j'assume la mienne, je ne vais pas tenir pour responsable quelqu'un d'autre», a-t-il dit.

Camps de rééducation
A l'instar notamment de prêtres ou militants chrétiens considérés comme «idéologiquement déviants», des homos ont été envoyés dans les années 1960 dans des camps de rééducation. Dans les années 1970, les discriminations se sont poursuivies notamment contre les artistes homosexuels, marginalisés ou, dans certains cas, poussés à l'exil.

La situation s'est depuis améliorée pour les homosexuels, grâce notamment à la nièce de Fidel Castro et fille de son frère et successeur Raul, la sexologue Mariela qui, à la tête du Centre national d'éducation sexuelle, milite depuis des années pour les droits des homosexuels et des transsexuels.

Favorable aux unions entre personnes du même sexe et à l'origine de la récente reprise des opérations de changement de sexe, Mme Castro avait reconnu l'an dernier qu'il y avait encore beaucoup de réticences à l'égard de l'homosexualité au sein du Parti communiste.

Le ministre anglais quitte sa femme et fait son coming out

Crispin Blunt, conservateur britannique (et oncle de l'actrice Emily Blunt), vient de révéler son homosexualité. Une vraie surprise au vu de sa personnalité plutôt consensuelle et de ses votes pas toujours très gay-friendly...

Décidément, les coming out sont légion ces dernières semaines, dans les partis conservateurs. Après l’ancien directeur de campagne de George Bush, Ken Mehlman (lire article), c’est au tour de Crispin Blunt, le ministre britannique des Prisons, d’annoncer son homosexualité. «Je n’étais pas celui que je croyais être», a-t-il expliqué.

Via un communiqué de presse, Crispin Blunt a fait d'une pierre deux coups, annonçant à la fois avoir fait son coming out à sa famille, et, par conséquent, s'être séparé de sa femme Victoria. Son entourage est «sous le choc», ajoute le ministre, qui tient à souligner qu’«aucune troisième personne n’est impliquée». L’affaire n’a pas fait polémique outre-Manche, le sujet étant considéré comme strictement privé.

«Quelqu’un de normal»
Cette révélation est tout de même une surprise, Crispin Blunt s’était toujours montré plutôt hostile aux organisations LGBT, et l’historique de ses votes sur ces questions n'est pas très gay-friendly: bien qu'il ait voté en faveur de la loi de partenariat civil, en 2001, il s'était opposé à l’ouverture de l’adoption pour les couples gays. Il a également voté le texte qui rendait l'accès à la fécondation in vitro plus difficile pour les couples de lesbiennes.

Marié depuis près de vingt ans, le ministre est décrit par des amis comme quelqu’un «de plutôt normal», tant au niveau de son parcours personnel que politique. Le plus remarquable à son propos étant sûrement sa nièce, Emily Blunt. L’actrice, qui a notamment joué dans Le Diable s’habille en Prada, avait récemment confié au Guardian vouloir devenir «une icône gay». Crispin Blunt aurait-il été inspiré?

Grande-Bretagne: La fécondation in vitro trop chère pour les lesbiennes

La loi britannique autorise les lesbiennes à accéder à l'insémination artificielle. Mais le chemin vers la maternité nécessite encore beaucoup d'argent.

On pensait qu’il était plus facile pour les couples lesbiens britanniques d’accéder à une procédure d’insémination artificielle. Une étude nous apprends que ce n'est pas si simple. Si les cliniques ne font plus barrage, ce sont les coûts qui s’en chargent: la plupart des futures familles ne peuvent se permettre de payer les sommes nécessaires.

La recherche a été menée par le docteur Petra Nordqvist de l’université de Manchester, qui a interviewé 25 couples. Un échantillon plutôt restreint, mais les résultats coîncident: le prix d’une procédure de fécondation in vitro s'établit en moyenne de 4000 à 8000 livres (5000 à 10 000 euros). Beaucoup trop cher pour celles qui souhaitent y recourir.

D'autres solutions risquées
L'étude révèle que la plupart des couples sont obligés de se tourner vers d’autres solutions. Certains décident de se servir du sperme d’un ami, d’autres se tourneront vers Internet. Le problème, c’est que ces démarches ne sont pas sans risques: elles peuvent mener à des conflits sur la parenté et sur l’accès à l’enfant après la naissance. Et pour l’instant, la seule façon de faire valoir ses droits est de faire appel à une clinique.

Hormi les considérations financières, le Royaume-Uni se montre globalement plus ouvert sur les questions d’homoparentalité que la France. La loi régissant les inséminations artificielles avait été changée en 2008: le terme «l’enfant a besoin d’un père» avait été remplacé par «l’enfant a besoin d’un parent responsable». Légalement, les cliniques ne peuvent donc pas refuser de couples de femmes.

Exclu de l'armée, un militaire gay espagnol dénonce deux ans de «harcèlement»

Premier soldat gay à s'être marié en Espagne, en 2006, il raconte aujourd'hui «deux ans de menaces, d'agressions et de propositions sexuelles»...

Alberto Linero Marchena (photo), qui sera renvoyé de l'armée à partir du 1er septembre, en raison du non-renouvellement de son contrat, a annoncé son intention de porter plainte contre le ministre espagnol de la Défense.

Dans une conférence de presse aujourd'hui à Séville, le soldat, rattaché à la base aérienne de Moron de la Frontera, a assuré avoir reçu «des propositions sexuelles» et avoir «souffert de harcèlement et de traitement vexatoire» pendant deux ans de la part de certains de ses supérieurs. Il avait été en arrêt maladie en octobre 2008, après un accident.

Première union gay militaire
Selon lui, après cet arrêt de quelques semaines, l'armée ne l'a pas laissé reprendre son travail, lui demandant de se soumettre à une évaluation physique et psychologique, puis à une nouvelle évaluation psychologique en octobre 2009, au cours de laquelle il a été déclaré «apte» au service. De son côté, le ministère de la Défense dit n'avoir pas renouvelé son contrat en raison de ses évaluations «défavorables».

Alberto Linero Marchena avait épousé Alberto Sanchez, également soldat, en septembre 2006 à Séville, la première union entre deux hommes militaires espagnols

Témoignage: Un « congé de parentalité » accordé à la compagne de la mère d’un enfant

 
Maria Vazquez Perez, dont la compagne vient d’accoucher, a obtenu de son employeur, le Centre hospitalier de Cannes, un « congé de parentalité » de 11 jours. Tout en se réjouissant de cette nouvelle, l’APGL, l’association des parents gays et lesbiens, dénonce les inégalités en la matière, rappelant, dans un communiqué qu’au « mois de mars dernier, la Cour de Cassation avait validé le refus par la CPAM de Nantes  de verser les indemnités de congés paternité demandée 
par la partenaire pacsée de la mère d’un enfant« , Élodie Lucas.

« C’EST LA LOTERIE »
« [Maria Vazquez Perez] travaille à l’hôpital de Cannes et a demandé un congé de paternité par rapport à la loi sur les congés de paternité qui ne concernent pas les parentés, donc les couples de même sexe, explique Philippe Rollandin, porte-parole de l’APGL, à Yagg. Mais les employeurs peuvent quand même les accorder en les rémunérant ou non. Cet hôpital en question a signé une charte de la diversité qui est faite pour favoriser les LGBT dans les entreprises et éliminer les discriminations. »

« Maria est rémunérée par l’employeur, ajoute-t-il. Par la sécurité sociale ce serait impossible parce qu’elle considère qu’il faut qu’il y ait un père légal donc un couple hétéro. Elle aurait dû prendre un congé sans solde. Ce n’est pas la première fois que des entreprises accordent ce genre de congés mais c’est la loterie car certaines les accordent, d’autres non et encore parfois elles peuvent rémunérer les personnes concernées, parfois non. »

« NOUS SOMMES LES PARENTS DE NOS DEUX FILLES

« Le Consulat d’Espagne à Paris et un avocat en Espagne nous ont conseillé de nous marier et d’accoucher en Espagne, raconte Maria Vazquez Perez. Donc en 2007, nous nous sommes mariées là-bas [Maria est de nationalité espagnole et s'est également pacsée avec sa compagne en France en 2008, ndlr]. Pour notre premier enfant, j’ai demandé une délégation d’autorité parentale en France vers ma compagne car elle a une reconnaissance en tant que mère en Espagne mais pas en France. À l’époque, elle n’a pas souhaité obtenir de congé parental. »

« Pour notre deuxième enfant, que ma compagne a porté, je me suis dit que j’allais essayer d’obtenir ce congé. J’ai fait une lettre de demande à ma directrice des ressources humaines et nous avons organisé les plannings en avril comme si c’était ok. La directrice des ressources humaines était tout à fait d’accord pour mon congé, d’autant plus que l’hôpital a signé une charte de la diversité. » Par cette signature, le Centre hospitalier de Cannes s’engage en effet à manifester son engagement en faveur de la non-discrimination et de la diversité, à favoriser l’égalité des chances face à l’emploi et à améliorer la performance de l’entreprise.

« Ma compagne a accouché et quelques jours après j’étais contactée par la DRH de l’hôpital qui m’a confirmé que c’était d’accord, poursuit Maria. Dans une lettre, j’ai reçu l’exposé de son soutien où il est écrit que l’on m’accorde un congé de parentalité. C’est une décision de l’hôpital d’utiliser le terme de « parentalité ». »

« La sécurité sociale ne reconnait que le parent biologique au niveau de la loi, précise-t-elle. Le parent social n’a aucun droit. Ce qui est novateur, c’est que la DRH ait accepté. J’étais vraiment étonnée. Ça reste très subjectif et au bon vouloir de l’employeur. Sans la prise en charge par l’hôpital j’aurai dû prendre un congé sans solde, mais dans ce cas-là, je serais allée en justice. En Espagne, nous sommes mariées, nous avons un livret de famille et nous sommes les parents de nos deux filles. »

 

 

AOUT

 

Christine Boutin prête à quitter l’UMP ?

Il aura fallu une intervention papale pour que la pasionaria anti-pacs se pose ouvertement la question: rester ou ne pas rester solidaire de la majorité pour l'élection présidentielle de 2012? Une question pas forcément désintéressée...


Christine Boutin pose avec une statue de Saint-Martin lors d'une visite à Tours, en 2009.

L'ex-ministre Christine Boutin l'a affirmé lundi matin: l'affaire des Roms et la déclaration de Benoît 16 relancent pour elle la réflexion sur un possible divorce entre sa formation, le Parti Chrétien-Démocrate (PCD), et l'UMP, auquel elle est alliée, parlant d'une «fêlure supplémentaire».

Est-ce la goutte d'eau qui pourrait entraîner une séparation? «Pour l'instant, à l'heure où je vous parle, non», a-t-elle déclaré à l'AFP. «Mais ça conforte notre réflexion sur 2012 et le fait que nous pourrions avoir un représentant dans cette élection présidentielle, moi ou quelqu'un d'autre.»

«L'affaire des Roms s'ajoute à celle des couples homosexuels»
Sur la séparation, «la question n'est pas tranchée, mais tout est possible et tout est ouvert», a-t-elle poursuivi. «Il est vrai que c'est la première fois que j'ai des demandes aussi nombreuses de mes adhérents pour que nous quittions notre association avec l'UMP», a observé Mme Boutin, parlant d'une «fêlure supplémentaire et importante» dans sa relation avec le parti présidentiel.

«L'affaire des Roms s'ajoute aux positions sur la bioéthique, le mariage et l'adoption homosexuels et la répartition de la richesse», a-t-elle souligné.

Mme Boutin s'est dite «très heureuse» des recommandations du pape en faveur de l'accueil des «légitimes diversités humaines», allusion aux expulsions de Roms par le gouvernement français. «C'est un fait nouveau, les papes, depuis un certain nombre d'années, ne prenaient plus position et je suis très heureuse que le Saint Père l'ait fait», a-t-elle dit.

Rien à voir
Cette intervention du souverain pontife dans les affaires politiques françaises est du pain béni pour Christine Boutin. Elle lui permet en effet de justifier un peu plus une candidature indépendante de son parti, la sienne en l'occurrence, à l'élection présidentielle de 2012. Quitte à forcer le trait sur sa différence pour attirer l'électorat catholique, en fustigeant, par exemple, la position de l'UMP sur les couples homosexuels. Car en la matière, le credo du parti présidentiel n'est guère différent du sien: pas de mariage, pas d'adoption, tout juste un statut pour les beaux-parents, qui ne mentionne plus les homoparents, et qui est de toute façon à la traîne.

Les mauvais esprits ne manqueront pas de faire un rapprochement avec «l'affaire Boutin», et le fait qu'elle ait dû renoncer à sa mission sur «les conséquences sociales de la mondialisation» qui lui rapportait la bagatelle de 9.500 euros par mois. Selon Le Canard enchaîné, qui révélait ce scandale, cette nomination permettait justement à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement et d'écarter son éventuelle candidature à la présidentielle…

Salaires: les gays gagneraient moins que les hétéros

Qui a dit que les gays étaient nantis? Une étude inquiétante, publiée aujourd'hui dans «Libération», montre que les gays au travail gagneraient en moyenne 6,5% de moins dans le privé. Mais les lesbiennes seraient mieux traitées.

Les gays gagnent en moyenne 6,5 % de moins dans le privé que leurs collègues hétérosexuels, à responsabilité et qualification comparables, et 5,5% de moins dans le public, selon une étude publiée samedi par le quotidien Libération.

Cet écart n'est qu'une moyenne: «si l'on considère que tous (les homosexuels) ne sont pas «visibles» dans l'entreprise, cela veut dire que ceux qui le sont subissent une discrimination plus importante encore», souligne Thierry Laurent, l'un des deux auteurs de l'étude.

Ecart «inexpliqué»
Avec son collègue Ferhat Mihoubi, économiste comme lui au centre d'Etudes des politiques économiques (Epee) de l'université d'Evry, il a basé sa recherche sur la situation de 904 individus représentatifs, appartenant à un couple de même sexe, dont 788 salariés.

«Après avoir éliminé tous les biais qui auraient pu fausser les résultats, nous arrivons à un écart de rémunérations que l'on dit inexpliqué», précise-t-il.

Les lesbiennes mieux traitées
A l'inverse des hommes homosexuels, les lesbiennes ne subiraient aucune différence de traitement et bénéficieraient même d'une légère prime (+2%).

Les chiffres de cette étude, présentée comme une première en France, «sont confirmés par des études similaires réalisées à l'étranger», précise le quotidien.

Les homos plus qualifiés
Selon des deux chercheurs qui se sont basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee, les homosexuels sont pourtant plus qualifiés que les hétérosexuels (40% ont fait des études supérieures contre 24%) et occupent souvent un emploi qualifié.

Dans le public, les gays de moins de 35 ans ne subissent aucune discrimination salariale, le recrutement s'opérant le plus souvent sous forme de concours anonyme, mais au-delà de 45 ans, ils connaissent une différence de salaire encore plus importante (-13%) que dans le privé, indique l'étude.

«Venin coriace»
«Comme si la révélation progressive de l'homosexualité, volontaire ou non, produisait son effet discriminant», écrit Libération.

Le code du travail stipule qu'aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, «notamment en matière de rémunération (…) en raison de son orientation sexuelle», rappelle le quotidien qui qualifie l'homophobie de «venin coriace».

Homophobie dans le football: Yoann Lemaire porte plainte

Le footballeur vient de porter plainte pour menaces, diffamation et injures publiques contre un ancien coéquipier du FC Chooz. Ce dernier l'avait violemment insulté sur Facebook.

 

Après une salve d'insultes d'une violence inouïe, Yoann Lemaire s'est décidé à porter plainte. Le footballeur pensait pourtant avoir laissé l'homophobie au vestiaire, mais le 24 juillet dernier, il s’est retrouvé menacé et insulté par l'un de ses ex-coéquipiers. Ce dernier avait inscrit sur le mur Facebook d'un ami des messages homophobes, accompagnés de menaces.

Yoann Lemaire tente depuis plusieurs années de briser le tabou qui règne autour de l'homosexualité dans le monde du football. Il avait fait son coming out alors qu'il évoluait encore dans son ancienne équipe des Ardennes, le FC Chooz. Fatigué des insultes homophobes dont il était constamment la cible, il avait décidé de quitter son club, et s'était retrouvé sur le devant de la scène médiatique en décembre 2009, quand il avait sorti son livre, Je suis le seul joueur de foot homo, enfin j’étais… (lire article).

Menaces homophobes
Le récépissé de plainte rapporte des propos particulièrement crus. L'orthographe est approximative et les clichés sur les homosexuels s’empilent. On y retrouve entre autres, un amalgame nauséabond entre l’homosexualité et la pédophilie. Et surtout des menaces: «mon pote je rigole pas moi, vient ce soir je te saigne comme une truie».

Voir un extrait du récépissé de plainte:

La plainte a été déposée le 11 août dernier. Contacté par TÊTU, le footballeur gay juge «les menaces intolérables et inquiétantes». «Mais je pense que c'est une sorte de pression de mon ancien club pour que je ne revienne pas y jouer», ajoute-t-il. Yoann Lemaire avait signé une convention avec la Fédération française de football (FFF), prévoyant sa réintégration dans l'équipe.

«Minorité agissante»
Le joueur ne regrette pas pour autant d’être sorti du placard. «J'ai simplement voulu être honnête avec mes coéquipiers, explique-t-il, je ne comprends pas pourquoi j’aurais dû cacher mon homosexualité.» Malgré le soutien important qu'il a reçu depuis la médiatisation de son histoire, il avoue avoir été surpris par les réactions négatives. «Le problème, juge-t-il, c’est qu'une simple minorité agissante puisse faire autant de dégâts.»

Interpellé par Paris Foot Gay, le FC Chooz avait promis d’enquêter sur ces dérapages homophobes (lire  article). «Mais rien n'a été fait depuis», regrette l'ancien joueur du club. Il refuse pourtant de baisser les bras: «Je pense surtout aux jeunes sportifs homos, explique t-il, qui hésitent à parler de leur sexualité parce qu'ils  pourraient se sentir menacés.»

L’homophobie à l'école «se banalise» selon un rapport

Les établissements scolaires connaissent une «banalisation» des discriminations, notamment homophobes, et «une détérioration du vivre ensemble», selon un rapport confidentiel commandé par le ministère de l'Education.

«De nombreux intervenants ont mis l'accent sur la détérioration du vivre ensemble qui amènerait de plus en plus de situations de violences à caractère raciste, sexiste, homophobe», ont résumé, après une cinquantaine d'auditions, les auteurs d'un rapport sur les «discriminations à l'école» révélé mardi par Le Monde.

C'est dans le cadre de la lutte contre les discriminations, affichée comme une priorité par Luc Chatel, que ce groupe a été créé. «On va amplifier l'action actuellement menée par de nouvelles mesures» pour lutter contre les discriminations, a-t-on indiqué mardi au ministère de l'Education nationale.

Conséquences graves
Concernant l'homophobie, malgré «l'attention» portée à cette question par le ministère, notent les auteurs du rapport, les manifestations homophobes «ont tendance à se banaliser». Face à ce phénomène, les réactions et les sanctions de l'école s'avèrent «insuffisantes», ce qui conduit à «légitimer des attitudes, des propos et des violences».

Pourtant, les conséquences sont graves pour les victimes, du décrochage scolaire à la tentative de suicide. Il y a là urgence à agir. «La première cause de mortalité chez les collégiens est le suicide, rappelle-t-on dans l'entourage de M.Chatel. Et la première raison en est l'orientation sexuelle.»

Sexisme, racisme et peur du handicap
Côté sexisme, les préjugés que «les filles seraient, par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication, les garçons, par nature, seraient plus dissipés, plus doués pour les sciences» restent répandus. L'école doit avoir «pour rôle de pousser les jeunes filles à poursuivre leurs trajectoires et à ne pas minorer leurs ambitions», insiste le rapport.

Les auteurs notent encore des discriminations encore très présentes à l'école concernant le handicap, «portées sans doute par la “peur” dont ne se sont pas libérés les adultes et qui la transmettent à leurs propres enfants». Enfin, s'il y a «une prise de conscience progressive» du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, le rapport fait aussi état d'une «banalisation des injures et des actes» dans ces domaines.

Au final, le rapport prône de mieux mesurer ces phénomènes, via des indicateurs de leur réalité et des enquêtes de vécu. Il propose aussi d'aborder obligatoirement les discriminations lors de la formation initiale des enseignants, et de créer un guide pour la communauté éducative autour de la prévention des discriminations.

Homophobie sur Facebook: la plainte classée sans suite

INTERVIEW. Nicolas Canut, jeune gay de 21 ans qui voulait faire condamner Facebook pour les groupes homophobes qu'on y trouve, nous explique pourquoi il ne se décourage pas.

Il voulait faire condamner Facebook en raison des propos homophobes qu'on peut y trouver (lire  article): ce ne sera pas pour cette fois. La procureure d'Avignon vient en effet de classer sans suite sa plainte, comme vient de le révéler LCI.fr. Nicolas Canut, 21 ans, nous explique pourquoi cet aléa judiciaire est tout de même bien loin de le décourager.

TÊTU: Que vous a notifié la justice exactement?
Nicolas Canut: Le Procureur de la République d'Avignon, qui je le rappelle avait jugé recevable ma première plainte ainsi que les suivantes, est aujourd'hui devant un vide juridique inédit. En effet, après instruction, une enquête approfondie devait avoir lieu au centre unique en France de cyber-criminalité à Nanterre. Mais ce centre s'est retrouvé coincé face à Facebook et à la complexité de la situation. Près de 7.500 personnes se sont rendues par exemple sur un groupe «Anti Pd» où on invitait à «couper les mains des pd». Ensuite, Facebook évoque ne pas avoir de responsable en France et là, on croit rêver. Pourquoi? La société américaine a pourtant été condamnée en référé en février dernier par le tribunal de grande instance de Saint-Quentin dans l'Aisnen pour un groupe diffamant et appelant à la haine et à la violence envers un évêque! Le Procureur de la République a cependant noté cette condamnation mais ajoute que l'accusation de «diffamation» était plus forte que celle des discriminations. Je le redis, on croit rêver. Si on résume bien, on peut appeler à la mort des homosexuels sur Facebook sans avoir de craintes d'être attaqué en Justice.

Mais problème: la loi de 2004 sur la Confiance économie numérique (CEN) met en évidence la responsabilité des hébergeurs sur leurs contenus, pour les sites accessibles en France. Il y a ensuite la loi de décembre 2004 qui punit les propos incriminés mis sous scellés judiciaires en novembre 2009, mars et juin dernier à 45.000€ d'amende et 6 mois de prison. Il y aussi la loi de 1881 sur la diffamation. Trois lois qui permettent de mettre en examen Facebook pour «Complicité d'incitation à la haine et à la violence» en général.

Ici, on se heurte à une Procureure qui souhaitait poursuivre et qui était scandalisée par les propos tenus sur le réseau social; puis sur des enquêteurs pas motivés selon moi et qui manquent, avouons-le, de moyens. Je n'ai cependant pas fini mon combat. Car les autres plaintes déposées en mars et juin 2010 sont toujours instruites, même si malheureusement elles pourraient finir comme la première.

Puisque vous continuez le combat, quels leviers juridiques pouvez-vous encore utiliser?
Alors le combat n'est pas fini. Il y a mes autres plaintes, mais aussi celles d'Alexandre Marcel qui sont toujours instruites. Cependant, je vais prendre très rapidement les devants. Le référé est exclu, et pour cause, la Procureure n'est pas favorable et explique qu'un juge saisi en référé aurait du mal à répondre à ce référé étant donné que Nanterre n'a rien pu ou voulu faire. Il reste aussi d'autres moyens. Par exemple, dès l'annonce du classement sans suite, je peux décider de continuer à poursuivre, c'est un droit presque unique dans le monde et qui permet de juger des  affaires qui ne pouvaient être instruites. Je pense d'abord à cette procédure.

«Je pense qu'en s'unissant, le réseau social qui ne compte que deux équipes de modérations dans le monde pour 500 millions d'utilisateurs devraient un jour avoir un retour magistral judiciairement parlant.» De plus, dès la rentrée gouvernementale, je saisis la députée de Vaucluse Marie-Josée Roig qui est également la mairesse d'Avignon, mais aussi Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, pour lui souligner qu'un vide juridique inédit ne permet pas une mise en examen d'une société accessible en France et qui diffuse des propos homophobes, ainsi que le service de la Police des Polices pour qu'on puisse m'expliquer ce qu'ont fait les enquêteurs. Je mêle donc la Politique à cette affaire judiciaire hors du commun. Je ne vais pas en rester là.

Est-on condamné à l'impuissance face à l'homophobie sur Facebook?
Aujourd'hui oui, on peut le dire et l'affirmer. Je continuerai cependant mon combat pour que chaque groupe soit fermé, en demandant l'intervention comme je le fais souvent du Procureur d'Avignon. Les groupes sont à chaque fois saisis, «scellés», et retirés du web. Facebook ne communique pas, sauf en ayant voulu faire pression par mail et en fermant mon compte Facebook que j'ai pour rester en contact avec mes amis et mon réseau professionnel, et qui a ensuite été réouvert. Mais je pense qu'en s'unissant, le réseau social qui ne compte que deux équipes de modérations dans le monde pour 500 millions d'utilisateurs devraient un jour avoir un retour magistral judiciairement parlant. Car je ne laisserai pas de telle chose et de tels faits sur internet, comme dans la vie réelle.

Je vois cependant déjà les associations qui vont me critiquer, mais leurs déclarations m'importent peu. Certaines associations sont trop passives, parlent beaucoup mais n'agissent pas. Elles ont été jalouses selon moi et diverses personnes de mon action en justice, elles m'ont reproché de l'avoir médiatisée et que cette médiatisation allait nuire aux enquêteurs. En réalité, cette médiatisation avait pour but de faire prendre conscience à la France qu'on ne pouvait pas dire tout et n'importe quoi sur internet. Les associations qui ont lâchement et anonymement critiqué mon action n'ont rien fait. A noter que SOS homophobie est à mes yeux la seule association LGBT sérieuse, elle m'avait d'ailleurs adressé son soutien.

Pour les homos, les discriminations ne s’arrêtent pas aux portes du cimetière

Fred vient de perdre l'homme qu'il aimait. Depuis, il lui est impossible de faire valoir ses droits. Son histoire est exemplaire des inégalités face au décès entre les couples hétéros et les couples homos.

Militant d'Act Up-Paris de longue date, Fred hésite un peu avant de dire qu’il a cinquante ans, ce sera sa seule coquetterie. Tout ce qu'il veut, c’est raconter son deuil, parler de l'injustice dans laquelle il est plongé. Dans son récit, il détaille, lentement, son histoire. Parfois les mots lui manquent, alors il fait une pause et allume une cigarette. «Christian a passé sa vie à me réchauffer, soupire-t-il, mais maintenant j'ai froid.»

Christian, son partenaire depuis dix-huit ans, est mort le 22 juillet d'un arrêt cardiaque. De retour de l'étranger, Fred s’est aussitôt rendu aux pompes funèbres pour signer une convention funéraire. Premier problème: la mère de Christian, en mauvais termes avec son beau fils, s’est à son tour rendue dans la même entreprise. La procédure n’est pas vraiment légale, mais c’est la deuxième convention qui a prévalu. Au programme de la crémation, une prière, alors que Christian ne croyait pas en Dieu.

En France, que l’on soit pacsé ou non importe peu: après la mort, le partenaire non marié n’est pas reconnu par la loi. Le sort des cendres
Impossible pour Fred de faire valoir son statut de conjoint. Le couple était en union libre. Il avoue qu’ils avaient «pensé au pacs, mais que ça n’aurait rien changé». En effet, en France, que l’on soit pacsé ou non importe peu: après la mort, le partenaire non marié n’est pas reconnu par la loi. S'il y a mésentente avec la famille, seul un juge est habilité à décider qui est dépositaire des dernières volontés du défunt. En cas de doute, c’est la volonté présumée du mort qui prévaut. Légalement, Fred n’a donc aucun lien avec Christian.

Se pose ensuite le problème des cendres. Celles-ci sont considérées comme reste humain depuis une loi de 2008, et légalement très encadrées, même si on peut décider à l'amiable de leur sort. Mais, ne faisant pas partie de la famille, Fred ne peut rien imposer sur celles de Christian. Les deux hommes avaient prévu d'avoir leurs cendres mélangées. Ce ne sera pas le cas, la mère de Christian ayant emporté l’urne funéraire. «J’ai pu au moins couper une mèche de cheveux», dit-il, légèrement apaisé.

«Des règles plus humaines»
Pour lui, c’est comme si l'Etat niait «dix-huit ans de merveille». «C’est comme une bulle de savon qui aurait éclaté», explique-t-il. L'acte de décès de Christian indique «célibataire». Fred ne peut de toute façon pas en obtenir un.

Aujourd'hui, Fred espère vivre «le plus longtemps possible» parce qu’il avait promis à son compagnon de lui «survivre, pour faire perdurer cette histoire». Et, s'il a choisi de témoigner pour faire connaître les discriminations dont souffrent encore les homos, qu'ils soient pacsés ou non, Fred n'a qu'un souhait: que l'Etat réserve un sort «plus humain» aux homosexuels dans le deuil.

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie avait rendu, en juillet dernier, un avis défavorable à un projet de loi du député PS Alain Vidalies. Celui-ci souhaitait inscrire le nom du conjoint pacsé sur l’acte de décès.

Dans un communiqué publié aujourd'hui, intitulé «Thomas, pédé donc sous-citoyen», Act Up-Paris mentionne le cas d'un autre gay veuf, n'ayant aucun droit sur les cendres de son pacsé décédé. Et exige un droit des pacsés sur les cendres du défunt, l'organisation des funérailles et la mention du pacs sur l'acte de décès.

Les funérailles et le couple de même sexe: Les précisions de Daniel Borrillo

Fin juillet, Yagg interviewait Thomas, qui tente de faire valoir ses droits après le décès de son partenaire de pacs. Act Up-Paris a récemment publié un communiqué sur une autre affaire comparable (sur laquelle nous reviendrons très bientôt sur Yagg). Pour y voir plus clair, nous avons une nouvelle fois sollicité le juriste Daniel Borrillo afin qu’il apporte des précisions sur la place du partenaire de même sexe dans l’organisation des funérailles.

Le droit à être incinéré après sa mort est ancien, l’Église catholique fut longtemps hostile mais depuis 1963 elle autorise la crémation. Seules les religions juive et musulmane prohibent toujours cette pratique. L’individu doit de son vivant exprimer sa volonté d’être incinéré ou inhumé sinon c’est aux proches du défunt, à sa famille ou à toute « personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles » de prendre la décision. à savoir, le conjoint survivant, les parents ou enfants de la personne défunte, le parent le plus proche ou la personne publique (commune, mairie) ou privée (fondation, association) qui paye les obsèques. De mon point de vue, le partenaire pacsé et le concubin vivant en relation stable doivent être assimilés au conjoint mais il n’existe pas une jurisprudence stable dans cette matière.

QUI A QUALITÉ POUR POURVOIR AUX FUNÉRAILLES?
La personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles d’un défunt peut s’entendre de toute personne se chargeant de ce soin en l’absence d’opposition d’un tiers plus qualifié. En cas de conflit, c’est la Justice qui décide. Le critère de détermination demeurant la volonté présumée du mort, il appartient au juge de déterminer souverainement quels sont, parmi les proches du défunt, celui ou ceux que leurs rapports privilégiés d’intimité avec lui permettent de reconnaître comme les interprètes les plus qualifiés de sa volonté probable. C’est pourquoi il est important de rédiger de son vivant un document indiquant clairement le nom de la personne qui peut décider des funérailles. En l’absence d’un tel document, d’autres moyens de preuve peuvent entrer en jeu, tel le témoignage des proches du défunt. La prise en charge des frais funéraires peut également constituer un élément important à l’heure de résoudre un conflit. En tout cas, les obsèques doivent répondre à la volonté de la personne défunte. Il est important aussi que la loi permette l’inscription du nom du partenaire pacsé dans les actes de décès (ce qui n’est pas le cas en droit français) afin que le survivant ait la qualité requise par la loi de manière incontestable.

LES CENDRES
La question du statut et la destination des cendres est régulée par la loi funéraire du 19 décembre 2008. Avant l’adoption de cette loi, il existait en France une grande liberté et les individus disposaient facilement des cendres de leur proches: elles étaient gardées à la maison, elles pouvaient être dispersées n’importe où et n’importe comment, elles pouvaient être partagées entre proches, etc. Depuis la loi de 2008, le dispositif est beaucoup moins libéral. Une certaine confiscation de la mort est survenue avec la loi car l’individu n’est pas tout à fait maître de la destinée de sa dépouille: seules l’inhumation ou l’incinération sont possibles, tout autre choix est exclu, tel la cryogénisation (congélation du cadavre dans la perspective d’une réanimation future), l’immersion en mer ou l’embaumement même si ces pratiques n’engagent aucun risque pour la salubrité ou la santé publique. De même, la famille ne peut plus disposer librement des cendres du défunt. La pratique du partage des cendres est interdite puisque la loi sur la législation funéraire prescrit dans la nouvelle rédaction de l’article L. 2223-18-2 du CGCT: « À la demande de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, les cendres sont en leur totalité »…. Les proches n’ont plus le droit de garder l’urne à la maison, elle doit être déposée dans un cimetière (columbarium, sépulture ou monument funéraire). Les cendres peuvent être dispersées en pleine nature, sauf sur les voies publiques. Dans ce cas, la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles fait la déclaration à la mairie de la commune du lieu de naissance du défunt. L’identité du défunt, la date et le lieu de la dispersion des cendres sont inscrits sur un registre prévu à cet effet. Le non respect des obligations établies dans la loi est puni d’une amende de 15000 euros par infraction.

Les conflits auxquels sont confrontés les couples de même sexe pacsés ou concubins mettent en lumière la précarité juridique de ce type d’unions. Il suffit qu’un juge considère qu’un parent ou un frère est plus apte à décider des funérailles pour que le compagnon de même sexe soit évincé. Afin d’éviter tout forme de discrimination en matière de funérailles, il est urgent d’octroyer aux couples de même sexe les mêmes droits qu’aux couples mariés.

Universités d’été des écologistes: pas de consensus sur la gestation pour autrui 

 

Les Journées d’été du rassemblement des écologistes se sont tenues du 19 au 21 août, à Nantes. L’occasion pour la commission LGBT des Verts de débattre de la gestation pour autrui (GPA), une méthode de procréation médicale assistée qui se fait avec l’aide d’une mère porteuse, pratique interdite en France.

Yagg a demandé à Caroline Mécary, élue Europe Écologie au Conseil régional d’Ile-de-France et avocate spécialiste des droits LGBT, et à Pierre Serne, co-responsable de la commission LGBT des Verts et trésorier de l’Ilga-Europe, si le débat avait avancé concernant la GPA et si d’autres sujets LGBT avaient été abordés lors de ces universités d’été.

« La GPA concerne les couples homos et hétéros, mais sa prohibition en France aboutit à des conséquences catastrophiques, déclare Caroline Mécary. Par exemple, il est toujours possible que la mère porteuse garde l’enfant et c’est une situation dramatique. Aux États-Unis, en Inde et en Ukraine, la GPA est possible, mais dans ces deux derniers pays, la législation est insuffisante, alors qu’aux États-Unis, le recours à la GPA se fait dans le cadre d’un droit qui garantit les intérêts de toutes les parties en cause. »

« RÉGLEMENTER LA SITUATION »
« Les avis sont partagés sur la GPA, ajoute l’avocate, mais si la commission se prononçait aujourd’hui, ce serait pour une légalisation de la GPA avec une mise en place d’une réglementation qui garantit les droits de tous et surtout le contrôle de l’intérêt de l’enfant. Plutôt qu’une position de déni de la réalité, il est beaucoup plus pragmatique et intelligent de réglementer la situation. »

« NON-MARCHANDISATION »
Pour Pierre Serne, plusieurs positions ressortent du débat sur la GPA: « Le débat s’est fait en présence de quatre commissions des Verts – LGBT, Santé, Justice et Féministe. C’était un état des lieux, et les avis étaient assez tranchés. Il y avait des arguments très favorables et d’autres très opposés. Une position, plutôt féministe et plutôt contre la GPA, portait sur la non-marchandisation et la non-exploitation du corps des femmes. Une autre position portait plus sur l’égalité des droits en faveur de la GPA, qui pourrait conduire à une synthèse, puisque la GPA existe, mais qu’elle n’est pas encadrée et ne pas la légaliser serait laisser un flou juridique. Cependant, aujourd’hui, il n’y a pas de position unique de la commission LGBT sur la question », affirme-t-il.

« Il y a eu également un autre atelier sur l’homoparentalité et l’homoparenté, déclare Pierre Serne, avec comme invités Dominique Boren, le président de l’APGL, mais aussi des élus, où l’adoption a également été évoquée. »

UNIFICATION
« Il y a eu aussi une réunion de la commission LGBT pour poser les objectifs des mois qui viennent, ajoute Pierre Serne, dont le processus d’unification des non-Verts d’Europe Écologie avec les Verts. Il y aura donc un projet global et de nouveaux rôles importants pour nous sur les questions LGBT. »

« On ne transigera pas sur l’égalité de traitement pour le mariage, l’adoption et la GPA », ajoute Caroline Mécary, concernant ce rapprochement d’Europe Écologie et des Verts.

Coming-out gay au paléolithique! 

      

Les peintures et les gravures que l’homme préhistorique a laissées sur des parois rocheuses ou sur des ossements ne nous apportent pas seulement des informations sur la faune, les pratiques de chasse ou les pratiques religieuses de l’époque, mais aussi, ce qui est beaucoup moins connu du grand public, sur les pratiques sexuelles des hommes et des femmes préhistoriques. Des faits qui étaient connus des anthropologues mais qui jusqu’ici étaient passés sous silence.

Par le passé, le moralisme et la pudibonderie n’ont pas seulement touché la recherche et l’enseignement de l’histoire ou des langues anciennes, ils ont aussi entaché la recherche scientifiques. Ainsi l’homosexualité animale était peu évoquée par les biologistes, l’enseignement de l’histoire de la Grèce antique tendait à éviter de mentionner les amours entre hommes pourtant si communes. Tous les domaines de la recherche étaient touchés.

UNE EXPOSITION SUR LES USAGES ÉROTIQUES PRÉHISTORIQUES
Les temps ont changé et une exposition espagnole montrera les indices qui indiquent que le sexe homosexuel était une pratique courante dans la préhistoire. La Fondation Atapuerca et la municipalité de Santillana del Mar préparent en effet une exposition intitulée « Sexo en piedra », qui mettra en scène les usages érotiques des groupements humains préhistoriques: sexe homosexuel, usage de godemichés, sexe oral, tatouages sur le pénis, rites de circoncision, zoophilie, etc. Avec cette exposition, les paléontologues d’Atapuerca ont décidé de rompre avec les tabous sexuels que les études préhistoriques imposent depuis le XIXe siècle, en montrant que les relations sexuelles des hommes préhistoriques n’étaient pas seulement orientées vers la reproduction.

Javier Angulo et Marcos García Díez ont été chargés de réunir et de documenter les pièces présentées à l’exposition. Marcos Garcia Diez estime que les études réalisées jusqu’ici ont été entachées d’homophobie car aucun chercheur n’a mentionné les pratiques homosexuelles dans la préhistoire, et fort peu se sont intéressés aux pratiques sexuelles de l’homme préhistorique en général.  »Cependant les premiers Homo sapiens qui sont arrivés en Europe étaient nos égaux sur le plan anatomique et cérébral, et comme nous ils aimaient le sexe », avance Marcos Garcia Diez. 

C’est aussi l’avis d’Eudald Carbonell, le codirecteur des fouilles de la  Sierra d’Atapuerca: le silence qui entoure l’homosexualité préhistorique le surprend; c’est une pratique dont on a de nombreux indices dans divers sites préhistoriques européens.

DESSINS, PEINTURES ET GRAVURES
L’exposition, qui sera inaugurée en septembre, présentera de nombreux dessins, des peintures et des gravures sur ossements ou sur pierres, qui documentent bien les diverses pratiques sexuelles de l’époque. Ainsi on pourra y voir une scène de coït anal entre hommes (en provenance du site de La Marche en France, photo ci-dessous) ou une plaque représentant deux femmes effleurant leurs seins avec affection, et que la datation fait remonter à plus de 12000 ans (première photo ci-dessus).

Les deux commissaires de l’exposition pensent que l’on n’a pas analysé jusqu’ici le sexe homosexuel à cause de la mentalité prédominante. Ils ne doutent pas qu’il était présent dans la vie sociale de l’homme préhistorique, à une époque où l’homme n’avait pas encore établi une relation entre le sexe et le péché.

Une exposition qui va mettre des bâtons dans les roues des défenseurs de la « famille traditionnelle naturelle composée d’enfants qui ont un papa et une maman ». Nos amis français feraient bien de faire envoyer un carton d’invitation à Christine Boutin, Christian Vanneste et consorts. Le mythe du bon sauvage est à revoir: grâce à cette exposition, il pourra s’enrichir d’une composante homosexuelle. Jean-Jacques Rousseau doit être revisité: bienvenue au bon sauvage gay! Les gays du paléolithique sont sortis de leurs cavernes!

Sources: divers sites de la presse et des blogs espagnols. Lire aussi l’excellent article de la journaliste Elodie Cuzin.

 

Le nouveau discours vibrant de Will Phillips, 11 ans, sur l’ouverture du mariage 

 

 
Le plus surdoué des militants pour les droits LGBT a encore frappé! Le très jeune Will Phillips, 11 ans, était présent dimanche 15 août au Big Commit, le grand rassemblement organisé à Washington sur Freedom Plaza pour défendre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, et pour répondre au National Organization for Marriage’s summer bus tour, le bus qui traverse la côte Est des États-Unis pour « sauver le mariage traditionnel entre un homme et une femme ».

Pour l’occasion, le jeune garçon a, comme à son habitude, prononcé un discours ferme et vibrant:

Voir la vidéo, cliquez sur Will Phillips speaks at Big Commit 08-15-2010.

Will Phillips s’était rendu célèbre au États-Unis, il y a quelques mois, pour avoir refusé de prononcer à l’école le serment américain, « The Pledge of Allegiance », qui parle de « liberté et justice pour tous », et ce tant que « tous les citoyens américains ne seront pas traités sur un pied d’égalité » et que « les personnes LGBT n’auront pas les mêmes droits ». Une position très ferme qui lui a valu de faire la Une de tous les grands journaux US et d’être invité sur de nombreux plateaux de télévision.

En mars 2010, il recevait même un prix aux GLAAD Awards à New York pour un documentaire dont il faisait l’objet intitulé Why Will Won’t Pledge Allegiance, diffusé dans l’émission American Morning sur CNN. Lors de cette cérémonie, le petit garçon avait alors précisé son engagement en faveur des droits LGBT en prononçant le meilleur discours de la soirée

Italie: Arcigay s’inquiète de la hausse des agressions homophobes et lesbophobes 

Après la multiplication des agressions homophobes et lesbophobes, verbales ou physiques, en Italie, l’association LGBT Arcigay a publié une lettre ouverte à la communauté internationale, à la presse et aux institutions.

« Tous les jours, nous voyons un nombre croissant de crimes de haine être commis contre des gens en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, écrit l’association. Ces deux derniers mois, Arcigay a enregistré un nombre exponentiel de cas dans tout le pays de lesbiennes, de gays et de couples menacé-e-s, agressé-e-s ou ridiculisé-e-s en public juste parce qu’elles/ils marchaient main dans la main, s’embrassaient ou se tenaient à l’extérieur de bars LGBT. »

La lettre donne plusieurs exemples: un couple gay chassé d’une plage à Ostie, au moins cinq agressions homophobes à Milan en un mois, des passants qui menacent des couples de même sexe d’appeler la police s’ils ne cessent de s’embrasser…

« À cette homophobie croissante s’ajoute le fait que les bars et les pubs LGBT à travers le pays sont systématiquement harcelés, avec des contrôles absurdes et des enquêtes constantes et à la limite de l’obsession de la part de différentes autorités, poursuit Arcigay. Les lieux de rencontre en extérieur sont passés au crible par la police locale, grillagés voire fermés par les autorités locales, au prétexte que les rencontres homosexuelles sont « immorales ». (…) Les personnes LGBT en Italie vivent dans un climat de peur intolérable, qui rappelle une sorte de chasse aux sorcières. C’est un pays où non seulement les droits des couples LGBT ne sont pas reconnus – malgré un arrêt récent de la Cour constitutionnelle – mais, plus inquiétant, un pays où le Parlement vient de rejeter une proposition de loi contenant des mesures pour combattre l’homophobie, estimant (par écrit) que l’expression « orientation sexuelle » est en soi « ambiguë », en ce qu’elle pourrait inclure des choses comme la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie et l’inceste. »

« L’Italie n’a jamais été un pays où les personnes LGBT étaient traitées de façon équitable, mais à présent le pays devient presque dangereux pour les lesbiennes, les gays, les bi et les trans’ », conclut l’association.

 

Premier mariage d’un couple gay étranger au Népal

Un Anglais et un Indien se sont unis lors d'une cérémonie hindoue, quatre mois après que le gouvernement népalais a annoncé vouloir développer le tourisme gay, et quelques jours avant la première gay pride du pays.

Ce n'étaient pas des paroles en l'air. Le ministre du Tourisme du Népal avait fait part en avril de son vœu d'ouvrir le pays aux touristes homos (lire article) en organisant des cérémonies de mariages gays au pied de l’Everest. Quatre mois plus tard, le résultat est là. Les premiers époux, un Anglais et un Indien, se sont dit oui près de Katmandou la semaine dernière, lors d'une cérémonie conduite par un prêtre hindou.

Pour le moment, cette union ne revêt pas de valeur juridique, puisque le Népal ne reconnaît pas le mariage homosexuel (même si une loi est en préparation dans ce pays où l'homosexualité a été dépénalisée en 2008) et ne marie pas les étrangers. Et une fois de plus, le député ouvertement homosexuel Sunil Babu Pant a joué un rôle de premier plan dans l’événement: c’est son association, la Blue Diamond Society, qui a organisé le mariage. Une bonne nouvelle qui arrive à quelques jours de la première gay pride népalaise, prévue ce mercredi 25 août.

Cameroun: nouvel appel à la dépénalisation de l’homosexualité

Human Rights Watch et Alternatives-Cameroun appellent le gouvernement à appliquer les recommandations du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies.

«Le Cameroun doit dépénaliser les pratiques sexuelles entre adultes consentants de même sexe.» Cet appel est signé de deux organisations pour les droits humains, l'américaine Human Rights Watch (HRW) et la camerounaise Alternative-Cameroun (AC), auteures d'un communiqué commun.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel message est lancé pour la dépénalisation de l'homosexualité, passible de cinq ans de prison. Seulement cette fois, la démarche est renforcée par le soutien du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, à qui les deux ONG avaient exposé le 12 juillet «les violations et abus subis par des Camerounais sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre».

Recommandation de l'Onu
En réponse, résument les organisations, le Comité des droits l’Homme des Nations Unies a «recommandé au gouvernement camerounais de mettre fin aux préjudices sociaux et à la stigmatisation dont sont victimes les personnes LGBT et d’adopter des programmes de santé publique “d’une portée universelle et qui assurent un accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et à la prise en charge du VIH/Sida”». Objectif: que le Cameroun se conforme au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il est signataire.

Les recommandations seront-elles suivies d’effet? Pas si sûr. Interrogé par la BBC début juillet sur la demande d'asile d'un gay camerounais au Royaume-Uni, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, a déclaré: «L'homosexualité est interdite par la loi, ça ne fait aucun doute. Mais ce que je peux souligner, c’est qu'aucun homosexuel n'est persécuté au Cameroun.»

Réagissant le même mois à la possibilité de la dépénalisation dans son pays, il avait par ailleurs indiqué que «le gouvernement applique les lois votées par les élus de la Nation dans un pays où 90% de la population est croyante (chrétiens et musulmans)». Laissant entendre que la loi répressive épouse les désirs du peuple. Un peuple qu'il ne faudrait pas contrarier avant la présidentielle de 2011?

Royaume-Uni: il est interdit d’interdire aux homos d’adopter

Catholic Care, une ONG britannique, vient de voir sa demande refusée: les autorités estiment qu'une association ne peut pas refuser ses services d'adoption à un couple homosexuel pour un motif religieux.

La page d'accueil de l'association catholique déboutée.

La Charity Commission, l'autorité de supervision des associations caritatives au Royaume-Uni, a tranché: le droit d'exclure les couples homosexuels d'un service d'adoption pour des raisons religieuses n'est pas légal.

Il y a plusieurs mois, l'organisation Catholic Care basée à Leeds, avait demandé le droit de réserver son service d'adoption aux couples hétérosexuels. L'argument avancé était que l'association perdrait le financement qu'elle reçoit de l'Eglise catholique si elle acceptait de suivre la loi britannique qui autorise les couples homosexuels à adopter.

Discrimination
A l'issue d'un long processus judiciaire et administratif, l'ONG s'était portée devant la Haute Cour qui avait demandé en mars à la Charity Commission de reconsidérer l'affaire.

La commission a finalement estimé aujourd'hui que «le respect de convictions religieuses ne peut justifier une discrimination envers les homosexuels». Dans un communiqué, l’association s'est déclarée «profondément déçue», ajoutant qu’elle allait «voir s'il existe d'autres moyens de soutenir les familles qui cherchent à adopter».

Flics et homos: la police belge enquête

En Belgique, les forces de l'ordre viennent de lancer une vaste enquête interne afin de traquer d'éventuels problèmes et de promouvoir la diversité. Un bel exemple...

Etre policier et vivre ouvertement son homosexualité, est-ce possible? En France, après l'affaire des policiers cannois ou de l'ambassade au Brésil, les faits connus semblent démontrer que ce n’est pas si simple. Le métier de policier concentre d’ailleurs autant de clichés que l’homosexualité elle-même. Le flic serait forcément macho, homophobe, misogyne… Mais qu’en est-il en réalité?

En Belgique, la police a décidé de mener l’enquête. Les 50.000 agents de la police locale et de la police fédérale du pays viennent en effet de recevoir un questionnaire. Anonymement, ils sont invités à répondre à des questions comme «Vous considérez-vous comme sorti(e) du placard au travail?». Mais l'enquête s’adresse à tous: «Avez-vous déjà été confrontés, au travail, à des réactions négatives liées, selon vous, aux préférences sexuelles d’un collègue? Est-ce un problème pour vous de travailler avec des gays? Pensez-vous que les problèmes liés à la sexualité de vos collègues peuvent être discutés à votre hiérarchie?».

Promouvoir la diversité
Grâce à ce questionnaire, la police espère objectiver la situation des homosexuels, lesbiennes et bisexuels qui y travaillent, et identifier d'éventuels problèmes d’homophobie. Au bout du compte, l’enquête permettra de promouvoir au sein des forces de l’ordre belge une culture fondée sur le respect des différences, tant en interne qu'au bénéfice des citoyens.

Ce travail est réalisé grâce au service Egalité et Diversité de la police belge, mis en place en 2002 et récompensé par un label du ministère fédéral de l'Emploi. Le service s’intéresse à toutes les discriminations et a notamment pour objectif la sensibilisation de la hiérarchie ou encore la mise en place de modules de formation dans le cadre de l’examen d’entrée.

Etats-Unis: une cadette fait son coming out et quitte l’armée

Parce qu'elle est lesbienne, Katherine Miller a choisi de claquer la porte de l'école militaire West Point. Le «Don't ask, Don't tell» empêche toujours les personnes LGBT de servir dans l'armée. Une politique que Barack Obama avait pourtant promis de réviser.

Que fait-on quand on est lesbienne et que l’on travaille dans l’armée américaine? La réponse est simple: on démissionne. C’est ce que vient de faire Katherine Miller, une cadette de l’école militaire de West Point. La raison? Il lui était devenu impossible de supporter la chape de plomb sous laquelle l’armée américaine enferme les militaires homos. L’affaire a fait grand bruit outre-atlantique, au moment où la politique du «Don’t ask, Don’t tell» n’a jamais été autant critiquée.

Arrivée neuvième de sa promotion (sur 1.100), l'étudiante est décrite par ses professeurs comme brillante. Elle aurait dû commencer en septembre sa troisième année de sociologie, mais pour ça elle aurait dû continuer à se taire. La cadette a fait le choix du coming out. Et donc de prendre la porte. «Je ne voulais plus mentir sur ma sexualité, explique-t-elle, pour moi, l’attitude de l’armée est incompréhensible.»
 

Dissimuler
«Don’t ask, Don’t tell», littéralement «Ne rien demander, ne rien dire», désigne la politique de l’armée américaine vis-à-vis de l’homosexualité. D’un côté les supérieurs ne doivent poser aucune question relative à la sexualité d’un soldat, et de l’autre aucune personne ouvertement lesbienne ou gay n’est autorisée à devenir militaire. Résultat: des centaines de soldats sont contraints de dissimuler leur sexualité de peur de perdre leur travail.

Porter un masque, c’est ce qu’a fait Katherine Miller pendant deux ans. Dans la lettre de démission envoyée aux responsables de West Point, elle explique qu’elle ne voulait plus «s’inventer constamment une fausse vie hétérosexuelle» et qu’elle voulait faire de son cas «un exemple des conséquences des politiques injustes en place». L’occasion de rappeler Barack Obama à l’une de ses promesses de campagne (lire article).

«Citoyenne de seconde classe»
Les médias américains ont découvert au cours du week-end que la cadette possédait un blog. Elle s’y livrait anonymement sous le pseudonyme de «citoyenne de seconde classe», partageant son quotidien sur le campus et les stratégies qu’elle mettait en place pour cacher son homosexualité à ses condisciples. Elle y explique que sa petite amie Kristine devenait Kris quand elle passait les portes de l’école.

La décision de la direction de West Point devrait être rendue la semaine prochaine. Pas d’inquiétude à avoir pour autant, Katherine Miller est d’ores et déjà admise à l'Université de Yale pour la rentrée. Elle a déclaré avoir obtenu une bourse pour les étudiants LGBT avec laquelle elle se battra pour mettre fin au «Don’t ask, Don't tell». Et puisque celui-ci devrait être tombé à la fin de l'année (lire article), elle espère pouvoir réintégrer West Point à la rentrée 2011. En tant que lesbienne cette fois.

L’Allemagne instaure l’égalité des droits de successions pour les couples homos

La Cour constitutionnelle Allemande vient de statuer en leur faveur de l'égalité sur la question des droits de successions. Une avancée promise par le gouvernement depuis deux ans.

Des participants à la gay pride de Berlin, le 19 juin 2010.

Bonne nouvelle pour les homos allemands. La Cour constitutionnelle allemande a en effet affirmé aujourd’hui que les couples de même sexe devaient bénéficier des mêmes droits en matière d'imposition sur les successions que les couples hétérosexuels.

Rappelons que l'Allemagne n’autorise pas le mariage, mais offre aux homosexuels la possibilité de contracter des partenariats domestiques depuis 2001. Jusqu’en 2008 le pays s’était refusé à accorder les mêmes droits que le mariage en matière d'imposition.

Egalité fiscale
Le gouvernement avait promis en juin d'en élargir les règles pour établir l'égalité de taxation sur les successions entre couples homos et couples hétéros. C’est maintenant chose faite puisque la Cour vient d’avaliser la proposition du gouvernement, en exigeant que le Parlement rectifie a posteriori les règles fiscales.

Très concrètement, tous les couples paieront de 7% à 30% de droits de succession, alors que les couples de même sexe étaient auparavant taxés de 17% à 50%, le même taux que pour des personnes non parentes.

«La coalition œuvre pour les homosexuels»
La Cour était saisie du cas d'un homosexuel qui a hérité en 2001 de 140.000 euros de la part de son partenaire légal et qui a dû payer 30.000 euros de droits de succession. Une autre plaignante a elle hérité de 58.500 euros de sa partenaire et a dû verser 12.000 euros d'impôts.

La ministre de la Justice, Sabine Leutheusser-Scharrenberger, a salué la décision de la Cour constitutionnelle, en estimant que la coalition de centre-droit au pouvoir œuvrait au niveau fiscal en faveur des couples homosexuels.

En Israël, un magazine arabe publie des textes gays

Un magazine en ligne de la communauté arabe en Israël publie notamment des auteurs homosexuels, qui y publient anonymement leurs textes.

Des intellectuels palestiniens et arabes israéliens ont lancé lundi un nouveau magazine en ligne en Israël décidé à défier les tabous, en consacrant notamment une rubrique à des auteurs homosexuels.

«Notre site sera comme un oasis culturel où chacun pourra s'évader pour lire une nouvelle ou regarder un événement culturel via YouTube», a expliqué Alaa Hlehel, fondateur de Qadita.net et citoyen arabe d'Israël.

Liberté d'expression
Le magazine, qui tire son nom d'un village détruit pendant la guerre de 1948 au moment de la création de l'Etat d'Israël, s'en prend aux restrictions imposées à la liberté d'expression dans les sociétés arabes et musulmanes.

«Des écrits insoumis ou “non conservateurs” ne devraient pas tomber sous le coup de la censure juste parce que leur propagation énerve certains ou offense des sensibilités», a indiqué le communiqué de présentation du magazine. «Nous pensons que la marge de liberté dans les publications en langue arabe est assiégée en raison des tensions politiques et sociales».

Une part naturelle de la culture arabe
Le site publie déjà des contributions de nombre d'auteurs arabes et palestiniens, et consacre une rubrique spéciale à des écrivains homosexuels, qui publient anonymement. L'homosexualité est vivement dénoncée dans les sociétés arabes et considérée comme un délit dans beaucoup de pays du Moyen-Orient.

«Nous faisons cela pour autoriser les homosexuels à s'exprimer, fuir leur ghetto et devenir une part naturelle de la culture arabe et palestinienne», a dit Alaa Hlehel, ajoutant qu'il ne craignait pas d'attaques de groupes extrémistes ou religieux. «Nous attaquer sur le sujet de l'homosexualité sera facile, mais à cause de ça nous allons nous assurer que tous nos écrits seront de grande qualité».

Voir le site en version originale.
Voir le site traduit en Français (via Google), avec ici la rubrique «Textes gays».

La «roupie rose» à la conquête de l’Inde

Préservatif spécial (plus lubrifié) pour les gays, nouveau magazine, agence de voyage… Un an après la décriminalisation de l'homosexualité dans le sous-continent, le marché gay-friendly ne cesse de s'y développer. Petit tour d’horizon.

Des jeunes indiens participent à une campagne de promotion pour des nouveaux distributeurs de préservatifs, en mars dernier à New Delhi.

Avec la librairie LGBT en ligne et des publicités gay-friendly, il s'agit maintenant d’un mouvement bien amorcé: les commerciaux indiens font de l'œil à la «roupie rose». Les marques entendent bien s’emparer de ce nouveau marché, surtout depuis qu’il a (presque) perdu son odeur de soufre avec la dépénalisation de l’homosexualité il y a un an.

Le dernier né de cette opération séduction? Un préservatif spécialement conçu pour les gays. Actuellement en cours de développement, il n'est pas encore lancé, mais un nom a déjà filtré dans la presse indienne. Il devrait s’appeler «Spice Up» («Pimentez»). Il a été imaginé par un grand fabricant de préservatifs en collaboration avec la NACO, le bras anti-sida du Ministère indien de la Santé. Le Dr Prakash Kothari, sexologue, est persuadé que ce produit sera bien accueilli. Il souligne: «Parfois, pendant l’amour, la lubrification devient insuffisante et le sexe anal peut devenir douloureux.» Un problème qui devrait être résolu grâce à ce moyen de prévention plus adapté.

Un nouveau magazine gay
Mais la presse elle-aussi s’engouffre dans la brèche du marché gay. Le prince Manvendra Singh Gohil, lui-même homosexuel (lire  article), a lancé à Goa voici semaines un nouveau magazine dédié à la communauté gay, Fun. Comme son nom l’indique, Fun cherche à se démarquer des publications militantes, plus austères. «Nous nous concentrons sur la mode, le bien-être, les gadgets et les relations» explique son fondateur. Lui veut du glamour, de la légèreté, en bref, du commercial. D’ailleurs, le premier numéro a été tiré à 75.000 exemplaires, un chiffre ambitieux comparé aux 3.000 exemplaires de Bombay Dost, le pionnier indien des magazines gays relancé l’année dernière après sept ans d’interruption.

Et dans la nouvelle galaxie des sociétés gay friendly, Indja Pink effectue une belle percée. Cette agence de voyages spécialisée depuis plusieurs années sur le marché homo voit son activité augmenter depuis l’année dernière. Tant et si bien qu’elle propose désormais des cérémonies de mariage à l’indienne et des lunes de miel au pays des Maharadjahs.

Espagne: Bientôt une première maison de retraite homo 

 
La commune de Torremolinos (province de Malaga) accueillera, dès 2011, le premier établissement pour personnes âgées homosexuelles d’Espagne. Le quotidien national espagnol El País raconte en effet, dans un article intitulé « Vieillir sans renoncer« , l’histoire d’Antonio Gutiérrez Dorado, un militant LGBT de la première heure et de son nouveau projet de maison de retraite gay.

GRANDE SOLITUDE
Bien qu’en Espagne les droits LGBT aient considérablement avancé ces dernières années, ce militant et ses amis redoutent désormais le double défi qui les attend: « être vieux et homo ». Il explique ainsi que beaucoup de personnes LGBT de sa génération ont coupé les liens avec leur famille pour vivre leur sexualité en liberté à une époque où les choses étaient particulièrement difficiles et que cette première génération de militants qui a lutté pour obtenir des droits redoute désormais une grande solitude.

TABOU
« Être gay à 30 ans c’est bien, mais à 60 ans c’est plus très cool », explique Antonio Gutiérrez Dorado qui souhaite ouvrir ce débat sur les personnes âgées au sein de la communauté. « La vieillesse chez les gays est taboue », explique à son tour Beatriz Gimeno, ex-présidente de la Federación de Lesbianas, Gays y Transexuales de España, « la communauté LGBT a développé une sous-culture particulièrement liée à la jeunesse éternelle et dans laquelle la vieillesse n’a que très peu de place ».

INVISIBILITÉ
Le nouveau combat d’Antonio Gutiérrez Dorado: que l’évolution de la situation des LGBT en Espagne profite désormais à toutes les tranches d’âge, à toutes les étapes de la vie. « On ne sort pas du placard juste pour quelques années », ajoute t-il, insistant sur le fait qu’il est pourtant toujours bien difficile d’être un homo en maison de retraite et que certains se voient parfois obligés de retourner à l’invisibilité.

C’est ainsi qu’est né Arco Iris-LGTB, un projet de résidence de 27 appartements, pensé avec l’un des amis d’Antonio, directeur d’un groupe immobilier et expert dans le secteur du troisième âge. Il sera inauguré à Torremolinos, en plein cœur de ville. Pour l’anecdote, c’est dans cette même commune que s’est ouvert en 1962 le premier bar gay d’Espagne. Le projet devrait ensuite s’étendre au reste de l’Espagne, probablement à Barcelone, Madrid et Malaga.

 

         

Les gays sans ghettos (article Sud-ouest Saintes du 12/08/2010)

Hétérosexuels saintongeais et homosexuels venant de plus loin se mêlent les fins de semaines au Folie's à Fontcouverte. Décryptage de l'une des deux boîtes de nuit gay-friendly du département.

Voilà trois ans, il a posé ses valises à Saintes. À l'âge où certains pensent à la retraite, il a investi (dans) les nuits saintaises, après avoir animé les aurores rochelaises et rochefortaises.

Nous parlons ici de Gérard Doury. À 56 ans, c'est un nom reconnu dans le milieu de la nuit dont il est l'un des piliers depuis un quart de siècle. Sa spécialité : les établissements « gay-friendly ». Comprenez des discothèques destinées à une clientèle homosexuelle mais qui acceptent les hétérosexuels. Bien que lui-même hétéro, Gérard Doury a toujours été attiré par le monde des homos. Sans doute l'héritage d'un frère qui n'avait pas les mêmes préférences sexuelles.

Ainsi, après avoir fait ses gammes à Saumur (Maine-et-Loire), il a tenu un bar à La Rochelle, L'Insolite, jusqu'à la fin des années 90. Avant de bifurquer en direction des boîtes de nuit. La Cage à Rochefort (de 1999 à 2005), puis Le Paradise à La Rochelle (de 2005 jusqu'au mois de juillet 2010), la seconde et unique autre boîte de nuit gay-friendly dans le département.

Gérard Doury dirigea aussi La Maison blanche, à Cognac. Pendant un an. Un épisode sur lequel il préfère ne pas s'attarder mais qui laisse deviner que la tolérance à l'égard des homosexuels n'était pas érigée au même rang dans la Charente intérieure.

Les gays ne surjouent plus

Car Gérard a un credo : « Un concept de boîtes sans ghetto, dans lesquels les gays s'affichent et ne sont ni moqués, ni critiqués. »

« On veut accueillir des gens qui nous ressemblent », dit encore le patron, qui s'est marié en 2007. Ancienne employée au siège du Crédit agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres, à Saintes, Delphine Doury meublait ses nuits le week-end à La Cage. « Je compte beaucoup d'amis gays. À La Cage, tout le monde s'amusait, en liberté », se souvient-elle.

À rebours des idées reçues, les codes de la nuit ont changé depuis une dizaine d'années. « Les gays ont investi toutes les couches de la société », assure le gérant, qui y voit le corollaire d'une « meilleure intégration ».

Conséquence : alors qu'ils avaient tendance, auparavant, à s'extérioriser en se retrouvant, à surjouer, le comportement des gays s'est standardisé. À l'image d'un couple lambda, les homos se tiennent par la main au Folie's et s'échangent des baisers.

Airs libertaires

Le tout dans une atmosphère libertaire qui détonne par rapport à une boîte classique. Ici, il n'est en effet pas rare que garçons ou filles se trémoussent en sous-vêtements sur l'un des deux podiums installés. « Discrétion, liberté et respect de l'autre » sont élevés au rang de valeur par le gérant. « Les strip-tease sont des jeux, il n'y a pas de connotation, surtout quand ils mettent en scène gays et homos », certifie Gérard Doury.

Une mixité sexuelle qui n'est d'ailleurs pas du goût de tous les homos, certains reprochant aux établissements gay-friendly d'accueillir une proportion croissante d'hétéros.

Les hétéros majoritaires ?

Cyril n'est pas de leur avis. Figure du milieu gay à Saintes et Bordeaux, le facétieux trentenaire jamais à court d'un bon mot se réjouit de disposer « d'une boîte dans une ville de cette taille. Il faut arrêter les établissements uniquement pour homos, affirme-t-il. Les gens qui viennent ici savent où ils mettent les pieds. »

Car si les homos affluent depuis une cinquantaine de kilomètres à la ronde, les hétéros sont issus majoritairement de Saintes et des environs. Attirés par le bouche à oreille. « Il a fallu qu'ils surmontent certains clichés, se souvient Gérard. Ainsi, au début, ils croient qu'ils vont se faire sauter dessus, draguer, voire tripoter ». « Les garçons plus que les filles », corrige Delphine.

Ironie du succès, les hétéros sont en passe de devenir majoritaires. Si la clientèle se répartit à 50 % le samedi, ils sont plus nombreux les vendredis et dimanches

Le Folie's  8 Route De St Jean D'angély - Fontcouverte 17100 Saintes
Infoline et Réservation : 05.46.91.34.67

Le FOLIE'S : club privé "Friendly"
Agréable patio. Ambiance survoltée tous les week-ends.
Ouvert les vendredis, samedis et veilles de fête, de 23h30 à 7h00, ainsi que les dimanches de 23h00 à 4h00.
Grand parking. Situé juste à la sortie de Saintes en direction de St Jean d'Angély.

Le militaire gay Bradley Manning, un héros de paix?

Son portrait a fait le tour des Etats-Unis. Bradley Manning, militaire gay opposé à la loi «Don't ask don't tell», est actuellement en prison pour avoir divulgué des documents secret-défense.

Pour certains, Bradley Manning est un militant homosexuel révolté. Pour d'autres, l'auteur présumé des fuites du site Wikileaks est un héros du pacifisme, qui a exposé la face noire des guerres en Irak et en Afghanistan. Son portrait a fait le tour des Etats-Unis.

S'il s'avère qu'il a bien divulgué ces milliers de documents confidentiels, le première classe «pourrait s'être identifié aux peuples d'Irak et d'Afghanistan qui ont souffert de la politique guerrière du gouvernement» américain, déclare à l'AFP Jeff Paterson, membre dirigeant de son comité de soutien.

«En partie, ajoute le pacifiste, car il ressent lui-même les mêmes choses, en tant que membre d'une minorité injustement traitée au sein de l'armée américaine et de la société américaine en général».

Opposé au «Don't ask, don't tell»
Après une enfance passée à subir les quolibets de ses camarades, en raison de son côté «intello» et de son homosexualité, Bradley Manning rejoint les rangs de l'armée en 2007.

Recruté en tant qu'analyste de renseignement, ce natif de l'Oklahoma (sud) cherche un nouveau départ dans la vie, ont raconté des connaissances au New York Times, qui publiait ce week-end une enquête fouillée sur lui.

Mais très vite, le première classe a découvert la rudesse des règles du Pentagone, en particulier la loi «Don't ask, don't tell» (ne rien demander, ne rien dire), qui oblige les homosexuels à taire leur orientation sexuelle, sous peine de devoir quitter l'armée.

Fuite d'un document top-secret
«Il s'opposait ouvertement à la loi “Don't ask, don't tell” et en parlait ouvertement à ses amis», poursuit Jeff Paterson, dont l'association coordonne la défense du soldat qui a été arrêté en mai sur sa base militaire des environs de Bagdad, puis transféré en juillet dans une prison américaine.

Les autorités de Washington l'accusent d'avoir remis au site internet Wikileaks la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak.

Rendue publique en avril, elle montre le raid dans la capitale irakienne d'un hélicoptère américain au cours duquel ont été tués deux employés de l'agence de presse Reuters et plusieurs autres personnes.

Depuis deux semaines, le jeune homme de 22 ans est également le principal suspect dans l'affaire des milliers de documents confidentiels portant sur les guerres en Irak et en Afghanistan et publiés sur Wikileaks.

Un geste de «désespoir»?
Pour certains de ses proches interrogés par le prestigieux quotidien new-yorkais, un tel coup d'éclat pourrait avoir été motivé par «son désespoir à se faire accepter».

Son ressentiment à l'égard du traitement imposé par l'armée aux homosexuels aurait été démultiplié après avoir rencontré son petit ami, peu de temps avant de partir en Irak. Amoureux, entouré de gens ouverts, «il avait trouvé une ambiance qui était à l'opposé de l'armée», écrit le New York Times, citant des amis du soldat.

M. Paterson met en garde: s'il s'avère qu'il est bien l'auteur des fuites, «il est difficile de croire qu'il l'ait fait pour toute autre raison que d'exposer les réalités de la guerre».

«Héros» pacifiste
Et sur internet, Bradley Manning est carrément élevé au rang de «héros» du mouvement pacifiste américain.

Le site antiwar.com dénonce ainsi la «campage de diffamation» menée, selon ses auteurs, par le gouvernement américain afin de «détourner l'attention» du contenu des fuites et ne pas «débattre du sens de l'occupation de l'Afghanistan».

Cette campagne, estime le site, vise à «discréditer un jeune homme très courageux et idéaliste» qui a participé au «réveil» du peuple américain.

S'il est reconnu coupable, le jeune homme risque plus de 50 ans derrière les barreaux.

Un jeune de 18 ans condamné à mort en Iran pour «homosexualité»

Hillary Clinton s'est dite «inquiète» de la condamnation à mort du jeune iranien Ebrahim Hamidi, accusé à tort d'homosexualité et qui risque une exécution imminente. Une pétition est ouverte en ligne.

Mohammad Mostafaei, l'avocat du jeune homme, à Oslo (Norvège) le 8 août.

Un jeune iranien de 18 ans risque actuellement d'être pendu après avoir été accusé – apparemment à tort – d'homosexualité. Ebrahim Hamidi a été condamné le 21 juin dernier à Tabriz, dans le Nord-ouest de l’Iran, à la peine capitale pour homosexualité et acte de sodomie. Et ce sans preuve, sur la base de «la connaissance du juge», une faille juridique du système iranien, basée sur un seul témoignage, retiré depuis, dans le cadre d'une banale dispute entre deux familles.

C'est le quotidien britannique The Guardian qui a révélé ce drame dans son édition du 8 août. Les cas de condamnations à mort en Iran sont difficiles à vérifier et sont rarement connus à l'étranger, mais cette fois l'avocat du condamné n'est autre que Mohammad Mostafael (photo), qui a dû fuir vers la Norvège après l'arrestation de sa femme, il y a deux semaines.

Hillary Clinton «inquiète»
L'émotion a gagné les Etats-Unis, où la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a publié mardi un communiqué afin d'exprimer son inquiétude. «Nous sommes inquiets par les informations rapportant qu'Ebrahim Hamidi, un homme de 18 ans accusé d'homosexualité risque une exécution imminente même s'il n'a actuellement pas d'avocat», a dit Mme Clinton.

Selon Mme Clinton, cette affaire, ainsi que celle de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une femme condamnée à mort par lapidation pour adultère (défendue par le même avocat, une affaire assez médiatisée qui a d'ailleurs entraîné les menaces contre M. Mostafaei), n'a été traitée avec «la transparence et le droit à un procès équitable gravés au sein même de la constitution iranienne».

Pétition en ligne
A Londres, le militant Peter Tatchell tente de mobiliser la diplomatie britannique. «Le cas d'Ebrahim est la preuve que des hétérosexuels innocents peuvent être condamnés à mort sur des accusations factices d'homosexualité» en Iran, a-t-il déclaré.

Dans ce pays, une personne accusée de sodomie peut être condamnée à des coups de fouet, à la pendaison ou à la lapidation à mort. La loi prévoit diverses sanctions, telles que 99 coups de fouet si deux hommes dorment dans le même lit, sans être de la même famille et «sans y être contraints», même s'ils n'ont pas eu de rapports sexuels. Et un garçon violé par un homme peut également être fouetté si la cour décide qu'il a «aimé» cela.

Une pétition en ligne est ouverte pour tenter d'empêcher l'exécution d'Ebrahim Hamidi.

Le ministre allemand gay renonce à emmener son conjoint en terre homophobe

Guido Westerwelle, le premier chef de la diplomatie ouvertement homosexuel, explique ne pas vouloir être contre-productif en présentant son partenaire à des chefs d'Etats homophobes.

Guido Westerwelle (à droite), au côté de son compagnon Michael Mronz,
lors d'une visite officiel au Japon le 14 janvier 2010.

Homosexuel déclaré, le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle dit dans une interview à paraître jeudi renoncer à emmener son compagnon de longue date dans des pays où l'homosexualité est punie par la loi.

«Nous voulons encourager l'idée de la tolérance dans le monde. Nous ne voulons pas parvenir au résultat inverse en nous comportant de manière irréfléchie», a déclaré le ministre et chef du parti libéral FDP dans la dernière édition du magazine Bunte. Il a rappelé que dans sept Etats, les homosexuels risquaient la peine de mort: Iran, Yemen, Mauritanie, Somalie, Nigeria, Soudan et Arabie saoudite.

Mais M. Westerwelle estime ne pas être pour autant entravé par son orientation sexuelle. «Il s'est avéré que les craintes (à ce sujet) étaient infondées», a-t-il dit.

Sans son conjoint en Turquie et dans le Golfe
En janvier, M. Westerwelle a voyagé sans son compagnon Michael Mronz lors d'une tournée en Turquie, et dans plusieurs Etats du Golfe, dont l'Arabie saoudite. Des militants des droits de l'homme lui avaient demandé d'évoquer la répression des homosexuels dans le royaume wahabite, où prévaut une interprétation de la charia (loi islamique) qui fait encourir la peine de mort aux homosexuels. En revanche, M. Mronz a accompagné le ministre au Japon, en Chine ou en Amérique latine.

Avocat de formation, Guido Westerwelle est le premier chef de la diplomatie en Europe ouvertement homosexuel. Il avait fait son coming out en 2004 à l'occasion d'un banquet pour les 50 ans d'Angela Merkel, qui n'était alors pas encore chancelière.

Lui et son compagnon portent chacun un anneau doré à l'annulaire gauche, bien qu'ils n'aient pas conclu de partenariat de vie civile, un contrat possible en Allemagne.

Mariage des homos en Californie: et si les antigays avaient déjà perdu?

C'est un scénario qui ne paraît pas si absurde. Arnold Schwarzenegger ne souhaite pas faire appel pour défendre la Prop 8. Ceux qui le veulent seront-ils donc légitimes à le faire? Tentative d'explication, alors qu'on attend jeudi une décision capitale.

«Notre Administration estime que l'intérêt public est de permettre au jugement de la cour de prendre effet, et donc de restaurer les droits des couples de même sexe en Californie. Procéder ainsi est en cohérence avec la longue histoire de la Californie qui est de traiter chaque citoyen, ainsi que leur conjoint, à égalité de dignité et de respect. (…) 18.000 mariages de couples homosexuels ont été célébrés (entre mai et novembre 2008), sans que cela n'entraîne le moindre préjudice pour notre Etat.»

Cette déclaration, publiée par les avocats du gouverneur de Californie en son nom, est claire: non seulement Arnold Schwarzenegger accepte la décision du juge fédéral d'abroger la proposition 8 (lire article), mais il fait un pas en avant, en proposant à la justice de reprendre immédiatement la distribution de «marriage licences».

Reprendre ou ne pas reprendre, là est la question
En attendant le jugement d'appel, faut-il maintenir la proposition 8 ou appliquer son interdiction? Telle est la question sur toutes les lèvres depuis le jugement historique de la cour fédérale de Californie, selon laquelle la «Prop 8» qui empêche depuis 2008 les couples gays et lesbiens de se marier est anticonstitutionnelle (lire article).

Théoriquement, les mariages pourraient donc reprendre. Mais les opposants au mariage des homos, qui ont fait appel de cette décision (lire article), ont aussi prévenu que reprendre les unions aboutirait à un «chaos juridique» si la cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit, ou la Cour suprême du pays, annulait la décision du juge Walker. On ne sait pas encore quand le juge dira s'il permet ou non de reprendre les mariages homos en l'attente du procès en appel.

Qui plaidera en appel?
Mais la question du mariage homo en Californie, à la lumière de la déclaration du gouverneur Schwarzenegger déjà citée, révèle une situation juridique pour le moins inhabituelle. En effet, en temps normal, c'est la partie à qui la justice donne un ordre (en l'occurrence, l'Etat de Californie) qui réclame un sursis (le gel des mariages). Ici, la partie concernée accepte d'obtempérer, et seuls les groupes antigays veulent ne pas reprendre les célébrations.

Plus fort encore, cette question: mais qui va plaider contre le mariage des homos en appel? D'ordinaire, le gouverneur et son ministre de la Justice sont censés défendre les lois qui sont mises en cause, quelles que soient leurs opinions personnelles. Mais il semble que Schwarzenegger et son ministre, Jerry Brown, refusent de participer au nouveau procès contre la décision du juge, même s'ils sont tous deux nommés comme «défenseurs». Les seuls à plaider pourraient donc être les défenseurs de la proposition 8, une coalition de groupes conservateurs et religieux connue sous le nom de «Protect marriage».

Une situation juridique inédite
Et si le gouverneur en tant que défenseur ne faisait pas appel (comme ça devrait donc être le cas), une partie («Protect marriage») à laquelle on n'a rien demandé en première instance serait-elle qualifiée pour le faire? Les cours fédérales ne peuvent auditer un dossier que lorsqu'il y a «matière à controverse», avec un réel préjudice, et non une simple dispute idéologique. Clairement: il n'est pas dit que les défenseurs de la proposition 8 aient le pouvoir de faire appel.

C'est en tout cas ce que suggèrent les analystes juridiques cité par le site américain Towleroad, qui sert notamment de source à cette tentative d'éclaircissement. Mais tout ceci n'est que conjectures: on voit que dans cette situation inédite, dans un système judiciaire américain particulièrement complexe, beaucoup reste encore à trancher. Seul l'avenir dira si la bataille du mariage en Californie s'arrête là ou s'il elle continue encore plusieurs années.

Stupeur au Vatican: un théologien fait son coming out... il est viré

Le théologien catholique allemand David Berger s'est déclaré gay et a osé demander une révision de la position de l'Eglise sur l’homosexualité. Désormais, même les laïcs sont traqués pour homosexualité, analyse la revue «Golias».

Agé de 42 ans, le théologien catholique David Berger, un laïc allemand, très brillant, héritier d’une ligne romaine classique, et responsable de la revue Theologisches, vient d’être exclu de ses fonctions auprès de l’Académie Pontificale de Saint Thomas d’Aquin, pour avoir révélé son homosexualité.

David Berger s’est publiquement déclaré homosexuel depuis avril de cette année. En outre, il a osé prendre position contre la radicalisation récente de la position de l'Eglise sur la question. Mgr Luis Clavell, Président de l’Académie et membre de l’Opus Dei (au sein de laquelle il passe cependant pour modéré!) a révoqué la mission du Professeur Berger.

Grillé sur Facebook
Dans le Frankfurter Rundschau, en avril dernier, il s’était exprimé en ces termes: «Je ne puis plus me taire plus longtemps.» Il dénonçait l’attitude «bigote et hypocrite» de l'Eglise. Il demandait, au nom même de la tradition théologique, une révision de la position sur l’homosexualité. Dans le pur style du thomisme, qui valorise la nature et ses appétits: la grâce perfectionne la nature mais ne la détruit pas. Une position à rebours de l'augustinisme vertical et pessimiste de Joseph Ratzinger exaltant ce qui est de Dieu l'opposant à l'œuvre de l'homme.

C’est Facebook qui aurait au départ «grillé» David Berger, puisque de nombreux gays figuraient sur son profil. Les déboires du jeune théologien montrent aussi que, désormais, les laïcs eux-mêmes pourront être traqués pour cause de gaytitude et non pas simplement les séminaristes, prêtres et religieux. La grande purge est commencée. Cette affaire pourrait avoir une grande résonance et des suites.

Zimbabwe: vingt jeunes filles arrêtées pour soupçons d’homosexualité

Sans qu'on ne sache trop si elles sont lesbiennes ou victime d'une vengeance entre élèves, ces jeunes filles doivent comparaître prochainement.

Au Zimbabwe, la délation à l'école est prise très au sérieux quand il s'agit d'homosexualité. Vingt jeunes filles, âgées de 14 à 16 ans, ont été arrêtées après qu'une de leurs camarades les a accusées d'avoir des relations homosexuelles.

L'incident a eu lieu le jeudi 29 juillet, dans un lycée pour filles de Bulawayo, la deuxième ville du pays. La police a emmené les élèves incriminées au commissariat, où elles auraient été interrogées toute la journée. Pour l'association des Gays et lesbiennes du Zimbabwe (GALZ), il s'agit là d’une violation des droits de l’enfant.

Conséquences psychologiques
«Quand des enfants passent neuf heures à être interrogés par la police, il est probable que cela ait des conséquences psychologiques et que cela affecte leur droit à l’éducation. Ces jeunes filles, après avoir été ainsi exposées, seront victimes de moqueries et de stigmatisation de la part des autres étudiantes», a commenté Samuel Matsikure, responsable du programme Santé de cette association.

A la suite des arrestations, le directeur provincial de l'éducation, Dan Moyo, a quant à lui condamné l’homosexualité comme «une pratique inacceptable», ajoutant qu'il ne sait «pas si les accusations sont fondées ou relèvent d'une vengeance entre élèves». Les étudiantes doivent comparaître prochainement devant un tribunal.

La loi zimbabwéenne ne prévoit pas de sanction à l'égard de l'homosexualité féminine, mais considère la sodomie comme un délit passible de trois ans de prison.

Une «académie antigay» suscite l’émoi près de Chicago

REPORTAGE. Une association pro-famille vient d'organiser un séminaire pour sensibiliser aux dangers de la «propagande homosexuelle». Devant les lieux, une contre-manif entendait lutter contre la bigoterie homophobe...

De notre envoyé spécial à Arlington Heights (Etats-Unis)


 

Population plus blanche qu'un cachet d'aspirine, haies bien taillées, pelouses nickel, églises omniprésentes: Arlington Heights, dans l'Illinois, respire le conservatisme. Dans ce contexte, lorsqu'une centaine de queers débarque drapeaux rainbow à la main dans les rues calmes de cette ville pavillonnaire de la banlieue de Chicago, forcement, ça se remarque.

Plusieurs associations LGBT de la région s'étaient donné rendez-vous, jeudi, devant une école catholique locale pour protester contre la tenue au même moment, derrière les portes bien gardées du bâtiment, d’un seminaire un peu particulier. La «Truth Academy» (ou «Académie de la Vérité») vise à sensibiliser des militants antigays de tout poil (profamille, ex-gays, religieux conservateurs) à «la désinformation pratiquée par les homosexuels», suspectés de vouloir imposer en douce leurs mœurs diaboliques au reste du pays, en particulier à sa population chrétienne. «De la même manière que les homosexuels s’organisent, forment des coalitions ou des groupes de travail pour défendre leurs droits, nous nous organisons aussi, affirme Peter LaBarbera, le président de l’association conservatrice «American Families for Truth about Homosexuality» (AFTAH), organisatrice de l’événement. Nous voulons défendre nos idées avec la même force que les homosexuels défendent les leurs.»

«De la gay pride à la tyrannie gay»
Fondée en 1996, AFTAH se décrit sur son site comme un «groupe rare» décidé à «défendre la cellule familiale et la sexualité telles que voulues par Dieu» au moment où les LGBT américains remportent des victoires politiques importantes, de Prop 8 en Californie à l'abrogation de «Don’t Ask Don't Tell». L'association figure depuis peu sur la liste des groupes prêcheurs de haine («hate groups») de la Southern Poverty Law Center, une association qui observe et lutte contre toute forme de haine aux Etats-Unis.

Le programme de la «Truth Academy» a été dévoilé en juillet dernier, provoquant l’émoi des associations LGBT. Jeudi matin, le séminaire commençait fort avec une discussion au thème évocateur: «De gay pride à tyrannie gay». Puis, Cliff Kincaid, journaliste connu pour son soutien à la loi anti-gay en Ouganda (lire article), évoquait «le parti pris des médias traditionnels en faveur des homosexuels». De retour de la pause déjeuner, le président des Jeunes conservateurs de Californie prouvait que naître gay était une vaste fumisterie tandis que le fondateur de l’association des ex-gays juifs se demandait si les homosexuels pouvaient guérir de leurs penchants sexuels. D’autres discussions étaient prévues le lendemain.

«Nous devons dénoncer la bigoterie antigay»
L'association prend soin de préciser sur son site que les militants progays ne sont pas les bienvenus au séminaire, mais que des réductions sont offertes aux couples mariés et aux moins de 25 ans. «Je n'ai pas de mots assez durs pour condamner ce qu’ils font, commente Tessa Hughes, une des manifestantes présentes jeudi. C'est incroyable que ce genre de choses existe en 2010.»

«Nous ne pouvons pas attendre qu'on nous donne nos droits. Nous devons être agressifs pour dénoncer la bigoterie antigay, que se soit à Chicago ou en France, souligne Andy Thayer, directeur de «Gay Liberation Network», le collectif qui a coordonné la manifestation. C'est comme ça que nous gagnerons le combat.» «Je comprends leur indignation, concède pour sa part le pasteur John Kirkwood, qui participait au séminaire. Je veux leur dire que je les aime, que Dieu les aime mais qu'il y a un meilleur chemin que l’homosexualité.»

Menaces homophobes contre le probable futur Premier ministre belge

Un courrier menacerait directement Elio Di Rupo, le socialiste wallon ouvertement gay, qui est considéré comme le probable prochain Premier ministre du royaume. Mais sa formulation laisse planer des doutes sur son expéditeur...

La chaîne d'information flamande VTM a révélé le 6 août avoir reçu une lettre de menace visant Elio Di Rupo, le probable futur Premier ministre belge. Le courrier débute par les mots «Au nom d'Allah» et se poursuit en affirmant que «dans un pays musulman comme la Belgique, un homosexuel ne peut en aucun cas devenir premier ministre».

La menace a immédiatement été prise au sérieux par le ministère de l'Intérieur. Il faut dire que Elio Di Rupo est une personnalité de premier plan. Président du Parti socialiste depuis 1999, il avait été chargé par le roi d'une mission de préformation du prochain gouvernement, alors que la Belgique est plongée dans une crise institutionnelle qui semble inextricable. 

Ouvertement gay
Les socialistes étant arrivés premiers lors des élections parlementaires de juin dernier, il est considéré comme ayant le plus de chance d'être le prochain Premier ministre. Ce qui en ferait le deuxième chef de gouvernement ouvertement homosexuel du monde, après Johanna Sigurdardottir en Islande.

En 2001, il avait été premier homme politique belge à faire son coming out. Il avait révélé son homosexualité à un magazine flamand, en espérant que cela ne nuirait pas à sa carrière. L'annonce n'a eu finalement que peu d'impact, dans un pays où la vie privée des politiques intéresse très peu.

Pas de protection spécifique
Au final, plus de peur que de mal, puisque après étude de la lettre, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace a annoncé qu'il ne fournirait pas à Elio Di Rupo de protection particulière. L'intéressé n'en avait d’ailleurs pas demandé. Les menaces ne sont en effet pas considérées comme très crédibles, et il pourrait très bien ne s'agir que d'une mauvaise plaisanterie. Le journal Le Soir assurait d'ailleurs lundi que ce n'était pas la première fois qu’une personnalité belge était ainsi menacée. Et le quotidien de conclure que généralement «les chiens qui aboient ne sont pas ceux qui mordent».

MISE A JOUR : Précision
Comme nous le signale un lecteur sur la page Facebook de TÊTU, la traduction de la lettre relayée par la presse francophone belge est imprécise. Le courrier parle en fait de la Belgique comme «futur pays musulman» et non pas comme «pays musulman». Cette formulation semble se rapprocher très fortement du discours islamophobe de l'extrême droite flamande. Un intitulé un peu gros qui pointerait donc vers la thèse d'un faux courrier, destiné avant tout à diviser l'opinion.

 

Louis Nicollin va diffuser le clip contre l'homophobie dans le stade de Montpellier

Plus connu pour ses saillies pas très fines, le président de l'équipe de foot montpelliéraine change son fusil d'épaule et s'engage contre l'homophobie dans l'univers du football


Louis Nicollin et Pascal Brethes, président du Paris Foot Gay, lors de la signature de la Charte. (Photo DR)

On n'osait à peine y croire à l'annonce de la nouvelle, en mai dernier. Mais c'est confirmé: Louis Nicollin, le président du club de Montpellier, a bien signé la Charte contre l'homophobie le 21 juin dernier. Le Paris Foot Gay a confirmé l'information en annonçant un autre geste fort: le clip vidéo contre l'homophobie dans les stade sera diffusé avant le match qui opposera dimanche les Montpelliérains aux Girondins de Bordeaux. Une date très solennelle, puisque cette rencontre sera la tout première de la nouvelle saison du championnat de Ligue 1.

Cinq clubs signataires
En devenant le cinquième président d'un club de Ligue 1 signataire de la Charte, Louis Nicollin a surpris son monde. Car le bouillant «Loulou» était plutôt connu pour sa gouaille pas toujours bien inspirée, voire homophobe, traitant par exemple le capitaine d'Auxerre de «petite tarlouze» l'an dernier. Et quand la presse lui demande en 2009 s'il compte diffuser le clip contre l'homophobie, l'idée lui inspire à l'époque surtout des sarcasmes. «Après, ce sera quoi, les femmes battues? Je préférerais montrer des filles à poil. Il n'y a qu'un truc contre lequel je me battrais, c'est le racisme» déclarait-il à Aujourd'hui Sport.

Louis Nicollin a semble-t-il rangé sa hiérarchie des discriminations, et c'est un beau geste. Reste à savoir qui rejoindra Montpellier, le PSG, Nice, Auxerre et Saint-Etienne dans le club encore très confidentiel des équipes qui s'engagent contre l'homophobie.

«On ne mérite pas de vivre la peur au ventre»

Jean-Luc et Michel ont déposé plainte sept fois à la gendarmerie pour divers incidents et insultes homophobes. Depuis douze ans, ils disent vivre un cauchemar dans leur village du sud de la France. Ils souhaitent déménager.

«On est écœurés» lâchent Jean-Luc et Michel. Et pour cause! Crachats, insultes, menaces de mort, pneus crevés, câbles de frein arrachés, le couple a tout eu. Mais cette fois, c'est trop! Il y a quelques jours, quelqu'un s'est attaqué, à coup de peinture, à la façade de leur maison (photos plus bas). Les deux hommes sont lassés. Pourtant depuis leur arrivée à La Palme (Aude), en 1998, Jean-Luc et Michel ont porté plainte à sept reprises à la gendarmerie du coin, sans succès.

«Le côté presque banal de la chose a d'ailleurs fini par faire que nous ne sommes plus allés à chaque fois chez les gendarmes, sachant qu'aucune suite ne serait donnée. Nous ne sommes ressortis avec un PV qu'une seule fois et nous n'avons jamais eu de nouvelles de cette plainte ni des autres, sûrement passées à la trappe. Nous avons toujours eu l'impression que les gendarmes prenaient ça à la légère. Mais cette fois-ci, il semblerait qu'ils aient enfin décidé de se bouger.»

«La peur au ventre»
En couple depuis seize ans, les deux quadragénaires ont jusque-là choisi de faire front: hors de question de se laisser impressionner et de déménager. Mais aujourd'hui ils hésitent de plus en plus. «Bien sûr que partir c'est donner raison aux gens qui nous font ça… mais notre vie compte aussi et il nous paraît désormais impossible de vivre dans ce village», avoue Jean-Luc, avant d'ajouter: «Quand je travaille et que Michel est seul à la maison, j'avoue que j'angoisse pour lui. Je ne suis jamais tranquille. Je crois qu'on ne mérite pas de vivre avec la peur au ventre.»

Un élan de soutien
Grâce à la parution d'un article dans le quotidien régional L'Indépendant, les deux hommes se sentent un peu plus soutenus. «Nous sommes constamment au téléphone ou sur internet pour répondre aux messages de soutien venus de partout. Certains nous proposent même de créer des associations ou des comités de défense des droits, du civisme, etc. Mais même si beaucoup de gens au village nous ont surpris par leurs témoignages de sympathie, nous n'avons plus la force de regarder ces gens qui nous ont ignorés pendant des années et qui se rendent compte seulement maintenant que ça craint.»

L'écrivain Michèle Causse a choisi de partir

Une praticienne de l'écriture lesbienne politique majeure s'en est allée hier, jeudi 29 juillet. Elle a choisi elle-même de partir. TÊTUE lui rend hommage en rappelant son œuvre.

Michèle CausseNée, sur les Causses du Lot, le 29 juillet 1936 à Martel, Michèle Causse vient de nous quitter, a annoncé la Coordination lesbienne en France. Elle a choisi elle-même de partir hier, 29 juillet, auprès de l'association Dignitas à Zurich et ses cendres seront ultérieurement dispersées dans le vieux cimetière de Montvalent, au-dessus de la Dordogne. Elle avait accepté de témoigner en faveur de la mort choisie dans une émission de la télévision suisse romande Temps présent qui sera diffusée à l'automne 2010 en Europe.

Monique Wittig fut sa première lectrice
Après avoir obtenu un diplôme de traductrice à l'Université de Paris (Sorbonne), Michèle Causse a enseigné brièvement en Tunisie, vécu dix ans à Rome où elle a étudié le chinois et écrit un essai sur la condition des caméristes-concubines-courtisanes dans les romans Ming (inédit). Rentrée en France, elle a écrit L'encontre dont Monique Wittig fut la première lectrice.

Elle a vécu pendant huit ans en Martinique et écrit, pour le compte du ministère des Droits des femmes, une étude sur la stratification ethno-sociale des femmes en Martinique, puis dans la même île, deux ouvrages, Lettres à Omphale, et (         ).

Elle a ensuite brièvement vécu à New York où elle a rencontré Djuna Barnes, Jill Johnston, Catherine Stimpson, Joan Nestlé, Kate Millett. En Floride, elle a séjourné pendant un an dans la communauté de Barbara Deming où elle a pu côtoyer Sonia Johnson (ex-candidate à la présidence des USA).

Puis elle a émigré au Canada où elle a publié quatre de ses principaux ouvrages. Rentrée en France, elle a publié Contre le sexage (Balland, 2003).

Une praticienne lesbienne politique de l'écriture
Michèle Causse a contribué à faire connaître la culture lesbienne mondiale en traduisant de l'anglais et de l'italien une trentaine de romans (Melville, Gertrude Stein, Djuna Barnes, Mary Daly, Silone, Pavese, Natalia Ginzburg, Alice Ceresa, Luigi Malerba, etc.).

Elle a été professeure invitée à Rome (chaire d'éducation des adultes), consultante à l'Unesco (département d'alphabétisation, où elle a utilisé la méthodologie créée par Alice Ceresa "l'Unité de bibliothèque"), professeure invitée à Montréal à l'Université Concordia.»

Mais surtout en praticienne lesbienne politique de l'écriture, elle a écrit une œuvre prolifique, des essais, des fictions, des nouvelles et poèmes, où elle élabore une lecture et critique radicales du monde patriarcal ou phallogocentrisme:

«Comment mon texte peut-il entrer dans votre contexte?» demandent de plus en plus nombreuses certaines  «je» mauvais sujets. (...) nous c'est-à-dire cette pluralité de «je» radicales actives dans la négation du «on» (homme) qui nous régit et veut nous nier.»

Meurtre de Metz: information ouverte pour meurtre aggravé

Les éléments à charge s’accumulent contre le jeune marginal de 24 ans mis en examen, hier à Metz, à la suite du meurtre épouvantable perpétré contre un retraité gay de 72 ans.

Lorsque les policiers ont réussi à interpeller Stéphane B., mardi 27 juillet à Metz (lire article), ils ont pu effectuer des comparaisons avec les traces trouvées dans l’appartement du retraité gay, dont le corps a été retrouvé dimanche. Son ADN a été identifié sur les lieux du crime. Les voisins l'ont également reconnu formellement.

Malgré ces éléments à charge, le jeune homme a commencé par nier être pour quoi que ce soit dans le meurtre de Pierre-Edouard Gauthier, assurant être employé de manière occasionnelle par la victime pour effectuer des tâches ménagères dans l’appartement.

Aveux partiels
Puis il a effectué des aveux partiels. Stéphane Breuer est un marginal connu pour errer, souvent torse nu, dans le centre ville de Metz. Son casier judiciaire comporte de nombreuses condamnations pour dégradations et vols avec violence. Il est décrit comme «émotionnellement instable et capable de facilement péter les plombs».

Le juge d’instruction à qui il a été présenté jeudi l’a mis en examen pour meurtre précédé, accompagné ou suivi de viol. Cette qualification juridique recouvre des sévices perpétrés avec pénétration, l’objet étant une bouteille. Pour sa défense, le meurtrier présumé a assuré que la victime lui avait fait subir des violences sexuelles, et qu’il l’avait alors repoussée violemment. A l’issue de sa mise en examen, le jeune marginal a été incarcéré.

Stéphane Breuer sera jugé par la cour d’assises de Moselle une fois l’instruction bouclée. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Traces de lutte
Le corps de Pierre-Edouard Gauthier a été retrouvé dimanche 25 juillet en position agenouillée, le visage enfoui dans le canapé du salon (lire article). La victime avait les mains ligotées dans le dos par un lacet, portait de nombreuses traces de violences sur le visage, sur le corps, et a subi de dégradants sévices sexuels.

L’autopsie a encore révélé que ce professeur de mathématique à la retraite, proche du maire de Paris, Bertrand Delanoë, a été étranglé avec un lacet, la mort remontant à vendredi soir ou samedi matin. Son appartement de la place Valladier, à Metz, présentait des traces de lutte et de sang.

Les voisins n’auraient rien entendu, mais ont vu entrer et sortir de l’appartement un jeune homme blond, de taille moyenne, dans les heures correspondant à celles du décès de la victime. Il ne s’agissait pas du garçon avec qui Pierre-Edouard Gauthier vivait depuis quelque temps, mais d’un autre jeune homme, filmé durant le même laps de temps par la caméra de surveillance d’un distributeur automatique du quartier de Pontiffroy, à Metz, en train de retirer 60 euros avec la carte bleue de la victime.

Inquiétudes pour les trans en prison

Un «avis» du contrôleur général des prisons pointe la situation préoccupante des trans en milieu carcéral, discriminés et privés de soins médicaux. L'administration pénitentiaire s'en défend.

Un article des Inrocks faisait état en février dernier des discriminations et violences subies par les personnes transsexuelles incarcérées. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Jean-Marie Delarue, tire la sonnette d’alarme dans un avis «relatif à la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérés» paru le 25 juillet au Journal officiel.

François Bès, de l’Observatoire international des prisons (OIP), salue la démarche: «C’est, à ma connaissance, la seule autorité qui se soit intéressée au problème à ce jour, à cause du petit nombre de détenus transsexuels (une dizaine actuellement en France, selon ses estimations, ndlr), et du rejet ou désintérêt de la société en général.»

Difficultés d'accès aux soins
Saisi par plusieurs détenus transsexuels, le contrôleur des prisons constate dans cet avis le manque d’«information précise relative aux modalités de leur prise en charge médicale», les difficultés d’«accès à l’offre de soins existant hors des établissements pénitentiaires en la matière» ainsi que «l’absence de principes directeurs»: «Chaque chef d’établissement pénitentiaire apprécie, au cas par cas, les mesures à mettre en oeuvre: port de vêtements féminins autorisé ou non, possibilité de cantiner (ndlr: acheter) des produits de beauté, affectation en détention normale ou placement à l’isolement…»

S'appuyant sur la législation existante et la jurisprudence, le CGLPL réaffirme le droit des détenus transsexuels à accéder aux traitements hormonaux et chirurgicaux nécessaires à leur conversion vers l’autre sexe.

Brimades et violences
La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, dans son article 46, établit ainsi que «la qualité et la continuité des soins sont garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont bénéficie l’ensemble de la population»: «En se basant sur des aspects légaux, il traite les transsexuels comme des personnes comme les autres, avec le même droit au respect et à la dignité», se réjouit François Bès.

L’avis insiste également sur la nécessaire modification d’état civil dès lors que la conversion (avec ou sans ablation des organes génitaux) est réalisée. Affectés dans des prisons pour hommes ou femmes, qui ne correspondent pas au sexe désiré, les détenus transsexuels ne s’intègrent pas et sont victimes de brimades et violences. Changer d’état civil peut prendre jusqu’à trois ans. Delarue suggère donc: «L'article D. 248 du code de procédure pénale pourrait alors être modifié comme suit: «Les hommes et les femmes sont incarcérés dans des établissements distincts, sauf autorisation motivée par des circonstances exceptionnelles.»

Intégrité physique
Enfin, il préconise de veiller à l'intégrité physique des trans: «Sans que cela conduise nécessairement à son placement à l’isolement, et que celle-ci ne subisse de pressions ou de brimades d’aucune sorte ni d’aucune autre personne du fait de son projet.»

Au nom du droit à l’intimité et à la vie privée, il estime que «dans l’enceinte de sa cellule, la personne concernée [doit pouvoir] porter des vêtements et utiliser des produits d’hygiène et de beauté en adéquation avec le sexe désiré. Par conséquent, elle doit être en mesure de cantiner de tels biens et produits.»

«Un avis global auquel se référer»
Depuis la création du CGLPL en 2007, seuls trois « avis » (sur le courrier, les biens des détenus, puis les trans) ont été rendus publics. Contrairement aux « recommandations » découlant d’une visite, ils portent sur des questions transversales. François Bès se félicite de cette parution: «On a enfin un avis global, auquel pourront se référer les associations pour faire évoluer la situation des personnes transsexuelles incarcérées qu’elles soutiennent.»

Selon lui, le CGLP est «une autorité qui en impose». Pourtant, l’absence de pouvoir contraignant des «avis» et «recommandations» formulés par le contrôleur avait alimenté les critiques lors de sa création. Jean-Marie Delarue se défend: «Après chaque visite, je saisis le ministère concerné, qui est tenu par la loi de m’adresser une réponse. Localement, l'administration pénitentiaire et la direction des établissements sont également très à l'écoute.»

Des retours qu’il liste dans son rapport annuel de 2009, au chapitre 5. Le premier «avis», portant sur le courrier des détenus, préconisait la mise en place de boites aux lettres dans les coursives pour que les détenus puissent poster eux même leur lettres, sans courir le risque d’être lus par les surveillants. «Cela n’a pas débouché sur une consigne générale de l’administration pénitentiaire, mais un certain nombre d’établissements ont pris sur eux de les installer.»

Bientôt au Struthof, une plaque à la mémoire des homos déportés

C'est une première. Les déportés pour motif d'homosexualité auront leur plaque commémorative dans le camp du Struthof, en Alsace. Les membres de l'association Les Oublié(e)s de la Mémoire se réjouissent.

Une vue du camp du Struthof aujourd'hui.

«À la mémoire des victimes de la barbarie nazie, déportées pour motif d'homosexualité», voilà ce qui figurera désormais sur le mur du Souvenir de l'ancien camp de concentration nazi de Natzweiler-Struthof, aux côtés des autres plaques commémoratives. L'aboutissement de plusieurs années de travail pour les membres de l'association Les Oublié(e)s de la Mémoire.

«Nous sommes forcément contents car cela fait près de 4 ans que nous travaillons sur ce projet. Pour la première fois l'ensemble des déportés homosexuels aura une reconnaissance dans la pierre, c'est un événement historique», nous confie Philippe Couillet, le président de l'association.
L'inauguration de cette plaque aura lieu le 25 septembre prochain, et sera ouverte à tous ceux qui souhaite participer.
 

A noter enfin que pour financer la cérémonie ainsi que la fabrication de la plaque commémorative, Les Oublié(e)s de la Mémoire font appel aux dons. Vous pouvez donc exprimer votre soutien à partir de 10 euros. Pour plus de renseignements, cliquez ici.

Droit d’asile: quatre pays retirés des «pays sûrs»

Petite bonne nouvelle pour les demandeurs d'asile provenant d'Arménie, de Madagascar, de Turquie et du Mali: leurs demandes ne seront plus jugées avec un a priori négatif, car ces pays ne sont plus jugés sans risques.

Les homosexuels en provenance d'Arménie, de Madagascar, de Turquie et du Mali ont désormais (un peu) plus de chances d’obtenir l'asile. Le 23 juillet, le Conseil d'État a en effet rayé ces pays de la liste des «pays sûrs» – pays que la France considère comme assurant le «respect des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi que des droits de l'homme et des libertés fondamentales».

Un soulagement pour les ressortissants de ces quatre pays, car «l'inscription d'un pays sur la liste accélère l’examen des demandes d’asile des personnes concernées (15 jours au lieu de 118 en moyenne) et autorise les préfets à les renvoyer dans leur pays, avant même une éventuelle décision en appel de la Cour nationale du droit d'asile sur leur demande», dénoncent dans un communiqué Amnesty International France, le Gisti, la Cimade, Acat-France et Association des avocats ELENA France, qui, avec d’autres associations, sont à l’origine de la décision du Conseil d’État.

Les pays «sûrs» ne le sont pas pour les LGBT
Mais c'est toute la notion de pays «sûr» que les associations souhaitent remettre en question. «Pour nous, chaque demande doit être vue au cas par cas, souligne Mathilde Chevalier, membre de la Commission LGBT d'Amnesty International France. La notion de "pays sûr" est totalement contraire aux conventions internationales qui régissent le droit d'asile.» D'autant que la liste est jugée discriminatoire, opaque et politiquement motivée.

En outre, les pays qui figurent toujours sur la liste… ne sont pas réellement «sûrs», notamment pour les LGBT. Le Bénin, le Ghana, le Sénégal et la Tanzanie pénalisent l'homosexualité, tandis qu'à Maurice la sodomie est interdite mais pas les relations amoureuses gays et lesbiennes (lire article). Dans les autres pays de la liste (la Bosnie-Herzégovine, le Cap-Vert, la Croatie, l'Inde, la Macédoine, la Mongolie, la Serbie, l'Ukraine), la prudence demeure la règle malgré l'absence de loi répressive…

Peut-on espérer que les États disposant d'une loi homophobe soient retirés de la liste? À l'Ofpra, l'office qui examine la situation des demandeurs d'asile, on nous explique qu'un tel projet n'est pas à l'ordre du jour.

Californie: la prop 8 qui empêche le mariage des homos est jugée «anticonstitutionnelle»

Renversement de situation: la cour fédérale de San Francisco vient de désavouer la «prop 8» adoptée par référendum en 2008. Une grande victoire pour les homos californiens, même si un appel est probable, et même assez dangereux.

C'est une décision qui relance de plus belle le combat pour le mariage des homos en Californie. La cour fédérale de San Francisco (photo) a en effet estimé mercredi que l'interdiction du mariage des couples de même sexe dans cet Etat, entérinée par référendum en 2008, était «anticonstitutionnelle», une victoire immense pour les défenseurs des droits des gays.

Huit mois de débats retentissants
Le juge Vaughn Walker a fait connaître sa décision huit mois après les premières audiences d'un procès retentissant, qui a opposé pendant plusieurs semaines défenseurs et opposants acharnés des unions gays. Retour sur les faits: la plainte avait été déposée par un couple de lesbiennes contestant la Proposition 8, dont l'adoption en novembre 2008 par 52% des Californiens avait annulé la décision de la Cour suprême de l'Etat, quelques mois plus tôt, d'autoriser les mariages des couples de même sexe en Californie.

La décision de la Cour suprême de Californie avait incité des milliers de couples gays et lesbiens à se passer la bague au doigt. Mais la «Prop 8» avait amendé la Constitution de l'Etat en statuant que «seul le mariage entre un homme et une femme est valide et reconnu par l'Etat de Californie». Les mariages déjà célébrés avaient cependant été validés.

Les opposants à la Proposition 8 affirmaient qu'elle est discriminatoire envers les homosexuels, et donc contraire à la Constitution américaine. Ses défenseurs faisaient valoir de leur côté que les électeurs californiens se sont exprimés et que rien ne devrait autoriser à remettre en cause leur décision.

Le procès à San Francisco a été l'occasion pour les parties de faire assaut d'arguments contradictoires, notamment sur la question de la procréation. Charles Cooper, l'un des avocats des défenseurs de la Proposition 8, avait notamment assuré que «le but de l'institution du mariage, son but essentiel, est de permettre la procréation, et de canaliser l'activité sexuelle procréative dans le cadre d'unions stables et durables».

Appel attendu
Ce à quoi une experte, Nancy Cott, avait répondu que des individus ayant passé l'âge d'avoir des enfants, de même que des femmes stériles, pouvaient se marier sans problème, ajoutant que personne n'avait jamais songé à refuser à George Washington, premier président des Etats-Unis, notoirement stérile, le droit de se marier.

Ce couple de lesbienne offre donc une grand victoire aux homos californiens, même si tout le monde s'attend à ce que la décision soit l'objet d'un appel, avant d'atterrir en bout de course sur le bureau de la Cour suprême des Etats-Unis. Une issue risquée, car une décision de la Cour suprême scellerait le sort des unions homosexuelles sur l'ensemble du territoire américain, sans possibilité de recours pour l'une ou l'autre des parties. Il s'agirait donc d'une sorte de va-tout juridique, et plusieurs associations LGBT avait lancé des mises en garde quand la procédure engagée par les deux femmes avait été connue. Malgré cette décision positive, la partie est donc loin d'être gagnée.

 

 

JUILLET

 

Metz: un retraité gay étranglé avec un lacet

Crime homophobe ou geste crapuleux? Le jeune homme qui habitait avec la victime est recherché pour être interrogé.

Le corps de Pierre-Edouard Gauthier, 72 ans, était en position agenouillée, le visage enfoui dans le canapé de son salon, lorsqu'il a été découvert dans son appartement du troisième étage d’un immeuble moderne, place Valladier à Metz. La victime avait les mains ligotées dans le dos par un lacet, et portait de nombreuses traces de violences sur le visage.

Le procureur de Metz n’a pas confirmé, «par respect pour la victime», si des sévices sexuels ont été perpétrés contre cet enseignant à la retraite, honorablement connu dans son paisible quartier de Pontiffroy, à Metz, où il vivait sans dissimuler son homosexualité.

Un ami de Bertrand Delanoë
Pierre-Edouard Gauthier avait exercé comme professeur de mathématique dans deux lycées de la ville, Fabert et Georges-de-la-Tour. Ce proche de Bertrand Delanoé était considéré comme «un monsieur sympathique, un homme calme, discret, qui avait toujours un mot gentil. On savait qu’il était homosexuel, mais c’est tout», témoigne une voisine qui le croisait de temps en temps quand il partait faire son footing.

Le corps de Pierre-Edouard Gauthier a été découvert dimanche 25 juillet à 13h30 par les pompiers, alertés par un ami inquiet de ne pas avoir de réponse depuis plusieurs heures. L’autopsie réalisée lundi a révélé que le septuagénaire est mort par strangulation, avec un lien. Un autre lacet, qui pourrait être l’arme du crime, a été retrouvé sur lui.

Son amant recherché
Son appartement présentait un désordre évident, avec des traces de lutte, et de sang. Les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse, crime crapuleux, ou geste homophobe. Ils s’efforcent de reconstituer l’emploi du temps du septuagénaire, qui serait décédé 36 à 48 heures avant la macabre découverte, selon les résultats de l’autopsie.

Pierre-Edouard Gauthier habitait semble-t-il avec un jeune homme, qui n’était pas présent dimanche et lundi dans la résidence. Les enquêteurs le recherchent activement pour l'interroger.

Cinéma lesbien cherche distributeur français

ENQUÊTE. En France, les films lesbiens restent plus difficilement distribués dans les salles obscures que les films gays. Pourquoi? Peu soutenus par les médias, ils souffriraient d'un casting d'inconnues et n'auraient pas suffisamment de public...Têtue s'est penchée sur la question.

The World UnseenLes films avec des héroïnes lesbiennes gagnent en visibilité. De nombreuses productions sont téléchargeables sur Internet ou projetées lors de manifestations culturelles, dont Cineffable, le Festival international du film lesbien et féministe de Paris. Epicentre Films, BQHL, Outplay ou encore Optimale distribuent quelques DVD d'«histoires lesbiennes» aux Fnac et autres Virgin. Pourtant, beaucoup de films lesbiens sortent difficilement dans les salles, et ceux qui y arrivent font figure d'exception (Gazon Maudit, Mulholland Drive...) avaient d'abord trouvé la lumière dans les salles obscures. C’est le cas de Bandaged (2009), un thriller érotique de la réalisatrice américaine Maria Beatty projeté dans les cinémas des Etats-Unis et d’Allemagne – mais uniquement sorti en DVD en France, ainsi qu'en Belgique et en Suisse. Même sort pour I Can't Think Straight (2007) et The World Unseen (2008), de la Britannique Shamim Sarif (photo au-dessus). Tous trois ont été bien accueillis à l'étranger. Le dernier, où deux Indiennes vivent une romance dans une Afrique du Sud en plein Apartheid, a même été primé à 23 reprises.

Prenons The World Unseen par exemple. Pourquoi son succès ne séduit-il pas les distributeurs hexagonaux? Le contexte épique et l'histoire d'amour entre deux femmes créeraient un blocage. «Lors du festival de Cannes, très peu de distributeurs ont fait des offres en dehors des distributeurs gays, qui ne pouvaient pas assurer une diffusion au cinéma à cause des coûts», regrette Hanan Kattan, compagne de Shamim Sarif et productrice du film.

BandagedLes films lesbiens, peu soutenus par les médias, contrairement aux films gays
Cynthia Pinet, notamment en charge de la promotion de The World Unseen, accuse: «Les films lesbiens ne sont pas soutenus par les médias, ce qui joue beaucoup sur leur notoriété et leur diffusion». Et de souligner la différence de traitement entre les «films lesbiens» et les «films gays» - ces derniers étant jugés comme «plus vendeurs».

Bandaged de Maria Beatty

«C'est difficile de vendre un film quel qu'il soit, tranche Valérie Minetto, réalisatrice d'Oublier Cheyenne. Ça n'a rien à avoir avec le fait que le film soit "lesbien". Et d'ailleurs, qu'est-ce ça veut dire film "lesbien"? Le problème est économique: les distributeurs essayent de se faire le plus d'argent possible en faisant le moins d'effort. Alors il y a de très bons films qui restent dans les tiroirs.»

Les films d'auteurs souffrent de la crise

Et la crise n'a rien arrangé. Plus que jamais, «les distributeurs et les exploitants préfèrent mobiliser deux copies d'un même film dans certains cinémas pour sortir de grosses productions américaines et rentabiliser leur investissement, plutôt que de laisser une chance à des films d'auteurs», résume Cynthia Pinet.

Les «films lesbiens» sont-ils particulièrement lésés? «Il y a de bonnes et de mauvaises histoires, c'est tout, observe Marion Tharaud, directrice marketing à Haut et Court, distributeur de La Naissance des pieuvres (2007) et de Two Girls in Love (1996). Quand on s'engage sur des films, [la thématique lesbienne] n'est absolument pas un frein. Mais c'est vrai que, par rapport au public, c'est moins passé dans le quotidien, contrairement à l'homosexualité masculine.»


Oubliez CheyenneDes distributeurs français qui restent frileux et craignent l'absence du public

Certains distributeurs se montreraient donc frileux, craignant de braquer les spectateurs. Clothilde Hanoteau, membre de Cineffable, renchérit: «Quand il s'agit d'un sujet vraiment lesbien, ceux qui produisent ou subventionnent pensent que ça n'intéresse personne, qu'il n'y a pas de public.» Surtout lorsque le réalisateur, le producteur et les acteurs du film sont peu connus...
Oublier Cheyenne de Valérie Minetto

L'engouement pour la série The L Word changera-t-il la donne? Clothilde Hanoteau veut y croire. En revanche, Cynthia Pinet est réservée. «Après The L Word, commente-t-elle, tous les producteurs ont trouvé intéressant d'intégrer un personnage lesbien dans leur série, comme Grey's Anatomy ou Desperate Housewises. Mais où sont les films lesbiens? Dans les festivals... C'est dommage. Et il n'est pas là question de faire du militantisme, mais simplement de montrer que les héros d'une série policière, d'une histoire d'amour, d'un thriller, peuvent être un homme et une femme, ou deux hommes ou deux femmes... sans que cela n'enlève rien à l'intrigue ou à la qualité du film.»

Retraites: toujours pas de pension de réversion pour les pacsés

Dans le cadre de la réformes des retraites, les députés de la majorité se sont opposés à l'extension des bénéfices de la pension de réversion pour les couples pacsés. Suscitant une triste bagarre digne de celle de la création du pacs…

A l'âge de la retraite, au décès de votre conjoint pacsé, vous trouveriez normal, afin de ne pas trop déstabiliser votre train de vie, de pouvoir continuer à toucher sa retraite (la «pension de réversion») comme le font les couples mariés? Les députés de la majorité, eux, ne sont pas d'accord.

Car en plein examen de la réforme des retraites, la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a rejeté, hier, un amendement qui aurait enfin pu le permettre. Martine Billard (Parti de gauche) et d'autres députés du Front de gauche, avaient en effet déposé un amendement destiné à étendre le bénéfice de la pension de réversion aux couples pacsés, sur le modèle des couples mariés.

Promesses de campagne
Cet amendement a été rejeté en commission «sous prétexte», a fait valoir Mme Billard (photo ci-contre) dans un communiqué, que «le pacs n'entraîne pas la même obligation alimentaire que le mariage».

La députée a affirmé que cette extension était une promesse de Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Plus précisément, l'ex-futur président de la République avait promis l'alignement du régime des gays et lesbiennes veufs dans le cadre de la création d'une «union civile» pour les couples homosexuels, comme il le déclarait dans une interview à TÊTU. Une union civile qui n'a jamais vu le jour.

Vifs échanges
Cet vote a donné lieu à de vifs échanges, sorte de réveil de la guerre du pacs, douze ans après son adoption. «Vous avez fait un trait d'égalité entre le pacs et l'homosexualité!», s'est insurgée Mme Billard, dans les couloirs de l'Assemblée, à l'adresse de l'UMP.

«On montre à nos concitoyens que nous sommes attachés aux pensions de réversion, que vous voulez fragiliser dans une logique précaire. Je constate que vous êtes d'accord avec Mme Parisot (Medef), qui disait que l'amour comme le travail, c'était aujourd'hui précaire et fragile», lui a répondu Hervé Mariton (UMP).

Martine Billard: «Je me suis toujours battue pour que le travail soit stable! (…) L'amour, ce n'est pas le mariage qui garantit sa stabilité. Cela se saurait!»

«Cette lâcheté à refuser toutes nouvelles améliorations en faveur du pacs montre le peu d’intérêt de la majorité envers l'avancée des droits.» L'Inter-LGBT «L'UMP est sortie du bois»
«Au moins, le débat cette fois-ci a permis de faire sortir l'UMP du bois tout comme le gouvernement, écrit Martine Billard sur son blog. L'inconscient d'Hervé Mariton a parlé pour lui.» Elle s'explique les arguments de la majorité: «Parmi ses arguments contre: pas question de donner les mêmes droits sous prétexte de ne pas discriminer sur la base de l'orientation sexuelle. Ainsi pour Mariton, le pacs, c'est pour les personnes de même sexe. Il est en plus en retard d'une réalité: ce sont massivement les hétérosexuels qui sont pacsés. Ensuite, il ose expliquer que le mariage a une vocation de stabilité et non le pacs, comme s'il n'y avait pas de divorce après quelques mois ou années de mariage.»

L'Inter-LGBT partage son analyse et rappelle que la Mission d'évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS), le Conseil d'orientation des retraites, la Halde et le médiateur de la République (lire article) se sont déjà exprimés pour l'alignement du régime de la pension de réversion, du pacs sur celui du mariage. «Les signes de rupture sont de plus en plus manifestes avec les LGBT, écrit l'interassociative. Cette lâcheté à refuser toutes nouvelles améliorations en faveur du pacs montre le peu d’intérêt de la majorité envers l'avancée des droits. Le président de la République ne se donne plus les moyens de convaincre et affiche une certaine hostilité face aux revendications portées par les couples de même sexe.»

Cambrai: du vandalisme sur fond d'homophobie?

Dans cette ville du Nord malheureusement habituée aux faits divers sur fond d'homophobie, la vitrine d'un coiffeur gay a été vandalisée ce week-end. «Je ne baisserai pas les bras», confie-t-il à TÊTU.

Quatre salons de coiffure ornent la rue des Chaudronniers, au centre-ville de Cambrai (Nord). Pourtant, c'est la vitrine de Sedryck Fontaine, un artisan coiffeur ouvertement gay, que les vandales ont choisi de démolir, dans la nuit de samedi 17 juillet à dimanche. La Voix du Nord note pourtant que ce salon est le seul de la rue à disposer d'un dispositif de sécurité avancé…

Dans les décombres de la vitrine, les policiers ont trouvé des insultes homophobes. Sedryck Fontaine a d'ores et déjà porté plainte contre X, avec le soutien du Collectif contre l'homophobie. La police, quant à elle, préfère rester discrète et ne pas se prononcer quant aux motivations des vandales.

«Plus on m'emmerde, plus je vais me montrer!»
Interrogé par TÊTU, le propriétaire du salon ne compte pas se laisser abattre, pour lui, assumer c'est déjà gagner une bataille. «Je dérange, un pédé qui gagne bien sa vie, qui a une belle voiture et une belle clientèle qui le soutient évidemment ça énerve! Mais je suis un battant, plus on m'emmerde et plus je vais me montrer, crier fort!»

Pourtant, ce n'est pas la première fois que Sedryck Fontaine est victime d'homophobie dans sa ville. Entre  lassitude, mépris et incompréhension, il explique qu'il commence à peine à prendre ses marques à Cambrai. «J'ai déjà eu mes volets tagués, ma voiture démolie avec des messages homophobes sur le capot, et encore ce matin, j'ai eu un coup de téléphone qui me disait "petite tapette, on va démolir ta vitrine une deuxième fois". Je suis ici depuis dix ans et ça fait dix ans que ça dure. On est en 2010, y'en a marre! Foutez la paix aux homos.»

«Cette fois c'est différent»
Les services de police se sont rendus plusieurs fois sur place depuis l'infraction, un investissement que salue l'artisan coiffeur, qui constate que «cette fois c'est différent. Peut-être parce que je ne ferme pas ma gueule!» déclare-t-il, avant d'ajouter: «J'en connais trop qui baissent les bras, et je vois régulièrement des mecs se faire courser avec des battes de base-ball. Moi je cours après ceux qui tiennent les battes!»

Ce fait divers n'est pas le premier à Cambrai. On se souvient du meurtre d'un sexagénaire, en 2008, pour lequel deux hommes avaient été condamnés (lire article). Et ce n'est pas tout, nous informe Hussein Bourgi, le président du Collectif contre l'homophobie: «Notre association est hélas connue à Cambrai. Nous étions partie civile aux assises de Douai en décembre dernier suite à ce meurtre homophobe, et nous le sommes encore dans plusieurs procès à venir dans le Nord.»

GayLib et le parti de Christine Boutin à couteaux tirés après la défaite de Rambouillet

Dimanche, le parti de Christine Boutin perdait son fief des Yvelines. Une défaite dont a profité GayLib pour demander à l'UMP de ne plus présenter de candidats estampillés Boutin. Retour sur une semaine de tensions et de noms d'oiseau dans la majorité.

 

La guerre est déclarée entre GayLib, mouvement homo associé à l'UMP, et le Parti Chrétien Démocrate (PCD) de Christine Boutin. Tout a commencé dimanche, quand Jean-Frédéric Poisson, candidat PCD qui représentait l'UMP, a perdu la législative partielle de Rambouillet dans les Yvelines, et vu les Verts s'emparer du fief historique de Christine Boutin.

«Des valeurs qui ne sont plus en phase avec la société»
Aussitôt, GayLib a surfé sur cette défaite historique et dégainé un communiqué assassin. Le mouvement homo expliquait que ce «résultat démontre une fois de plus que les candidats portants des valeurs en contradiction avec la philosophie libérale qui a fondé l'UMP mènent notre famille politique à la défaite». Il estime que «le PCD est arc bouté sur des valeurs d'exclusion qui ne sont plus en phase avec la société française» et «appelle solennellement l'UMP à se ressaisir et ne plus soutenir des candidats prônant l'exclusion des familles homoparentales et la négation de l'homosexualité comme mode de vie digne et ayant toute sa place dans notre société.»

Emmanuel Blanc, président de GayLib, insiste et persifle: «Si même dans les Yvelines ils arrivent à perdre, imaginez s'ils se présentent ailleurs. Les candidats du PCD ne peuvent plus représenter l'UMP dans son ensemble.»

«Le libéralisme libertaire amène l'anarchie»
Immédiatement, les jeunes du PCD ont répliqué avec un communiqué musclé.  Pour eux, la défaite de leur candidat est liée à «la division de la majorité» et aux affaires. Ils estiment que le ton de GayLib est «indigne d'un mouvement associé à la majorité», et invitent leur rival «à rejoindre Jean-Luc Roméro chez Jean-Paul Huchon». Maxence Poumaere, président des Jeunes du PCD, joue maintenant l'apaisement : «On ne veut pas que GayLib quitte l'UMP mais nous n'avons pas compris leurs attaques. C'est  dommage de se diviser dans un moment de faiblesse pour la majorité. Nous, nous acceptons toujours de débattre, sans attaquer personne.» Et il déplore au passage que Christine Boutin soit si «souvent pointée du doigt.»

Puis il revient à ses fondamentaux et admet qu'il y a «une contradiction profonde» entre GayLib et le PCD. «La philosophie libérale invoquée par Gaylib n'est autre que le libéralisme libertaire qui amène à l'anarchie. Nous voulons protéger la famille et les droits des enfants. Nos valeurs ne sont pas d'un autre temps, au contraire, elles sont avant-gardistes», explique-t-il.
 
Christine Boutin avant-dernière
Pour lui, ce sont ses valeurs qui sont en phase avec celles de l'UMP et son parti est légitime pour représenter la majorité : «Nicolas Sarkozy a été élu en voulant liquider la philosophie libertaire soixantehuitarde. Il défend l'institution du mariage et n'a jamais promis d'accorder le droit au mariage ou à l'adoption pour les couples homosexuels. L'UMP n'acceptera jamais.»

Emmanuel Blanc reste persuadé que «la majorité est plus ouverte que ça» et conteste toute légitimité au PCD : «Ce parti ne représente que lui-même. C'est un lobby très actif mais son écho médiatique est disproportionné par rapport à son poids politique réel.» Et pour le prouver, il rappelle à l'envi la déroute de Christine Boutin à la présidentielle de 2002 : elle avait alors rassemblé 1,19% des voix et fini avant-dernière...

Carnet rose: Franck et Yannick, les premiers pacsés en mairie de Cannes

Ce couple de garçons a inauguré la nouvelle disposition qui permet de célébrer son pacs à la mairie de Cannes. Pour eux, c'est aussi un petit geste militant.

Ce n'est pas le mariage comme en Argentine... Mais quatre mois après l'instauration de cette disposition à Cannes, un couple de garçons vient d'inaugurer les célébrations de Pacs en mairie. A 46 et 45 ans, Yannick Jakob (ci-dessus à gauche) et Franck Valmage (à droite) tenaient à bénéficier de cette opportunité «pour marquer le coup et faire la fête avec la famille et les amis». Tout de blanc vêtus «pour ne pas faire de différence entre nous», les deux hommes ont accepté que la presse assiste à la cérémonie «pour faire avancer les choses et les mentalités. C'est un acte de militantisme à notre modeste échelle.»

Lapsus de la conseillère municipale
Après quinze années de vie commune, les deux garçons ne sont pas des inconnus dans la communauté gay. Ils tiennent depuis sept ans, le Domino, un resto du vieux Cannes où pavoise le Rainbow flag. La cérémonie restera gravée dans leurs mémoires. «On a beau dire mais c'est émouvant, souligne Yannick. Comme si c'était un mariage!» C'était manifestement aussi le sentiment de Nadia Moussalem (ci-dessous), la conseillère municipale UMP qui a, dans un lapsus révélateur, trouvé «très sympathique ce mariage».

Pourtant pour en arriver jusqu'à elle, Franck a dû s'armer de patience : «Quand je me suis renseigné pour la cérémonie, certains employés en mairie ne savaient même pas que c'était possible. Ils ne savaient pas comment faire, mais finalement l'accueil a été impeccable.» Et cela n'a pas empêché les garçons de faire la fête pendant trois jours.

Sondage: les Français de plus en plus favorables à l'adoption et au mariage pour les homos

Les choses bougent dans les décisions de justice et les pays étrangers. Un sondage du Crédoc fait le point sur les derniers tabous des Français.

Une décision de justice qui ouvre une brèche vers l'adoption par les couples homos (lire article), l'ouverture du mariage en débat au Luxembourg et en Argentine... En France, l'opinion est-elle prête à franchir le pas?

Proportion en hausse
Selon un sondage du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), près de la moitié des Français (48%) se disent favorables à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. Chaque année, 2.000 personnes (échantillon représentatif des adultes vivant en France, méthode des quotas) sont interrogées dans le cadre de l'enquête «Conditions de vie et aspirations».

En novembre dernier, un sondage BVA réalisé pour Canal+ était plus optimiste: 57% des Français se disait favorables à l'adoption (lire  article). Peut-être à cause des énoncés des questions: pour BVA, il fallait dire explicitement si l'on était favorable ou opposé à l'adoption par les couples homos. Pour le Crédoc, il s'agit de dire si l'on partage un certain nombre d'opinions, dont celle-ci: «Deux personnes de même sexe devraient pouvoir adopter un enfant».

Quoi qu'il en soit, la proportion favorable dans le sondage du Crédoc est en hausse constante ces dernières années: elle n'était que de 40% en 2007, en 2009, elle était de 44%.

Pour l'union civile également
Parallèlement, 61% des personnes interrogées se disent en faveur d'une union civile à la mairie des couples de même sexe, contre 60% l'an dernier et 55% en 2007. A noter que le terme «mariage» n'est pas mentionné, mais il n'est pas dit non plus que cette union s'en différencierait.

Si les 18-39 ans sont toujours aussi favorables au mariage homosexuel (autour des trois-quarts), les plus âgés s'y déclarent en 2010 bien plus favorables qu'en 2007. Ainsi, les 40-59 ans sont désormais à 67% pour (55% en 2007) et les 60-69 ans à 48% (37% en 2007). L'idée fait même son chemin chez les «70 ans et plus», avec 27% pour en 2010 (21% en 2007).

Abandon de certitudes»
Pour le Crédoc, «ces changements s'inscrivent dans un mouvement d'abandon de certaines attitudes traditionalistes: l'idée que le mariage est une union indissoluble perd régulièrement du terrain depuis trente ans».

Sur l'homoparentalité, ce sont les 40-60 ans qui ont le plus changé d'avis: 40% y étaient favorables en 2007, alors qu'ils sont 51% aujourd'hui.

VIH: le dépistage rapide devrait se développer

L’accès au dépistage pour tous est l’un des enjeux majeurs discutés à la conférence internationale sur le sida à Vienne. En France, le projet de dépistage communautaire non médicalisé Com'Test a présenté des résultats intéressants pour les gays.

De notre envoyée spéciale à la conférence sur le sida à Vienne

Quel est ce projet ?
L’agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) avait décidé, en novembre 2008, de lancer une expérimentation de dépistage rapide, hors centres de soins, à visée de la population gay. L’essai a eu lieu à Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris, dans les locaux de Aides ou d’associations LGBT partenaires. Les dépistages ont été réalisés avec un test rapide: une simple goutte de sang prélevée au bout du doigt et le résultat est disponible en une demi-heure. «Le test a une fiabilité de 97% à deux mois. C’est très légèrement inférieur aux tests classiques, mais ça reste fiable et ce type d’approche permet de toucher beaucoup plus de monde», explique Jean-Marie Legall, de Aides, conseiller scientifique sur Com'Test.

Quels résultats ?
Un tiers des personnes qui se sont présentées n’avaient pas fait de tests depuis au moins deux ans. Le mauvais accueil dans les centres traditionnels leur paraissait décourageant. «Nous avons pu faire intégrer la pratique du dépistage, 9% de ces personnes sont mêmes revenues plusieurs fois», constate Jean-Marie Legall. Point important, les dépistés positifs au VIH l’étaient à un stade moins avancé que dans les centres médicalisés. Ce résultat, sur un échantillon aussi petit, n’a pas de valeur statistique, mais il montre l’intérêt de ce dépistage communautaire: il est plus facile d’être traité avec succès quand on est dépisté tôt.

Quelle sera la suite ?
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a annoncé à Vienne son intention de «banaliser» le dépistage du sida en multipliant les tests réalisés par des non-professionnels de santé. Dix centres de «santé sexuelle» pourraient ainsi ouvrir dès 2011, à l’instar du centre parisien Le 190, un vrai succès (lire  article). Pour autant, Aides attend encore des moyens des agences régionales de santé. «Nous voudrions développer de l’outreach, aller dans les saunas, les bars», milite Jean-Marie Legall. Pour Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, les blocages subsistent encore chez les médecins et les biologistes, «on touche à un dogme. Les biologistes vont continuer à faire du lobbying pour un examen complémentaire.»

Sex on the beach: cinq erreurs à oublier

Si l'été est la saison du plaisir, il s'agit de ne pas commettre des erreurs qui pourraient gâcher de beaux souvenirs… Le point sur cinq des erreurs les plus courantes concernant la prévention.

Comme des jeunes filles qui croient qu'on ne tombe pas enceinte la première fois, les gays entretiennent des mythes qui les exposent à des saloperies dont on se passerait bien. Voici quelques vérités qu'il est toujours bon de rappeler, à mémoriser avant de sortir la serviette et les tongs!

La circoncision me protège.

Non, ça ne remplace pas une capote. Ensuite, le professeur Lantieri ne greffe pas de gland en latex, Le Parisien aurait eu l'exclu et on l'aurait su.

 

Je suis actif, c'est plus safe.

Ah bon… Mais connais-tu le nombre d'actifs qui croyaient cette connerie et qui sont devenus séropositifs? Le virus du sida, comme nombre d'infections sexuellement transmissibles, se transmet de muqueuses à muqueuses. Prendre ou se faire prendre sans capote peut suffire, même une fois.

L'estomac détruit les virus

Et depuis quand? Contrairement à ce que racontent quelques clowns, avaler le sperme multiplie vraiment les risques. De la bouche à l'estomac, il y a un max de portes d'entrées pour un tas de virus.

Moi, je fais confiance.

Ben faut pas. C'est en faisant confiance qu'un tas de garçons confiants sont devenus séropos. Et puis c'est pas la mer à boire, un tas de gens baisent sous latex et prennent leur pied comme ça.

 

Le sida, c'est un truc de vieux.

Et non. Sur les 7.000 nouveaux contaminés chaque année, il y a des jeunes gays. Le virus ne fait pas la différence. Barrez-lui la route. 
 

VIH: répondez à une enquête sur le dépistage

Vous avez plus de 16 ans et vous ne connaissez pas votre statut sérologique? Répondez au questionnaire de Sida Info Service

Aller faire un test de dépistage n'est pas un geste facile. Après un prise de risque, tout le monde n'a pas forcément le courage d'accomplir une telle démarche et l'angoisse qui accompagne les résultats peut être lourde. Sida Info Service a donc décidé d'étudier les usages français du dépistage du virus du sida.

En ligne jusqu'au 26 juillet
L'objectif affiché par l'observatoire est d'obtenir un millier de réponses. L'idée, c'est aussi d'observer la façon dont les gays se font dépister (ou pas) pour les autres infections sexuellement transmissibles, qui sont en nette augmentation. Ce questionnaire, disponible à cette adresse, prend un peu plus de cinq minutes. Il comporte plusieurs questions dites «ouvertes» qui vous laissent la possibilité de vous exprimer en détails. Dépêchez-vous, il ne reste en ligne que dix jours, jusqu'au 26 juillet!

Sorties DVD: Trois films fantastiques... et gays

Quelle sera votre préférence: une adaptation de Shakespeare, de Poe, ou de Lovecraft? Vous avez le choix, avec cette sélection de trois films fantastiques tout juste sortis en DVD.


WERE THE WORLD MINE

S'inspirant du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, ce conte musical, une rareté dans la cinématographie gay, joue sur la féérie. Timothy, un jeune gay candide, découvre la recette d'une potion magique qui lui permet de rendre les gens amoureux… et homo! Cocktail très anglo-saxon entre comédie musicale, film et théâtre, Were the World Mine assume ses décalages et même sa candeur. Ce premier film du réalisateur Tom Gustafson a été un triomphe dans le circuit festivalier, gagnant plus de vingt prix à travers le monde.

Were The World Mine - 19,99 € - Outplay


LA CHUTE DE LA MAISON USHER


 

Pur produit du cinéaste David DeCoteau (un cocktail de très jolis garçons dans une atmosphère néo fantastique où tout le monde se retrouve, à un moment ou à une autre, nu…), ce film est en réalité inspiré d'une nouvelle frissonnante et gothique de Edgar Allan Poe. Une nouvelle qui a connu de nombreuses versions cinématographiques, dont une célèbre avec l'acteur phare du genre, Vincent Price, en 1960. Là, on frissonne et on se rince l'oeil gentiment dans cette histoire de maison hantée où les acteurs sont aussi sexys… que pas très doués!

La chute de la maison Usher - 19,99€ - Optimale


CTHULHU

Drôle de titre pour drôle de film. Tiré d'une nouvelle de H.P. Lovecraft, ce thriller d'épouvante tranche dans le registre gay. On y suit l'histoire d'un prof venu exécuter les dernières volontés testamentaires de sa mère, et qui va découvrir un drôle de culte… Tourné dans les décors quasi-fantastiques de l'Oregon, avec un casting improbable (Tori Spelling!), on sourit à ce festival un brin gore et très anti-religieux. Bizarre et même un peu kitsch.

CTHULHU - 19,99€ - Optimale
 

Suède: Des lesbiennes discriminées par leur banque

Elles souhaitaient acheter un appartement ensemble, mais la banque a refusé de leur octroyer un prêt. La raison? Leur «situation personnelle»! Les deux femmes pourraient porter plainte.

Sara Evaldsson 29 ans et Maria Engström 31ans, vivaient séparément depuis trop longtemps. C'est donc tout naturellement que les deux femmes ont décidé d'emménager ensemble à Västerås (comté de Västmanland) en Suède. Seulement voilà, après avoir demandé un crédit à leur banque pour un appartement de deux chambres, le couple est reparti bredouille.

«La femme à la banque était très méprisante. Nous allions acheter l'appartement à un bon prix et nous savions que c'était une bonne affaire. Nous avions toutes sortes de papiers avec nous, mais elle n'était pas intéressée», a déclaré Maria dans le journal suédois The Local.

«Vous devriez revoir votre situation personnelle»

L'employée de la banque en question a d'abord estimé que le prêt (d'une valeur de 55.000 euros ) était «beaucoup d'argent» et a insisté pour qu'un dépôt de dix pour cent soit versé par les deux jeunes femmes. Mais lorsque le couple a contesté cette décision, elle leur a répondu: «Vous devriez revoir votre situation personnelle et continuer à vivre dans des endroits différents.» Un commentaire que les jeunes femmes ont encore du mal a encaisser. «Nous avons été choquées. Nous nous sommes demandé ce qu'elle voulait dire. Nous avons également demandé si un couple hétérosexuel aurait eu le même conseil.»

Pourtant, une banque rivale leur a tout de suite accordé le prêt demandé. «Ils ont dit immédiatement que c'était un bon achat, et que même seule, l'une d'entre nous aurait pu obtenir ce prêt», affirme Maria. Le couple a donc décidé de signaler l'incident au Sweden's Discrimination Ombudsman (une association de lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle).

«Nous prenons l'incident très au sérieux»

La banque, quant à elle, s'est excusée via son chargé de communication. «Nous prenons ce genre d'incidents très au sérieux. Notre politique à ce sujet est claire, nous ne discriminons jamais en raison de la religion, du sexe ou de l'orientation sexuelle de nos clients. Par ailleurs nous cherchons aussi à donner le bon exemple en ce qui concerne les questions LGBT, et nous sommes sponsor de la Stockholm Pride.»

Reste maintenant à savoir si Maria et sa partenaire, soutenues par le Sweden's Discrimination Ombudsman, porteront plainte.

Face à l'avancée des droits des gays, l'Eglise ne sait plus quoi dire

Alors que des fiefs catholiques comme le Portugal ou l'Argentine viennent d'autoriser le mariage pour les homos, des spécialistes du Vatican analysent la perte d'influence politique de l'Eglise. Principale cause selon eux: un discours inadapté face aux évolutions de la société.

Le discours de l'Eglise est-il has been? «Inadapté» préfèrent dire les vaticanistes et historiens, qui constatent la nouvelle défaite de l'Eglise dans les fiefs catholiques que sont le Portugal et l'Argentine, où le mariage est désormais ouvert aux couples homos. «Depuis longtemps, l'Eglise perd des points dans ces pays qui lui étaient très liés et il y a une prise de distance progressive des gouvernements», observe ainsi le vaticaniste Bruno Bartoloni.
  
Le Portugal et l'Argentine, dont respectivement 88% et 91% des habitants se déclarent catholiques, viennent d'ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Les homos argentins pourront même adopter. Au même moment, l'Espagne, autre terre traditionnellement catholique, vient de faciliter l'avortement.

«Processus de sécularisation»
Sandro Magister, vaticaniste, y voit un signe de «globalisation», avec «une assimilation des systèmes politiques européens y compris en Amérique Latine», l'Argentine étant «la pointe la plus avancée de ce phénomène qui touche aussi l'Uruguay, le Brésil, le Chili et le Mexique».

Pour l'historien Alberto Melloni, la nouveauté est que ces évolutions concernent désormais des choix privés car il existe «depuis la Révolution française, un processus de sécularisation qui entraîne une émancipation des lois civiles des canons moraux de l'Eglise». «A chaque fois (mariage civil, école publique...), cela a été analysé comme une perte d'influence de l'Eglise vu du dehors et comme une grande catastrophe vu de l'intérieur de l'Eglise», relève-t-il.

«La crise d'autorité de l'Eglise catholique ne dépend pas de ses succès ou non à imposer ses codes moraux ou ses convictions religieuses aux Etats», remarque cependant un autre historien, Giancarlo Zizola.

«L'Eglise perd le contact avec les nouvelles générations»
Le nombre de catholiques dans le monde ne fait d'ailleurs pas apparaître de perte d'influence puisque, selon les chiffres du Vatican, les baptisés ont augmenté de 11,55% entre 2000 à 2008, passant de 1,045 à 1,165 milliard et de 17,28% à 17,40% de la population.

Mais, relèvent ces experts, le problème de l'Eglise aujourd'hui est qu'elle est «en retard pour prendre en compte l'évolution de la société», selon le Pr Zizola. «Elle perd le contact avec les nouvelles générations», déplore le Pr Melloni, notant que «pour la première fois depuis 700 ans, les jeunes n'ont pas l'espoir d'avoir une vie meilleure que celle de leurs parents et l'Eglise se comporte comme si elle n'avait rien à dire sur ce sujet».

Pour le Pr Zizola, l'Eglise doit «repenser son discours moral face aux jeunes d'aujourd'hui car elle a créé une morale de règlements plutôt policiers, faisant de la sexualité un cauchemar». «Le désastre est évident», note-t-il. Selon lui, dans le nord de l'Italie, les prêtres n'évoquent même plus ces règles morales devenues «complètement inefficaces». «Dans certains domaines, l'Eglise prêche des attitudes dépassées», renchérit Bruno Bartoloni, pour qui «le veto» de l'Eglise sur le divorce est jugé «incompréhensible».

«Grande réforme»
Et pour eux, le discours de l'Eglise est également inadapté face aux scandales de pédophilie qui la secouent depuis des mois. On se souvient des amalgames entre pédophilie et homosexualité proférés à la va-vite par certaines éminences du Vatican (lire article). Le pape «a donné le message que la sévérité est la manière de régler le problème» mais ce principe est «sans fin» car «il ne sera jamais assez dur pour l'opinion publique qui demande de brûler les coupables» et «cela entraîne une perte d'autorité de l'Eglise», relève le Pr Melloni.

Pour son confrère Zizola, si le pape «a été extraordinaire» et «a pris les rênes de la curie pour l'empêcher de continuer sa politique traditionnelle d'omerta et d'hypocrisie», il reste encore à faire une «grande réforme» de la curie afin de déléguer plus de pouvoir aux évêques dans leurs pays respectifs.

Le plus célèbre militaire gay américain a été révoqué

Le lieutenant gay Dan Choi, qui milite depuis des années contre le «Don't ask, don't tell», est le licencié le plus connu, et donc le plus symbolique, de l'armée américaine.

C'est sans nul doute le militaire américain ouvertement gay le plus connu, et celui qui a combattu la ligne «Don't ask, don't tell» (ne rien demander, ne rien dire) de son armée avec le plus de courage. La sanction qui vient de tomber contre Dan Choi est donc hautement symbolique.

Ce lieutenant, vétérant de la guerre en Irak, a en effet été officiellement licencié du bataillon de commande de la Garde nationale américaine. Et ce, alors même que la loi qui a entraîné d'abord sa suspension, puis son licenciement le 22 juillet, est en voie d'être abrogée (lire notre article).

«Une insulte envers ce que représente l'Amérique»
Dan Choi avait fait un coming out très public en 2009, et attendait depuis la sanction à son endroit. En mars dernier, il s'était enchaîné aux grilles de la Maison blanche en signe de protestation (photo et vidéo ci-dessous).

Il a commenté dans un communiqué: «Cette nouvelle est à la fois révoltante et douloureuse. Mais je me considère encore en service. Rester silencieux, alors que les membres de notre communauté son licenciés ou punis pour être ce qu'ils sont, serait ne pas défendre ce qui salit l'honneur de notre uniforme et est une insulte envers ce que représente l'Amérique.»

Dan Choi est diplômé de la préstigieuse West Point Academy en 2003. Reconnu pour ses compétences (il parle l'Arabe et le Coréen), il avait été fait meneur de peloton d'infanterie après avoir combattu en Irak à deux reprises. S'il est le plus médiatisé, il est loin d'être le seul à être licencié de l'armée pour homosexualité «visible»: depuis la fameuse loi adoptée sous Bill Clinton en 1993, on estime à 13.500 le nombre de soldats ainsi sanctionnés.

Alice Nkom: «Au Cameroun, la pénalisation nuit gravement aux séropositifs»

A la conférence sur le sida de Vienne, rencontre avec cette avocate camerounaise qui défend avec courage les homos dans son pays. Elle fait le lien entre répression de l'homosexualité et risques sanitaires.

De notre envoyée spéciale à la Conférence sur le sida à Vienne

La discrimination peut tuer autant que le VIH. Le slogan de la conférence internationale sur le sida à Vienne «Des droits ici et maintenant» le rappelle à juste titre. Rencontre avec Alice Nkom, avocate, qui se bat pour les droits des homosexuels au Cameroun.

TÊTU: Quelle est la situation des gays au Cameroun?
Alice Nkom:
En 2006, l’archevêque de Yaoundé a déclaré que les pratiques homosexuelles et les «promotions canapé» étaient la cause du chômage au Cameroun. Ce discours a déclenché une véritable chasse aux sorcières. On a ressorti un vieil article du code pénal, jamais appliqué avant, qui préconise de six mois à cinq ans d’emprisonnement pour les homosexuels. Pour moi, cette inscription est irrégulière au motif qu’elle viole la vie privée.

Comment sont les conséquences d’une telle loi?
Les arrestations sont complètement folles. J’ai défendu une trentaine de personnes depuis l’application de ces mesures. Deux des personnes que je vais défendre en août ont été arrêtées dans le hall d’un hôtel pour «suspicion de pratiques homosexuelles». Et les conséquences sont désastreuses pour les personnes contaminées par le VIH. Ils n’osent plus aller consulter, prendre leurs médicaments de peur de se faire «démasquer» par leurs familles.

Comment lutter contre cette situation?
Avant j’avais vraiment le sentiment d’être toute seule. Ici à Vienne, la communauté internationale a clairement exprimé que l’épidémie ne pourra pas être combattue tant que les droits des homosexuels ne seront pas respectés.

Qu’attendez-vous du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme?
Je souhaite qu’il engage des discussions sur les droits de l’homme avec les dirigeants des pays concernés au moment de l’attribution des subventions. C’est vraiment le moment de le faire.

L’Eglise italienne choquée par «les folles nuits des prêtres gays»

Un reportage choc dans un magazine dénonce, photos à l'appui, les «vices» et «perversions» de prêtres catholiques. Une situation qui démontre l'hypocrisie du clergé, selon les associations.

L'une des captures d'écran publiées par Panorama, visibles ici.

Un article sur la vie sexuelle de prêtres homosexuels à Rome a entraîné une riposte rapide du diocèse local, qui s'est engagé vendredi à poursuivre «tout comportement indigne de la vie sacerdotale», les associations homosexuelles dénonçant de leur côté «l'hypocrisie» ambiante.

«Qui connaît l'Eglise de Rome ne se reconnaît pas le moins du monde dans le comportement de ceux qui ont une double vie, qui n'ont pas compris ce qu'est le sacerdoce catholique et ne devaient pas devenir prêtres», affirme le diocèse de Rome dans un communiqué. «Personne ne les contraint à rester prêtres et à en exploiter seulement les bénéfices. La cohérence voudrait qu'ils se dévoilent. Nous ne leur voulons pas de mal, mais nous ne pouvons pas accepter qu'à cause de leur comportement l'honorabilité de tous les autres soit couverte de boue», estime-t-il.

«Vices et perversions»
L'article de Panorama, paru vendredi et intitulé «Les folles nuits des prêtres gays», propose «un voyage (avec une caméra cachée) chez les prêtres qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, dans les bars romains, dans le quartier gay ou chez eux».

L'hebdomadaire, propriété du groupe Mondadori contrôlé par le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, publie la photo des mains croisées d'un prêtre avec un chapelet et les ongles vernis de rose, accompagnée d'une accroche sensationnaliste: «Un journaliste de Panorama a vécu au milieu des homosexuels de Rome, et pendant presque un mois a assisté aux vices et perversions de prêtres insoupçonnables ayant une double vie.»

«Indigne»
Face à de telles révélations, le diocèse de Rome se dit «déterminé à poursuivre avec rigueur (...) tout comportement indigne de la vie sacerdotale».

Il cite en outre le pape Benoît XVI, qui appelle chacun à «ne pas corrompre la foi et la vie chrétiennes en portant atteinte à l'intégrité de l'Eglise, en affaiblissant sa capacité de prophétie et de témoignage, et en altérant la beauté de son visage».

Interrogé par l'AFP, le Vatican s'est contenté de renvoyer au communiqué du diocèse de Rome.

«Ridicule»
De son côté, Aurelio Mancuso, l'ex-président d'Arcigay, principale association italienne de défense des droits des homosexuels, a jugé «ridicule» la réaction du diocèse.

«Si les prêtres homosexuels devaient (…) quitter la prêtrise, d'un seul coup une grande partie de l'administration du diocèse de Rome et des paroisses serait paralysée», a-t-il ironisé.

Zone de drague
Un responsable de l'association Certi Diritti, Sergio Ravasio, a estimé quant à lui qu'«il est inacceptable que des prêtres qui de jour s'expriment contre les personnes gay se livrent de nuit à des pratiques exactement contraires» à leurs déclarations. Il a aussi affirmé qu'il existait «une zone de drague» homosexuelle dans l'enceinte du Vatican.

Cette polémique intervient à un moment où l'homosexualité est un thème brûlant pour l'Eglise catholique: le mariage homosexuel vient d'être autorisé en Argentine et au Portugal, malgré son opposition virulente.

En outre, le lien établi par le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, entre l'homosexualité et la pédophilie avait, en avril, provoqué une controverse. La France avait ainsi condamné «un amalgame inacceptable».

Vidéo: pas d'homos dans l'armée turque!

Découvrez ce reportage effrayant de l'AFP, qui révèle qu'en Turquie, si on veut être exempté de l'armée, il faut fournir des documents pour le moins compromettants…

En Turquie, l'homosexualité n'est pas illégale. Elle reste pourtant un sujet tabou, et elle est parfois considérée comme une déviance, voire une tare dans certains milieux. Ainsi dans l'armée, si l'homosexualité d'un appelé est prouvée, il sera déclaré inapte à effectuer son service militaire car il aura été jugé "malade"... Durée: 2mn13s

Argentine: la présidente signe la loi sur le mariage homosexuel

«Nous sommes aujourd'hui une société plus égalitaire que la semaine dernière», a déclaré Cristina Kirchner, au moment de signer ce texte historique.

La présidente Cristina Kirchner, hier, lors de la signature du texte. A ses côtés, le secrétaire technique de la présidence Carlos Zanini.

La présidente argentine Cristina Kirchner a promulgué le 21 juillet la loi autorisant le mariage de personnes de même sexe, adoptée la semaine dernière lors d'un vote historique au Sénat, en présence de représentants de la communauté LGBT.

«Nous sommes aujourd'hui une société plus égalitaire que la semaine dernière», s'est félicitée Mme Kirchner. «Ce sont des choses qui ne peuvent pas nous diviser, mais nous unir», a-t-elle déclaré, en référence à la vive polémique déclenchée par le projet, dans un pays dont la population se déclare catholique à 91%.

«Une société diverse, plurielle et large»
Le texte de loi, désapprouvé par l'Eglise catholique, mais soutenu par le gouvernement de centre-gauche de  Cristina Kirchner, a été adopté le 15 juillet par 33 voix pour, 27 voix contre et trois abstentions après près de quinze heures de débats.

«Nous n'avons pas seulement promulgué une loi, mais une structure sociale transversale, diverse, plurielle et large» Des représentants d'organisations qui ont soutenu le projet de loi faisant de l'Argentine le premier pays d'Amérique latine à autoriser le mariage homosexuel, ont assisté à la cérémonie de signature.

«Nous n'avons pas seulement promulgué une loi, mais une structure sociale transversale, diverse, plurielle et large qui n'appartient à personne d'autre qu'à la société», a souligné Mme Kirchner.

Premier mariage le 13 août
Le premier mariage homosexuel d'un couple vivant ensemble depuis 34 ans, aura lieu le 13 août en Argentine. Ernesto Rodriguez Larrese, 60 ans, et Alejandro Vanelli, 61 ans, avaient reçu une fin de non-recevoir lors d'une demande à l'état civil il y a trois ans.

Selon la présidente de la Fédération argentine des lesbiennes, gays et transexuels, Maria Rachid, une centaine d'autres couples homosexuels pourraient choisir de se marier autour de la même date.

Dubaï: un an de prison en appel pour un jeune travesti

Un émirati de 22 ans a vu sa peine réduite en appel, selon la presse locale. Placé en détention depuis un an, il devrait donc être libéré prochainement. On apprend que son compagnon avait aussi été condamné.

Un jeune travesti émirati, condamné en première instance à trois ans de prison pour relations homosexuelles notamment, a vu sa peine réduite en appel à un an, a rapporté mercredi la presse. Le jeune homme, étudiant de 22 ans, a été «reconnu coupable d'attentat à la pudeur, travestissement, homosexualité, outrage à la religion et relations homosexuelles consensuelles», a indiqué le quotidien The National.

Il avait été arrêté en juillet 2009 à l'aéroport de Dubaï alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour «l'Europe en compagnie de son partenaire, un autre Emirati, également reconnu coupable d'homosexualité et condamné à un an de prison».

Homosexualité réprimée dans le Golfe
En première instance, il avait été condamné à trois ans de prison pour, entre autres, «distribution de photos indécentes le montrant maquillé et en sous-vêtement», selon le quotidien 7Days, citant le procureur général. Sur celles-ci, il apparaît sous le pseudonyme «Hamdan British» en maillot de bain qui mettait en relief ses fesses ou habillé en femme, a ajouté ce journal. Il était également accusé d'avoir posé pour des photos le montrant en train de lire le Coran en portant le voile islamique, selon les journaux.

Mais étant en détention depuis son arrestation il y a un an, il doit être libéré dans les prochains jours, selon 7Days. C'est pourquoi, toujours selon les médias locaux, le jeune homme a accueilli la nouvelle de sa condamnation avec soulagement. Son avocat avait plaidé que ni son arrestation ni le mandat de perquisition à son domicile n'étaient conformes à la loi.

Dubaï est l'un des sept membres des Emirats arabes unis, un pays du Golfe où la loi sanctionne l'homosexualité. Les gays y risquent dix ans de prison s'ils sont inculpés de «sodomie consensuelle».

En Asie, «les lois antigays favorisent la propagation du sida»

On s'en doutait un peu, mais cette fois c'est une agence officielle de l'ONU qui le dit. Ce programme de développement estime que la criminalisation de l'homosexualité a conduit à priver des personnes de traitements.

«Quelque 19 des 48 pays de la région Asie-Pacifique continuent de criminaliser les relations sexuelles entre hommes», selon un rapport de l'UNDP (Programme de développement de l'ONU) publié à l'occasion de la 18e Conférence internationale sur le sida cette semaine à Vienne.

«Ces législations conduisent fréquemment à des abus et des violations des droits de l'Homme. Aussi la prévalence du VIH a atteint des niveaux alarmants parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les transgenres dans de nombreux pays de la région», poursuit ce rapport.

Privations de traitements
Un rapport plus récent, réalisé à la demande de l'UNDP et la Coalition APCOM spécialisée dans la santé des homosexuels, a établi que la criminalisation des relations homosexuelles et des personnes transgenres a conduit à priver ses personnes de traitements antisida et de services de santé.

«Des environnements légaux répressifs institutionalisent la discrimination.» «Des environnements légaux répressifs institutionalisent la discrimination, limitent les financements et empêchent les homosexuels et les personnes transgenres de se protéger, eux-mêmes, leurs familles et leurs amis, efficacement contre le VIH», a souligné Jeff O'Malley (photo), directeur du dossier sida auprès de l'UNDP.

«Contaminations inutiles»
Il a appelé à l'abolition «de ces lois répressives et des pratiques discriminatoires».

Le responsable de l'APCOM, Shivananda Khan, a noté que les contaminations inutiles pourraient être empêchées en s'assurant que «tous les citoyens d'un pays puissent avoir accès à des services de santé, sans qu'on tienne compte de leur orientation sexuelle».

Constance McMillen: «Je suis fière de mon lycée»

Cette jeune lycéeenne américaine, privée de bal de promo parce qu’elle voulait s’y rendre avec sa copine, vient d'obtenir gain de cause auprès de la justice et son lycée va modifier ses règles. Elle se confie à TÊTUE.

«Je suis soulagée!» Constance McMillen n'en revient pas. A 18 ans, l’élève lesbienne dont le combat pour participer avec sa copine au grand bal de fin d’année (ou «Prom'») de son lycée avait passionné l’Amérique (lire  article), a obtenu mardi gain de cause dans le bras de fer légal qui l'opposait à son établissement. Le lycée agricole d’Itawamba accepte de réviser son règlement intérieur pour interdire toute discrimination anti-LGBT. Une première pour un lycée du Mississippi (Sud des Etats-Unis). En outre, l’établissement versera à la jeune fille 35.000 dollars (plus de 27.000 euros) en compensation des dommages psychologiques subis et des frais d’avocat.

«Je suis soulagée. Je suis particulièrement contente que mon école ait décidé de changer ses règles. C'est la meilleure récompense possible, indique Constance à TÊTU. Maintenant je suis très fière de mon lycée.»

«Je continuerai à me battre»
Le jugement fait suite à une plainte déposée fin avril par la puissante association de défense des libertés civiles, la ACLU. Motif: au début du mois, un groupe de parents d’élèves avait organisé une Prom’ bidon pour Constance, sa copine et une dizaine d'autres élèves «moins populaires» (lire  article).

Devenue pendant quelques mois le porte-étendard des élèves homosexuels victimes de discrimination, Constance n'aura jamais la Prom’ dont elle rêvait depuis son entrée au lycée, mais au moins ce jugement lui permet d’aller à l’université le cœur tranquille. Entre ses futurs cours de psychologie, elle dit vouloir continuer à s’engager: «Je veux continuer à aider la communauté LGBT. Je me battrai pour toutes les causes que je rencontre, dit-elle. Je veux me servir de l’attention autour de mon cas pour faire de grandes choses.»

Les Irlandais vont enfin pouvoir se pacser

Nos amis gaéliques sont heureux: à compter de janvier 2011, ils auront accès à une union civile reconnaissant pour la première fois les couples gays et lesbiens.

La présidente irlandaise Mary McAleese.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas trop tôt… Après des années d'hésitations et de débats parlementaires, les Irlandais gays et lesbiennes vont enfin avoir le droit de contracter une union civile.

La présidente de la république d'Irlande, Mary McAleese, a en effet signé hier le texte de loi voté à une large majorité début juillet par le Sénat irlandais (lire  article). Les premiers contrats pourront être signés dès janvier 2011.

Pas d'accès à la parentalité
Le texte étend aux couples non mariés, qu'ils soient homos ou hétérosexuels, des obligations et des droits jusqu'ici propres aux mariés tels que la taxation commune, la sécurité sociale, la retraite, la succession, la propriété et la protection contre la violence conjugale. Des dispositions assurent également une aide au conjoint dépendant financièrement au moment de la rupture.

En revanche, le texte ne permet aucun accès à l'homoparentalité telle qu'un lien quelconque avec les enfants du partenaire ou la possibilité d'adopter en couple.

«Un grand jour pour l'Irlande»
Le ministre de la Justice, Dermot Ahern, s'est déclaré «profondément fier» de cette loi, précisant qu'elle va «permettre de protéger et d'accorder des droits à des millier d'hommes et de femmes irlandais.»

«C'est un grand jour pour l'Irlande, a déclaré pour sa part Kieran Rose, de l'association Gay and Lesbian Equality Network (GLEN). Les lesbiennes et les gays, leurs parents, leurs familles, leurs amis et collègue ont hâte désormais de pouvoir célébrer leurs unions civiles.»

Ile Maurice: kidnappées pour «guérir» leur homosexualité

Certaines familles organisent l'enlèvement de leur propre enfant pour mettre un terme à ses amours homosexuelles. Une pratique que combat tant bien que mal, sur place, le Collectif Arc-en-Ciel.

Le 6 juin, la vie de Shalima a basculé. Cette Mauricienne de 20 ans a été violemment enlevée sous les yeux d'une amie et séquestrée pendant plus d’une semaine dans la maison de ses parents. «Mes proches n’ont jamais accepté mon orientation sexuelle et en m'enlevant, ils ont voulu tout bonnement m'éloigner de la femme que j'aime», a confié Shalima au journal local KotZot News.

A Maurice, île de l'océan Indien, la sodomie est interdite et la société tolère mal les relations gays et lesbiennes. «Nous avons déjà eu le cas d'une jeune fille enlevée sur la plage par ses parents et séquestrée de la même manière (que Shalima), ou celui d’une jeune fille enfermée à l’hôpital psychiatrique et menacée physiquement par sa famille. Mais pour ceux et celles qui ont le courage de témoigner, combien de cas sont passés sous silence?» s’interroge Nathalie Ahnee, présidente de l’association locale Collectif Arc-en-Ciel.

Du bruit à la radio
La police ne se montre pas toujours coopérative. Dans le cas de Shalima, «des policiers ont refusé de prendre la plainte de son amie qui avait assisté à l’enlèvement (…) arguant qu’il n’y avait pas de quoi poursuivre, essayant même de décourager et d’impressionner cette jeune femme, explique Nathalie Ahnee. Ensuite, ils n’ont pas pris cas du fait qu’une personne avait été enlevée et était séquestrée, faisant fi de la notion de "non assistance à personne en danger" et prétextant que les parents avaient le droit d’agir de cette façon puisqu’ils étaient les parents.»

«Pour ceux et celles qui ont le courage de témoigner, combien de cas sont passés sous silence?» Alerté par des amis de Shalima et Radio One, le Collectif Arc-en-Ciel a donc pris le relais. «Nous avons demandé à notre avocat conseil d’intervenir à la radio locale afin de montrer au grand public le caractère illégal d’un tel acte et les conséquences encourues. Il a fallu attendre que l’émission ait lieu, que des hauts gradés l’écoutent et entendent tous les renseignements et le témoignage enregistré de Shalima pour que les choses bougent: les policiers ont été chez les parents de Shalima, ont interrogé son père et son frère, l’ont retrouvée et interrogée, le tout en moins de 2h. A chaque fois, nous arrivons à résoudre ces situations grâce à un gros battage médiatique.»

Difficile de porter plainte
Shalima, de même que sa compagne, est aujourd'hui très fragile. Le contrecoup du rapt. Portera-t-elle plainte? Rien n’est moins sûr: «Il n’est pas évident de porter plainte contre ses parents, observe Nathalie Ahnee. Porter plainte signifie aussi avouer son homosexualité, ce qui est encore très difficile. De plus, on ne peut pas dire que l’attitude de la police incite à faire respecter ses droits.» Et les associations doivent se contenter d’apporter un soutien moral et juridique: elles ne sont pas autorisées à ester en justice ou à se porter partie civile.

Nouvelles révélations choc contre les «ex-gays» américains

Un coach personnel du New Jersey est accusé d'avoir demandé à ses clients de se déshabiller et de se toucher pour «guérir» de leurs tentations homosexuelles.

Les «ex-gays», qui veulent «guérir» les homosexuels de leurs penchants, connaissent des heures difficiles aux Etats-Unis. Après George Reckers, figure de proue du mouvement pincé en mai dernier avec un escort (lire notre article), l'œil du cyclone se déplace à présent sur Alan Downing. Ce coach personnel, concepteur de séjours expérientiels dits «réparateurs», est accusé de comportements sexuels inconvenants par deux de ses anciens clients.

Dans une vidéo postée hier sur le site de Truth Wins Out, une association qui lutte contre le mouvement ex-gay, Ben Unger (photo) et Chaim Levin, deux membres de la communauté juive orthodoxe, racontent que Downing aurait demandé à chacun de se déshabiller en face d’un miroir et de se toucher. Une technique appelée «strip tease psychologique» qui vise à réconcilier le sujet avec sa masculinité.

«Il m'encourageait: allez Ben, retire ton tee-shirt, raconte Ben Unger dans cette vidéo. Il était beaucoup plus âgé que moi, j'avais 20 ans à l’époque».

«Je lui ai fait comprendre à plusieurs reprises que je n’étais pas d’accord avec sa méthode, poursuit dans la même vidéo Chaim Levin, qui souvient du moment où le thérapeute lui aurait demandé de se toucher les organes génitaux. Il m'a dit: touche-toi, touche-la une seconde. Comme ça tu pourras appréhender ta masculinité physiquement.»

«Des centaines d'heures d'expérience»
Alan Downing, qui n'a répondu ni aux mails ni aux appels téléphoniques de TÊTU, est présenté sur le site de People Can Change, une association qui propose des thérapies réparatrices, comme ayant des «centaines d'heures d'expérience» dans ce domaine. Il a organisé en Europe et aux Etats-Unis des dizaines de week-ends thérapeutiques proposant aux participants de renouer avec l'hétérosexualité à-travers des sessions de groupe, des exercices de visualisation et d'expression d'émotions. L'association JONAH (Jews Offering New Alternatives to Homosexuality), qui accueille les homosexuels juifs du New Jersey et de New York et dont Downing est actuellement le directeur du coaching et des services de groupes, n'a pas non plus retourné nos appels.

«Downing n'est pas tout le temps dans les médias, mais c'est un leader dans le domaine des thérapies "ex-gay", insiste Wayne Besen, directeur de Truth Wins Out. Il est temps que cette industrie disparaisse.»

Dix-huit morts lors d’une soirée au Mexique

MIS A JOUR. Une fusillade a fait une vingtaine de morts et autant de blessés lors d'une fête d'anniversaire. Un massacre qui ne serait cependant pas un crime de haine mais l'acte d'un cartel de la drogue.

MISE A JOUR 21/07: Des journaux mexicains expliquent que la soirée gay, qui avait été annoncée précédemment en cet endroit et en ce lieu, avait finalement été annulée en dernière minute et avait cédé la place à une fête d'anniversaire sans être spécifiquement homosexuelle. Nous vous tiendrons informés si les faits révèlent à nouveau des liens avec la soirée prévue.

Une invitation lancée via Facebook conviait, dans la nuit de samedi 17 juillet à dimanche, homos et hétéros à une soirée d'anniversaire dans un centre de loisirs de Torreon, une ville du Mexique septentrional (État de Coahuila). Mais la soirée a viré au cauchemar aux alentours d'une heure du matin. Alors que la fête battait son plein, un groupe d'hommes lourdement armés a fait irruption et mitraillé la foule. Dix-huit personnes, selon le dernier bilan, sont tuées et 19 autres sont blessées, dont certaines très grièvement.

Les cartels de la drogue suspectés
Les organisateurs de la fête étaient homosexuels mais d'après un article du journal mexicain Milenio la soirée était ouverte à tous. Et bien que la piste des militants antigays ait été envisagée, elle a très vite était écartée. Les enquêteurs penchent plutôt pour un règlement de compte entre gangs. La guerre de la drogue fait rage au Mexique, et aurait déjà tué plus de 25.000 personnes en quatre ans. Le ministère de l'intérieur a très vite réagi, condamnant «une attaque barbare». L'enquête, quant à elle, suit son cours.

Zimbabwe: Mugabe contre les droits des homosexuels dans la Constitution

«C'est similaire à un comportement de chien!» Une nouvelle fois, le président de ce pays du Sud de l'Afrique a utilisé une homophobie violente, au moment de refuser le moindre droits aux gays et lesbiennes de son pays.

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a réitéré lors d'un rassemblement religieux son opposition à la reconnaissance de droits pour les homosexuels dans la future Constitution, ont rapporté les médias d'Etat dimanche.

«Nous disons non à des droits pour les gays. Nous n'écouterons pas ceux plaident pour leurs droits dans la nouvelle Constitution», a déclaré Robert Mugabe lors d'un rassemblement de l'Eglise apostolique dans l'arrondissement de Marange (est du Zimbabwe).

«Folie»
Le processus politique pour l'élaboration d'une nouvelle Constitution a été lancé le 16 juin conjointement par le président Mugabe et son rival devenu Premier ministre Morgan Tsvangirai. La rédaction d'une nouvelle Constitution fait partie de l'accord élargi signé en février 2009 par les deux partis sur un gouvernement d'union.

«Pourquoi un homme devrait-il avoir une relation avec un autre homme quand les femmes représentent 52% de la population?» MM. Mugabe et Tsvangirai se sont l'un et l'autre déjà prononcés contre la reconnaissance par la constitution des droits des homosexuels.

Robert Mugabe a qualifié l'idée de «folie». Il avait déclaré il y a une décennie que les homosexuels étaient «pires que des cochons et des chiens».

«Comportement de chien»
«Pourquoi un homme devrait-il avoir une relation avec un autre homme quand les femmes représentent 52% de la population? En fait, il y a moins d'hommes que de femmes», avait déclaré pour sa part M. Tsvangirai.

Devant les membres de l'Eglise apostolique, Robert Mugabe s'en est pris à la reconnaissance par l'Eglise anglicane des mariages gays, qualifiant à nouveau l'homosexualité de «un comportement de chien».

«Aujourd'hui l'Eglise anglicane tolère les mariages entre hommes et entre femmes. L'archevêque bénit de tels mariages. C'est similaire à un comportement de chien», a-t-il déclaré.

Deux militants poursuivis
L'homosexualité est illégale au Zimbabwe où le mouvement de défense des droits des gays et des lesbiennes (GALZ) est l'objet de harcèlements de la police, même s'il n'est pas formellement interdit.

Deux permanents du GALZ ont été arrêtés en mai lors d'une opération de police dans les locaux de l'association, où la police affirme avoir trouvé du matériel pornographique. Remis en liberté sous caution, ils sont poursuivis pour infraction aux lois sur la censure.

Europride: pari réussi à Varsovie

Des milliers de participants, des contre-manifestants maintenus à distance par la police... Samedi, les LGBT polonais ont pu faire valoir leurs revendications au cours de cette gay pride européenne, qui rassemblait les militants de plusieurs pays.

Une dizaine de milliers de personnes se sont réunis samedi à Varsovie pour l'Europride, qui avait lieu pour la première fois dans un pays d'Europe de l'Est. Les couleurs, la musique, le soleil de plomb... Tous les ingrédients des gay prides étaient réunis, même si le défilé était tout de même beaucoup plus modeste par rapport à ceux que connaît l'Europe occidentale. L'année dernière, la parade EuroPride s'était tenue à Zurich, en Suisse. Elle avait réuni environ 50.000 personnes.

«Solidaires avec les gays polonais»
Les manifestants ont brandi des banderoles réclamant des droits pour leur minorité, dont le droit à une reconnaissance légale de leurs unions. Onze plateformes tirées par des camions sont parties depuis la grande place devant la mairie de la capitale polonaise, pour parcourir les principales avenues du centre de la ville.

«Nous espérons ouvrir un débat sur la possibilité de légaliser les unions de couples gays et lesbiens mais nous ne sommes pas optimistes qu'une telle législation puisse passer dans un proche avenir», a déclaré Jacek Adler, responsable du site gaylife.pl consacré aux gays en Pologne. «Nous voulons rester solidaires avec les gays polonais. Nous voulons aussi montrer aux policiers polonais que dans la police il n'y a aucun problème à se déclarer gay», a indiqué de son côté l'inspecteur Goran Stanton, président de l'Association des gays dans la police suédoise, participant au défilé à Varsovie.

Huit personnes interpellées  
La municipalité a mobilisé environ 2.000 policiers pour superviser la Marche et protéger ses participants contre d'éventuelles agressions de la part de groupements nationalistes et ultracatholiques qui avaient annoncé des contre-manifestations à proximité du passage de l'Europride. Quelques oeufs ont été lancés en direction des manifestants au départ du défilé mais la police a immédiatement isolé les agresseurs. Huit personnes ont été interpellées.

Des organisations catholiques ont distribué des tracts aux manifestants, représentant une effigie de Jésus Christ prononçant cette phrase du Nouveau testament: «Je ne suis pas venu pour condamner mais pour sauver». Des prières pour la «conversion» des participants à l'Europride ont été organisées dans plusieurs églises de Varsovie.

Deux Polonais sur trois contre les manifestations LGBT
L'organisation de l'Europride en Pologne a suscité des controverses dans ce pays catholique à plus de 90%, où la communauté LGBT fait souvent l'objet de remarques et comportements ouvertement homophobes, y compris de la part d'hommes politiques. Les promoteurs de l'Europride ont d'ailleurs déploré que la municipalité ait refusé de s'engager dans son organisation.

Le président conservateur polonais Lech Kaczynski, mort dans un accident d'avion en avril, avait interdit une marche des fiertés à Varsovie en 2005 quand il fut maire de la capitale. Il a ensuite été condamné pour cette décision par la Cour européenne des droits de l'Homme.

Dans les années suivantes, plusieurs gay pride ont eu lieu en Pologne, souvent accompagnées de contre-manifestations. Selon des sondages, deux Polonais sur trois refusent aux organisations LGBT le droit de manifester dans la rue. 79% des Polonais se déclarent opposés à l'idée des mariages homosexuels et 93% excluent celle de l'adoption d'enfants par des couples gays ou lesbiens.

Mariage homo en Argentine: «une grande avancée sociétale» pour la présidente Kirchner

La chef de d'Etat argentin, qui a défendu le projet de loi, s'est réjoui publiquement du vote du Sénat qui autorise le mariage et l'adoption pour les couples homos.

La présidente argentine Cristina Kirchner ne va pas tarder à décrocher son statut d'icône. Après avoir défendu vigoureusement le projet de loi qui autorise le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe, elle s'est réjoui publiquement du vote favorable du Sénat la nuit dernière.

«C'est un pas positif en faveur de la défense des droits des minorités en Argentine», a déclaré la chef de l'Etat aux médias argentins à Shanghai, lors du dernier jour d'une visite officielle en Chine.

Comparable au droit de vote pour les femmes
La loi a été approuvée à une courte majorité (33 pour, 27 contre et 3 abstentions) au terme de 13 heures de débat, en dépit de la forte opposition de l'Eglise, dans ce pays où 91% de la population se dit catholique (lire notre article).

«Le fait que l'on ait parlé de guerre de dieu, par exemple, a mis en évidence une radicalisation qui n'était absolument pas positive», a déclaré Mme Kirchner, en se référant à des déclarations de l'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Bergoglio, en pointe contre ce projet. Pour elle, il s'agit d'une grande avancée sociétale, comparable à l'autorisation du vote des femmes, des mariages interraciaux aux Etats-Unis ou du mariage civil en Argentine, en 1888.

Son chef de gouvernement, Anibal Fernandez, considère pour sa part que «l'Argentine s'est placée à l'avant-garde de la revendication des droits» en Amérique latine. La présidente Kirchner doit encore promulguer la loi avant que celle-ci entre en vigueur.

Etats-Unis: Début du procès d'un adolescent jugé pour crime homophobe

Agé de 14 ans au moment des faits, il avait abattu de deux balles dans la nuque un adolescent de 15 ans, ouvertement gay et victime de brimades.

Le procès d'un adolescent qui avait abattu à bout portant l'un des élèves de son école parce qu'il était gay s'est ouvert hier en Californie, au terme d'une bataille de procédures qui défraie la chronique.

Le 12 février 2008, alors âgé de 14 ans, Brandon McInerney avait abattu de deux balles dans la nuque le jeune Larry King, 15 ans, en pleine salle de classe, à Oxnard, une ville située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Los Angeles. Le meurtre, qui avait suscité une vague d'indignation à travers les Etats-Unis, est traité par l'accusation comme un crime homophobe, car Larry King, victime en permanence des moqueries de ses camarades, se revendiquait gay.

Pas de report
Selon les témoignages des audiences préliminaires, Brandon McInerney avait menacé de mort Larry King à plusieurs reprises, et avait attendu une vingtaine de minutes, arme en main, avant d'abattre l'adolescent pendant un cours d'informatique.

A la surprise générale, le juge Charles Campbell, de la Cour supérieure du comté de Ventura, à l'ouest de Los Angeles, a refusé aux avocats de Brandon McInerney, aujourd'hui âgé de 16 ans et jugé comme un adulte, le report de «quelques mois» qu'ils demandaient pour pouvoir achever leur enquête et assurer à leur client, qui risque la prison à vie, «un procès juste».

«Je ne pense pas que vous ayez été suffisamment diligents» dans cette affaire, a lancé assez sèchement le juge aux avocats Scott Wippert et Robyn Bramson, qui avaient déjà obtenu un report de deux mois en mai dernier.

«Cette histoire tourne à la blague»
Le juge a suivi le procureur, Maeve Fox, qui avait estimé un peu plus tôt: «Cette histoire est en train de tourner à la blague. On va finir par perdre des témoins, qui vont en avoir assez de tout ça».

A la sortie du tribunal, M. Wippert se montrait scandalisé par la décision du juge et la position de l'accusation. «C'est effrayant de voir un procureur précipiter la tenue du procès d'un garçon de 16 ans quand il est clair, et nous le disons depuis plus d'un mois, que nous ne sommes pas prêts».

Mme Fox a déclaré pour sa part aux journalistes que «la défense avait eu près de deux ans pour se préparer» et que cette «enquête est certainement ce qu'elle aurait dû commencer par faire».

Un appel possible
Poursuivi pour meurtre avec préméditation, Brandon McInerney risque la prison à vie. Le visage impassible, il n'a pas dit un mot lors de l'audience de mercredi. Sa mère était présente dans la salle.

Les débats devaient reprendre lundi avec la sélection du jury, à moins que la défense ne fasse appel de la décision du juge Campbell, ce qu'elle n'excluait pas mercredi. «C'est une option», a déclaré Mme Bramson.

«Restez discrets!» Londres épinglée pour son refus d'asile à deux réfugiés gays

Les demandeurs homosexuels ne devraient plus être déboutés sous prétexte qu'ils peuvent éviter les persécutions en dissimulant leur orientation sexuelle.

Nouvelle chance pour l'Iranien H.J. et le Camerounais H.T. Mercredi 7 juillet, à l'unanimité, la Cour suprême de Londres les a autorisés à faire appel du rejet de leur demande d'asile, basée sur les risques encourus en raison de leur homosexualité.

«Nier le droit à être qui l'on est»
H.J. et H.T., qui risquent respectivement chez eux la pendaison et cinq ans de prison, reviennent de loin. Le précédent gouvernement avait instauré en 2006 un «test pour le statut de réfugié». Le principe? Déterminer si, renvoyés dans leur pays, les homosexuels peuvent «raisonnablement» rester discrets afin d'éviter les persécutions. C'était apparemment le cas de H.J. et H.T., déboutés en première instance et devant la Cour d'appel.
 
Les deux hommes ont cependant fait valoir que le test violait la convention de 1951 relative au statut de réfugié, un texte des Nations-Unies dont la Grande-Bretagne est signataire. La Cour suprême leur a donné raison. «Obliger un homosexuel à feindre que sa sexualité n'existe pas ou supprimer la façon dont il se comporte revient à nier son droit fondamental à être qui il est», a expliqué le juge Lord Hope, avant de rappeler l'égalité des droits humains entre hétéros et homos.

«Bonne nouvelle»
Reste que la décision de la Cour suprême pourrait faire jurisprudence. Une nouvelle dont se réjouit, en France, l'Association de reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour (Ardhis). «Le fait qu'un demandeur d'asile n'ait pas été jusqu'à extérioriser son homosexualité dans son pays parce qu'il craignait des persécutions possibles, et probables, est un motif d'octroi du statut du réfugié. On ne peut plus renvoyer une personne en lui disant: "Chez toi, tu vivras comme un hétéro. Comme ça, tu ne seras pas en danger, tu ne seras pas en prison"», commente Thomas Fouquet-Lapar, président de l'Ardhis.
 
Les dossiers de H.T. et H.J. seront ainsi de nouveau examinés, de même que d'autres affaires, selon la ministre britannique de l'Intérieur, Theresa May. «C'est une très bonne nouvelle», estime Mathilde Chevalier, de la Commission LGBT d'Amnesty International France.

«Comment décider?»
Dressant un parallèle avec la France, la militante souligne que, s'il y a des avancées, «ce qu'on rejette avant tout, c'est la notion de «pays sûrs» dans lesquels sont englobés des pays qui pénalisent l'homosexualité». Pour sa part, Thomas Fouquet-Lapar constate que «certaines décisions récentes de l'Ofpra (Office français pour les réfugiés et apatrides, ndlr) vont dans le sens de la décision de la Cour suprême britannique».
 
Il conclut toutefois qu'en France comme en Grande-Bretagne une question reste en suspend concernant le traitement des demandes d'asile: «Comment évaluer une orientation sexuelle? Quelquefois c'est criant, mais parfois non. Alors comment décider?».

«McDo n'a rien fait pour la communauté LGBT américaine»

Alors que la marque fait des appels du pied aux gays français, le divorce est consommé entre McDo et les homos aux Etats-Unis. Le président de la chambre de commerce LGBT américaine revient pour TÊTU sur la relation tumultueuse entre son organisation et le géant du burger.

«Rien... A ce jour, nous n'avons pas eu de réponse ». Quand on demande à Justin Nelson si McDonald's a répondu à la lettre bien sentie qu'il a adressée à son PDG James Skinner le 3 juin dernier (lire article), on décerne une pointe d'amertume dans sa voix.

Partenariat en grande pompe en 2008
Pour le président et co-fondateur de la Chambre de commerce LGBT outre-Atlantique, la NGLCC (National Gay and Lesbian Chamber of Commerce), le constat scelle de facto le divorce entre McDonald's et son organisation. Une série d'attentes déçues, de rendez-vous manqués et une pub française auront donc eu raison du partenariat que le couple avait noué en grande pompe deux années plus tôt. «La relation se dégradait depuis longtemps, reconnait-il aujourd'hui. On se demande même pourquoi ils ont rejoint la Chambre de commerce !»

En effet, dès 2008, la relation entre la marque américaine et la Chambre de commerce, qui compte 120 entreprises-membres et défend les intérêts de 1,4 millions de commerces LGBT aux US, démarrait sous de bien mauvaises auspices. L'AFA (American Family Association), une association familiale conservatrice, avait appelé au boycott de McDo pour dénoncer la décision de la chaîne de restauration rapide de participer au financement de l'organisation, accusée de «soutenir de le mariage homosexuel»,  ainsi que d'avoir autorisé son vice-président chargé de la communication à rejoindre le bureau exécutif de la Chambre (lire article).

«Ils n'ont rien fait»
Si l'on en croit Justin Nelson, l'épisode, violent, qui durera plusieurs mois, définira les relations à venir avec le géant du burger. Quelques mois plus tard, en 2009, en l'échange du sponsoring du grand diner annuel de la NGLCC, il demande à McDo un «plan d'action» en faveur de la communauté LGBT américaine, que ce soit à travers un soutien au monde associatif LGBT ou à une gay pride par exemple. C'est la désillusion : «Ils n'ont rien fait, se souvient-il. Il manque un leadership fort à McDonald's. La loi de quelques uns est devenue la loi du plus fort. C'est dommage.»

La suite de l'histoire est celle d'une accumulation de déceptions. Fin janvier 2010, la NGLCC se voit répondre dans un entretien téléphonique avec des responsables de McDonald's que l'enseigne ne soutiendrait pas la Supplier Diversity Initiative, initiative clé de la Chambre de commerce pour promouvoir les fournisseurs «friendly». Puis, en mai dernier, il découvre ce qui est désormais appelé la «French ad», qui montre un enfant gay avec son père dans un restaurant McDo. Pour un Justin Nelson «irrité, frustré» selon ses propres termes, la pub diffusée en France et non aux Etats-Unis est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. «On ne pouvait pas continuer un partenariat avec une entreprise qui ne tenait pas ses promesses.»

«Ça ne nous fait pas mal»
Si le PDG de McDo fait la sourde oreille, Nelson espère toujours que la compagnie reverra sa politique en direction des LGBT. « Leur départ de la NGLCC ne nous fait pas mal car nous avons plus de 120 membres, assure-t-il. En revanche, même si la compagnie ne nous rejoint pas, j'aimerais que McDonald's s'engage pour les LGBT pour aider la communauté dans son ensemble.»

La prison, danger pour les jeunes homos américains

REVUE DE PRESSE. Les jeunes gays et lesbiennes seraient trop souvent envoyés dans des centres de redressement et y subiraient plus de violences que leurs codétenus hétérosexuels. Une enquête inquiétante qui vient de sortir dans le journal américain «The Nation».

Krystal, une jeune trans de 18 ans, affirme avoir subi la violence de ses co-détenus au quotidien, après avoir refusé les avances de certains matons. Comme elle, les adolescents LGBT sont plus fréquemment et injustement envoyés en prison que leur camarades hétéros. C'est en tout cas ce que prétend un article du journal américain The Nation.

D'après Marty Beyer, une psychologue clinicienne américaine, «les jeunes LGBT sont plus susceptibles d'être arrêtés que les jeunes hétéros, parce qu'ils sont souvent chassés de leur foyer et se retrouvent dans la rue». Plus facile donc d'envoyer les jeunes SDF en détention que de les aider. Marty Beyer ajoute même: «une fois arrêtés, les ados homosexuels sont souvent soumis à une incarcération inutile, à la violence verbale et physique de leurs pairs et des gardiens, aux tentatives de conversions religieuses antigay, et parfois même aux agressions sexuelles».

Agressés douze fois plus souvent
Si l'étude estime à 10% environ la proportion de gays, lesbiennes, bi ou trans dans la population américaine, les jeunes LGBT représentent 15% de la population carcérale. Pire encore, d'après un rapport du ministère de la Justice datant de 2009, les jeunes homos incarcérés sont douze fois plus souvent agressés sexuellement par un codétenu que les hétéros. Autre aspect particulièrement préoccupant: en Louisiane, par exemple, 10% de tous les abus sexuels sur les jeunes gays sont perpétrés par un membre du personnel pénitentiaire.

L'intégralité de l'article (en anglais) est à lire ici.

Mariage et adoption pour les homos: c'est en bonne voie au Luxembourg

Le gouvernement luxembourgeois a validé vendredi le projet de loi qui doit autoriser le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe. Le texte doit maintenant passer devant le Parlement.

Le Luxembourg a fait vendredi un pas de plus vers le club des pays européens où le mariage et l'adoption sont accessibles aux couples homos. Les gays et les lesbiennes luxembourgeois peuvent déjà se pacser, mais sans bénéficier des mêmes avantages que les couples hétéros mariés. Or cela devrait bientôt changer: le Conseil de gouvernement, l'équivalent de notre Conseil des ministres, a adopté vendredi le projet de loi modifiant les textes relatifs à l'union de couples du même sexe, ainsi que ceux régissant les règles de l'adoption. C'était l'un des engagement du nouveau gouvernement formé en juillet 2009 par Jean-Claude Juncker. Si le texte termine sans encombre son parcours législatif, les homos luxembourgeois pourront bientôt se marier et adopter.

Adoption simple
Concernant la possibilité d'adopter, le projet de loi entend favoriser l’intérêt de l’enfant en ouvrant l’adoption simple aux couples de même sexe, qu'ils soient mariés ou pacsés. Cela signifie que l'un des partenaires pourra adopter l'enfant de son conjoint, à condition qu'ils aient plus de 25 ans.

Cette décision du gouvernement n'en reste pas moins qu'une étape, car le texte ne devrait pas entrer en vigueur avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Guy Schuller,responsable de la communication du gouvernement, explique dans un article de lessentiel.lu qu' «en ce qui concerne une adoption définitive de la loi, il faut compter, dans le meilleur délai six mois, au vu d'éventuelles oppositions parlementaires et avis du Conseil d'Etat. Mais en ce qui concerne le gouvernement, il s'agit d'une réforme prioritaire.»

Marseille et Nice ont bouclé la saison 2010 des Marches des fiertés

Plusieurs milliers de personnes ont défilé hier sous le chaud soleil du sud, pour la Lesbian and Gay pride marseillaise, et la Pink Parade niçoise... Sur le Vieux-Port, la reconnaissance des familles homoparentales étaient au coeur des revendications.

L'arrivée de la Marche marseillaise du le Vieux-Port (capture extraite de la vidéo ci-dessous)

Plusieurs milliers de personnes - 3.000 selon la police, près de 10.000 selon les participants- ont défilé samedi après-midi pour la Lesbian and Gay Pride.

Après la décision de la Cour de cassation
«Tous citoyens, tous égaux?», interrogeait la banderole tendue sur le camion de tête tandis qu'un orateur s'adressait à la foule en ces termes: «Nous sommes dans la rue à Marseille pour l'égalité. Et l'égalité passe par la reconnaissance des familles homoparentales».

La décision de la Cour de cassation, qui a reconnu le statut de parents à deux femmes jeudi, a ouvert une brèche dans la loi et a remis la revendication de l'adoption par les couples homos au premier plan. Le thème de la famille a donc été largement repris pendant le défilé marseillais, où avaient pris place bébés et enfants.

Pride factory
«La famille change, changeons la loi», «pour une égale protection des enfants, quel que soit leur environnement familial» ou «pour la reconnaissance totale du couple homosexuel», pouvait-on encore lire sur les banderoles tendues sur les chars ou portées à bout de bras.

Le défilé, parti du parc du 26e centenaire au sud-est de la ville, est arrivé trois heures plus tard sur le Vieux-Port de Marseille où les organisateurs, Tous & Go, avaient préparé un apéritif géant. La journée s'est achevée par la Pride Factory, une grande soirée qui avait lieu aux Docks des Suds.

Pink parade indépendante
Traditionnellement, ce dernier week-end de gay prides était celui de la marche de Nice. Entre 3 000 et 7 000 personnes ont défilé sur la Promenade des Anglais, pour cette 7e édition de la Pink Parade qui tient à son indépendance par rapport aux Marches «officielles» chapeautées au niveau national par la coordination Interpride.

Les manifestants ont rejoint l'esplanade du Mamac, où l'association organisatrice AGLAE avait prévu un apéro géant, suivi d'une Pink Party au High Club.

Un aperçu de l'ambiance de la Lesbian and gay pride de Marseille:

 

Adoption pour les couples homos en France: état des lieux

La Cours de Cassation a confirmé jeudi 8 juillet, la validité d'une adoption obtenue aux Etats-Unis pour la compagne française d'une Américaine. Un premier pas vers l'ouverture de l'adoption pour les couples de mêmes sexes? Voici où l'on en est, et ce que cela peut éventuellement changer

La décision prise par la Cour de Cassation jeudi marque un tournant qui pourrait conduire le législateur à adapter les textes à cette situation nouvelle. Voici pourquoi.

Que s'est-il passé?
La cour a accepté de rendre exécutoire en France une décision de la Cour Suprême du comté de DeKalb en Géorgie (Etats-Unis). La Haute Cour française a statué au bénéfice de la compagne française de la mère biologique américaine d'une petite fille, lui reconnaissant un lien de filiation ave l'enfant. Le couple, installé aux Etats-Unis, aura attendu onze ans pour se voir reconnaître les mêmes droits dans les deux pays, l'enfant étant née en 1999. Le 9 octobre 2008, la cour d'appel de Paris s'était déjà dite défavorable à cette validation, au nom des intérêts de l'enfant. Car en droit français, l'adoption par le conjoint signifie la perte d'autorité parentale du parent biologique si le couple n'est pas marié. Or la décision américaine ne destituait pas la mère de ses droits. En transposant la validité de cette décision américaine en France, la Cour de Cassation a initié une révolution.

La Haute Cour a ainsi signifié que l'adoption par un couple de même sexe n'est pas contraire à l'ordre public français. Si cette adoption n'est pas en contradiction avec les valeurs de la République, il peut être reconnu qu'une adoption faite en France ne les viole pas non plus. Mais cela implique une modification du droit. Or, la décision de la Cour de Cassation ne modifie pas la loi.

Couple homo et adoption d'enfant: les trois cas de figure
L'adoption pour les couples de mêmes sexes revêt cependant désormais trois facettes: l'adoption déjà légale dans un pays étranger qui peut être reconnue en France ; l'adoption par le conjoint, de l'enfant de son partenaire ; l'adoption d'un enfant étranger au couple.

L'adoption déjà légale dans un pays étranger
Selon l'avocate du couple franco-américain, Caroline Mécary, cette décision peut permettre à « tous les couples de même sexe ayant obtenu une décision d'adoption à l'étranger de la faire reconnaître» en France sur la base de cette jurisprudence. Les cas sont peu nombreux, « une centaine » d'après la juriste puisque. Mais cela peut, selon elle, créer, dans l'état de nos lois, une situation de discrimination « à rebours » pour les couples ayant obtenu l'adoption ici. Cette décision, si elle ne change donc rien au droit français, peut éventuellement inciter le parlement à modifier la loi au profit des couples de même sexe. Mais ses effets pour les couples adoptant en France ne devraient pas se voir dans un futur proche.

L'adoption par le conjoint de l'enfant de son partenaire

A l'heure actuelle, si une personne non mariée, homosexuelle ou hétérosexuelle a un enfant (adopté, né d'une relation précédente, dans le cadre d'un projet de coparentalité, etc.) et souhaite que son ou sa partenaire soit juridiquement lié(e) à l'enfant, il peut uniquement demander une délégation de l'autorité parentale. Car l'autorité parentale ne peut être partagée que par les deux conjoints d'un couple marié. C'est sur ce point, inscrit dans la loi à l'article 365 du Code Civil, qu'ont butté toutes les demandes de partage de l'autorité parentale dans des familles homoparentales. Ainsi, si la justice accordait l'autorité parentale au partenaire du parent biologique de l'enfant, celui perdrait sa propre autorité parentale, puisqu'elle ne se partage pas entre concubins ou pacsés. Le décalage entre les dispositions prévues par cette loi et les réalités familiales actuelles viennent même de pousser la Cour de Cassation à demander au Conseil constitutionnel d'émettre un avis sur cet article, qui «institue une distinction entre les enfants au regard de l'autorité parentale, selon qu'ils sont adoptés par le conjoint ou le concubin de leur parent biologique».

L'adoption d'un enfant étranger au couple

Pour ce qui est de l'adoption d'un enfant étranger au couple, la DASS n'accorde son agrément qu'aux célibataires ou aux hétérosexuels mariés. Pour avoir un enfant, les couples homos - dans l'impossibilité légale de se marier - font la demande d'agrément au nom de l'un des deux. Pour que le conjoint se voie reconnaître un lien avec l'enfant il devra passer par toutes les difficultés que nous venons d'évoquer, et, au mieux, se contenter d'une délégation d'autorité parentale.

La solution pour les couples homos reste donc pour l'instant inchangée. Pour qu'elle évolue il faudrait que la décision du 8 juillet 2010 incite à une modification du droit d'adoption français en faveur des couples pacsés ou en union libre, ou bien tout simplement que la loi française autorise le mariage homosexuel.

 

Deux femmes reconnues comme parentes adoptives: Christine Boutin s'indigne

Au lendemain de la décision de la Cour de cassation de valider une décision de justice américaine et de reconnaître deux femmes comme parentes adoptives, le parti Chrétien-démocrate de Christine Boutin crie à la perte de souveraineté.

Le Parti Chrétien-Démocrate (PCD) de Christine Boutin n'a pas tardé à réagir. Hier, la Cour de cassation validait en droit français une décision de justice américaine accordant l'adoption conjointe à un couple de femmes.

Aujourd'hui, le PDC s'insurge, et se demande si la France n'a pas «décidé d'abandonner sa souveraineté». Le parti de Christine Boutin (allié à l'UMP) estime que «les juges de la Cour de cassation outrepassent leurs fonctions qui devraient être de défendre le droit national et non de favoriser son détournement».

Le PCD rappelle notamment que la Cour européenne des droits de l'Homme avait estimé le 24 juin que chaque Etat devait être libre de légiférer comme bon lui semble en matière de droit au mariage homosexuel, suite au pourvoi de deux gays Autrichiens qui souhaitaient se marier. Il est vrai que la cour avait rejeté leur demande en se lavant les mains au passage de cette question embarrassante, évoquant des «connotations sociales et culturelles profondément ancrées qui diffèrent largement d'une société à l'autre». Bref, à chaque Etat de se débrouiller.

Demain la polygamie?
Même s'il ne s'agissait que du mariage, c'est une aubaine pour le parti de Chritine Boutin, qui s'engouffre dans la brèche: «alors que les juges de la CEDH ont eu la sagesse de reconnaître la nécessité de traiter ces questions dans le cadre national, faut-il que nos juges acceptent un contournement pernicieux et symbolique de nos dispositions internes?». Et d'achever par une comparaison du meilleur goût: «Si demain un polygame vient nous dire que dans certains pays cette pratique est autorisée, s'alignera-t-on aussi de la même manière? Cette confiscation de la loi par des juges, capitulation sans précédent du droit français, va à l'encontre des principes fondamentaux de notre démocratie», estime le Parti Chrétien-Démocrate.

Du côté des réactions positives, l'Inter-LGBTs'était félicitée dès hier soir de cette décision de la Cour de cassation. «Pour la première fois, et par l'application d'une décision d'une justice étrangère, il y a une reconnaissance implicite d'une famille homo-parentale via le biais d'un couple bi-national», saluait Vincent Loiseau, porte-parole de l'Inter-LGBT. Tout en déplorant l'immobilisme français sur cette question, «alors que l'on sait que 57% des Français y sont favorables», soulignait-il, rappelant un sondage paru en novembre 2009 (lire article sur ce sondage).

Insultes homophobes à Monaco: un homme condamné à cinq jours de prison

Verdict sans précédent à l'encontre d'un homme reconnu coupable d'avoir injurié, au moins à deux reprises, un gardien d'immeuble en raison de son homosexualité. C'est la première fois que la justice monégasque était saisie d'une affaire d'homophobie.

Verdict sans précédent dans la lutte contre l'homophobie. Mardi, le tribunal correctionnel de la principauté de Monaco a prononcé une peine de prison ferme à l'encontre de l'agresseur récidiviste d'un homosexuel. Cinq jours de réclusion assortis de 5 000 euros de dommages et intérêts. Philippe A, un retraité de 52 ans, a été reconnu coupable d'avoir proféré à deux reprises des insultes liées à l'orientation sexuelle d'Arnaud C, un concierge de 33 ans. Tous les deux sont français résidant à Monaco.

Les premiers faits remontent à janvier. L'agresseur était venu rendre visite à sa mère qui habite, dans le centre de Monaco, la résidence où la victime est gardien. Alors qu'il s'était entretenu avec lui, Philippe lâche qu'il « vient de parler au petit pédé ». Une remarque prononcée à haute voix qui n'échappe par au concierge. Il récidive début juin. Témoignages à l'appui, Arnaud dépose plainte à chaque fois. Bien que défendu par de nombreux copropriétaires venus le soutenir jusqu'à l'audience, le jeune homme, dans ce contexte lourd, d'abord affecté par des troubles du sommeil, tombe en dépression. Au terme de plusieurs arrêts maladie, il est déclaré «inapte à travailler dans tout immeuble où se trouve Monsieur A.». Avant qu'il ne perde son emploi et son logement de fonction, il est pris une troisième fois à parti par son agresseur le 29 juin.

«Ce n'est pas cher payé»
«Même si mon seul objectif était de mettre hors d'état de nuire cet infâme individu, cinq jours de prison et 5 000 euros ce n'est pas cher payé, minore Arnaud. Car, outre mon préjudice moral, je me retrouve aujourd'hui au chômage et à la rue à cause de lui.»

Il n'empêche que le verdict fait la une de la presse cette semaine sur le Rocher. Au-delà de sa sévérité «qui se justifie autant par les insultes proférées, analyse un journaliste, que par la désinvolture de leur auteur qui a prétexté une crise d'angoisse pour ne pas assister à l'audience», c'est la première fois que la justice monégasque était saisie d'une affaire d'homophobie. Aucune loi ne sanctionne ce type d'agression en principauté. C'est désormais le cheval de bataille d'Arnaud qui a tenté de sensibiliser la princesse Stéphanie à travers son association Fight aids contre le sida et espère bientôt obtenir une audience auprès du conseil national.

Le jeune homme est optimiste «car Monaco n'est pas homophobe. Il y a beaucoup de gays ici qui vivent très bien». «L'homosexualité est toujours taboue en principauté, mais de moins en moins», nuance notre confrère. La preuve : songeant aux dernières insultes dont Arnaud a fait l'objet, le procureur a prévenu à l'issue de son réquisitoire qu'il se montrera « encore plus sévère pour la troisième plainte qui devrait être jugée à l'automne.» L'affaire n'est pas terminée

La Cour de cassation ouvre une brèche vers l'adoption pour les couples homos

Un arrêt de principe rendu jeudi reconnait sur le sol français la validité d'une adoption obtenue par deux femmes aux Etats-Unis. Une décision qui fera jurisprudence, et qui place la législation française devant ses contradictions. Explications.

La Cour de cassation a ordonné jeudi l'exécution en France d'une décision de justice américaine selon laquelle un enfant adopté peut avoir pour parents deux personnes de même sexe. Une décision qui crée un précédent fondamental en matière d'adoption par les couples homos, qu'ils soient ressortissants étrangers ou français.

«Partage de l'autorité parentale»
La haute juridiction ordonne qu'un jugement d'adoption prononcé aux Etats-Unis au bénéfice de la compagne française de la mère américaine d'une petite fille soit reconnu en France. Le statut équivalent de parent est donc reconnu en France à un couple d'adoptants homosexuels alors que dans l'état actuel du droit seul un parent adoptif peut être reconnu, son concubin demeurant un tiers aux yeux de la loi.

Pour la cour de cassation, le refus d'exécuter dans l'Hexagone le jugement américain ne peut se fonder sur le motif qu'il heurte des principes essentiels du droit français. C'étaient les motifs avancés par un arrêt de cour d'appel de Paris du 9 octobre 2008 qui avait débouté les deux femmes de leur demande. Or il n'en est pas ainsi de «la décision qui partage l'autorité parentale entre la mère et l'adoptante de l'enfant», écrivent les magistrats dans leur arrêt.

Discrimination
«C'est un pas considérable fait vers l'égalité de traitement des enfants élevés par deux femmes ou deux hommes», réagi Me Caroline Mécary, l'avocate du couple contactée par TÊTU. Cet arrêt de la cour de cassation signifie que «tous les couples de même sexe ayant obtenu une décision d'adoption à l'étranger pourront la faire
reconnaître» en France sur la base de cette jurisprudence. Cela concerne quelques centaines de dossiers à l'heure actuelle, estime l'avocate, mais ce chiffre devrait grossir au fur et à mesure que des pays étrangers reconnaissent l'adoption par des couples homos.

Mais par ailleurs, Me Mécary estime que «se trouve posée la question de la pertinence de la législation française actuelle qui ne permet pas l'adoption par le second parent de même sexe et l'adoption par des concubins ou des pacsés, quel que soit leur orientation sexuelle». Si désormais deux parents homos étrangers peuvent être considérés légalement comme parents en France, une discrimination s'établit de fait avec les couples homos français qui se voient refuser une demande d'adoption. Ce type de discrimination, «à rebours», précise Caroline Mécary, devrait donc contraindre le législateur à revoir la loi sur l'adoption, dont l'essentiel des termes date de 1966.

Pologne: Le nouveau président devra composer avec les questions gays

Le libéral Komorowski a remporté les élections présidentielles en Pologne. Mais son avance plus limitée que prévu montre qu'il lui faudra composer avec la gauche, plus tolérante sur les questions de mœurs en général et l'homosexualité en particulier.

Le suspense a pris fin dimanche soir avec la publication des résultats définitifs du vote des Polonais. Bronislaw Komorowski, président par intérim issu du parti au pouvoir Plate-forme civique, a été élu à la tête de la Pologne avec 53% des voix. Il faisait face au conservateur Jaroslaw Kaczynski, le frère de l'ancien président tué dans un accident d'avion le 10 avril dernier.

Pas de déclarations homophobes
Première surprise, l'écart entre les deux candidats a été plus serré que prévu. Certains sondages comme celui du journal Gazeta Wyborcza donnaient en effet Komorowski vainqueur dès le premier tour! Il faut dire que son adversaire a été particulièrement habile dans la gestion de son image. Jaroslaw Kaczynski s'est particulièrement appliqué à gommer son agressivité naturelle et sa propension à la controverse. Morceau choisi: c'est lui qui avait soutenu en 2005 : « l'affirmation de l'homosexualité conduira à la ruine de la civilisation». Pour cette campagne, il a soigneusement évité la polémique en n'abordant que des thèmes rassembleurs. Le vainqueur, de son côté, ne s'est jamais distingué par des déclarations homophobes, quoique son parti de droite libérale ne fasse pas mystère de convictions peu progressistes en matière de mœurs.
 
Le réel imprévu est plutôt venu de la gauche, que les analystes disaient moribonde en Pologne. Le candidat du parti SLD (gauche démocratique), Grezgorz Napieralski, a remporté 13,6% des suffrages au premier tour, alors que les sondages le créditaient de 3 à 10% des intentions de votes. Les médias l'attendaient donc comme l'arbitre du second tour. Le jeune homme politique, 36 ans, ne cachait pas le prix de son soutien: adhésion à la Charte des droits fondamentaux (que l'ancien président avait refusée afin de ne pas accorder trop de droits aux gays), introduction de la parité hommes/femmes aux élections, retrait des troupes polonaises en Afghanistan. Son parti prépare par ailleurs un projet de loi sur un partenariat civil ouvert aux homosexuels.

Patience et combativité
Finalement, Napieralski n'appellera à voter pour aucun des deux candidats, ses conditions n'ayant pas été satisfaites. Les résultats prouvent logiquement que les voix de gauche se sont majoritairement reportées vers Komorowski, pro-européen et plus centriste. Celui-ci devra donc compter avec cet électorat jeune plus ouvert sur des questions sociales. Prochain enjeu: les élections législatives au premier semestre 2011, qui pourraient de nouveau renverser la vapeur. Mais les LGBT polonais devront surtout s'armer de patience et de combativité pour voir leur situation s'améliorer: pas de loi anti-discrimination, pas d'union civile, pas de législation anti-discours de haine, le chemin vers l'égalité reste long à parcourir en Pologne

Centre d’archives LGBT de Paris: enfin du neuf à la rentrée? 

 Dans une lettre à l’Inter-LGBT expliquant son absence lors de la Marche des Fiertés de Paris qui a eu lieu le 26 juin dernier, Bertrand Delanoë annonçait que Jean Le Bitoux avait légué son fonds d’archives à la Ville de Paris et expliquait l’importance du projet de Centre d’archives LGBT de Paris pour le fondateur de Gai Pied.

Yagg fait le point sur ce projet et son état d’avancement, alors qu’il semble stagner depuis plusieurs années.

« INTERLOCUTEUR OPÉRATIONNEL »
« Le vendredi 18 juin, une lettre a été envoyée à la Mairie de Paris par les légataires testamentaires de Jean Le Bitoux, son dernier compagnon et son ex-compagnon, et par les frères de Jean Le Bitoux », explique à Yagg Hussein Bourgi, président du Mémorial de la déportation homosexuelle. Ce courrier comportait deux demandes du fondateur de Gai Pied: « il informe d’abord du legs indivisible des archives et que ce legs indissociable est destiné au Centre d’archives LGBT. Puis ses héritiers et ses frères demandent au Maire de Paris de désigner un « interlocuteur opérationnel ». Cet interlocuteur sera chargé de mettre en œuvre la donation. Soit la Mairie de Paris est en mesure de réceptionner les archives et les stocker le temps que le centre sorte de terre, soit il faudra que les héritiers les conservent en attendant ».

« Depuis le décès de Jean Le Bitoux, je suis cet interlocuteur, précise à Yagg Philippe Lasnier, qui s’occupe des questions LGBT à la Mairie de Paris. Ces archives représentent environ 2 mètres cube, soit 40 cartons, ajoute-t-il. La recherche de lieu de stockage en attendant que le centre ouvre est en cours ».

« J’ai rencontré à trois reprises Jean Le Bitoux dans les mois qui ont précédé son décès, déclare à Yagg Louis-Georges Tin, du Comité Idaho, chargé du dossier du centre. Il m’avait exprimé son désir de nous confier ses archives, comme il l’a confirmé dans son testament. C’est le fruit d’un accord élaboré depuis près d’un an. Sa décision a suscité en moi une certaine émotion, mais aussi un sentiment très fort de responsabilité. Il s’agit de Jean Le Bitoux: il représente à lui tout seul cinquante ans de mobilisation gay et lesbienne, de la mémoire de la déportation au sida en passant par Gai Pied« .

« LE PROJET DOIT ÊTRE MENÉ À BIEN »
La Ville de Paris est en attente d’un Centre d’archives LGBT depuis des années mais il se pourrait bien que ce projet prenne un nouveau tournant dès la rentrée prochaine.

« Le projet date de 2001. L’Inter-LGBT le portait et l’a fait valider par le Maire de Paris. C’est une institution montée sous la houlette de Jean Le Bitoux, rappelle Philippe Lasnier. Il y a eu des polémiques de quelques personnes qui voulaient être dans les instances mais la Mairie n’impose rien, on ne donne pas d’ordres aux associations, ajoute-t-il. Il y a eu également des attaques violentes, surtout lorsque Jean Le Bitoux était malade. Avec le travail en aval de Jean Le Bitoux, Louis-Georges Tin a réussi à mettre les gens autour de la table. Le projet doit être mené à bien. L’urgence est que rien ne se perde. La priorité sont les documents audios et écrits. La Ville est prête à dénicher un local qui soit bien placé en termes logistique et humain mais elle ne veut pas financer le projet à elle seule parce que le centre a vocation à être francilien. Il y a eu une demande concrète d’aide à la Ville pour un local et une subvention, mais on ne pourra pas tout financer. Pour le moment, on attend la demande de l’association pilotée par Louis-Georges Tin. Rien n’a bougé depuis quelques années, mais il y aura une concrétisation s’il n’y a pas de polémique ».

« APLANIR LES DIFFICULTÉS PASSÉES »
« Les travaux sont en cours, confirme Louis-Georges Tin. La prochaine étape se fera d’ici la rentrée avec des négociations pour terminer le projet. Puis un rapport sera adressé à la Mairie, à la Région et à l’État. La mission est d’accueillir toutes les archives. Nous avons déjà pris des contacts et obtenu des promesses de dons d’archives de personnes LGBT âgées, mais aussi de politiques qui ont joué un rôle important ces dernières années. Mon travail était de les réunir mais aussi d’aplanir les difficultés passées. La Mairie a fait appel à moi pour faire le lien entre les différents interlocuteurs, et mener le projet à son terme ».

 

Les huit revendications du collectif LGBT «Egalité des Droits»

Plus d'une vingtaine d'associations a décidé de miser sur le collectif. Autour d'une campagne et d'une pétition commune, elles veulent créer un large rassemblement et placer les droits LGBT au cœur des prochaines campagnes électorales. Découvrez leurs revendications.

Face à «la stagnation des droits des trans, des pédés et des gouines», l'heure est au rassemblement. Plusieurs associations se sont ainsi regroupées et ont lancé il y a quelques jours la campagne Egalité des droits. A l'origine de cette initiative: un noyau dur, composé des Panthères Roses, d'Outtrans, d'Etudions Gayment, de Helem et de l'association nantaise MixCité. Ensemble, elles ont trouvé un terrain d'entente autour de huit revendications, qui constituent le socle de la campagne et la base de leur union.

Ainsi, elles exigent : un mariage et une adoption uniques quelque soit le sexe des partenaires, l'accès aux PMA (Procréations médicalement assistées) pour tous, l'accès au droit au séjour pour les couples non européens pacsés, le don du sang accessible à touTEs, la possibilité de modifier son état civil sur simple déclaration, une lutte effective contre les discriminations liées au sexe, à la sexualité et à l'identité de genre et la reconnaissance comme discrimination par la Halde et l'Etat de la transphobie. «Ce sont des revendications simples, les plus basiques et les plus urgentes, explique Raphael, militant des Panthères roses, qui travaille à l'élaboration de cette plate forme depuis plus de six mois. Nous avons un problème de mobilisation de masse. Il fallait définir ce qui pouvait tous nous regrouper pour créer le rassemblement le plus large possible. Nous avons vocation à être rejoints par toutes les associations LGBT et toutes celles qui luttent contre les discriminations, ainsi que par les partis politiques et les syndicats.»

Des centaines de signatures
Mise en ligne la semaine dernière, la pétition a déjà recueilli des centaines de signatures et attiré le NPA, le syndicat Solidaires et une vingtaine d'autres associations. Parmi elles, plusieurs Centre gay et lesbien, dont ceux de Paris, Rennes et Strasbourg, le collectif contre l'homophobie et la LGP de Montpellier, Homozygotes, les Alternatifs ou des Ils et des Elles. Toutes viennent d'horizons divers, leurs revendications et leurs moyens d'actions peuvent varier, la seule condition pour entrer dans le collectif est de souscrire aux 8 points cardinaux de la plate-forme. «Tout le monde est bienvenu», clame Raphael avant de confier que, pour favoriser le rassemblement, même les toujours turbulentes Panthères ont accepté de faire quelques concessions et que «chacun a mis de l'eau dans son vin».

Cet œcuménisme, tous le veulent durable et l'objectif de la campagne paraît ambitieux. Le collectif espère imposer ses revendications dans les campagnes électorales qui approchent et faire de la plate-forme une sorte de pacte auquel devront adhérer «tous les candidats progressistes». «Nous souhaitons que les partis politiques signent la plate-forme et que les candidats s'engagent sur ces points et les reprennent dans leur programme, annonce Raphael. Et plus nous serons nombreux et rassemblés, plus ce sera facile de mettre en place l'égalité des droits.»

Pour en savoir plus et retrouver la pétition : www.egalitedesdroits.fr

Contact: «Nous voulons être encore plus présents dans la lutte contre l'homophobie»

L'association Contact favorise le dialogue entre les enfants homosexuels et leurs parents. Elle vient d'achever sa 1ère édition du festival «Un Printemps pour le Dialogue en Île-de-France». Entretien avec Jean-Claude Pinchon, le président de Contact.

Contact est née dans l'esprit de cet ancien président du «MAG - Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans», qui se trouvait très fréquemment interpellé par les jeunes de l'association sur la difficulté à confier leur homosexualité à leurs parents, aboutissant parfois à des relations familiales conflictuelles voire à une rupture. Ressentant la nécessité de répondre à ce problème et suite à sa rencontre aux Etats-Unis avec Paulette Goodman, présidente de la fédération PFLAG (Parents, Families and Friends of Lesbians and Gays) au printemps 1992, des groupes de parole sur ce thème se sont dans un premier temps mis en place au sein du MAG. Dans un second temps, grâce au soutien de quelques parents et amis, Jean-Pierre Pinchon (photo) crée l'association Contact et la déclare officiellement début 1993.


TÊTU: Comment avez-vous eu l'idée de créer «Un Printemps pour le Dialogue en Île-de-France»?

Jean-Claude Pinchon: Depuis plus de 15 ans, Contact* mène de nombreuses actions afin d'améliorer le dialogue et l'acceptation mutuelle dans les familles concernées par l'homosexualité et/ou l'homophobie, la plupart menée au sein de notre local situé au cœur de Paris. Depuis quelques années, nos interventions en milieu scolaire nous ont amenés à rencontrer des publics plus variés, comme par exemple les personnels infirmiers et sociaux des établissements scolaires. Nous avons voulu amplifier ce mouvement en engageant la discussion sur ces thématiques avec des populations qui ne sont pas nécessairement concernées directement, mais peuvent avoir des amis ou des membres de leur famille qui le sont, ou simplement des personnes qui sont intéressées par les sujets de société en général. Et pour éviter de limiter le public à celui du quartier où se situe notre lieu d'accueil, nous avons proposé à une vingtaine de mairies d'Ile-de-France d'accueillir une étape du festival.

Quel bilan dressez-vous ?
Pour cette 1ère édition, peu de mairies ont répondu à notre proposition mais celles qui l'ont fait ont montré un grand intérêt. Au final, nous avons réussi à programmer 5 étapes: deux à Montreuil (93), qui souhaitait amener le débat dans les quartiers sud et nord de la ville, deux à Paris (dans le 18e et dans le 19e) et une dernière étape à Saint-Denis (93) qui a dû être reportée à la dernière minute. La fréquentation n'a pas été très importante mais les échanges fort intéressants qui ont émaillé chacune des projections-débats nous confortent dans l'idée que ce type d'événement est à reproduire, en travaillant certainement de façon plus approfondie le plan de communication locale. Ce sera très probablement une des priorités pour l'édition 2011 de ce festival qui a été très apprécié des mairies qui nous ont accueillis et que nous pensons reconduire chaque année afin d'être encore plus présent dans la lutte contre les discriminations en général, et l'homophobie en particulier, et faire avancer les droits des LGBT.

Y aura-t-il d'autres initiatives du même ordre en province ?
En région Midi-Pyrénées, Contact organise également un festival itinérant. D'autres initiatives pourraient voir le jour dans d'autres régions, à surveiller de près auprès de l'association la plus proche de chez vous...

Quelles nouvelles perspectives après votre congrès annuel ?
Nous avons plusieurs projets d'envergure au sein de l'association, comme par exemple le rafraichissement de notre brochure à destination des jeunes, homos, bis ou qui se posent des questions. Nous souhaitons aussi mettre en place une ligne d'écoute nationale, alors qu'aujourd'hui chaque association communique sur un numéro local disponible plusieurs heures par semaine. Ceci afin de pouvoir proposer une écoute sur des créneaux horaires beaucoup plus amples. Enfin, nous pensons aussi lancer une rénovation du site internet et quelques autres projets permettant de poursuivre le développement des activités de l'association, pourquoi pas sur de nouveaux territoires si des groupes de volontaires venaient à se former.

Des projets pour la rentrée ?
Nous avons récemment mis au point un nouveau module d'intervention en milieu scolaire pour discuter avec les collégiens du modèle garçon/fille, et plus largement des questions de stéréotypes, pour aborder les questions de discriminations liées au sexisme et à l'homophobie. La rentrée scolaire sera l'occasion de commencer à le mettre en pratique de façon plus intense. Nous envisageons aussi de reproduire une projection-débat avec le «MAG - Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans» et d'autres associations étudiantes pour permettre de renforcer le dialogue entre les jeunes et leurs parents. Enfin, la rentrée sera l'occasion de commencer à travailler sur la prochaine édition du festival «Un Printemps pour le Dialogue» en parallèle de nos activités récurrentes que sont les groupes de parole, l'écoute téléphonique anonyme, les réunions inter-associatives ou encore des activités ludiques comme «Les sorties du placard».

Guerre des associations: il y aura deux marches des fiertés à Marseille

Dans la cité phocéenne, deux parades gays auront lieu à une semaine d'intervalle. C'est une guerre entre associations qui est à l'origine de ces scissions. Retour sur des mois de tensions dans le milieu marseillais.

A Marseille, la communauté LGBT a explosé et la marche des fiertés a été emportée dans ses divisions. Cette année, elle se scindera en deux défilés, qui auront lieu les 3 et 10 juillet. A l'origine de cette ambiance délétère: un affrontement entre deux associations, Fiertés de Provence et Tous&Go. Et entre ces frères ennemis, les rancunes sont tenaces, les accusations et les attaques personnelles fusent, les dérapages sont nombreux et ont déjà donné lieu à des dépôts de plainte.

«Chasse à l'homme»
Ces deux associations sont nées en début d'année, sur les ruines de la Lesbian and gay pride de Marseille. Cette association originelle a disparu en janvier après avoir perdu l'agrément de la Coordination Interpride de France (CIF) pour organiser la marche et utiliser la marque gay pride. «La communauté LGBT de Marseille n'en pouvait plus de l'opacité et du manque de démocratie de la LGP et nous avons saisi la CIF pour leur signaler des pratiques qui allaient à l'encontre de la charte éthique», explique Christophe Lopez, président de Tous&Go. A l'époque, Sébastien Gony, président de Fiertés de Provence, dirigeait la LGP et son analyse est différente. Lui dénonce une collusion entre Christophe Lopez et la CIF, qui auraient mené une chasse à l'homme pour satisfaire l'ambition personnelle du président de Tous&Go. «Nous avions des problèmes financiers et nos statuts déposés à la préfecture n'étaient pas à jour, reconnaît-il. Mais la CIF a mené un double jeu, un travail de longue haleine pour nous éliminer au profit de Christophe Lopez.»

Aussitôt la LGP éteinte, chacun a monté sa propre association avec un but: décrocher le label gay pride auprès de la CIF. En avril, c'est Tous&Go qui a obtenu ce sésame. «Nous fédérons des commerces et des associations, une équipe compétente et motivée, qui veut faire de la gay pride de Marseille une des plus importantes de Méditerranée. Il faut respecter le choix de la CIF», clame Christophe Lopez. Pour Sébastien Gony, le match n'était pas équitable, presque joué d'avance, et la CIF les aurait défavorisés. Mais il affirme avoir été prêt à rejoindre la gay pride organisée par Tous&Go. «Même si de mauvaises personnes le conduisent, leur projet est beau. Ce n'était pas notre intention de faire deux marches mais M. Lopez a envoyé un communiqué nous interdisant de participer à la gay pride. On peut se demander où est sa charte éthique!» Christophe Lopez estime de son côté avoir tout fait pour éviter la séparation des défilés: «Nous avons tenté de nombreuses négociations mais ils ont semé la division, multiplié les attaques, c'est allé très loin, ce n'était plus possible. S'ils veulent défiler à trois, qu'ils le fassent.»

«Aucun rapprochement possible»
Fiertés de Provence a obtenu de la municipalité le droit de manifester le 3 juillet, date rituelle des marches marseillaises, et table sur un cortège plus fourni que ce que ne lui prédit son adversaire. «Tous&Go ne fait pas l'unanimité, ils sont tenus par de nombreux engagements politiques et financiers. Beaucoup de commerces et d'associations nous ont rejoints», affirme Sébastien Gony. Pour éviter la concurrence de la gay pride de Barcelone, Tous&Go marchera le 10 juillet et promet un défilé d'une ampleur inédite à Marseille. Ce jour là, Sébastien Gony appelle les LGBT de Marseille à rejoindre Nice, pour participer à la Pink Parade, défilé lui-aussi dissident de la CIF.

Sur le long terme, il estime qu'«aucun rapprochement n'est possible» avec Tous&Go. Mais il compte «poursuivre le travail, pour faire vivre un milieu LGBT à Marseille et créer une nouvelle dynamique.» L'ambition de Christian Lopez paraît proche : «On veut redonner de la visibilité et de la lisibilité à la communauté marseillaise, qui est souvent laissée pour compte». Et les deux hommes tombent d'accord sur un autre point: tous les deux jugent la situation «triste» et «déplorable».

Un Algérien gay et pacsé évite de justesse l'expulsion de France

Saïd risquait une expulsion après le rejet de son dossier de demande d'asile en décembre.

Il s'en est fallu de peu. Saïd a obtenu vendredi 25 juin le statut de réfugié, annoncent dans un communiqué Lesbian and gay pride Lyon et l'Association de reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour (Ardhis).

Cet Algérien vit depuis trois ans à Lyon avec René, avec qui il s'est pacsé. «Il y a deux ans, racontent les deux associations, Saïd avait demandé l'asile du fait de craintes de persécutions en tant qu'homosexuel en Algérie, mais sa demande a été successivement rejetée par l'Ofpra (Office français pour les réfugiés et apatrides) puis par la Cour nationale du droit d'asile en décembre dernier.»  
 
En centre de rétention
N'ayant pu suspendre l'expulsion, Saïd a été arrêté et placé en centre de rétention il y a trois semaines. Il ne doit son salut qu'à une demande de réexamen en urgence de son dossier à l'Ofpra. On connait désormais le dénouement.
 
L'Ardhis et la Lesbian and gay pride Lyon reconnaissent «une décision particulièrement forte de l'Ofpra». Elles soulignent que si l'Office «ne lui avait pas octroyé le statut de réfugié, Saïd pourrait être aujourd'hui en Algérie séparé de son compagnon».

Dépistage: le Conseil national du sida montre les crocs

Deux instances clés de la santé publique jugent inadéquat le projet de plan de lutte contre le sida du ministère de la santé.

Le Conseil national du sida (CNS) et la Conférence nationale de santé ont rendu public un avis conjoint sur le projet de plan national VIH/sida-IST 2010-2014, censé guider la politique publique française de lutte contre le sida. Vous avez bien lu, ce projet évoque 2010, et nous sommes déjà au milieu de l'année. La lutte contre la pandémie n'apparaît pas urgente à tout le monde.

Saisies par la Direction générale de la santé (DGS, c'est-à-dire le ministère), les deux instances jugent le projet de plan «incapable de répondre aux enjeux actuels de la lutte contre le sida et les IST.» Contre l'ensemble des avis d'experts, aucune redéfinition radicale de la politique de dépistage n'est engagée. L'avis regrette également «les contradictions persistantes entre les politiques de santé et les autres politiques publiques, en particulier de sécurité et d'immigration». Mais ce n'est pas tout, le CNS sort de sa torpeur pour demander la garantie d' un accès universel à la prévention et aux soins, avant de déplorer dans ce domaine, «l'effondrement du leadership de la France à la fin des années 2000».

Pas assez de dépistage
Faut-il comprendre que le CNS met un zéro pointé à la DGS? Pas exactement, il s'agit plutôt d'un avertissement, ou d'un rappel des priorités. On peut légitimement se demander pourquoi la DGS a commandé un rapport d'experts, si c'est pour faire l'inverse de ce qui est préconisé. Serait-ce un mal français? Suite à la publication de cet avis critique, le ministère a indiqué qu'il allait «nourrir la phase finale d'élaboration du plan qui sera rendu public dans les semaines qui viennent».

La Haute autorité de santé (HAS) avait elle aussi préconisé que le dépistage soit proposé systématiquement à toute la population, de 15 à 70 ans et qu'il soit renforcé pour les groupes estimés plus vulnérables, comme les gays. En France, 40 à 50.000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir. Une personne sur deux est dépistée tardivement, et les conséquences sont parfois dramatiques. «210 personnes meurent chaque année pour avoir été prises en charge tardivement», a ainsi souligné le Pr Willy Rozenbaum, président du CNS

Act Up lance un site de prévention, à fréquenter avant de coucher

Sur reactup.fr, les internautes peuvent s'informer et vérifier leurs connaissances sur la transmission du VIH et des IST.

Il était très attendu, le voilà enfin! Le site de prévention créé par Act Up-Paris est enfin on line. La trépidante association le définit comme «un site web de vulgarisation scientifique et d’empowerment des gays sur la prévention». En français courant, ça veut dire que chacun de nous se prend en charge pour s'informer avant tout plan cul et surtout vérifier que les connaissances que l'on croit avoir correspondent (ou pas) à des réalités scientifiques.

Site ouvert et participatif
De nombreuses idées fausses circulent encore aujourd'hui. C'est en voyant combien Internet véhiculait parfois des idées simplistes ou dangereuses que l'équipe d'activistes a décidé de réagir. REACTUP, puisque c'est son nom, souhaite délivrer «une information fiable et objective sur la transmission du VIH et des Infection Sexuellement Transmissibles (IST), l’épidémiologie ou les différentes approches de prévention.» Les porteurs du projet ont voulu un site ouvert et participatif: «Nous souhaitons promouvoir au travers de ce site une discussion argumentée sur des faits, constructive et non partisane sur la prévention du sida et la santé sexuelle dans la communauté gay.»

Les articles recensées sont ainsi distincts du commentaire de la rédaction, tout comme des opinions d’Act Up-Paris, exprimées par ailleurs. Allez le découvrir, c'est intelligent et parfois surprenant.

www.reactup.fr

Sida Info Service enquête sur les usages du dépistage VIH

 

L’association Sida Info Service lance une enquête sur son site pour en savoir plus sur les usages actuels du dépistage VIH et le profil des personnes passant un test, et pour connaitre les freins à ce dépistage en 2010.

Une enquête importante pour Sida Info Service qui fait un triste constat: en France, environ un tiers des personnes séropositives ignorerait leur statut vis-à-vis du virus du sida. Ce retard au dépistage met en évidence la nécessité d’élargir l’offre des tests.

L’association insiste sur ses deux objectifs: éviter de nouvelles contaminations via la connaissance personnelle de son statut vis-à-vis du VIH et permettre une prise en charge précoce de l’infection afin d’empêcher ainsi l’entrée dans la maladie.

Retrouvez ce questionnaire anonyme et rapide (5 à 10 minutes) sur Sida Info Service. Il s’adresse aux personnes de 16 ans ou plus ne connaissant pas leur statut VIH.

Le dépistage, pour soi et pour les autres: la nouvelle campagne de la mairie de Paris

Comme chaque année, ces messages de prévention feront leur apparition dans les rues de la capitale à la mi-juillet, en version homo et hétéro, regardez.

L'été: ses rencontres, ses amours, ses plaisirs... et sa campagne de prévention de la mairie de Paris. Comme tous les ans, la Ville profite de la saison estivale pour rappeler qu'il faut rester vigilant, en organisant un concours d'affiches auprès de l'Ecole Professionnelle Supérieure d'Arts Graphiques et d'Architecture.

Cette année c'est le thème du dépistage qui est mis en avant. Des enquêtes récentes ont en effet révélé chez les gays une méconnaissance préoccupante de leur statut sérologique. Or, comme le rappelle la campagne, ignorer sa séropositivité c'est prendre le risque d'être pris en charge trop tard. Et c'est aussi mettre en danger ses partenaires. Une ignorance préjudiciable à soi et aux autres illustrée ici en deux versions (homo et hétéro) sur les affiches retenues par la Mairie de Paris.

Centres de dépistage rapide
Si ce message vous incite à faire le point, vous pouvez profiter à Paris des centres de dépistages rapides, comme le Checkpoint (lire reportage), ou le 190 (lire autre reportage). Pour toutes les autres adresses, à Paris et en Province, contactez Sida Info Service au 0 800 840 800.

Ces visuels seront placardés dans la rue en deux temps à partir du 14 juillet et jusqu'au 28 août, avant une piqûre de rappel cet hiver. Ils seront aussi décliné en cartes postales gratuites: 40 000 "Carte'com» seront distribuées dans les bars, restaurants et autres lieux de convivialité de la capitale.

Cinq bonnes raisons d’aller fêter l’Europride à Varsovie

Et si vous alliez à l'Europride de Varsovie ce mois-ci? La Pologne, à un tournant de son histoire tourmentée, accueille cette année la gay pride européenne… En chemin, vous pourriez même découvrir une ville pleine de ressources et où il fait bon passer un grand week-end.

Du 9 au 18 juillet, Varsovie va voir l'arc-en-ciel! L'Europride, après avoir réuni 50.000 marcheurs à Zurich l'an dernier, aura lieu cette année dans la capitale polonaise, avec un défilé qui démarrera le 17 juillet du centre-ville. Les organisateurs n'attendent plus que vous pour défiler! Alors, bien sûr, la Pologne n'est pas exactement le premier lieu qui vient à l'idée quand on choisit une destination pour l'été… Pourtant, on peut apprécier le séjour sans avoir l'âme d'un grand militant… On vous explique pourquoi, en cinq raisons.

Parce que ce sera un événement important

Avec le second tour de l'élection présidentielle début juillet, qui opposera Jaroslaw Kaczynski, le frère jumeau du président homophobe décédé en avril, à Bronislaw Komorowski, guère plus gay-friendly mais au projet de société tout de même plus libéral (lire article), la Pologne est à un tournant de son histoire. Raison de plus d'y aller pour encourager les homos polonais et afficher sa fierté en Europe centrale (qui accueille pour la première fois cet événement).

Dans ce pays, si l'homosexualité a en effet été dépénalisée dès les années 1930 (sous l'influence du Code civil français), les homos ne bénéficient d'aucune reconnaissance de leur couple ni de protection contre les discriminations. Mais le climat homophobe qui règne encore dans ce pays très catholique ne se ressent pas vraiment dans la capitale, et les gay prides qui y ont lieu presque chaque année sont bien encadrées par la police.

Pour découvrir Varsovie

Cette ville de deux millions d'habitants est passionnante. Son histoire est pour le moins tourmentée. On sait qu'elle a été occupée à de nombreuses reprises, arrachée par les Allemands et par les Russes au 20e siècle et presque entièrement rasée pour s'être rebellée contre l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, si la Vieille ville au cachet moyenâgeux a été classée au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, c'est aussi en raison du courage des Polonais, qui sont venus dans les années 1950 de tout le pays reconstruire leur capitale, presque sans argent, donc avec les moyens de l'époque. Certains bâtiments, comme l'église du Sacré-Cœur, ont pu être reconstruits à l'identique grâce au trait précis des tableaux de Canaletto! On peut donc avoir devant ses yeux la copie, et dans ses mains l'original…

Aujourd'hui, parcourir Varsovie offre des émotions multiples. Outre la Vieille ville et la Voie royale qu'on ne manquera pas, la capitale est composée de larges avenues, des gratte-ciels de banques ou d'hôtels accolés à des barres d'immeubles dont on connaît le style dans nos banlieues. Et aussi le beau Palais de la science et de la culture offert par Staline, quatrième bâtiment le plus haut de l'Union européenne, qui se fondrait comme un charme au bord de Central Park. Ce mélange des genres ne cesse d'étonner et constitue le cœur même d'une visite à Varsovie. Sans oublier bien sûr le ghetto juif, dont il ne reste rien qu'un monument bouleversant dédiée aux héros martyrs de l'insurrection contre les nazis.

 

Pour l'exposition «Ars Homo Erotica»

On vous en a déjà parlé (voir  visite guidée), l'expo que l'on peut voir tout l'été au Musée national de Varsovie vaut largement le détour. Plus qu'un événement local qui vise à bouleverser les consciences des Polonais, son intérêt dépasse les frontières et constitue une jolie réflexion sur l'art classique, contemporain, leurs interactions et la sexualité faite art… L'anecdote qui fait rire les gays locaux est que l'arrière du musée est depuis des dizaines d'années un lieu de drague bien connue. C'est comme si l'esprit de tous les gays qui y sont passés était finalement entré dans le bâtiment!

Bien sûr, une telle exposition en Pologne n'est pas allée sans faire grincer quelques dents. Ces dernières semaines, une pétition circule même pour exiger la démission du nouveau conservateur du musée. La réaction (ou non) du futur président polonais sera l'occasion de tester son goût pour la liberté d'expression…

Pour la vie gay et lesbienne de Varsovie

Mais si! On peut s'amuser à Varsovie! On a testé pour vous, l'ambiance des bars gays y est des plus chaleureuses. La plupart accueille d'ailleurs les filles qui aiment les filles avec le plus grand naturel. Le Rasko, par exemple, avec son ambiance «boum» étudiante, est très relax avec ces airs de paillotte et sa large terrasse. Le Galeria possède une ambiance plus mâle, avec une spécialité de grands spectacles de travestis sur des tubes polonais… Et si vous arrivez à le trouver en fond de cour, le Fantom est un sex-club quasi historique car c'est le plus vieux bars à mecs d'Europe centrale, ouvert dès les années 1990 par une rock star locale…

Toutes ces adresses, et bien d'autres, peuvent être consultées sur ce site (en anglais).

Pour Chopin

Impossible de le manquer: il est partout. Le grand compositeur a beau avoir eu des rapports conflictuels avec la Pologne, qu'il a quittée définitivement en 1830, il s'est nourri du romantisme de son époque et de cette ville. Pour cette année qui célèbre le bicentenaire de sa naissance, la ville vient de se doter d'un ultra-moderne Musée Chopin composée de onze salles dont chacune offre un accès à une partie de son univers, avec des dizaines de bornes d'écoute à lecture magnétique. Mais dans toute la ville vous trouverez des statues, des plaques élévrant des événements –jusqu'à la maison de naissance de son père!– et surtout d'innombrables concerts, dont certains gratuits et en plein air dans le parc Lazienki.

 INFOS PRATIQUES
Pour rejoindre l'Europride, nous vous recommandons le site discover-poland qui a négocié des tarifs avec des hôtels de Varsovie. De toute façon, certains établissements, dont les hôtels cinq étoiles Radisson Blu (non loin des lieux gays) ou Hilton (et sa piscine de grande taille) proposent des tarifs spéciaux durant l'Europride avec un service gay-friendly.

La première ministre islandaise se marie avec sa compagne

Le jour même de l'entrée en vigueur du mariage ouvert aux homos en Islande, la première ministre islandaise s'est unie avec sa compagne. Les deux femmes vivaient ensemble depuis plusieurs années sous le régime d'«union civile».

Dimanche, jour de l'entrée en vigueur de la loi légalisant les mariages homosexuels en Islande, était aussi un jour de fête pour le chef du gouvernement du pays nordique. Ouvertement lesbienne, la sociale démocrate Johanna Sigurdardottir (photo) a enfin passé, au moins symboliquement, la bague au doigt de sa partenaire de longue date, Jonina Leosdottir.

Pas de grands changements
Les deux femmes vivaient déjà depuis plusieurs années sous le régime d'«union civile», un contrat créé en 1996 qui donne les mêmes droits aux couples homos et hétéros, mais qui n'est pas un véritable mariage.

Or le Parlement islandais a adopté à l'unanimité le 12 juin l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, une loi qui est entrée en vigueur dimanche. Comme la première ministre et sa compagne, les couples déjà unis civilement doivent demander une validation de leur union signifiant qu'ils sont bel et bien mariés et qu'ils sont désormais des «époux».

Mariage religieux autorisé
D'après la loi, l'Eglise protestante aura même la possibilité de marier des couples homos dans les lieux de culte. Pour mémoire, l'Islande autorise aussi depuis 2006 l'adoption par des couples homos.

 

La Finlande se prépare à ouvrir le mariage aux couples gays et lesbiens 

Les autorités finlandaises envisagent l’introduction du mariage des personnes de même sexe. À l’automne prochain, le ministère de la Justice étudiera les façons de modifier le code civil de manière à ce  que tous les couples puissent contracter mariage, quel que soit le sexe des conjoints. L’étude portera également sur l’adoption homoparentale.

Les couples gays et lesbiens ont déjà la possibilité d’adopter en Finlande, mais uniquement un enfant du cercle familial.

Tuija Brax, la ministre finlandaise de la Justice, a rappelé que la Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

Pratiquement tous les grands partis politiques du pays approuvent l’ouverture du mariage aux personnes du même sexe, à l’exception du parti de la Première ministre Mari Kiviniemi.

Quant à la possibilité de se marier à l’église, ce n’est pas au Parlement d’en décider. L’église finlandaise devra examiner la question de son côté.

Sources: finlandsite.nl et YLE.fi  Luc Lebelge  En partenariat avec Gay Kosmopol

Aux États-Unis, Google va augmenter ses salarié-e-s homos pour compenser un surplus d’imposition 

 

Parce qu’il n’est pas juste que les couples gays et lesbiens engagés dans des partenariats enregistrés paient des impôts supérieurs aux couples hétérosexuels mariés, Google – qui a fait cette année son entrée dans le classement des entreprises gay-friendly de la la Chambre de commerce international gaie et lesbienne (CCIGL) – a décidé d’accorder à tou-te-s ses salarié-e-s homos en couple une augmentation visant à couvrir la différence, a annoncé la société sur son blog.

Ce geste, que d’autres grosses entreprises américaines ont déjà effectué, selon le New York Times, ne s’appliquera qu’aux employés de Google aux États-Unis et sera rétroactif au 1er janvier. « Selon la loi fédéral, les avantages sociaux accordés par les employeurs en matière de santé aux partenaires enregistrés sont considérés comme des revenus taxables », explique le New York Times. En moyenne, les couples engagés dans des partenariats enregistrés paieraient 1069 dollars (environ 850 euros) de plus en impôts que les couples mariés.

Mais comme cette hausse de salaire sera réservée aux gays et aux lesbiennes (Google part du principe que les hétéros peuvent se marier), les conservateurs, relayés par FoxNews, crient à la discrimination, puisque la loi veut que pour un même travail, le salaire soit le même, quelle que soit l’orientation sexuelle des salarié-e-s.

Le président serbe soutient le projet d'une gay pride à Belgrade

Après une rencontre avec des militants LGBT, Boris Tadic a indiqué qu'il souhaitait une telle marche, «pour montrer que la Serbie est une société sûre pour tous».

Le président serbe, Boris Tadic (photo), s'est déclaré mercredi favorable à la tenue d'une Gay Pride à Belgrade, où plusieurs tentatives d'organiser une telle manifestation ont échoué, en raison des menaces proférées par des groupes extrémistes homophobes.

Ultra-nationalistes homophobes
«La tenue d'une Gay Pride représentera un pas en avant qui montrera que la Serbie devient une société sûre pour tous ses citoyens, indépendamment de leur orientation sexuelle», indique la présidence serbe dans un communiqué diffusé à l'issue d'une rencontre de M. Tadic avec des militants d'associations LGBT.

La dernière tentative d'organiser une gay pride à Belgrade avait échoué en septembre 2009 en raison des menaces de violences de la part de groupes ultra-nationalistes homophobes.

Violence en 2001
Les autorités avaient fait valoir qu'elles n'étaient pas en mesure de pouvoir assurer la sécurité des participants.  Il faut dire que le premier rassemblement public homo s'était achevé dans la violence en 2001 à Belgrade, les forces de l'ordre n'ayant pu contenir des assaillants ultra-nationalistes.

Le Parlement serbe a adopté en 2009 une loi contre la discrimination à l'égard des homosexuels, malgré une forte opposition des nationalistes et des responsables religieux

Argentine: la tension monte avant le vote sur le mariage des homos

Si le Sénat valide le projet de loi, l'Argentine deviendra le premier pays d'Amérique latine à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. En attendant, la lutte fait rage entre l'Eglise et les militants pro-LGBT, et chaque camp organise des démonstrations de force.

L'Argentine pourrait bien devenir le premier pays d'Amérique latine à autoriser le mariage entre personnes de même sexe. Le projet de loi a franchi le premier obstacle à la chambre basse début mai, où il a été approuvé par 126 voix pour, 109 contre et cinq abstentions. Reste maintenant le Sénat, où le texte doit être débattu le 14 juillet, et où la bataille s'annonce beaucoup plus serrée.

91% de catholiques
En attendant le grand jour, la tension monte et des dizaines de milliers de personnes ont déjà manifesté pour le projet de loi, à Buenos Aires et en province. En face, l'Eglise catholique, qui demeure très influente dans le pays, a organisé une grande mobilisation face au Congrès pour le 13 juillet, veille du débat au Sénat. Elle fait parallèlement campagne pour un référendum.

La consultation populaire «est une voie plus raisonnable que celle empruntée par des sénateurs agissant bien souvent sous pression», estime en effet l'évêque Antonio Marino, qui compte sans doute sur le fait que 91% des Argentins se disent catholiques.

Des milliers de personnes face au Congrès
Mais les militants du mariage pour les homos ne l'entendent pas de cette oreille: «les droits de l'Homme ne peuvent être soumis à référendum, car ils sont clairement énoncés dans la constitution, selon laquelle tous les citoyens sont égaux devant la loi. Aucun référendum ne peut modifier ce principe constitutionnel» explique Maria Rachid, responsable de la Fédération argentine de lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT), à l'origine de ce combat. Selon elle, trente-huit sénateurs sur 72 se sont engagés à adopter le texte.

Lundi soir, des milliers de personnes étaient rassemblés face au Congrès à Buenos Aires pour soutenir le projet de loi (regardez la vidéo ci-dessous). Le même jour, une manifestation importante avait lieu à Mendoza, à l'appel d'organisations religieuses, «en défense de la famille». «Nous voulons un papa et une maman», «Ils veulent nous prendre notre Dieu», pouvait-on lire sur des banderoles. Et les démonstrations de force devraient encore se succèder au cours des deux prochaines semaines.

Deux journalistes argentins nous ont envoyé ce reportage, réalisé au cours des manifestations pro-mariage de lundi soir, regardez: http://www.youtube.com/watch?v=1w_tmluVHmE&feature=player_embedded

 

 

Queer Ink, la première librairie homo, ouvre en Inde

Cette nouvelle librairie sur internet ouvre officiellement aujourd'hui. Au programme : petits prix, livraison rapide, et surtout, plus de 200 titres destinés aux LGBT indiens.

Il y a un an jour pour jour, le 2 juillet 2009, la Haute Cour de Justice de Delhi décriminalisait l'homosexualité en Inde. Aujourd'hui, la première librairie homo indienne est inaugurée sur le web, et, même s'il ne s'agit que d'un site internet, sa créatrice n'en est pas peu fière. Shobna Kumar, une lesbienne de 42 ans, vit à Bombay. Elle qui milite depuis vingt ans pour les droits des gays et la lutte contre le SIDA s'aventure avec enthousiasme dans ce nouveau projet. «J'avais une raison égoïste de démarrer ceci, car je ne parvenais pas à accéder à ces livres» explique-t-elle. «Amazon ne les livrait pas. Je crois qu'ils n'arrivaient pas à passer les douanes car ils choquaient les sensibilités indiennes (...). Je me suis dit que d'autres personnes devaient se trouver dans la même situation que moi.»
 
Shobna raconte aussi que c'est un livre qui l'a aidée lorsqu'elle a découvert sa sexualité, quand elle n'osait pas en parler à ses amis et parents hétéros. Elle souhaite donc que Queer Ink s'adresse à tous les homosexuels du sous-continent. Mais surtout, la librairie ne cible pas uniquement les Indiens favorisés qui lisent en anglais. Parmi les 200 titres à petits prix déjà disponibles, nombreux sont ceux rédigés en Bengali, Marathi, Gujarati, Tamoul, et bien sûr Hindi. Cette diversité devrait aider les MSM («Men who have sex with men») qui ne font pas partie de la communauté homo, souvent urbaine, aisée et anglophone, à accéder à une culture gay dans leur langue maternelle.

Des histoires «non patriarcales»
Queer Ink commercialise donc des essais, de la fiction, de la poésie, des romans d'amour, des magazines, mais pas encore d'ouvrages érotiques. En revanche le site comprend une section «famille» et une autre «enfants», avec des histoires «non patriarcales». Shobna ajoute: «Les gays veulent voir leur vie reflétée dans des fictions. Mais je pense que les gens hésiteraient à acheter ces livres dans un magasin classique, c'est pourquoi je l'ai fait en ligne.» La nouvelle libraire songe déjà à s'improviser éditrice pour des auteurs indiens qui n'arrivent pas à publier leurs textes queer. Souhaitons-lui le même succès qu'Azaad Bazaar, une boutique online d'objets fun et gay-friendly lancée par un couple d'Indiennes en février 2009.

 

JUIN

Renault et la Fnac soutiennent la fierté gay avec TÊTU

Deux opérations en partenariat avec TÊTU sont prévues à l'occasion de la Marche des fiertés parisiennes. Comme l'an passé, des TÊTU boys and girls embarqués dans des Renault distribueront le guide spécial gay pride. Et vendredi, la Fnac des Halles organise une soirée gay friendly avec artistes et promos.


Comme l'an dernier, le guide des adresses TÊTU édité en partenariat avec l'Inter-LGBT sera distribué au cours de la Marche.

Cette année encore, Renault roule avec TÊTU pour la Gay Pride. D'abord en distribuant le guide des adresses gays co-édité par TÊTU avec, à l'intérieur, une pub friendly - le nouveau coupé roadster proposé par Renault étant, nous dit-on, «bi». Une publicité dédiée, complétée par la Marche elle-même où cinq véhicules défileront en tête de cortège, à la suite du carré de tête. «Nous profitons de cet événement pour faire défiler nos nouveaux produits, explique Marina Picard, responsable de la gamme «petites voitures» à la direction du marketing de la marque au losange.

Au menu: la Renault Wind, la nouvelle Mégane CC ainsi que le nouveau Master, équipé pour l'occasion d'une sorte de plateforme où mixeront des DJ de l'équipe de Goom radio, sous les couleurs de TÊTU radio. Pour la marque, qui avait déjà participé à la Gay Pride parisienne l'an dernier, c'est «une opportunité exceptionnelle d'aller au-devant d'une cible particulièrement appropriée. Et tout ceci devant 700 000 personnes!»

Alizée et Yoann Lemaire en dédicace
Autre label, autre initiative. Celle de la Fnac qui avait déjà marqué le coup en 2003 par une opération de sensibilisation à la littérature gay et lesbienne. Cette fois, il s'agit d'une soirée «Gay Friendly» organisée par la Fnac du Forum des Halles à Paris le vendredi 25 juin, de 20 heures à 22 heures.  Au menu : showcases (dont celui d'Ysa Ferrer), dédicaces (d'Alizée ou encore de Yoann Lemaire) et offres promotionnelles sur certains produits et sur une liste de CD et DVD - pêle-mêle, Prince, Lady Gaga, ou encore le film Tu n'aimeras point.

«C'est ouvert aux gays et aux gays-friendly, à tous ceux qui se sentent concernés en fait, explique Brigitte Benaaron, responsable de la communication et du marketing de la Fnac Forum. L'idée était de dire que la Fnac distribue des biens culturels et de reconnaître ainsi la part de la culture gay. La population du Marais vient souvent à la Fnac des Halles, c'est une façon pour nous de la reconnaître». Pour participer à cette soirée privée, vous avez jusqu'à vendredi 19 heures 30 pour télécharger vos invitations ou pour les retirer en magasin

La Convention des droits de l'homme «ne consacre pas le droit au mariage gay»

Pour la Cour européenne des droits de l'homme, saisie par un couple de gays autrichiens, les autorités nationales restent «mieux placées pour apprécier les besoins sociaux» et permettre ou non aux homos de se marier.

La Convention européenne des droits de l'Homme ne consacre pas le droit au mariage homosexuel, et chaque Etat est libre de légiférer comme bon lui semble en la matière, a estimé jeudi la Cour de Strasbourg, déboutant deux gays autrichiens désireux de se marier.

«Aucun consensus ne se dégage parmi les Etats membres du Conseil de l'Europe sur la question du mariage homosexuel», a observé la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

«Connotations sociales et culturelles»
«Les autorités nationales sont mieux placées pour apprécier les besoins sociaux en la matière et pour y répondre, le mariage ayant des connotations sociales et culturelles profondément ancrées qui diffèrent largement d'une société à l'autre», ajoutent les juges.

La Cour avait été saisie par Horst Michael Schalk, 48 ans, et son compagnon Johann Franz Kopf, 50 ans, résidant à Vienne. Les deux homosexuels se battent en vain depuis 2002 devant la justice de leur pays pour pouvoir se marier (lire  article). Ils sont pour cela allés jusque devant la Cour constitutionnelle qui leur a donné tort.

Le pacs autrichien, «discriminatoire»
Lors d'une audience devant la CEDH en février dernier, ils avaient souligné que la nouvelle loi sur les unions homosexuelles, sorte de «pacs» à l'autrichienne introduit le 1er janvier 2010, ne leur donnait toujours pas le droit d'adopter (comme en France, NDLR) et était donc selon eux discriminatoire (lire article).

La Cour leur a donné tort: si elle reconnaît qu'«une différence de traitement fondée sur l'orientation sexuelle (doit) être justifiée par des motifs particulièrement impérieux», elle souligne aussi que les différentes formes de partenariat civil apparues ces dernières années dans les différents pays d'Europe ne doivent pas forcément «conférer un statut analogue sur tous les points au mariage».

Au moins 21 des 47 Etats du Conseil de l'Europe prévoient ou ont déjà des lois sur l'union civile entre personnes de même sexe. Six autorisent le mariage homosexuel.

L’UMP a-t-elle vraiment l’intention de sanctionner Christian Vanneste? 

Le 23 mai dernier, sur Canal+, le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand condamnait les propos homophobes du député du Nord Christian Vanneste et affirmait que le bureau départemental de la Fédération du Nord de l’UMP devait statuer début juin sur le cas du député, pour une éventuelle sanction, voire une exclusion.

Un mois plus tôt, le 30 avril, Christian Vanneste, dans un post sur son blog de député, avait largement associé homosexualité et pédophilie apportant son soutien à l’Église catholique et au cardinal Bertone « victimes de l’atelier sémantique gay ».

« ÉTUDIER SON CAS DÉBUT JUIN »
« Je condamne ces propos et il le sait », déclarait il y a un mois Xavier Bertrand, sur le plateau de Dimanche +. « J’en ai parlé avec Christian Vanneste. Je peux vous indiquer que le bureau départemental de la Fédération du Nord, qui à la première compétence là-dessus, va étudier son cas début juin ».

Le secrétaire général de l’UMP avait également renouvelé cet engagement lors de sa rencontre avec GayLib, le 15 juin dernier: « Sur la question de Christian Vanneste, en ce moment je dois en être à 1131 mails d’insultes ou autres de la part de gens qui se réclament proche de Christian Vanneste suite aux propos que j’ai tenu condamnant Christian Vanneste sur Dimanche + sur Canal. J’assume tout à fait. Maintenant, je le dis aussi, il y a des procédures et des méthodes dans cette famille politique. Et le bureau départemental du Nord qui doit se réunir dans les semaines à venir aura aussi à aborder cette question », avait-il alors confirmé.

« CE N’EST ABSOLUMENT PAS PRÉVU DANS L’IMMÉDIAT »
Contactée par Yagg, la Fédération du Nord tient quant à elle un tout autre discours. « Le bureau ne s’est pas réuni pour l’instant sur cette question et ce n’est absolument pas prévu dans l’immédiat. Il y aura un comité en juillet, mais ce sujet ne sera pas évoqué, de toute façon, lors de ce comité ».

Voilà qui a le mérite d’être clair. Les déclarations de Xavier Bertrand ressemblent désormais à un bel effet d’annonce. L’ensemble de l’UMP ne partage visiblement pas son point de vue et n’est pas prêt à se mettre à dos une partie de son électorat.

Il est cependant étonnant de constater que le gouvernement s’est employé à condamner fermement les propos du cardinal Bertone, numéro deux du Vatican, en avril, lorsque celui-ci faisait cet amalgame entre homosexualité et pédophilie, mais ne s’emploie pas à le faire lorsque ces mêmes propos sont prononcés dans son propre pays et au sein de sa propre famille politique.

Interrogé plusieurs fois par Yagg, le cabinet de Xavier Bertrand continue « d’assurer » – indifférent à cette réponse de la Fédération du Nord – que celle-ci étudiera bien cette question en juillet, affirmant que le cabinet sait mieux que la Fédération elle-même si le sujet sera abordé. Les semaines à venir nous le diront.

Halde: Première rencontre entre Jeannette Bougrab et les associations LGBT.

ADHEOS y était présente.

Jeannette Bougrab, la nouvelle présidente de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), a reçu hier matin les principales associations LGBT, pour la première fois depuis son arrivée à cette fonction.

Cette réunion, qui a lieu entre les associations LGBT et la Halde tous les six mois pour faire le point sur les dossiers et les recommandations en cours, a permis à Jeannette Bougrab de faire le tour des préoccupations actuelles des associations. La rencontre d’hier a été notamment l’occasion d’aborder la question des inquiétudes qui entourent la Halde face au futur statut du Défenseur des droits, qui pourrait absorber l’institution.

« Il était important que l’on se rencontre et tout s’est très bien passé, raconte Bartholomé Girard, président de SOS homophobie, présent lors de cette rencontre. Jeannette Bougrab a réaffirmé son souhait d’avancer avec nous sur les questions LGBT. On sent qu’elle a les compétence juridiques nécessaires et qu’elle connait très bien ses dossiers. »

La présidente de la Halde a notamment fait une proposition sur la création d’un groupe de travail, pour la rentrée de septembre, sur la question « des discriminations fondée sur l’orientation sexuelle au travail », sur le modèle du groupe de travail qui existe déjà sur le thème de « la lutte contre l’homophobie dans l’éducation ».

Elle a enfin annoncé qu’elle prévoyait la création d’un « collège de la Halde spécialisé sur les questions LGBT » pour octobre-novembre 2010, rapporte Vincent Loiseau, porte-parole de l’Inter-LGBT.

Nicolas Sarkozy, coming out, célibat... Bertrand Delanoë se confie à TÊTU

Pour le numéro spécial anniversaire en vente ce mercredi, le maire de Paris a accordé à TÊTU une longue interview, dans laquelle il évoque pour la première fois son statut de célibataire, revient sur son coming out… et tacle Nicolas Sarkozy.

A l'occasion des quinze ans de TÊTU, le maire de Paris nous a accordé un long entretien. Un cadeau qui a du sens, puisque TÊTU l'avait choisi comme représentant de la partie «Politique» de son cahier anniversaire: «Ça ne m'est pas désagréable du tout», glisse-t-il d'une litote. «Je connais l'identité de Têtu, et je le lis de temps en temps.»

Ouvertement homosexuel lui-même, Bertrand Delanoë aura profondément marqué la quinzaine qui s'est écoulée depuis la création de TÊTU, en faisant un coming out retentissant en 1998, alors qu'il n'était encore «que» sénateur de Paris (voir la vidéo ci-dessous). Il revient sur cet événement: «J'ai simplement choisi de ne pas me mentir à moi-même. (…) Je me disais que si quelqu'un comme moi, un sénateur “convenable”, affirmait “je suis homo”, ça rendrait peut-être les choses plus simples pour des personnes confrontées à des situations difficiles.» Mais il refuse d'en faire l'élément principal de sa personnalité: «Je veux être jugé sur le logement, les voies sur berges, la dynamique de Paris, mais pas sur mon identité personnelle.»

Le Président taclé
Il s'oppose à l'idée selon laquelle la gauche et la droite seraient aussi efficaces pour les droits des homos: «Aujourd'hui, quelques personnalités de droite s'affichent presque gay-friendly, très bien. Mais à l'époque, quel tir de barrage! Et que je sache, l'actuel président de la République ne l'avait pas voté, le pacs. Dans son livre, il s'était même interrogé: “Quelle mouche a bien pu piquer Bertrand Delanoë de vouloir à tout prix révéler son homosexualité?”» Il tacle Nicolas Sarkozy, dont il raconte qu'il lui a confié avoir «changé, par exemple sur l'homosexualité» au moment où il s'apprêtait à laisser gagner Christian Vanneste aux élections législatives: «Cela ne signifie même pas que Nicolas Sarkozy n'était pas sincère, cela veut dire qu'il faut toujours juger sur les résultats.»

Alors que lui-même n'est pas candidat à un troisième mandat à Paris, et a renoncé à se porter candidat à l'élection présidentielle en 2012, il continue de défendre la capacité de la gauche à mieux défendre les homos que la droite. Et évoque les répliques cinglantes, à la limite de l'homophobie, entendues parfois dans le parti de la majorité.

Enfin, TÊTU n'a pas oublié d'évoquer la question que tout le monde se pose, et la réponse laisse comprendre, que le maire de Paris est bien célibataire…

L'UMP virée de la Marche de fiertés par GayLib

Lassée de voir l'UMP refuser toute avancée sur les sujets LGBT, GayLib a décidé de défiler à la gay pride parisienne de samedi sans logo ni financement du parti présidentiel. Une première. Le président de l'association s'en explique

Cette année, l'UMP sera privée de gay pride. Et c'est par son propre mouvement homo que le parti présidentiel a été exclu du cortège. «L'UMP aujourd'hui ne peut plus figurer à la marche des fiertés», déclare Emmanuel Blanc, président de GayLib. Pour la première fois, le mouvement LGBT affilié à l'UMP défilera sous ses propres couleurs, sans logo ni financement du parti présidentiel. À l'origine de cette émancipation: la réunion de la semaine dernière avec Xavier Bertrand, un long dialogue de sourds qui a achevé les dernières illusions des militants de GayLib. «Le décalage entre l'UMP et GayLib est évident, explique Emmanuel Blanc. Le gouvernement et le parti restent en retrait sur les sujets LGBT, tout est au point mort. Dont acte.»

Mais la rébellion est mesurée et Emmanuel Blanc garantit qu'elle n'annonce pas une rupture définitive entre GayLib et l'UMP: «Nous n'en sommes pas là, je ne suis pas en voie de Romerisation (Ndlr: Jean-Luc Romero avait quitté l'UMP pour rejoindre le PS fin 2009, lire article). Nous soutenons toujours Nicolas Sarkozy pour le reste de sa politique. Nous continuons d'avancer et nous espérons que l'UMP évoluera.»

Nous sommes un mouvement LGBT comme les autres
Reste à savoir si un GayLib sans UMP sera mieux accepté dans le défilé. C'est presque devenu une tradition: chaque année, le char de GayLib est bloqué par des militants d'extrême gauche, des Panthères roses ou d'Act Up-Paris, qui dénoncent la «présence d'un mouvement solidaire d'un parti et d'un gouvernement homophobes à la marche des fiertés».

Emmanuel Blanc assure qu'il ne s'est pas désolidarisé de l'UMP pour calmer ses adversaires et s'offrir une marche plus paisible. «Les bloqueurs nous bloqueront s'ils le veulent, je n'ai pas d'infos sur ce sujet. Mais ces blocages sont scandaleux, anti démocratiques et stupides. Nous sommes un mouvement LGBT comme les autres et nous portons les revendications communes à toutes les associations.»

Bruxelles: La communauté LGBT se mobilise contre la venue du chanteur homophobe Beenie Man 

 

Le festival Couleur Café, qui se tient à Bruxelles du 25 au 27 juin, a invité le chanteur jamaïcain Beenie Man à se produire le 26 juin. Star du dance hall, Beenie Man fait partie des chanteurs jamaïcains qui hérissent la communauté LGBT internationale depuis de longues années en raison des paroles homophobes de certaines de leurs chansons.

En 2007, Beenie Man s’était engagé à ne plus chanter les morceaux incriminés mais il n’a pas tenu sa promesse: en décembre dernier, en Ouganda, il a ainsi interprété la chanson Mi Nah Wallah, dans laquelle il invite à égorger les homosexuels…

Sa programmation dans les différents festivals européens et nord-américains donne régulièrement lieu à des protestations. Aux Pays-Bas, le festival Parkpop de La Haye vient ainsi d’annuler le concert prévu ce week-end, sous la pression du COC, le centre LGBT néerlandais. À Bruxelles en revanche, Couleur Café insiste: « En 20 ans, le Festival a toujours été une plate forme pour la tolérance. Les propos extrémistes ne trouveront jamais de place sur les scènes ». « Le festival a également pris toutes les garanties contractuelles et juridiques pour que cette exigence soit respectée », rapporte la RTBF.

Francis et Laurent, du site homo LaLucarne.org, ont lancé un groupe sur Facebook et proposent plusieurs actions à mener d’ici samedi, dont une lettre-type à envoyer aux organisateurs du festival.

Mise à jour,Selon la RTBF, Couleur Café aurait annulé le concert, après un communiqué du secrétaire d’État bruxellois à l’Égalité des chances, Bruno De Lille, dans lequel il annonçait son intention de remettre en question la subvention accordée au festival. Les organisateurs, cités par la RTBF, se disent « absolument abasourdis par l’ampleur de la campagne anti-Beenie Man prodiguée par certaines associations homosexuelles, n’hésitant pas à discréditer la réputation du festival auprès de notre public, de nos partenaires publics et privés et de la presse. Nous sommes révoltés que ces associations n’aient pas eu la décence de nous rencontrer pour dialoguer ».

 

Des gays américains vont boycotter McDonald’s 

 L’association américaine Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (Glaad) a interpellé la chaîne de restauration McDonald’s, suite à la diffusion en France d’une publicité mettant en scène un jeune homosexuel. La réaction du numéro deux du groupe, qui a confirmé la semaine dernière que cette publicité n’allait pas être diffusée au États-Unis, a mis en colère l’association qui a pointé du doigt l’inaction de la multinationale en faveur des LGBT. C’est Michael Musto, chroniqueur influent du Village Voice, qui a lâché le mot boycott, en soulignant qu’il ne s’agissait pas seulement de « faire du bien à sa ligne ».

Cet appel au boycott fait écho à celui qui avait été lancé en juillet 2008 par l’American Family Association, une association anti-gay, quand McDonald’s avait rejoint la National Gay & Lesbian Chamber of Commerce. Ce boycott-là avait eu un franc succès puisque l’entreprise avait fait marche arrière.

Répondez à la première enquête européenne sur la sexualité entre hommes

Pour la première fois, un questionnaire en ligne propose de recenser les comportements sexuels des «hommes attirés par des hommes» et leur niveau d'information face au VIH dans 31 pays d'Europe.

Si vous vous reconnaissez parmi «les hommes homosexuels, bisexuels et les autres hommes attirés par des hommes», vous pouvez répondre jusqu’au 31 août 2010 à l’enquête en ligne lancée le 4 juin dernier par un groupe international de chercheurs et de professionnels de la santé d'instituts de santé publique, d'universités et d'associations travaillant sur les questions du VIH, de la santé et des droits des homosexuels dans 31 pays d'Europe.

Premier bilan en fin d'année
Une initiative inédite à cette échelle. Il s’agit de voir si ces différentes catégories de population ont accès au test de dépistage du VIH et à la prévention. Les questions portent sur les modes de vie, la vie sexuelle, les risques, l’utilisation des structures de soin, etc. L'enquête est financée par la Commission européenne et soutenue par le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC), par le Bureau régional européen de l'Organisation Mondiale de la Santé et par de nombreuses organisations et de nombreux sites web homosexuels. Un premier bilan sur les résultats de l’étude sera publié d’ici à la fin de l’année sur le site du projet et un rapport final sera disponible en septembre 2011.

Il faut à peu près un quart d'heure pour répondre à tout le questionnaire. Aucune question ne vous est posée sur votre identité. Il est accessible ici.

Prison ferme pour la nuit de cauchemar infligée à un jeune gay

Trois hommes qui avaient enlevé, torturé et humilié un garçon avant de l'abandonner en plein champ ont écopé hier de lourdes peines de prison. Le récit de leurs exactions fait froid dans le dos.

C'est une terrible affaire dont Le Parisien relate aujourd'hui l'aboutissement judiciaire. Trois hommes ont été condamnés mercredi à Meaux à de la prison ferme, de six mois à trois ans, pour avoir enlevé, torturé et abandonné en plein champ un jeune gay. Ils avaient été mis en examen en mars 2008 (lire article).

Imagination sadique
Le récit des méfaits de cette «équipée sauvage», comme l'a désignée la présidente du tribunal correctionnel, est difficilement soutenable. Les trois garçons se trouvent le 8 décembre 2007 au Hurricanes, la boîte de nuit de Disney Village. Ils y rencontrent Sébastien, un styliste de 29 ans qui flirte avec celui qui deviendra quelques heures plus tard l'un de ses plus violents bourreaux.

Alors qu'il pense poursuivre la soirée dans un hôtel, Sébastien s'engouffre dans la voiture des trois individus. A partir de cet instant, le cauchemar commence; il durera cinq heures et demie. Le véhicule s'arrête en plein champ, du côté de l'Oise. Le jeune homme est d'abord dépouillé de ses cartes bancaires. Puis viennent les humiliations dont le caractère homophobe n'est pour une fois pas remis en cause: il est obligé de se déshabiller, se retrouve en slip dans le coffre de la voiture, aspergé d'huile, qu'on lui fait prendre pour de l'essence, puis brûlé avec une cigarette. «Les pédales comme toi, on les brûle» entend-il. L'imagination sordide et sadique des trois tortionnaires est fertile: Sébastien, à genoux, doit s'excuser d'être gay, puis maintenu comme en laisse avec une écharpe, il est contraint de se traîner dans la boue. Il est ensuite abandonné sur place.

«C'est dur, ce n'est pas effacé»
Sébastien n'a pas voulu assister à l'audience et revoir ses bourreaux. «C'est dur, ce n'est pas effacé» expliquent ses parents, présents au tribunal, au Parisien. Du côté des prévenus, on se victimise, on se renvoie la balle. «Je venais de perdre ma mère» explique l'un d'eux. «Je l'ai insulté, je l'ai tapé, mais c'est Hichem qui lui a arraché son jean» poursuit-il. Cet Hichem qui avait engagé le flirt avec Sébastien dans la boîte de nuit, est aussi celui qui a mis en scène la fausse immolation.

Ces deux-là ont été condamnés à quatre ans de prison, dont trois ferme. Le troisième homme, qui s'est contenté d'assister à la scène et d'en rire, écope de deux ans de prison, dont dix-huit mois ferme. Le parquet avait requis jusqu'à cinq ans de prison, pour la «vie brisée» de Sébastien

Lyon: Agression de quatre jeunes filles en marge de la Gay Pride 

D’après un communiqué de la Lesbian and Gay Pride de Lyon, samedi 12 juin, quatre filles, mineures, ont été agressées par deux jeunes hommes qui ont supposé qu’elles étaient lesbiennes car elles portaient sur elles le drapeau arc-en-ciel (rainbow flag). Les faits se sont déroulés en marge de la 15e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans de Rhône-Alpes, à Gerland, un quartier de Lyon.

Les deux hommes, majeurs, ont dans un premier temps proposé aux jeunes filles de leur faire une fellation ayant pour objectif de les « guérir » de leur homosexualité. Les quatre filles ont ensuite été insultées et frappées au niveau de la tête. Cette agression à caractère lesbophobe a eu lieu dans un endroit de passage sans que personne n’interpelle les deux hommes, jusqu’à l’intervention d’un chauffeur de taxi.

L’un des deux agresseurs a déjà été « formellement identifié » par les quatre victimes. Il a été incarcéré. Selon l’association: « Le Procureur de la République a requis un mandat de dépôt. [L'agresseur] vient de comparaître devant le juge des libertés et de la détention qui a ordonné sa mise en détention. Il est poursuivi pour deux motifs aggravants: violence volontaire en raison de l’orientation sexuelle (supposée) des victimes et violence sur mineurs de moins de quinze ans. »

La Lesbian and Gay Pride de Lyon, qui regroupe 20 associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, a annoncé son intention de se porter partie civile au procès.

Rouen: Trois jeunes se mobilisent pour faire renaître une gay pride

Refusant la fatalité qui condamnait l'édition 2010 à rester dans les tiroirs, ils ont créé une association et organisé en quelques jours une marche des fiertés qui aura lieu samedi. Et ils ne comptent pas en rester là...

Orpheline du Collectif Comme Ça, Rouen peine à reconstruire un tissu associatif fort en faveur des droits des homosexuels. L'an passé déjà, une association s'était exceptionnellement montée pour l'organisation de la gay pride. Mais Homogène s'en est allée avec le défilé. Cette année, faute d'organisateurs, le projet de marche des fiertés devait rester dans les cartons mais c'était sans compter la détermination de trois jeunes.

«C'est avant tout pour le symbole» argumente Loïc, l'un des instigateurs de la manifestation, «cela serait un recul de la lutte pour nos droits, si la Gay Pride n'avait pas lieu à Rouen» conclu-t-il. Militant politique et syndical, Loïc connaît le combat. Fin mai, le jeune homme de 27 ans contacte personnellement la Coordination Interpride France qui le met en relation avec deux filles qui viennent de faire une démarche similaire. Ensemble, ils créent l'association l'ARCHE.

Trois semaines pleines d'enthousiasme
Ce sceau rend possible un soutien financier et logistique des collectivités locales et des commerces gays de la ville. Le temps presse et «l'égalité pour tous» n'attend pas. En moins de trois semaines, pleine d'enthousiasme et de bonne volonté, la fine équipe collecte les adhésions, distribue les affiches et crée un facebook évènementiel. Le point d'orgue de toute cette débauche d'énergie se tiendra ce samedi 19 juin. Le cortège de la Gay Pride partira à 14h de la place Saint-Sever, sillonnera les rues du centre ville avant un arrêt devant l'hôtel de ville où Valérie Fourneyron, la maire de Rouen, devrait prendre la parole. Les organisateurs tablent sur 500 participants. «La proximité de Paris laisse le choix aux normands de défiler à Rouen ce samedi ou dans la capitale le week-end prochain» déplore Loïc, le futur professeur de physique-chimie. «Il faut combattre l'homophobie là où elle est, c'est-à-dire partout !» ajoute-t-il.
 
C'est bien dans cette démarche de long terme que l'ARCHE s'engage. Des projets d'intervention en milieu scolaire et d'écoute des adolescents victimes d'homophobie familiale devraient être mis en place bientôt.

L’APGL: «Sur la gestation pour autrui, on nage en pleine hypocrisie»

Le porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens réagit au cas relaté par TÊTU de ce Français gay dont les enfants, nés par mère porteuse, restent bloqués en Inde par l'administration française.

Le cas de ce Français gay bloqué en Inde avec ses enfants, parce que ses jumeaux nés dans ce pays par mère porteuse ne sont pas reconnus par la France (lire article), est symptomatique de la situation aberrante dans laquelle peuvent se retrouver aujourd'hui des homos (comme des hétéros) qui ont recours à cette solution, pourtant légale dans certains pays, comme l'Inde. Il suscite également un grand nombre de questions, auquel répond pour TÊTU Philippe Rollandin, le porte-parole de l'Association des parents et futurs parents gay et lesbien (APGL).

Avez-vous suivi le cas de ce papa gay bloqué en Inde avec ses jumeaux? Comment l'analysez-vous?
Philippe Rollandin (photo):
Plusieurs journaux indiens ont parlé de ce «French gay» bloqué en Inde par le Consulat français qui, selon nos informations, refuse de lui délivrer un passeport lui permettant de rentrer en France avec ses deux bébés nés en avril. La transcription des actes de naissance du service de l'état civil en France lui a été également refusée par le ministère des Affaires étrangères. Il y a quelques semaines, un Israélien a été confronté au même problème et d’autres couples de même sexe et hétérosexuels, de différentes nationalités, sont dans la même situation.

La procédure de GPA en Inde n'est pas cadrée de la même manière que dans d'autres pays. L'absence du nom de la mère dans les actes de naissance peut poser des problèmes. Il faut savoir que, en Inde, l'accès à la Gestation pour autrui pour les étrangers et particulièrement pour les gays fait, en ce moment, l'objet d'un débat. Pour éviter les problèmes diplomatiques, un projet de loi indien, en cours de discussion, prévoit que tout étranger demandant une GPA dans ce pays devra avoir l’accord préalable de son gouvernement ou de son consulat. On imagine les conséquences si cette loi était votée. Les hôpitaux et les cliniques qui, en Inde, pratiquent la GPA n’y sont pas favorables car – pardon pour le coté cynique – pour eux, il s'agit d’un véritable marché. Du coup, les médias sont sensibilisés à cette question et focalisent leur attention sur quelques cas d'espèce. Nous espérons que ce Français pour lequel le recours à une Gestation pour autrui est le fruit d’un véritable projet parental pourra rapidement rentrer en France avec ses deux enfants.

«L'interdiction de la GPA en France est la porte ouverte à toutes les dérives.» Pourquoi les gens se tournent-ils vers ce pays pour faire une GPA? Est-ce une idée à conseiller à ceux qui recherchent une GPA?
Ph. R:
Nous ne conseillons rien à personne parce que toute notre démarche s’inscrit dans le respect de la loi. Mais nous sommes favorables à une légalisation de la Gestation pour autrui dans un cadre strict, évitant toutes les dérives et dans l’intérêt de l’enfant. Nous nous battons pour cela. Pourquoi, les gens se tournent-ils vers l'Inde? Une des raisons est sans doute le coût moins élevé qu’il peut l’être dans d’autres pays. Cet aspect économique de la question est choquant. Elle est la porte ouverte à toutes les dérives et à toutes les inégalités que l'interdiction prétend justement évacuer.

Mais le problème dans le cas présent n'est pas l'attitude de l'Inde, ce sont les blocages de l'administration française… Est-ce une situation fréquente? Qu'en pensez-vous?
Ph. R:
Vous avez tout à fait raison. On estime que chaque année, plusieurs centaines de couples de même sexe ou hétérosexuels se rendent à l’étranger pour recourir à une mère porteuse. Leur retour en France pose parfois des problèmes mais pas ceux que l’on imagine. Ils sont rarement inquiétés pour le fait d’avoir eu recours à une Gestation pour autrui mais sur la question administrative de la transcription dans l’Etat civil français des actes de naissance de leur enfant. C’est le cas emblématique des époux Mennesson pour lesquels, après dix ans de procédures, la filiation avec leurs enfants nés de mère porteuse aux Etats-Unis est reconnue mais pour autant, ceux-ci ne sont pas reconnus comme français. On nage en pleine hypocrisie.

A l’APGL, nous demandons un vrai débat de fond sur la GPA, un débat qui dépasse la question de la manière de faire des bébés pour poser celle – essentielle à nos yeux – du projet parental qui légitime le recours à une mère porteuse. De ce point de vue, le projet de loi de révision des lois de bioéthique – tel qu’on le connait – est un grand rendez-vous manqué

L’UMP et les homos: que reste-t-il des promesses de 2007?

GayLib, le mouvement homo de l'UMP, rencontrait hier Xavier Bertrand et Christian Estrosi pour un point d'étape sur le mandat de Nicolas Sarkozy. Malgré des avancées, il y a des retards, et la majorité parlementaire est désignée comme principale responsable...

Hier, GayLib, mouvement homo affilié à l'UMP, rencontrait les dirigeants du parti présidentiel. Objectif de la réunion: vérifier ce que sont devenues les promesses de 2007 en matière de droits LGBT.

Pour le président de GayLib, Emmanuel Blanc, le bilan est en demi teinte. Il salue les progrès, comme «l’égalité fiscale entre pacs et mariage, les campagnes contre l'homophobie en milieu scolaire, la dépénalisation internationale de l'homosexualité ou le retrait du transsexualisme de la liste des maladies psychiatriques».

Contrat d'union civile et statut du beau-parent au point mort
Mais Emmanuel Blanc (photo ci-contre, debout) tempère aussitôt: «Il y a clairement du retard. Nous voulons rappeler que les deux principales mesures du programme, le Contrat d'union civile et le statut du beau-parent, n'ont pas été réalisées, et secouer nos dirigeants». Parmi eux: Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie et maire de Nice, ou Sébastien Huyghe, député du Nord, avaient fait le déplacement.

«Les avancées montrent que la droite ne se désintéresse pas des sujets LGBT, déclare Emmanuel Blanc pour ouvrir la réunion. Mais nous demandons l'égalité pour nos familles et nos couples. Toute l’Europe s'ouvre au mariage homo, c'est une question d'humanisme de l'instaurer.» Sur l'humanisme et les grands principes, tous les intervenants sont d’accord.

Pas de mariage en vue
Mais sur le mariage, l'unanimité disparaît et Xavier Bertand précise immédiatemment que ce n’était pas dans le programme de Nicolas Sarkozy. Le Contrat d'Union civile l'était. Il n'est toujours pas en vigueur et le secrétaire Les élus UMP s'opposeraient au mariage homo. «Il faudrait les changer», plaisante Xavier Bertrand. «Bonne idée», bougonnent quelques militants. général de l'UMP a un coupable tout désigné pour expliquer ce retard: les parlementaires de droite. «A l'heure actuelle, je ne pense pas que nous ayons une majorité pour le faire», dit-il avant de rappeller que ce sont les élus de son parti qui ont enterré l’avant-projet de loi sur le statut du beau-parent.

Sondages à l'appui, tous les intervenants expliquent qu'une majorité de Français est favorable au mariage homo, Xavier Bertand clame que «le président est en connexion avec les Français», mais les élus UMP s'y opposeraient. «Il faudrait les changer», plaisante-t-il. «Bonne idée», bougonnent quelques militants.

Débat clos pour les pensions de réversion
Sébastien Huygue confie que la majorité compte «des cas difficiles, au-delà de Christian Vanneste». Le cas du député est évoqué dès le début de la réunion, pour «évacuer le sujet» qui «plombe toutes les discussions». Tous s’en désolidarisent et Xavier Bertrand condamne à nouveau ses propos «à titre personnel». Mais il se défausse et s'en remet toujours à la Délégation départementale du Nord pour décider d’une éventuelle exclusion, tandis que Christian Estrosi estime qu’il ne faut jamais «jeter l’anathème sur qui que ce soit».

Pour chaque thème abordé, l'UMP veut d’abord «trouver la méthode» pour convaincre une majorité réticente, «mener une politique des petits pas» et «ouvrir les débats sans tabou». Mais certains débats sont déjà clos, dont celui de l’attribution des pensions de reversion aux couples pacsés. «Dans la réforme des retraites, on n’en prend pas le chemin, admet Xavier Bertand. Le coût financier serait trop important et il y a un argument juridique: ce droit est réservé aux couples mariés». «Bah il faut autoriser le mariage homo», soupire un militant, apparemment agacé de l’impasse dans laquelle s’enfonce la conversation. Et au départ des dirigeants de la droite, les adhérents de GayLib cachent mal leur déception, leur grand soir est encore remis à plus tard.

GayLib défilera sans l’UMP à la Marche des Fiertés parisienne 

 

En marge d’un débat à l’UMP, mardi 15 juin, le président de GayLib, Emmanuel Blanc, a annoncé que l’association défilera bien à la Marche des fiertés, mais sans l’UMP.

Depuis quelques mois, l’association, qui continue de se revendiquer proche et amie du parti de la majorité présidentielle, souhaite cependant faire entendre sa différence. Emmanuel Blanc explique pourquoi GayLib défilera seule, sans les couleurs de l’UMP. Selon lui, le parti est « en décalage » et n’est plus « en phase » avec les revendications de GayLib qui réclame l’égalité, notamment l’accès au mariage civil pour les homosexuels.

On se souvient que depuis 2007, la présence d’un char aux couleurs de l’UMP a suscité la colère de plusieurs associations, dont les Panthères roses. Hier, Vincent Loiseau confirmait devant la caméra de Yagg que l’Inter-LGBT était dans une position de « non-refus » par rapport à la présence de GayLib à la Marche des Fiertés.

Le gouvernement britannique et les droits des LGBT: des avancées remarquables

 Le gouvernement britannique vient de publier un important document qui dévoile les plans de la coalition au pouvoir (centre droit: conservateurs et libéraux-démocrates) pour la création d’une société plus équitable. Le document intitulé Working for Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender Equality a été publié par le Government Equalities Office juste avant la réception organisée au 10 Downing Street en l’honneur de la communauté LGBT à l’occasion du lancement de la Pride London.

Le document, qu’a présenté Theresa May, secrétaire d’État à l’Intérieur et ministre des Femmes et de l’Égalité, concerne tant la politique intérieure que la politique extérieure du Royaume-Uni. D’après ce texte, le gouvernement britannique s’engage à s’attaquer fermement à des préjugés dépassés et à assurer à chacun-e une réelle égalité des chances. Il énonce toute une série de domaines d’action qui devront recevoir l’attention particulière du gouvernement:

  • le combat contre l’homophobie à l’école;
  • la fin des discriminations au travail;
  • l’aide aux familles homoparentales;
  • la célébration des unions gays et lesbiennes dans les lieux de culte: permettre aux religions qui le souhaitent de pouvoir célébrer les unions homos dans les églises, les temples ou les mosquées;
  • combattre l’homophobie et la transphobie dans le sport;
  • combattre l’homophobie et la discrimination, instaurer une vraie politique d’égalité dans le service public (administration, hôpitaux, etc.);
  • justice: dans les dossiers criminels des personnes, supprimer les mentions obsolètes de condamnations antérieures (par exemple, il y a 30 ans encore, deux hommes qui s’embrassaient offensaient la pudeur aux yeux de la loi, etc.), aboutir à une meilleure centralisation des données relatives à la violence homophobe;
  • politique d’asile: l’arrêt de la déportation des demandeurs d’asile LGBT vers leurs pays d’origine s’ils risquent l’emprisonnement, la torture ou la mort en raison de leur orientation sexuelle;
  • politique étrangère: la promotion internationale des droits LGBT tant en Europe que dans le reste du monde. L’utilisation de l’influence britannique pour que d’autres pays abolissent les lois anti-gay et notamment dans les 42 pays du Commonwealth qui ont hérité des législations britanniques anti-homosexuelles et s’y tiennent encore. Le Royaume-Uni interviendra partout où il le peut pour soutenir les droits des personnes LGBT, et notamment au sein des Nations Unies. Il sera attentif à ce que chaque présidence européenne inclut un volet LGBT à son programme;
  • enfin le gouvernement accordera une attention particulière aux droits et à la protection des personnes transgenres.

Il y a évidemment lieu de se réjouir de ces engagements du nouveau gouvernement britannique et du fait que le Premier ministre conservateur David Cameron ait perpétué l’initiative du précédent gouvernement travailliste de recevoir la communauté LGBT au 10 Downing street à l’occasion de la gay pride de Londres. Au cours de cette soirée, David Cameron a notamment souligné que son gouvernement ouvrirait la possibilité légale de célébrer les unions gays et lesbiennes dans les lieux de culte, en laissant bien sûr aux responsables religieux la liberté d’utiliser cette latitude ou non.

Qu’un gouvernement de centre-droit s’engage pour les droits des personnes LGBT est un excellent signal. On peut espérer que ce signal sera perçu par d’autres gouvernements.

Via divers médias de la presse britannique, notamment UK Gay News et Pink News.

Kiana Firouz restera au Royaume-Uni

Kiana Firouz, cinéaste iranienne et lesbienne, a enfin obtenu l'asile en Grande-Bretagne. Elle craignait la peine de mort en raison de son orientation sexuelle. Les militants LGBT se réjouissent.

Kiana FirouzElle avait quitté l'Iran pour le Royaume-Uni en 2008, et, menacée d'expulsion, elle appréhendait la peine de mort dont sont passibles les lesbiennes iraniennes (lire article). Kiana Firouz est enfin rassurée,  après plusieurs rebondissements, elle a enfin gagné le droit de rester au Royaume-Uni.

Forte mobilisation internationale
Très largement soutenue par de nombreuses associations LGBT, la demande d'asile de Kiana a d'abord été rejetée une première fois par le Home Office (Ministère de l'Intérieur britannique), avant d'être accordée hier. Dans un communiqué,  L'Iranian Railroad for Queer Refugees(IRQR), une association LGBT iranienne, remercie donc «tous les officiels élus, groupes, organisations, activistes et individus qui ont soutenu Katia Firouz dans sa bataille», avant d'ajouter: «Nous, les queers iraniens, sommes fiers désormais de ne plus être seuls, car il y a des millions de personnes qui sont au courant de notre situation et nous soutiennent dès que l'on a besoin d'eux.»

Kiana Firouz qui tient le premier rôle dans le film Cul-de-Sac (photo), une fiction-documentaire basée sur sa propre expérience en tant que lesbienne iranienne, peut donc désormais profiter de sa liberté.  Elle avouait encore hier soir sur sa page Facebook: «Je ne peux toujours pas y croire»!

Iran: trois hommes menacés de peine de mort pour homosexualité

Un quatrième homme aurait été battu à mort lors de sa détention.

Reza, Alireza et Hamid en danger de mort? Ces trois Iraniens ont été arrêtés en mai à Sari (province de Mazandaran, Nord) pour homosexualité, explique l'Iranian Railroad for Queer Refugees (IRQR), une organisation d'aide aux réfugiés LGBT iraniens.
 
Pendaison fréquente
Lors de leur raid, les forces de sécurité ont saisi pour preuve un ordinateur et des effets personnels d'Alireza, 28 ans, et Reza, 23 ans. Ils ont en outre arrêté leurs invités - libérés après qu'ils ont avoué de force que leurs hôtes vivaient en couple.
 
La condamnation des amants n'est pas connue mais, au pays des ayatollahs, la pendaison est fréquente pour châtier les homosexuels. D'ailleurs, selon la rumeur, c'est le sort qui attend le troisième homme, Hamid, un quadragénaire qui a déjà reçu 74 coups de fouets parce que sa femme a dénoncé sa relation sexuelle avec un jeune de 17 ans. Jeune dont on ignore le devenir...
 
L'IRQR demande une enquête approfondie
Toujours à Sari, Amir a semble-t-il déjà payé de sa vie son orientation sexuelle. Arrêté alors qu'il dinait avec sa petite amie, ce bisexuel de 23 ans aurait été battu à mort lors de sa détention.
 
Basée au Canada, «I'IRQR condamne l'arrestation, la torture et le meurtre des queers iraniens par les forces de sécurité, qu'elle considère comme une violation des droits humains internationalement reconnus, et exhorte le gouvernement iranien à agir pour cesser ces abus». Enfin, elle demande le soutien d'organisations internationales, «particulièrement d'Amnesty International et de Human Rights Watch», pour approfondir l'enquête sur ces affaires.

«Quatre présidents américains étaient gay»

En six ans, Michael Rogers s'est fait une spécialité de révéler l'homosexualité de parlementaires anti-gays. Un jour, pourquoi pas un président? Rencontre avec celui qui fait trembler les politiciens du Congrès.

Le Washington Post a dit de lui qu'il était l'homme le plus craint du «Hill», colline mythique du Congrès américain. Et pour cause, Michael Rogers, pape américain de la pratique très controversée de l'«outing», a pouvoir de destruction sur des carrières et des vies entières.

«Les journalistes n'osent pas poser la question: "Etes-vous gay?"»
Depuis six ans, sur son blog BlogActive, il révèle le nom de politiciens qu'il accuse d'être «hypocrites». Dans son vocable, ce sont des gays et lesbiennes qui, tout en étant dans le placard, adoptent une rhétorique et des positions résolument homophobes à des fins électoralistes. Sa dernière proie en date est le député républicain Mark Kirk qui a récemment voté contre l'abrogation de Don't Ask Don't Tell, la loi qui interdit aux homosexuels de servir ouvertement dans l'armée. «Je ne me suis jamais trompé, dit-il. Je ne peux pas me permettre de me tromper.»

Démocrate, ancien de Greenpeace reconverti en journaliste-entrepreneur (il est entre autres le rédacteur en chef de PageOneQ, un site d'infos LGBT), Rogers a lancé son blog en 2004, à l'approche de la réélection de George W. Bush.  En plein «gay-bashing», il partait en croisade contre le silence bien volontaire de ses confrères sur l'homosexualité présumée de certains politiciens. «Ils n'osent pas poser la question : "êtes-vous gay?" car ils ont peur que ça soit la dernière», affirme-t-il.

Washington, Lincoln, Buchanan et... ?
La première personne à laquelle Rogers a posé la question fatidique était Ed Schrock, un député de Virginie balancé par une source qui détenait un enregistrement audio du républicain contactant un prostitué. Le parlementaire a renoncé à se représenter par la suite. Depuis, Rogers, toujours à partir de sources anonymes, a «outé» une trentaine d'hommes et femmes politiques, pour la plupart républicains. Son «outing» de Larry Craig en 2007, sénateur respecté de l'Idaho, lui a même valu d'être l'objet d'un film, Outrage, qui raconte son travail.

«Quand j'ai commencé, je ne pensais pas qu'il y avait autant de politiciens dans cette situation», admet-il.
Mais pour Rogers, le plus gros des trophées de chasse est peut-être encore à venir. En effet, quand on lui demande s'il pense un jour «outer» un Président des Etats-Unis, il marque une pause. «Lincoln, Buchanan étaient gay, Washington était probablement gay. Et je pense qu'il y en a un quatrième...», répond-il d'un ton énigmatique. Vivant ? Mort ? Il refuse de donner plus d'informations. «Rappelez-vous, je ne me trompe jamais.»

«Pendant 15 ans, nous sommes restés la seule librairie gay de France»

Il y a 30 ans, pour la première fois en France, une librairie gay ouvrait. Cette pionnière: les Mots à la bouche, devenue depuis une institution au cœur du Marais. Retour sur son histoire avec son propriétaire, Walter Paluch.

TÊTU: Les Mots à la bouche sont devenus un lieu incontournable du Marais. Quelles ont été les principales étapes pour en arriver à ce succès?
Walter Paluch: Quand nous avons créé la librairie en 1980, le contexte était difficile, l’homosexualité n’était pas encore dépénalisée, mais nous voulions un lieu ouvert, qui ait pignon sur rue. Nous étions la première librairie gay de France et pendant 15 ans nous sommes restées la seule. Au tout début, nous étions dans le 18e arrondissement et les premières années ont été très dures. En 1983, nous avons emménagé dans le Marais et la librairie a progressivement pris son essor. Quand nous sommes arrivés dans le quartier, il n’y avait que deux ou trois bars homos et ce n’est qu’à la fin des années 80 qu’il est vraiment devenu un quartier gay. La librairie a joué un grand rôle dans cette évolution, en attirant de nombreux gays et en ajoutant un aspect culturel et intellectuel. De nombreux établissements se sont ensuite installés et une dynamique d’ensemble s’est créée. Mais depuis quelques années, on constate une diversification du public du Marais. Le dimanche, c’est presque un quartier hétéro…

Comment a évolué  la littérature homo ces trente dernières années ?
Elle s’est énormément développée. Dans les années 80, peu d’auteurs s’affichaient homos, il n’y avait que quelques grands noms. Maintenant, on ne compte plus les essais ou les romans sur le sujet, on n’a plus la place de tous les mettre dans les rayonnages ! Mais on ne se limite pas aux livres homos, on s’est beaucoup diversifié. Nous sommes aussi une librairie de quartier et les lecteurs homos ne s’intéressent pas uniquement à leur sexualité. De plus, l’époque a changé : quand nous avons créé la librairie, on ne trouvait nul part des livres concernant les homos, à part ceux de quelques auteurs comme Proust ou Genet. Maintenant, toutes les librairies en proposent, on est contraint d’élargir notre offre. En Allemagne par exemple, les librairies homos vendent exclusivement des livres concernant l’homosexualité, et elles ne marchent pas très bien…

Qu’avez-vous prévu pour marquer cet anniversaire ?
Jusqu’au 25 juin, nous organiserons dix événements, des tables rondes, des rencontres avec des auteurs, pour mener une réflexion approfondie sur la situation des homos aujourd’hui. Le programme s’est construit autour de deux idées. Nous voulons d’abord soutenir les petites maisons d’édition gay et lesbiennes, qui sont toujours oubliées des médias. Ensuite, nous proposons deux soirées consacrées à l’histoire, je suis persuadé qu’il faut toujours regarder en arrière pour comprendre le monde et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Nous ferons par exemple un hommage à Magnus Hirschfeld, sexologue allemand et pionnier des luttes homosexuelles dans les années 20, et nous recevrons le secrétaire de l’association Les oubliéEs de la mémoire, et auteur d’un livre sur le dernier survivant de la déportation homosexuelle en France.

Pour en savoir plus sur l’histoire de la librairie et consulter le programme complet des soirées thématiques : www.motsbouche.com

BD: Pour son deuxième tome, La p'tite Blan fait son «Coming Out»

«Coming Out» a officiellement vu le jour hier. Il s'agit du volet numéro deux des aventures de La p'tite Blan, personnage «100 % trentenaire, cynique et lesbienne». Une BD dessinée par Galou et scénarisée par Blan.

Coming Out

Le titre de la bande dessinée ne laisse aucune place au mystère: La p'tite Blan s'est enfin décidée, elle sort la tête du placard dans lequel elle est trop longtemps restée enfermée. Uniquement la tête? Ou aura-t-elle le courage de s'assumer pleinement? Car cette révélation risque de ne pas être sans complications... Face à sa famille, à ses amis et à la société, La p'tite Blan se retrouve inévitablement confrontée aux préjugés de certains et à l'ignorance ou à l'hypocrisie des autres.

La suite de Coming Soon
Dans le précédent opus de cette autobiographie dessinée, Coming Soon, La p'tite Blanc nous racontait ses premiers pas de lesbienne, après quelques années passées à faire semblant d'être une hétéro dans le rang. A la fois caustique, provoc et désinhibée, elle éprouvait malgré tout des difficultés à s’assumer. C'est désormais chose faite.

Si Coming Out est officiellement sorti hier, il n'est pas pour autant disponible dans tous les bacs: certaines librairies ont l'avantage d'être les premières servies. Vous trouverez plus de détails concernant les points de vente sur le site de La p'tite Blan. Le lancement national de cette «histoire de sortie de placard» est prévu courant juin.

 

 

Quelles sont les entreprises les plus gay-friendly? 

 
Pour la deuxième année consécutive, la Chambre de commerce international gaie et lesbienne (CCIGL) a publié un palmarès des entreprises mondiales les plus gay-friendly.

Le but de cette enquête, réalisée avec la participation de l’Ilga et de l’Ilga-Europe, est de faire comprendre l’importance des diversités au sein d’une société en faisant participer un maximum d’entreprises du monde entier à l’opération. Arrivent ainsi en tête IBM, Google, BT Group, Morgan Stanley et Cisco Systems – Google et Morgan Stanley, toutes deux nouvelles.

Pour participer, les entreprises doivent avoir des bureaux dans au moins trois pays. Le questionnaire comprend 17 questions, que les entreprises sont chargées de transmettre à leurs filiales.

Selon Pascal Lépine, président fondateur de la CCIGL, 25 sociétés ont participé cette année à ce programme d’évaluation. Un programme d’évaluation qui touche donc 2,2 millions de salarié-e-s de par le monde

 

Avec « Je t’aime pareil », France Inter parlera d’homosexualité tous les samedis soirs 

Yagg parle rarement de radio, et pourtant, la radio, on aime! Et ça tombe bien, parce qu’à partir du 26 juin (date de la Marche des fiertés LGBT, à Paris), France Inter se penche sur l’homosexualité, avec Je t’aime pareil, une émission de Marjolaine Koch et Harry Eliezer, le samedi à 21h05 (sauf le 3 juillet pour cause d’Eurockéennes de Belfort).

« POURQUOI LA FRANCE SE BRAQUE-T-ELLE? »
« Où en est réellement la société française vis-à-vis de l’homosexualité aujourd’hui?, s’interroge le dossier de presse. Ces dernières années ont été marquées par l’arrivée du pacs. Mais contrairement à d’autres pays parfois très proches de nous, les homosexuels sont-ils vraiment acceptés? L’idée de cette série d’émissions de radio est de faire un état des lieux de la situation. En quoi les mœurs ont-elles changé et qu’est-ce qui bloque encore? Quand des pays comme le Portugal autorisent le mariage gay ou l’insémination et l’adoption pour les couples homosexuels en Belgique, pourquoi la France se braque-t-elle en refusant de franchir le pas? Les témoignages de personnes concernées, qu’elles vivent en France ou à l’étranger, aideront à dresser un bilan. »

L’émission, qui commencera par « le cliché du jour », sera essentiellement composée de témoignages, a indiqué Marjolaine Koch à Yagg. Pour chaque thème (« Le jour où j’ai su » le 26 juin, « Papa, maman, les copains… chéri(e): je suis homo » le 10 juillet, « L’homosexualité hier et aujourd’hui » le 17, « Les différentes manières de gérer son homosexualité » le 24, « Marié à tout prix » le 31, « L’homoparentalité » le 7 août, « Chez moi, ça ne se fait pas » le 14, « Homo, croyant et pratiquant » le 21 et « Sport et homosexualité » le 28), deux personnes viendront partager leur expérience (Tatiana Potard le 24, par exemple), d’autres interviendront en plateau ou par téléphone, comme ce prof de philo qui tente, à travers ses cours, de faire en sorte que tous ses élèves se sentent acceptés.

Je t’aime pareil donnera aussi la parole à des LGBT à l’étranger (les fondateurs du magazine gay marocain Mithly). Et si le débat n’est pas l’objet principal de Je t’aime pareil, Harry Eliezer et Marjolaine Koch n’ont pas peur d’aborder les sujets qui fâchent: ils ont invité une psy qui affirme « ramener » les homos à l’hétérosexualité. Sa présence n’étant pas encore confirmée, son nom n’est pas communiqué, mais c’est une édition qui vaudra sans doute la peine d’être écoutée. Même si ce passage ne sera semble-t-il pas représentatif du ton de l’émission par ailleurs.

Et pourquoi le service public s’intéresse-t-il à l’homosexualité au point de lui consacrer une émission tout l’été? « L’idée est venue de moi, raconte Marjolaine Koch. C’est en discutant avec des proches de leur vie en tant qu’homos que j’ai eu envie de creuser la question, de comprendre ce qu’ils vivaient. »

Je t’aime pareil, sur France Inter, le samedi à 21h05, à partir du 26 juin (sauf le 3 juillet) et en podcast

 

Journée mondiale du don du sang? Pas pour tous!

Aujourd’hui, lundi 14 juin, se tient la Journée mondiale du don du sang. L’occasion pour l’EFS (Établissement français du sang) d’encourager les Français à donner leur sang. À l’exclusion des homosexuels qui, depuis 27 ans, n’ont toujours pas le droit de le faire. Une mesure de précaution qui date en effet de 1983, c’est-à-dire au tout début de l’épidémie du sida.

En 2007, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot promettait pourtant de changer cette situation discriminatoire et d’ouvrir le don du sang aux homosexuels. Deux ans plus tard, revenant sur cette promesse, elle signait un arrêté définissant de nouveaux critères de sélection de donneurs de sang (âge repoussé, fréquence des dons augmentée…), mais réaffirmait l’interdiction aux gays de donner leur sang. « Il y a un risque, et ce risque est trop élevé », concluait-elle alors dans un entretien accordé à Libération.

Évidement le risque zéro n’existe pas et la population gay se trouve être plus frappée par l’épidémie. Le problème reste cependant que la sélection se fasse selon l’appartenance à un groupe et non selon le comportement effectif des gens. Chaque homosexuel étant perçu comme un potentiel porteur du virus.

De plus, ces critères se fondent sur la parole du donneur. Avant de donner son sang, le volontaire doit remplir un questionnaire. Un questionnaire qui se base sur sa bonne foi, qu’il s’agisse de ses antécédents médicaux comme de ses pratiques sexuelles. La parole d’un homosexuel, lorsqu’il affirme n’avoir eu que des rapports protégés, n’aurait-elle pas le même poids que celle d’un hétérosexuel?

ET AILLEURS?
Cette situation n’est pas la même partout. Chaque pays détermine ses critères de sélection et la perception du risque des donneurs homosexuels n’est visiblement pas partagée par tous. En Europe, les homosexuels peuvent par exemple donner leur sang en Espagne où cette restriction n’a tout bonnement jamais existé. En Italie et au Portugal, la restriction avait bien été appliquée dès les années 1980, mais elle a été levée depuis plusieurs années (en août 2006 pour le Portugal).

La Suède a changé ses critères, à son tour, en mars 2010. Les gays suédois peuvent donc désormais donner leur sang, à la condition – un peu particulière – de n’avoir pas eu de rapport sexuel avec un homme au cours des douze derniers mois.

La Suisse pourrait suivre, comme l’explique un article de La Tribune de Genève. La question a en tout cas été soulevée au sein du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge suisse, qui chapeaute les centres et évalue les critères de dons. Il faudra attendre l’année prochaine pour connaître ses conclusions.

 

Colloque « Éducation et homophobie » – 2: « Une première journée riche, mais chargée… » 

Publié par Yagg  

Pendant trois jours, du 15 au 17 juin, Besançon accueille le colloque « Éducation et homophobie », organisé par l’association Nouvel Esprit. Natacha Taurisson, coordinatrice nationale du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire (notamment), a accepté de jouer les « petites souris » pour Yagg.

Il vaut mieux des têtes bien faites, que des têtes bien pleines qu’il disait… Si je partage entièrement cet adage, la mienne en cette fin de journée commence déjà à bien se remplir!

Le colloque Éducation et homophobie de Besançon a donc débuté en ce mardi 15 juin par l’intervention des « officiels ». Le recteur de Franche-Comté, le vice-président de l’université, la vice-présidente de la région, le maire de Besançon… bref la brochette indispensable des acteurs de la politique locale en ouverture de cette manifestation se présente et délivre son intérêt pour LA cause…

Mon impression? Rien de nouveau du côté de la parole du représentant de l’Éducation nationale, qui affiche et met en avant du réchauffé en nous annonçant, comme l’avait fait son ministre de tutelle le 17 mai dernier, que le ministre de l’Éducation nationale avait décidé le lancement d’une vaste concertation sur les discriminations, et bla bla bla… Gonflé quand même, quand on sait que cette concertation est lancée depuis décembre dernier et ce, sur une demande faite à M. Darcos datant de l’époque où il était ministre, par l’Inter-LGBT et le Collectif éducation LGBT. Le rapport est sur le bureau de M. Chatel depuis de nombreuses semaines, et donc déjà bouclé! Pourtant, on attend toujours les promesses qui datent d’un an, de mise en place de groupes de travail sur les discriminations, LGBT notamment.

Dix minutes de présence et d’expression de l’Éducation nationale seront les seules traces d’une présence de représentants éventuels au cours de ce colloque d’une durée de trois jours. Rappelez-moi déjà la thématique du colloque? Pourtant il me semblait avoir entendu notre ministre dire que la lutte contre « toutes les discriminations » était sa priorité en février dernier. Les LGBTphobies dans le milieu éducatif ne doivent certainement pas faire partie des priorités, voir des discriminations… Oui je suis colère du peu de cas fait par ce ministère, qui aurait soi-disant accordé à ce colloque son haut patronage.

Bon allez, c’était ma minute d’humeur militante, promis. Heureusement que l’on peut aussi entendre des interventions qui s’engagent davantage. C’était le cas des élus locaux, et notamment du maire de la ville. Du rarement entendu par mes oreilles, pareil message provenant d’une municipalité qui prononce tous les mots de la panoplie LGBT sans tabou, y compris des mots grossiers pour certains comme « transsexualité », « identité de genre », « transphobie »… en sachant de quoi il s’agit. Une panoplie d’action mises en place, même reconnue par la Halde comme exemple national! Et après on dira que les petites villes de province, au fin fond de la France, ne sont pas à la hauteur. Voilà pour moi un bel exemple de partenariat associatif constructif qui apporte son lot d’actions concrètes.

Mais les vrais temps de ce colloque sont pour moi les partages d’expériences et de pratiques dans les pays de cette planète que permet cet événement. C’était aujourd’hui la journée consacrée à l’état des lieux. Comment se nourrir de la quinzaine de contributions dans les ateliers sans avoir le don de la triple personnalité? Aller hop, première frustration! Et ce, sans compter les conférences plénières riches d’enseignements. Décidément le Canada sera toujours à la pointe de l’accompagnement et du traitement des thématiques soulevées par les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre par les ministères concernés. La Belgique n’est pas mal non plus, malgré certes quelques soucis en ce moment sur d’autres formes de discriminations nationales… Je suis aux anges pendant les pauses, quelle chance de pouvoir profiter de ces temps pour prendre des contacts, échanger en libre de nos recherches, de nos analyses pour les compléter. C’est dans ce type de manifestations que l’on prend encore davantage conscience de l’ampleur du mot « diversité » et la richesse qu’il peut engendrer…

Et voilà, je suis sur mon clavier pour me laisser aller à mes élucubrations, et je viens de rater le pot de la mairie et la visite du musée du Temps… Alors je laisse l’écran et file rejoindre la diversité pour continuer ce voyage francomtois, avec Anne qui cet après-midi nous a rejoints…

Natacha Taurisson

Natacha Taurisson est coordinatrice nationale du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire; présidente, porte-parole et animatrice dans le milieu associatif LGBT et spécialiste de la question de l’identité de genre, depuis 1998; porte-parole et formatrice de l’association EGO (Être Genre Orientation); enseignante, responsable syndicale nationale, coordinatrice du pôle national de formation du Sgen-CFDT, Formatrice et animatrice de l’institut de formation IRIS.

 

Les mères lesbiennes seraient de meilleurs parents 

Voilà qui va défriser les opposants à l’homoparentalité: une étude menée sur 25 ans et publiée par la très sérieuse revue américaine Pediatrics (téléchargeable sur le site de la revue) montre que les enfants élevés par des mères lesbiennes, en couples ou célibataires, vont plutôt mieux que les autres.

Jusqu’ici, la plupart des études avaient conclu que les enfants élevés dans des familles homoparentales ne montraient pas de différence significative avec les autres. Le résultat de la « National Longitudinal Lesbian Family Study » (NLLFS) étonne même ses auteures, Nanette Gartrell et Henny Bos: « Nous ne nous attendions pas à trouver qu’ils allaient « mieux, nous nous attendions à trouver qu’ils allaient « aussi bien »", a expliqué Nanette Gartrell à Medpage Today, un site d’information à destination des médecins.

FAMILLES LESBIENNES « PLANIFIÉES »
L’étude menée auprès d’enfants né-e-s de mères lesbiennes et conçu-e-s par insémination artificielle portait sur quatre axes principaux: l’adaptation psychologique, les relations des enfants avec leurs pairs, les relations familiales et l’école. De 1986 à 1992, 154 mères en devenir de Boston, Washington et San Francisco ont accepté de participer à cette recherche, qui consistait à suivre des familles lesbiennes « planifiées » (par opposition à des familles dont les enfants seraient nés dans un contexte hétérosexuel avant le coming-out de la mère) de la conception de l’enfant jusqu’à ce qu’il ou elle atteigne l’âge adulte, soit 84 familles (70 mères biologiques, 70 mères sociales et 14 mères célibataires). À ce jour, 78 enfants ont été suivis, et des données ont été récoltées directement auprès d’eux, par des questionnaires et des entretiens, lorsqu’ils avaient 10 ans puis 17 ans, ainsi qu’auprès de leurs mères au fur et à mesure, en 5 étapes.

Les données ont ensuite été comparées à celles recueillies auprès d’un échantillon de jeunes Américains dans le cadre d’une autre étude (l’étude Achenbach): « Les analyses comparatives ont démontré que les filles et les garçons de 17 ans de la NLLFS obtenaient des résultats sensiblement meilleurs dans les rapports sociaux, les résultats scolaires et les compétences générales et s