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LA
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Revue de presse sur
l'actualité homosexuelle LGBT
(Sources
Diverses dont TÊTU, Yagg, gay clic, association LGBT etc.)
Septembre
Dominique Dord, un croisé
anti-pacs devient trésorier de l’UMP
Le remplaçant d'Eric Woerth est une figure discrète mais
attachée de longue date à l'UMP. Il s'était illustré lors de la bataille
du pacs par une blague douteuse sur ce pacte, qui pourrait être signé «à
la direction des services vétérinaires».
«Il y aura un nouveau trésorier du Mouvement
populaire ce soir. Je proposerai au bureau politique qui va se réunir le
nom de Dominique Dord, qui est député de la Savoie, qui est quelqu'un de
particulièrement rigoureux et sérieux.» Le secrétaire général de l'UMP,
Xavier Bertrand, ne tarrissait pas d'éloges hier sur Dominique Dord.
Celui qui remplace un Eric Woerth englué dans l'affaire Bettencourt est
chargé de laver le parti présidentiel de tout soupçon.
Manque de chance, il traîne déjà de nouvelles
casseroles politiques potentielles, pour avoir été un temps (deux ans,
dans les années 80) directeur chez L'Oréal et pour avoir lui aussi son
propre micro-parti, chargé de récolter des financements hors des limites
de financement des partis politiques.
«Le pacs est une patate chaude que l'on se refile
de la mairie à la préfecture, puis au tribunal d'instance et demain
matin – pourquoi pas? – à la direction des services vétérinaires.»
Proche de Christine Boutin
Mais pour les plus attentifs aux questions homos, et ceux qui ont de la
mémoire, le député de Savoie fait surtout partie des députés ayant mené
la bataille contre le pacs. Le
Centre LGBT de
Paris vient d'ailleurs de s'émouvoir de la nomination de celui qui
présidait, avec Christine Boutin, le groupe «Oser la famille» à
l'Assemblée nationale. Et de l'initiateur du grand rassemblement
«Générations anti-pacs» le 30 janvier 1999 à Paris.
Dominique Dord est aussi
l'auteur d'une plaisanterie douteuse, mêlant homosexuels et animaux (ou
zoophilie?). Le 8 novembre 1998, comme le consigne le
compte-rendu officiel de l'Assemblée, il avait en effet lancé: «Le
pacs est une patate chaude que l'on se refile de la mairie à la
préfecture, puis au tribunal d'instance et demain matin – pourquoi
pas? – à la direction des services vétérinaires.»
Favorable à la pension de réversion
Ses interviews de l'époque continuent de révéler sa personnalité. Dans
Le Figaro, quelques mois plus tôt, il déclarait: «Si le pacs
était instauré au nom de l'égalité entre les citoyens, il deviendrait
alors très vite impossible, incohérent, voire illégal de refuser aux
contractants d'un pacs la possibilité d'accueillir et d'élever des
enfants (…) On sacrifierait alors le droit de l'enfant au profit d'un
droit à l'enfant, comme si nous ne mesurions pas tous les jours les
dégâts causés, chez de nombreux pré et post-adolescents, par l'absence
d'image du père ou par la désintégration des familles.»
Mais en janvier de l'année suivante, Dominique Dord
se défendait d'être «anti-homos», et toujours pour tenter de trouver une
parade au pacs, il
déclarait au Monde qu'il était «même pour aller plus loin
que la proposition de loi, en accordant notamment la pension de
réversion aux couples non mariés». Un droit qui n'est toujours pas
ouvert par le pacs, et encore tout récemment refusé par la majorité (lire
article). Alors, installé à un poste que l'on considère parfois
comme le «numéro trois» du parti politique majoritaire, voudra-t-il
reprendre ce combat?
Le Refuge accueillera des
volontaires du Service civique
ASSOCIATION. Cette structure, qui accueille des jeunes
victimes d'homophobie depuis 2003, vient de recevoir son agrément et
recherche six volontaires. Rencontre avec Nicolas Noguier, fondateur du
refuge, qui fait le point sur une saison riche en développements.
Nicolas
Noguier, le président fondateur
du Refuge. ne
boude pas sa joie: «Nous avons réussi à nous structurer et à nous
étendre, c’est une très bonne année.» Sept ans après sa création à
Montpellier, ce lieu d’écoute et d’accueil pour les jeunes victimes
d’homophobie poursuit en effet son développement, et son action commence
à être reconnue par les pouvoirs publics.
Avec l'ouverture d'une antenne à Lyon cette année
(lire notre article), Le Refuge a entamé son déploiement national. Selon
son président, l’idée est de couvrir les plus grandes villes, «parce que
c’est là que l’on va quand on est rejeté et que l’on a besoin de
s’assumer». L’association vient d’ailleurs de se doter de sept chambres
en banlieue parisienne, ce qui permettra d’accueillir autant de jeunes.
Le président explique privilégier «l’urgence et les origines
géographiques, même si le choix est la plupart du temps difficile.»
Service Civique
Le travail acharné des bénévoles leur a valu deux autres belles
récompenses. La première, c’est l’agrément donné par le rectorat de
Montpellier à l’association. Celle-ci va pouvoir mettre en place des
interventions dans les lycées. Au programme: sensibilisation des élèves
à l’homophobie, mais aussi formation du personnel éducatif. «On est
agréablement surpris d'autant que l’on ne pensait pas l’obtenir» confie
Nicolas Noguier.
Mais c’est un autre agrément, obtenu la semaine
dernière, qui devrait avoir le plus grand impact sur le développement de
l'association. Il est maintenant possible de faire son
Service
Civique Volontaire au Refuge. Pas question de remplacer les
bénévoles; la structure accueillera en plus des jeunes de 16 à 25 ans
pour une durée de six mois minimum. «C’est l’occasion de s’engager pour
une belle cause», explique le fondateur.
Est-ce là une forme de reconnaissance officielle de
l’Etat? Nicolas Noguier reste prudent: «On est content du travail de
sensibilisation, il y a un réel sentiment d’écoute. Maintenant on
attends les moyens financiers promis pour nos actions sur le terrain...»
Les candidatures pour le service civil volontaire sont à déposer sur
le site de l'association, deux places sont à pourvoir par antennes,
soit six places au total.
Des écrivains français lancent un
appel: «Ebrahim Hamidi a 18 ans et il va être pendu»
Les écrivains Philippe Besson et Gilles Leroy, rejoints par
des personnalités de la culture telles qu'Alfredo Arias, Dominique Blanc
ou Claude Lanzmann, lancent dans «Le Monde» un appel à casser la
condamnation qui pèse sur le jeune Ebrahim Hamidi.
Les écrivains français Philippe Besson et Gilles Leroy (photo), rejoints
par près de vingt autres personnalités du monde de la culture, lancent
un
appel en faveur d'un jeune homme condamné à la pendaison en Iran
pour homosexualité, publié dans Le Monde daté de mercredi.
Intitulé «Ebrahim
Hamidi a 18 ans et il va être pendu», cet appel est notamment
soutenu par Alfredo Arias, Dominique Blanc, Arnaud Cathrine, Isabelle
Gallimard, Vincent Josse, Claude Lanzmann, Camille Laurens, Jonathan
Littell, Paul Otchakowsky-Laurens ou Atiq Rahimi.
«Contraire à la notion d'humanité»
«Après Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour
adultère, l'Iran persiste et signe en condamnant à la pendaison un jeune
homme soupçonné d'homosexualité», soulignent les écrivains (lire
article).
«Cette seule perspective suffirait à nous horrifier,
tant elle est contraire à la notion même d'humanité et nous laisse
imaginer la terreur dans laquelle vivent les homosexuels iraniens»,
poursuivent-ils.
«Il va mourir, si nous ne nous mobilisons
pas»
L'accusation «aurait été montée de toutes pièces à la suite d'une rixe
banale et les aveux d'Ebrahim extorqués sous la torture. Au cours de son
procès, l'accusé n'a pas eu droit à la moindre représentation légale.
Quant au verdict, il a été prononcé par un magistrat qui s'en est remis
à son propre jugement, procédure utilisée lorsqu'il n'existe pas de
preuve formelle.»
De plus, en juillet, la «victime» présumée d'Ebrahim
Hamidi a reconnu avoir porté contre lui de fausses accusations sous la
pression de ses parents. La sentence n'a pas été annulée pour autant,
rappellent les auteurs.
«Il va mourir, si nous ne nous mobilisons pas (…). Si
nous ne crions pas haut et fort et partout que cette condamnation est
insupportable et qu'elle doit être cassée», conclut l'appel.
Une
pétition en ligne est toujours ouverte pour tenter d'empêcher
l'exécution d'Ebrahim Hamidi.
Fidel Castro admet son rôle dans
les discriminations faites aux gays à Cuba
Aurait-il été sermonné par sa nièce gay-friendly Mariela? Le
leader communiste revient pour la première fois sur la répression des
homosexuels sur l'île dans les années 60 et 70.
Le leader communiste cubain Fidel Castro, 84 ans, a
reconnu dans un entretien avec un quotidien mexicain sa responsabilité
dans les discriminations dont ont fait l'objet les homosexuels cubains
dans les années 1960 et 1970.
«S'il y a quelqu'un de responsable, c'est moi… Mais
c'est sûr qu'à cette époque je ne pouvais pas m'occuper de ce sujet…
J'étais immergé dans la crise d'octobre (1962), la guerre, les questions
politiques», a déclaré l'ancien président en réponse à une question du
quotidien La Jornada, dont l'article a été diffusé mardi sur le
site officiel cubain Cubadebate.
«Echapper à la CIA, qui achetait tant de traîtres, ce
n'était pas simple, mais s'il faut assumer la responsabilité, j'assume
la mienne, je ne vais pas tenir pour responsable quelqu'un d'autre»,
a-t-il dit.
Camps de rééducation
A l'instar notamment de prêtres ou militants chrétiens considérés comme
«idéologiquement déviants», des homos ont été envoyés dans les années
1960 dans des camps de rééducation. Dans les années 1970, les
discriminations se sont poursuivies notamment contre les artistes
homosexuels, marginalisés ou, dans certains cas, poussés à l'exil.
La situation s'est depuis améliorée pour les
homosexuels, grâce notamment à la nièce de Fidel Castro et fille de son
frère et successeur Raul, la sexologue Mariela qui, à la tête du Centre
national d'éducation sexuelle, milite depuis des années pour les droits
des homosexuels et des transsexuels.
Favorable aux unions entre personnes du même sexe et
à l'origine de la récente reprise des opérations de changement de sexe,
Mme Castro avait reconnu l'an dernier qu'il y avait encore beaucoup de
réticences à l'égard de l'homosexualité au sein du Parti communiste.
Le ministre anglais quitte sa
femme et fait son coming out
Crispin Blunt, conservateur britannique (et oncle de l'actrice
Emily Blunt), vient de révéler son homosexualité. Une vraie surprise
au vu de sa personnalité plutôt consensuelle et de ses votes pas
toujours très gay-friendly...
Décidément,
les coming out sont légion ces dernières semaines, dans les partis
conservateurs. Après l’ancien directeur de campagne de George Bush,
Ken Mehlman (lire
article), c’est au tour de Crispin Blunt, le ministre britannique
des Prisons, d’annoncer son homosexualité. «Je n’étais pas celui que
je croyais être», a-t-il expliqué.
Via un communiqué de presse, Crispin Blunt a fait d'une pierre deux
coups, annonçant à la fois avoir fait son coming out à sa famille, et,
par conséquent, s'être séparé de sa femme Victoria. Son entourage est
«sous le choc», ajoute le ministre, qui tient à souligner qu’«aucune
troisième personne n’est impliquée». L’affaire n’a pas fait polémique
outre-Manche, le sujet étant considéré comme strictement privé.
«Quelqu’un de normal»
Cette révélation est tout de même une surprise, Crispin Blunt s’était
toujours montré plutôt hostile aux organisations LGBT, et l’historique
de ses votes sur ces questions n'est pas très gay-friendly: bien qu'il
ait voté en faveur de la loi de partenariat civil, en 2001, il s'était
opposé à l’ouverture de l’adoption pour les couples gays. Il a
également voté le texte qui rendait l'accès à la fécondation in vitro
plus difficile pour les couples de lesbiennes.
Marié depuis près de vingt ans, le ministre est décrit par des amis
comme quelqu’un «de plutôt normal», tant au niveau de son parcours
personnel que politique. Le plus remarquable à son propos étant
sûrement sa nièce, Emily Blunt. L’actrice, qui a notamment joué dans
Le Diable s’habille en Prada, avait récemment
confié au Guardian vouloir devenir «une icône gay».
Crispin Blunt aurait-il été inspiré?
Grande-Bretagne: La fécondation
in vitro trop chère pour les lesbiennes
La loi britannique autorise les lesbiennes à accéder à
l'insémination artificielle. Mais le chemin vers la maternité
nécessite encore beaucoup d'argent.
On
pensait qu’il était plus facile pour les couples lesbiens britanniques
d’accéder à une procédure d’insémination artificielle. Une étude nous
apprends que ce n'est pas si simple. Si les cliniques ne font plus
barrage, ce sont les coûts qui s’en chargent: la plupart des futures
familles ne peuvent se permettre de payer les sommes nécessaires.
La recherche a été menée par le docteur Petra
Nordqvist de l’université de Manchester, qui a interviewé 25 couples.
Un échantillon plutôt restreint, mais les résultats coîncident: le
prix d’une procédure de fécondation in vitro s'établit en moyenne de
4000 à 8000 livres (5000 à 10 000 euros). Beaucoup trop cher pour
celles qui souhaitent y recourir.
D'autres solutions
risquées
L'étude révèle que la plupart des couples sont obligés de se tourner
vers d’autres solutions. Certains décident de se servir du sperme d’un
ami, d’autres se tourneront vers Internet. Le problème, c’est que ces
démarches ne sont pas sans risques: elles peuvent mener à des conflits
sur la parenté et sur l’accès à l’enfant après la naissance. Et pour
l’instant, la seule façon de faire valoir ses droits est de faire
appel à une clinique.
Hormi les considérations financières, le
Royaume-Uni se montre globalement plus ouvert sur les questions
d’homoparentalité que la France. La loi régissant les inséminations
artificielles avait été changée en 2008: le terme «l’enfant a besoin
d’un père» avait été remplacé par «l’enfant a besoin d’un parent
responsable». Légalement, les cliniques ne peuvent donc pas refuser de
couples de femmes.
Exclu de l'armée, un militaire
gay espagnol dénonce deux ans de «harcèlement»
Premier soldat gay à s'être marié en Espagne, en 2006, il
raconte aujourd'hui «deux ans de menaces, d'agressions et de
propositions sexuelles»...
Alberto Linero Marchena (photo), qui sera renvoyé de l'armée à
partir du 1er septembre, en raison du non-renouvellement de son
contrat, a annoncé son intention de porter plainte contre le ministre
espagnol de la Défense.
Dans une conférence de presse aujourd'hui à
Séville, le soldat, rattaché à la base aérienne de Moron de la
Frontera, a assuré avoir reçu «des propositions sexuelles» et avoir
«souffert de harcèlement et de traitement vexatoire» pendant deux ans
de la part de certains de ses supérieurs. Il avait été en arrêt
maladie en octobre 2008, après un accident.
Première union gay militaire
Selon lui, après cet arrêt de quelques semaines, l'armée ne l'a pas
laissé reprendre son travail, lui demandant de se soumettre à une
évaluation physique et psychologique, puis à une nouvelle évaluation
psychologique en octobre 2009, au cours de laquelle il a été déclaré
«apte» au service. De son côté, le ministère de la Défense dit n'avoir
pas renouvelé son contrat en raison de ses évaluations «défavorables».
Alberto Linero Marchena avait épousé Alberto
Sanchez, également soldat, en septembre 2006 à Séville, la première
union entre deux hommes militaires espagnols
Témoignage: Un « congé de
parentalité » accordé à la compagne de la mère d’un enfant
« C’EST
LA LOTERIE » « [Maria Vazquez Perez] travaille à l’hôpital de Cannes et a
demandé un congé de paternité par rapport à la loi sur les congés de
paternité qui ne concernent pas les parentés, donc les couples de même
sexe, explique Philippe Rollandin, porte-parole de l’APGL, à Yagg. Mais
les employeurs peuvent quand même les accorder en les rémunérant ou
non. Cet hôpital en question a signé une charte de la diversité qui
est faite pour favoriser les LGBT dans les entreprises et éliminer les
discriminations. »
« Maria est rémunérée par l’employeur, ajoute-t-il. Par la sécurité
sociale ce serait impossible parce qu’elle considère qu’il faut qu’il
y ait un père légal donc un couple hétéro. Elle aurait dû prendre un
congé sans solde. Ce n’est pas la première fois que des entreprises
accordent ce genre de congés mais c’est la loterie car certaines les
accordent, d’autres non et encore parfois elles peuvent rémunérer les
personnes concernées, parfois non. »
« NOUS SOMMES LES PARENTS DE NOS DEUX FILLES
« Le Consulat d’Espagne à Paris et un avocat en Espagne nous ont
conseillé de nous marier et d’accoucher en Espagne, raconte Maria
Vazquez Perez. Donc en 2007, nous nous sommes mariées là-bas [Maria
est de nationalité espagnole et s'est également pacsée avec sa
compagne en France en 2008, ndlr]. Pour notre premier enfant, j’ai
demandé une délégation d’autorité parentale en France vers ma compagne
car elle a une reconnaissance en tant que mère en Espagne mais pas en
France. À l’époque, elle n’a pas souhaité obtenir de congé parental. »
« Pour notre deuxième enfant, que ma compagne a porté, je me suis
dit que j’allais essayer d’obtenir ce congé. J’ai fait une lettre de
demande à ma directrice des ressources humaines et nous avons organisé
les plannings en avril comme si c’était ok. La directrice des
ressources humaines était tout à fait d’accord pour mon congé,
d’autant plus que l’hôpital a signé une
charte de la diversité. » Par cette signature, le Centre
hospitalier de Cannes s’engage en effet à manifester son engagement en
faveur de la non-discrimination et de la diversité, à favoriser
l’égalité des chances face à l’emploi et à améliorer la performance de
l’entreprise.
« Ma compagne a accouché et quelques jours après j’étais contactée
par la DRH de l’hôpital qui m’a confirmé que c’était d’accord,
poursuit Maria. Dans une lettre, j’ai reçu l’exposé de son soutien où
il est écrit que l’on m’accorde un congé de parentalité. C’est une
décision de l’hôpital d’utiliser le terme de « parentalité ». »
« La sécurité sociale ne reconnait que le parent biologique au
niveau de la loi, précise-t-elle. Le parent social n’a aucun droit. Ce
qui est novateur, c’est que la DRH ait accepté. J’étais vraiment
étonnée. Ça reste très subjectif et au bon vouloir de l’employeur.
Sans la prise en charge par l’hôpital j’aurai dû prendre un congé sans
solde, mais dans ce cas-là, je serais allée en justice. En Espagne,
nous sommes mariées, nous avons un livret de famille et nous sommes
les parents de nos deux filles. »
AOUT
Christine Boutin prête à quitter
l’UMP ?
Il aura fallu une intervention papale pour que la pasionaria
anti-pacs se pose ouvertement la question: rester ou ne pas rester
solidaire de la majorité pour l'élection présidentielle de 2012? Une
question pas forcément désintéressée...
Christine Boutin pose avec une statue de Saint-Martin lors d'une visite
à Tours, en 2009.
L'ex-ministre Christine Boutin l'a affirmé lundi
matin: l'affaire des Roms et la
déclaration de Benoît 16 relancent pour elle la réflexion sur un
possible divorce entre sa formation, le Parti Chrétien-Démocrate (PCD),
et l'UMP, auquel elle est alliée, parlant d'une «fêlure supplémentaire».
Est-ce la goutte d'eau qui pourrait entraîner une
séparation? «Pour l'instant, à l'heure où je vous parle, non», a-t-elle
déclaré à l'AFP. «Mais ça conforte notre réflexion sur 2012 et le fait
que nous pourrions avoir un représentant dans cette élection
présidentielle, moi ou quelqu'un d'autre.»
«L'affaire des Roms s'ajoute à celle des
couples homosexuels»
Sur la séparation, «la question n'est pas tranchée, mais tout est
possible et tout est ouvert», a-t-elle poursuivi. «Il est vrai que c'est
la première fois que j'ai des demandes aussi nombreuses de mes adhérents
pour que nous quittions notre association avec l'UMP», a observé Mme
Boutin, parlant d'une «fêlure supplémentaire et importante» dans sa
relation avec le parti présidentiel.
«L'affaire des Roms s'ajoute aux positions sur la
bioéthique, le mariage et l'adoption homosexuels et la répartition de la
richesse», a-t-elle souligné.
Mme Boutin s'est dite «très heureuse» des
recommandations du pape en faveur de l'accueil des «légitimes diversités
humaines», allusion aux expulsions de Roms par le gouvernement français.
«C'est un fait nouveau, les papes, depuis un certain nombre d'années, ne
prenaient plus position et je suis très heureuse que le Saint Père l'ait
fait», a-t-elle dit.
Rien à voir
Cette intervention du souverain pontife dans les affaires politiques
françaises est du pain béni pour Christine Boutin. Elle lui permet en
effet de justifier un peu plus une candidature indépendante de son
parti, la sienne en l'occurrence, à l'élection présidentielle de 2012.
Quitte à forcer le trait sur sa différence pour attirer l'électorat
catholique, en fustigeant, par exemple, la position de l'UMP sur les
couples homosexuels. Car en la matière, le credo du parti présidentiel
n'est guère différent du sien: pas de mariage, pas d'adoption, tout
juste un statut pour les beaux-parents, qui ne mentionne plus les
homoparents, et qui est de toute façon à la traîne.
Les mauvais esprits ne manqueront pas de faire un
rapprochement avec «l'affaire Boutin», et le fait qu'elle ait dû
renoncer à sa mission sur «les conséquences sociales de la
mondialisation» qui lui rapportait la bagatelle de 9.500 euros par mois.
Selon Le Canard enchaîné, qui révélait ce scandale, cette
nomination permettait justement à Nicolas Sarkozy de faire taire les
critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement et d'écarter son
éventuelle candidature à la présidentielle…
Salaires: les gays gagneraient
moins que les hétéros
Qui a dit que les gays étaient nantis? Une étude inquiétante,
publiée aujourd'hui dans «Libération», montre que les gays au travail
gagneraient en moyenne 6,5% de moins dans le privé. Mais les lesbiennes
seraient mieux traitées.
Les
gays gagnent en moyenne 6,5 % de moins dans le privé que leurs collègues
hétérosexuels, à responsabilité et qualification comparables, et 5,5% de
moins dans le public, selon une étude
publiée samedi par le quotidien Libération.
Cet écart n'est qu'une moyenne: «si l'on considère
que tous (les homosexuels) ne sont pas «visibles» dans l'entreprise,
cela veut dire que ceux qui le sont subissent une discrimination plus
importante encore», souligne Thierry Laurent, l'un des deux auteurs de
l'étude.
Ecart «inexpliqué»
Avec son collègue Ferhat Mihoubi, économiste comme lui au centre
d'Etudes des politiques économiques (Epee)
de l'université d'Evry, il a basé sa recherche sur la situation de 904
individus représentatifs, appartenant à un couple de même sexe, dont 788
salariés.
«Après avoir éliminé tous les biais qui auraient pu
fausser les résultats, nous arrivons à un écart de rémunérations que
l'on dit inexpliqué», précise-t-il.
Les lesbiennes mieux traitées
A l'inverse des hommes homosexuels, les lesbiennes ne subiraient aucune
différence de traitement et bénéficieraient même d'une légère prime
(+2%).
Les chiffres de cette étude, présentée comme une
première en France, «sont confirmés par des études similaires réalisées
à l'étranger», précise le quotidien.
Les homos plus qualifiés
Selon des deux chercheurs qui se sont basés sur douze années d'enquête
emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee, les homosexuels sont pourtant plus
qualifiés que les hétérosexuels (40% ont fait des études supérieures
contre 24%) et occupent souvent un emploi qualifié.
Dans le public, les gays de moins de 35 ans ne
subissent aucune discrimination salariale, le recrutement s'opérant le
plus souvent sous forme de concours anonyme, mais au-delà de 45 ans, ils
connaissent une différence de salaire encore plus importante (-13%) que
dans le privé, indique l'étude.
«Venin coriace»
«Comme si la révélation progressive de l'homosexualité, volontaire ou
non, produisait son effet discriminant», écrit Libération.
Le code du travail stipule qu'aucun salarié ne peut
être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire,
«notamment en matière de rémunération (…) en raison de son orientation
sexuelle», rappelle le quotidien qui qualifie l'homophobie de «venin
coriace».
Homophobie dans le football:
Yoann Lemaire porte plainte
Le footballeur vient de porter plainte pour menaces,
diffamation et injures publiques contre un ancien coéquipier du FC
Chooz. Ce dernier l'avait violemment insulté sur Facebook.
Après une salve d'insultes d'une violence inouïe,
Yoann Lemaire s'est décidé à porter plainte. Le footballeur pensait
pourtant avoir laissé l'homophobie au vestiaire, mais le 24 juillet
dernier, il s’est retrouvé menacé et insulté par l'un de ses
ex-coéquipiers. Ce dernier avait inscrit sur le mur Facebook d'un ami
des messages homophobes, accompagnés de menaces.
Yoann Lemaire tente depuis plusieurs années de briser
le tabou qui règne autour de l'homosexualité dans le monde du football.
Il avait fait son coming out alors qu'il évoluait encore dans son
ancienne équipe des Ardennes, le FC Chooz. Fatigué des insultes
homophobes dont il était constamment la cible, il avait décidé de
quitter son club, et s'était retrouvé sur le devant de la scène
médiatique en décembre 2009, quand il avait sorti son livre, Je suis
le seul joueur de foot homo, enfin j’étais… (lire
article).
Menaces homophobes
Le récépissé de plainte rapporte des propos particulièrement crus.
L'orthographe est approximative et les clichés sur les homosexuels
s’empilent. On y retrouve entre autres, un amalgame nauséabond entre
l’homosexualité et la pédophilie. Et surtout des menaces: «mon pote je
rigole pas moi, vient ce soir je te saigne comme une truie».
Voir un extrait du récépissé de plainte:
La plainte a été déposée le 11 août dernier. Contacté
par TÊTU, le footballeur gay juge «les menaces intolérables et
inquiétantes». «Mais je pense que c'est une sorte de pression de mon
ancien club pour que je ne revienne pas y jouer», ajoute-t-il. Yoann
Lemaire avait signé une convention avec la Fédération française de
football (FFF), prévoyant sa réintégration dans l'équipe.
«Minorité agissante»
Le joueur ne regrette pas pour autant d’être sorti du placard. «J'ai
simplement voulu être honnête avec mes coéquipiers, explique-t-il, je ne
comprends pas pourquoi j’aurais dû cacher mon homosexualité.» Malgré le
soutien important qu'il a reçu depuis la médiatisation de son histoire,
il avoue avoir été surpris par les réactions négatives. «Le problème,
juge-t-il, c’est qu'une simple minorité agissante puisse faire autant de
dégâts.»
Interpellé par Paris Foot Gay, le FC Chooz avait
promis d’enquêter sur ces dérapages homophobes (lire
article). «Mais rien n'a été fait depuis», regrette l'ancien joueur
du club. Il refuse pourtant de baisser les bras: «Je pense surtout aux
jeunes sportifs homos, explique t-il, qui hésitent à parler de leur
sexualité parce qu'ils pourraient se sentir menacés.»
L’homophobie à l'école «se
banalise» selon un rapport
Les établissements scolaires connaissent une «banalisation»
des discriminations, notamment homophobes, et «une détérioration du
vivre ensemble», selon un rapport confidentiel commandé par le ministère
de l'Education.
«De
nombreux intervenants ont mis l'accent sur la détérioration du vivre
ensemble qui amènerait de plus en plus de situations de violences à
caractère raciste, sexiste, homophobe», ont résumé, après une
cinquantaine d'auditions, les auteurs d'un rapport sur les
«discriminations à l'école»
révélé mardi par Le Monde.
C'est dans le cadre de la lutte contre les
discriminations, affichée comme une priorité par Luc Chatel, que ce
groupe a été créé. «On va amplifier l'action actuellement menée par de
nouvelles mesures» pour lutter contre les discriminations, a-t-on
indiqué mardi au ministère de l'Education nationale.
Conséquences graves
Concernant l'homophobie, malgré «l'attention» portée à cette question
par le ministère, notent les auteurs du rapport, les manifestations
homophobes «ont tendance à se banaliser». Face à ce phénomène, les
réactions et les sanctions de l'école s'avèrent «insuffisantes», ce qui
conduit à «légitimer des attitudes, des propos et des violences».
Pourtant, les conséquences sont graves pour les
victimes, du décrochage scolaire à la tentative de suicide. Il y a là
urgence à agir. «La première cause de mortalité chez les collégiens est
le suicide, rappelle-t-on dans l'entourage de M.Chatel. Et la première
raison en est l'orientation sexuelle.»
Sexisme, racisme et peur du handicap
Côté sexisme, les préjugés que «les filles seraient, par nature, plus
dociles, plus tournées vers la littérature et la communication, les
garçons, par nature, seraient plus dissipés, plus doués pour les
sciences» restent répandus. L'école doit avoir «pour rôle de pousser les
jeunes filles à poursuivre leurs trajectoires et à ne pas minorer leurs
ambitions», insiste le rapport.
Les auteurs notent encore des discriminations encore
très présentes à l'école concernant le handicap, «portées sans doute par
la “peur” dont ne se sont pas libérés les adultes et qui la transmettent
à leurs propres enfants». Enfin, s'il y a «une prise de conscience
progressive» du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, le
rapport fait aussi état d'une «banalisation des injures et des actes»
dans ces domaines.
Au final, le rapport prône de mieux mesurer ces
phénomènes, via des indicateurs de leur réalité et des enquêtes de vécu.
Il propose aussi d'aborder obligatoirement les discriminations lors de
la formation initiale des enseignants, et de créer un guide pour la
communauté éducative autour de la prévention des discriminations.
Homophobie sur Facebook: la
plainte classée sans suite
INTERVIEW. Nicolas Canut, jeune gay de 21 ans qui voulait
faire condamner Facebook pour les groupes homophobes qu'on y trouve,
nous explique pourquoi il ne se décourage pas.
Il voulait faire condamner Facebook en raison des propos homophobes
qu'on peut y trouver (lire
article): ce ne sera pas pour cette fois. La procureure d'Avignon
vient en effet de classer sans suite sa plainte, comme vient de le
révéler
LCI.fr. Nicolas Canut, 21 ans, nous explique pourquoi cet aléa
judiciaire est tout de même bien loin de le décourager.
TÊTU: Que vous a notifié la justice
exactement? Nicolas Canut: Le Procureur de la République d'Avignon,
qui je le rappelle avait jugé recevable ma première plainte ainsi que
les suivantes, est aujourd'hui devant un vide juridique inédit. En
effet, après instruction, une enquête approfondie devait avoir lieu au
centre unique en France de cyber-criminalité à Nanterre. Mais ce centre
s'est retrouvé coincé face à Facebook et à la complexité de la
situation. Près de 7.500 personnes se sont rendues par exemple sur un
groupe «Anti Pd» où on invitait à «couper les mains des pd». Ensuite,
Facebook évoque ne pas avoir de responsable en France et là, on croit
rêver. Pourquoi? La société américaine a pourtant été condamnée en
référé en février dernier par le tribunal de grande instance de
Saint-Quentin dans l'Aisnen pour un groupe diffamant et appelant à la
haine et à la violence envers un évêque! Le Procureur de la République a
cependant noté cette condamnation mais ajoute que l'accusation de
«diffamation» était plus forte que celle des discriminations. Je le
redis, on croit rêver. Si on résume bien, on peut appeler à la mort des
homosexuels sur Facebook sans avoir de craintes d'être attaqué en
Justice.
Mais problème: la loi de 2004 sur la Confiance
économie numérique (CEN) met en évidence la responsabilité des
hébergeurs sur leurs contenus, pour les sites accessibles en France. Il
y a ensuite la loi de décembre 2004 qui punit les propos incriminés mis
sous scellés judiciaires en novembre 2009, mars et juin dernier à
45.000€ d'amende et 6 mois de prison. Il y aussi la loi de 1881 sur la
diffamation. Trois lois qui permettent de mettre en examen Facebook pour
«Complicité d'incitation à la haine et à la violence» en général.
Ici,
on se heurte à une Procureure qui souhaitait poursuivre et qui était
scandalisée par les propos tenus sur le réseau social; puis sur des
enquêteurs pas motivés selon moi et qui manquent, avouons-le, de moyens.
Je n'ai cependant pas fini mon combat. Car les autres plaintes déposées
en mars et juin 2010 sont toujours instruites, même si malheureusement
elles pourraient finir comme la première.
Puisque vous continuez le combat, quels
leviers juridiques pouvez-vous encore utiliser? Alors le combat n'est pas fini. Il y a mes autres plaintes,
mais aussi celles d'Alexandre Marcel qui sont toujours instruites.
Cependant, je vais prendre très rapidement les devants. Le référé est
exclu, et pour cause, la Procureure n'est pas favorable et explique
qu'un juge saisi en référé aurait du mal à répondre à ce référé étant
donné que Nanterre n'a rien pu ou voulu faire. Il reste aussi d'autres
moyens. Par exemple, dès l'annonce du classement sans suite, je peux
décider de continuer à poursuivre, c'est un droit presque unique dans le
monde et qui permet de juger des affaires qui ne pouvaient être
instruites. Je pense d'abord à cette procédure.
«Je pense qu'en s'unissant, le
réseau social qui ne compte que deux équipes de modérations dans le
monde pour 500 millions d'utilisateurs devraient un jour avoir un retour
magistral judiciairement parlant.» De plus, dès la rentrée
gouvernementale, je saisis la députée de Vaucluse Marie-Josée Roig qui
est également la mairesse d'Avignon, mais aussi Michèle Alliot-Marie,
ministre de la Justice, pour lui souligner qu'un vide juridique inédit
ne permet pas une mise en examen d'une société accessible en France et
qui diffuse des propos homophobes, ainsi que le service de la Police des
Polices pour qu'on puisse m'expliquer ce qu'ont fait les enquêteurs. Je
mêle donc la Politique à cette affaire judiciaire hors du commun. Je ne
vais pas en rester là.
Est-on condamné à l'impuissance face à
l'homophobie sur Facebook? Aujourd'hui oui, on peut le dire et l'affirmer. Je continuerai
cependant mon combat pour que chaque groupe soit fermé, en demandant
l'intervention comme je le fais souvent du Procureur d'Avignon. Les
groupes sont à chaque fois saisis, «scellés», et retirés du web.
Facebook ne communique pas, sauf en ayant voulu faire pression par mail
et en fermant mon compte Facebook que j'ai pour rester en contact avec
mes amis et mon réseau professionnel, et qui a ensuite été réouvert.
Mais je pense qu'en s'unissant, le réseau social qui ne compte que deux
équipes de modérations dans le monde pour 500 millions d'utilisateurs
devraient un jour avoir un retour magistral judiciairement parlant. Car
je ne laisserai pas de telle chose et de tels faits sur internet, comme
dans la vie réelle.
Je vois cependant déjà les associations qui vont me
critiquer, mais leurs déclarations m'importent peu. Certaines
associations sont trop passives, parlent beaucoup mais n'agissent pas.
Elles ont été jalouses selon moi et diverses personnes de mon action en
justice, elles m'ont reproché de l'avoir médiatisée et que cette
médiatisation allait nuire aux enquêteurs. En réalité, cette
médiatisation avait pour but de faire prendre conscience à la France
qu'on ne pouvait pas dire tout et n'importe quoi sur internet. Les
associations qui ont lâchement et anonymement critiqué mon action n'ont
rien fait. A noter que SOS homophobie est à mes yeux la seule
association LGBT sérieuse, elle m'avait d'ailleurs adressé son soutien.
Pour les homos, les
discriminations ne s’arrêtent pas aux portes du cimetière
Fred vient de perdre l'homme qu'il aimait. Depuis, il lui est
impossible de faire valoir ses droits. Son histoire est exemplaire des
inégalités face au décès entre les couples hétéros et les couples homos.
Militant d'Act Up-Paris de longue date, Fred hésite
un peu avant de dire qu’il a cinquante ans, ce sera sa seule
coquetterie. Tout ce qu'il veut, c’est raconter son deuil, parler de
l'injustice dans laquelle il est plongé. Dans son récit, il détaille,
lentement, son histoire. Parfois les mots lui manquent, alors il fait
une pause et allume une cigarette. «Christian a passé sa vie à me
réchauffer, soupire-t-il, mais maintenant j'ai froid.»
Christian, son partenaire depuis dix-huit ans, est
mort le 22 juillet d'un arrêt cardiaque. De retour de l'étranger, Fred
s’est aussitôt rendu aux pompes funèbres pour signer une convention
funéraire. Premier problème: la mère de Christian, en mauvais termes
avec son beau fils, s’est à son tour rendue dans la même entreprise. La
procédure n’est pas vraiment légale, mais c’est la deuxième convention
qui a prévalu. Au programme de la crémation, une prière, alors que
Christian ne croyait pas en Dieu.
En France, que l’on soit pacsé
ou non importe peu: après la mort, le partenaire non marié n’est pas
reconnu par la loi. Le sort des cendres
Impossible pour Fred de faire valoir son statut de conjoint. Le couple
était en union libre. Il avoue qu’ils avaient «pensé au pacs, mais que
ça n’aurait rien changé». En effet, en France, que l’on soit pacsé ou
non importe peu: après la mort, le partenaire non marié n’est pas
reconnu par la loi. S'il y a mésentente avec la famille, seul un juge
est habilité à décider qui est dépositaire des dernières volontés du
défunt. En cas de doute, c’est la volonté présumée du mort qui prévaut.
Légalement, Fred n’a donc aucun lien avec Christian.
Se pose ensuite le problème des cendres. Celles-ci
sont considérées comme reste humain depuis une loi de 2008, et
légalement très encadrées, même si on peut décider à l'amiable de leur
sort. Mais, ne faisant pas partie de la famille, Fred ne peut rien
imposer sur celles de Christian. Les deux hommes avaient prévu d'avoir
leurs cendres mélangées. Ce ne sera pas le cas, la mère de Christian
ayant emporté l’urne funéraire. «J’ai pu au moins couper une mèche de
cheveux», dit-il, légèrement apaisé.
«Des règles plus humaines» Pour lui, c’est comme si l'Etat niait «dix-huit ans de
merveille». «C’est comme une bulle de savon qui aurait éclaté»,
explique-t-il. L'acte de décès de Christian indique «célibataire». Fred
ne peut de toute façon pas en obtenir un.
Aujourd'hui, Fred espère vivre «le plus longtemps
possible» parce qu’il avait promis à son compagnon de lui «survivre,
pour faire perdurer cette histoire». Et, s'il a choisi de témoigner pour
faire connaître les discriminations dont souffrent encore les homos,
qu'ils soient pacsés ou non, Fred n'a qu'un souhait: que l'Etat réserve
un sort «plus humain» aux homosexuels dans le deuil.
La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie avait rendu, en juillet
dernier, un avis défavorable à un projet de loi du député PS Alain
Vidalies. Celui-ci souhaitait inscrire le nom du conjoint pacsé sur
l’acte de décès.
Dans un communiqué publié aujourd'hui,
intitulé «Thomas, pédé donc sous-citoyen»,
Act Up-Paris mentionne le cas d'un autre gay veuf, n'ayant aucun
droit sur les cendres de son pacsé décédé. Et exige un droit des pacsés
sur les cendres du défunt, l'organisation des funérailles et la mention
du pacs sur l'acte de décès.
Les funérailles et le couple
de même sexe: Les précisions de Daniel Borrillo
Fin juillet,
Yagg interviewait Thomas, qui tente de faire valoir ses droits
après le décès de son partenaire de pacs. Act Up-Paris a récemment
publié
un communiqué sur une autre affaire comparable (sur laquelle nous
reviendrons très bientôt sur Yagg). Pour y voir plus clair, nous avons
une nouvelle fois sollicité le juriste Daniel Borrillo afin qu’il
apporte des précisions sur la place du partenaire de même sexe dans
l’organisation des funérailles.
Le droit à être incinéré après sa mort est ancien,
l’Église catholique fut longtemps hostile mais depuis 1963 elle
autorise la crémation. Seules les religions juive et musulmane
prohibent toujours cette pratique. L’individu doit de son vivant
exprimer sa volonté d’être incinéré ou inhumé sinon c’est aux proches
du défunt, à sa famille ou à toute « personne qui a qualité pour
pourvoir aux funérailles » de prendre la décision. à savoir, le
conjoint survivant, les parents ou enfants de la personne défunte, le
parent le plus proche ou la personne publique (commune, mairie) ou
privée (fondation, association) qui paye les obsèques. De mon point de
vue, le partenaire pacsé et le concubin vivant en relation stable
doivent être assimilés au conjoint mais il n’existe pas une
jurisprudence stable dans cette matière.
QUI A QUALITÉ POUR POURVOIR AUX
FUNÉRAILLES? La personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles d’un
défunt peut s’entendre de toute personne se chargeant de ce soin en
l’absence d’opposition d’un tiers plus qualifié. En cas de conflit,
c’est la Justice qui décide. Le critère de détermination demeurant la
volonté présumée du mort, il appartient au juge de déterminer
souverainement quels sont, parmi les proches du défunt, celui ou ceux
que leurs rapports privilégiés d’intimité avec lui permettent de
reconnaître comme les interprètes les plus qualifiés de sa volonté
probable. C’est pourquoi il est important de rédiger de son vivant un
document indiquant clairement le nom de la personne qui peut décider
des funérailles. En l’absence d’un tel document, d’autres moyens de
preuve peuvent entrer en jeu, tel le témoignage des proches du défunt.
La prise en charge des frais funéraires peut également constituer un
élément important à l’heure de résoudre un conflit. En tout cas, les
obsèques doivent répondre à la volonté de la personne défunte. Il est
important aussi que la loi permette l’inscription du nom du partenaire
pacsé dans les actes de décès (ce qui n’est pas le cas en droit
français) afin que le survivant ait la qualité requise par la loi de
manière incontestable.
LES CENDRES La question du statut et la destination des cendres est
régulée par la loi funéraire du 19 décembre 2008. Avant l’adoption de
cette loi, il existait en France une grande liberté et les individus
disposaient facilement des cendres de leur proches: elles étaient
gardées à la maison, elles pouvaient être dispersées n’importe où et
n’importe comment, elles pouvaient être partagées entre proches, etc.
Depuis la loi de 2008, le dispositif est beaucoup moins libéral. Une
certaine confiscation de la mort est survenue avec la loi car
l’individu n’est pas tout à fait maître de la destinée de sa
dépouille: seules l’inhumation ou l’incinération sont possibles, tout
autre choix est exclu, tel la cryogénisation (congélation du cadavre
dans la perspective d’une réanimation future), l’immersion en mer ou
l’embaumement même si ces pratiques n’engagent aucun risque pour la
salubrité ou la santé publique. De même, la famille ne peut plus
disposer librement des cendres du défunt. La pratique du partage des
cendres est interdite puisque la loi sur la législation funéraire
prescrit dans la nouvelle rédaction de l’article L. 2223-18-2 du CGCT:
« À la demande de la personne ayant qualité pour pourvoir aux
funérailles, les cendres sont en leur totalité »…. Les proches n’ont
plus le droit de garder l’urne à la maison, elle doit être déposée
dans un cimetière (columbarium, sépulture ou monument funéraire). Les
cendres peuvent être dispersées en pleine nature, sauf sur les voies
publiques. Dans ce cas, la personne ayant qualité pour pourvoir aux
funérailles fait la déclaration à la mairie de la commune du lieu de
naissance du défunt. L’identité du défunt, la date et le lieu de la
dispersion des cendres sont inscrits sur un registre prévu à cet
effet. Le non respect des obligations établies dans la loi est puni
d’une amende de 15000 euros par infraction.
Les conflits auxquels sont confrontés les couples de même sexe
pacsés ou concubins mettent en lumière la précarité juridique de ce
type d’unions. Il suffit qu’un juge considère qu’un parent ou un frère
est plus apte à décider des funérailles pour que le compagnon de même
sexe soit évincé. Afin d’éviter tout forme de discrimination en
matière de funérailles, il est urgent d’octroyer aux couples de même
sexe les mêmes droits qu’aux couples mariés.
Universités d’été des
écologistes: pas de consensus sur la gestation pour autrui
Les
Journées d’été du rassemblement des écologistes se sont tenues du
19 au 21 août, à Nantes. L’occasion pour la
commission LGBT des Verts de débattre de la gestation pour autrui
(GPA), une méthode de procréation médicale assistée qui se fait avec
l’aide d’une mère porteuse, pratique interdite en France.
Yagg a demandé à Caroline Mécary, élue
Europe Écologie au Conseil régional d’Ile-de-France et avocate
spécialiste des droits LGBT, et à Pierre Serne, co-responsable de la
commission LGBT des Verts et trésorier de l’Ilga-Europe, si
le débat avait avancé concernant la GPA et si d’autres sujets LGBT
avaient été abordés lors de ces universités d’été.
« La GPA concerne les couples homos et hétéros,
mais sa prohibition en France aboutit à des conséquences
catastrophiques, déclare Caroline Mécary. Par exemple, il est toujours
possible que la mère porteuse garde l’enfant et c’est une situation
dramatique. Aux États-Unis, en Inde et en Ukraine, la GPA est
possible, mais dans ces deux derniers pays, la législation est
insuffisante, alors qu’aux États-Unis, le recours à la GPA se fait
dans le cadre d’un droit qui garantit les intérêts de toutes les
parties en cause. »
« RÉGLEMENTER LA SITUATION »
« Les avis sont partagés sur la GPA, ajoute l’avocate, mais si la
commission se prononçait aujourd’hui, ce serait pour une légalisation
de la GPA avec une mise en place d’une réglementation qui garantit les
droits de tous et surtout le contrôle de l’intérêt de l’enfant. Plutôt
qu’une position de déni de la réalité, il est beaucoup plus
pragmatique et intelligent de réglementer la situation. »
« NON-MARCHANDISATION »
Pour Pierre Serne, plusieurs positions ressortent du débat sur la GPA:
« Le débat s’est fait en présence de quatre commissions des Verts –
LGBT, Santé, Justice et Féministe. C’était un état des lieux, et les
avis étaient assez tranchés. Il y avait des arguments très favorables
et d’autres très opposés. Une position, plutôt féministe et plutôt
contre la GPA, portait sur la non-marchandisation et la
non-exploitation du corps des femmes. Une autre position portait plus
sur l’égalité des droits en faveur de la GPA, qui pourrait conduire à
une synthèse, puisque la GPA existe, mais qu’elle n’est pas encadrée
et ne pas la légaliser serait laisser un flou juridique. Cependant,
aujourd’hui, il n’y a pas de position unique de la commission LGBT sur
la question », affirme-t-il.
« Il y a eu également un autre atelier sur
l’homoparentalité et l’homoparenté, déclare Pierre Serne, avec comme
invités Dominique Boren, le président de l’APGL,
mais aussi des élus, où l’adoption a également été évoquée. »
UNIFICATION
« Il y a eu aussi une réunion de la commission LGBT pour poser les
objectifs des mois qui viennent, ajoute Pierre Serne, dont le
processus d’unification des non-Verts d’Europe Écologie avec les
Verts. Il y aura donc un projet global et de nouveaux rôles importants
pour nous sur les questions LGBT. »
« On ne transigera pas sur l’égalité de traitement
pour le mariage, l’adoption et la GPA », ajoute Caroline Mécary,
concernant ce rapprochement d’Europe Écologie et des Verts.
Coming-out gay au
paléolithique!
Les peintures et les gravures que l’homme préhistorique a laissées
sur des parois rocheuses ou sur des ossements ne nous apportent pas
seulement des informations sur la faune, les pratiques de chasse ou
les pratiques religieuses de l’époque, mais aussi, ce qui est
beaucoup moins connu du grand public, sur les pratiques sexuelles
des hommes et des femmes préhistoriques. Des faits qui étaient
connus des anthropologues mais qui jusqu’ici étaient passés sous
silence.
Par le passé, le moralisme et la pudibonderie n’ont pas
seulement touché la recherche et l’enseignement de l’histoire ou des
langues anciennes, ils ont aussi entaché la recherche scientifiques.
Ainsi l’homosexualité animale était peu évoquée par les biologistes,
l’enseignement de l’histoire de la Grèce antique tendait à éviter de
mentionner les amours entre hommes pourtant si communes. Tous les
domaines de la recherche étaient touchés.
UNE EXPOSITION SUR LES USAGES ÉROTIQUES PRÉHISTORIQUES
Les temps ont changé et une exposition espagnole montrera les
indices qui indiquent que le sexe homosexuel était une pratique
courante dans la préhistoire. La
Fondation Atapuerca et la municipalité de
Santillana del Mar préparent en effet une exposition intitulée
« Sexo en piedra », qui mettra en scène les usages érotiques des
groupements humains préhistoriques: sexe homosexuel, usage de
godemichés, sexe oral, tatouages sur le pénis, rites de
circoncision, zoophilie, etc. Avec cette exposition, les
paléontologues d’Atapuerca ont décidé de rompre avec les tabous
sexuels que les études préhistoriques imposent depuis le XIXe
siècle, en montrant que les relations sexuelles des hommes
préhistoriques n’étaient pas seulement orientées vers la
reproduction.
Javier Angulo et Marcos García Díez ont été chargés de réunir et
de documenter les pièces présentées à l’exposition. Marcos Garcia
Diez estime que les études réalisées jusqu’ici ont été entachées
d’homophobie car aucun chercheur n’a mentionné les pratiques
homosexuelles dans la préhistoire, et fort peu se sont intéressés
aux pratiques sexuelles de l’homme préhistorique en
général. »Cependant les premiers Homo sapiens qui sont arrivés en
Europe étaient nos égaux sur le plan anatomique et cérébral, et
comme nous ils aimaient le sexe », avance Marcos Garcia Diez.
C’est aussi l’avis d’Eudald Carbonell, le codirecteur des fouilles
de la Sierra d’Atapuerca: le silence qui entoure l’homosexualité
préhistorique le surprend; c’est une pratique dont on a de nombreux
indices dans divers sites préhistoriques européens.
DESSINS, PEINTURES ET GRAVURES L’exposition, qui sera inaugurée en septembre, présentera
de nombreux dessins, des peintures et des gravures sur ossements ou
sur pierres, qui documentent bien les diverses pratiques sexuelles
de l’époque. Ainsi on pourra y voir une scène de coït anal entre
hommes (en provenance du site de La Marche en France, photo
ci-dessous) ou une plaque représentant deux femmes effleurant leurs
seins avec affection, et que la datation fait remonter à plus de
12000 ans (première photo ci-dessus).
Les deux commissaires de l’exposition pensent que l’on n’a pas
analysé jusqu’ici le sexe homosexuel à cause de la mentalité
prédominante. Ils ne doutent pas qu’il était présent dans la vie
sociale de l’homme préhistorique, à une époque où l’homme n’avait
pas encore établi une relation entre le sexe et le péché.
Une exposition qui va mettre des bâtons dans les roues des
défenseurs de la « famille traditionnelle naturelle composée
d’enfants qui ont un papa et une maman ». Nos amis français
feraient bien de faire envoyer un carton d’invitation à Christine
Boutin, Christian Vanneste et consorts. Le mythe du bon sauvage
est à revoir: grâce à cette exposition, il pourra s’enrichir d’une
composante homosexuelle. Jean-Jacques Rousseau doit être revisité:
bienvenue au bon sauvage gay! Les gays du paléolithique sont sortis
de leurs cavernes!
Sources: divers sites de la presse et des blogs espagnols. Lire
aussi
l’excellent article de la journaliste Elodie Cuzin.
Le nouveau discours vibrant
de Will Phillips, 11 ans, sur l’ouverture du mariage
Le plus surdoué des militants pour les droits LGBT a encore frappé! Le
très jeune Will Phillips, 11 ans, était présent dimanche 15 août au
Big Commit, le grand rassemblement organisé à Washington sur
Freedom Plaza pour défendre l’ouverture du mariage aux couples de même
sexe, et pour répondre au National Organization for Marriage’s summer
bus tour, le bus qui traverse la côte Est des États-Unis pour « sauver
le mariage traditionnel entre un homme et une femme ».
Pour
l’occasion, le jeune garçon a, comme à son habitude, prononcé un
discours ferme et vibrant:
Will Phillips s’était rendu célèbre au États-Unis, il y a quelques
mois, pour
avoir refusé de prononcer à l’école le serment américain, « The
Pledge of Allegiance », qui parle de « liberté et justice pour tous »,
et ce tant que « tous les citoyens américains ne seront pas traités sur
un pied d’égalité » et que « les personnes LGBT n’auront pas les mêmes
droits ». Une position très ferme qui lui a valu de faire la Une de tous
les grands journaux US et d’être invité sur de nombreux plateaux de
télévision.
En mars 2010, il recevait même un prix aux GLAAD Awards à New York
pour un documentaire dont il faisait l’objet intitulé Why Will Won’t
Pledge Allegiance, diffusé dans l’émission American Morning
sur CNN. Lors de cette cérémonie, le petit garçon avait alors précisé
son engagement en faveur des droits LGBT en prononçant le meilleur
discours de la soirée
Italie: Arcigay s’inquiète de
la hausse des agressions homophobes et lesbophobes
Après la multiplication des agressions homophobes et lesbophobes,
verbales ou physiques, en Italie, l’association LGBT
Arcigay a publié une lettre ouverte à la communauté
internationale, à la presse et aux institutions.
« Tous les jours, nous voyons un nombre croissant de crimes de haine
être commis contre des gens en raison de leur orientation sexuelle ou
de leur identité de genre, écrit l’association. Ces deux derniers
mois, Arcigay a enregistré un nombre exponentiel de cas dans tout le
pays de lesbiennes, de gays et de couples menacé-e-s, agressé-e-s ou
ridiculisé-e-s en public juste parce qu’elles/ils marchaient main dans
la main, s’embrassaient ou se tenaient à l’extérieur de bars LGBT. »
La lettre donne plusieurs exemples: un couple gay
chassé d’une plage à Ostie, au moins cinq agressions homophobes à
Milan en un mois, des passants qui menacent des couples de même sexe
d’appeler la police s’ils ne cessent de s’embrasser…
« À cette homophobie croissante s’ajoute le fait
que les bars et les pubs LGBT à travers le pays sont systématiquement
harcelés, avec des contrôles absurdes et des enquêtes constantes et à
la limite de l’obsession de la part de différentes autorités, poursuit
Arcigay. Les lieux de rencontre en extérieur sont passés au crible par
la police locale, grillagés voire fermés par les autorités locales, au
prétexte que les rencontres homosexuelles sont « immorales ». (…) Les
personnes LGBT en Italie vivent dans un climat de peur intolérable,
qui rappelle une sorte de chasse aux sorcières. C’est un pays où non
seulement les droits des couples LGBT ne sont pas reconnus – malgré
un arrêt récent de la Cour constitutionnelle – mais, plus
inquiétant, un pays où le Parlement vient de rejeter une proposition
de loi contenant des mesures pour combattre l’homophobie, estimant
(par écrit) que l’expression « orientation sexuelle » est en soi
« ambiguë », en ce qu’elle pourrait inclure des choses comme la
pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie et l’inceste. »
« L’Italie n’a jamais été un pays où les personnes
LGBT étaient traitées de façon équitable, mais à présent le pays
devient presque dangereux pour les lesbiennes, les gays, les bi et les
trans’ », conclut l’association.
Premier mariage d’un couple gay
étranger au Népal
Un Anglais et un Indien se sont unis lors d'une cérémonie
hindoue, quatre mois après que le gouvernement népalais a annoncé
vouloir développer le tourisme gay, et quelques jours avant la première
gay pride du pays.
Ce
n'étaient pas des paroles en l'air. Le ministre du Tourisme du Népal
avait fait part en avril de son vœu d'ouvrir le pays aux touristes homos
(lire
article) en organisant des cérémonies de mariages gays au pied de
l’Everest. Quatre mois plus tard, le résultat est là. Les premiers
époux, un Anglais et un Indien, se sont dit oui près de Katmandou la
semaine dernière, lors d'une cérémonie conduite par un prêtre hindou.
Pour le moment, cette union ne revêt pas de valeur juridique, puisque
le Népal ne reconnaît pas le mariage homosexuel (même si une loi est en
préparation dans ce pays où l'homosexualité a été dépénalisée en 2008)
et ne marie pas les étrangers. Et une fois de plus, le député
ouvertement homosexuel Sunil Babu Pant a joué un rôle de premier plan
dans l’événement: c’est son association, la
Blue Diamond Society,
qui a organisé le mariage. Une bonne nouvelle qui arrive à quelques
jours de la première gay pride népalaise, prévue ce mercredi 25 août.
Cameroun: nouvel appel à la
dépénalisation de l’homosexualité
Human Rights Watch et Alternatives-Cameroun appellent le
gouvernement à appliquer les recommandations du Comité des droits de
l’Homme des Nations Unies.
«Le Cameroun doit dépénaliser les pratiques sexuelles
entre adultes consentants de même sexe.» Cet appel est signé de deux
organisations pour les droits humains, l'américaine Human Rights Watch (HRW)
et la camerounaise Alternative-Cameroun (AC), auteures d'un
communiqué commun.
Ce n'est pas la première fois qu'un tel message est
lancé pour la dépénalisation de l'homosexualité, passible de cinq ans de
prison. Seulement cette fois, la démarche est renforcée par le soutien
du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, à qui les deux ONG
avaient exposé le 12 juillet «les violations et abus subis par des
Camerounais sur la base de leur orientation sexuelle et de leur identité
de genre».
Recommandation de l'Onu
En réponse, résument les organisations, le Comité des droits l’Homme des
Nations Unies a «recommandé au gouvernement camerounais de mettre fin
aux préjudices sociaux et à la stigmatisation dont sont victimes les
personnes LGBT et d’adopter des programmes de santé publique “d’une
portée universelle et qui assurent un accès universel à la prévention,
au traitement, aux soins et à la prise en charge du VIH/Sida”».
Objectif: que le Cameroun se conforme au
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il
est signataire.
Les recommandations seront-elles suivies d’effet? Pas
si sûr. Interrogé par la BBC début juillet sur la demande d'asile d'un
gay camerounais au Royaume-Uni, le ministre de la Communication, Issa
Tchiroma, a
déclaré: «L'homosexualité est interdite par la loi, ça ne fait aucun
doute. Mais ce que je peux souligner, c’est qu'aucun homosexuel n'est
persécuté au Cameroun.»
Réagissant le même mois à la possibilité de la
dépénalisation dans son pays, il avait par ailleurs indiqué que «le
gouvernement applique les lois votées par les élus de la Nation dans un
pays où 90% de la population est croyante (chrétiens et musulmans)».
Laissant entendre que la loi répressive épouse les désirs du peuple. Un
peuple qu'il ne faudrait pas contrarier avant la présidentielle de 2011?
Royaume-Uni: il est interdit
d’interdire aux homos d’adopter
Catholic Care, une ONG britannique, vient de voir sa demande
refusée: les autorités estiment qu'une association ne peut pas refuser
ses services d'adoption à un couple homosexuel pour un motif religieux.
La page
d'accueil de l'association catholique déboutée.
La Charity Commission, l'autorité de supervision des associations
caritatives au Royaume-Uni, a tranché: le droit d'exclure les couples
homosexuels d'un service d'adoption pour des raisons religieuses n'est
pas légal.
Il y a plusieurs mois, l'organisation
Catholic Care
basée à Leeds, avait demandé le droit de réserver son service d'adoption
aux couples hétérosexuels. L'argument avancé était que l'association
perdrait le financement qu'elle reçoit de l'Eglise catholique si elle
acceptait de suivre la loi britannique qui autorise les couples
homosexuels à adopter.
Discrimination
A l'issue d'un long processus judiciaire et administratif, l'ONG s'était
portée devant la Haute Cour qui avait demandé en mars à la Charity
Commission de reconsidérer l'affaire.
La commission a finalement estimé aujourd'hui que «le respect de
convictions religieuses ne peut justifier une discrimination envers les
homosexuels». Dans un communiqué, l’association s'est déclarée
«profondément déçue», ajoutant qu’elle allait «voir s'il existe d'autres
moyens de soutenir les familles qui cherchent à adopter».
Flics et homos: la police belge
enquête
En Belgique, les forces de l'ordre viennent de lancer une vaste
enquête interne afin de traquer d'éventuels problèmes et de promouvoir
la diversité. Un bel exemple...
Etre policier et vivre ouvertement son homosexualité,
est-ce possible? En France, après l'affaire des
policiers cannois ou de
l'ambassade au Brésil, les faits connus semblent démontrer que ce
n’est pas si simple. Le métier de policier concentre d’ailleurs autant
de clichés que l’homosexualité elle-même. Le flic serait forcément
macho, homophobe, misogyne… Mais qu’en est-il en réalité?
En Belgique, la police a décidé de mener l’enquête.
Les 50.000 agents de la police locale et de la police fédérale du pays
viennent en effet de recevoir un questionnaire. Anonymement, ils sont
invités à répondre à des questions comme «Vous considérez-vous comme
sorti(e) du placard au travail?». Mais l'enquête s’adresse à tous:
«Avez-vous déjà été confrontés, au travail, à des réactions négatives
liées, selon vous, aux préférences sexuelles d’un collègue? Est-ce un
problème pour vous de travailler avec des gays? Pensez-vous que les
problèmes liés à la sexualité de vos collègues peuvent être discutés à
votre hiérarchie?».
Promouvoir la diversité
Grâce à ce questionnaire, la police espère objectiver la situation des
homosexuels, lesbiennes et bisexuels qui y travaillent, et identifier
d'éventuels problèmes d’homophobie. Au bout du compte, l’enquête
permettra de promouvoir au sein des forces de l’ordre belge une culture
fondée sur le respect des différences, tant en interne qu'au bénéfice
des citoyens.
Ce travail est réalisé grâce au service
Egalité et Diversité de la police belge, mis en place en 2002 et
récompensé par un label du ministère fédéral de l'Emploi. Le service
s’intéresse à toutes les discriminations et a notamment pour objectif la
sensibilisation de la hiérarchie ou encore la mise en place de modules
de formation dans le cadre de l’examen d’entrée.
Etats-Unis: une cadette fait son
coming out et quitte l’armée
Parce qu'elle est lesbienne, Katherine Miller a choisi de
claquer la porte de l'école militaire West Point. Le «Don't ask, Don't
tell» empêche toujours les personnes LGBT de servir dans l'armée. Une
politique que Barack Obama avait pourtant promis de réviser.
Que fait-on quand on est lesbienne et que l’on
travaille dans l’armée américaine? La réponse est simple: on
démissionne. C’est ce que vient de faire Katherine Miller, une cadette
de l’école militaire de West Point. La raison? Il lui était devenu
impossible de supporter la chape de plomb sous laquelle l’armée
américaine enferme les militaires homos. L’affaire a fait grand bruit
outre-atlantique, au moment où la politique du «Don’t ask, Don’t tell»
n’a jamais été autant critiquée.
Arrivée neuvième de sa promotion (sur 1.100),
l'étudiante est décrite par ses professeurs comme brillante. Elle aurait
dû commencer en septembre sa troisième année de sociologie, mais pour ça
elle aurait dû continuer à se taire. La cadette a fait le choix du
coming out. Et donc de prendre la porte. «Je ne voulais plus mentir sur
ma sexualité, explique-t-elle, pour moi, l’attitude de l’armée est
incompréhensible.»
Dissimuler
«Don’t ask, Don’t tell», littéralement «Ne rien demander, ne rien dire»,
désigne la politique de l’armée américaine vis-à-vis de l’homosexualité.
D’un côté les supérieurs ne doivent poser aucune question relative à la
sexualité d’un soldat, et de l’autre aucune personne ouvertement
lesbienne ou gay n’est autorisée à devenir militaire. Résultat: des
centaines de soldats sont contraints de dissimuler leur sexualité de
peur de perdre leur travail.
Porter un masque, c’est ce qu’a fait Katherine Miller
pendant deux ans. Dans la lettre de démission envoyée aux responsables
de West Point, elle explique qu’elle ne voulait plus «s’inventer
constamment une fausse vie hétérosexuelle» et qu’elle voulait faire de
son cas «un exemple des conséquences des politiques injustes en place».
L’occasion de rappeler Barack Obama à l’une de ses promesses de campagne
(lire
article).
«Citoyenne de seconde classe»
Les médias américains ont découvert au cours du week-end que la cadette
possédait un blog. Elle s’y livrait anonymement sous le pseudonyme de
«citoyenne de seconde classe», partageant son quotidien sur le campus et
les stratégies qu’elle mettait en place pour cacher son homosexualité à
ses condisciples. Elle y explique que sa petite amie Kristine devenait
Kris quand elle passait les portes de l’école.
La décision de la direction de West Point devrait
être rendue la semaine prochaine. Pas d’inquiétude à avoir pour autant,
Katherine Miller est d’ores et déjà admise à l'Université de Yale pour
la rentrée. Elle a déclaré avoir obtenu une bourse pour les étudiants
LGBT avec laquelle elle se battra pour mettre fin au «Don’t ask, Don't
tell». Et puisque celui-ci devrait être tombé à la fin de l'année (lire
article), elle espère pouvoir réintégrer West Point à la rentrée
2011. En tant que lesbienne cette fois.
L’Allemagne instaure l’égalité
des droits de successions pour les couples homos
La Cour constitutionnelle Allemande vient de statuer en leur
faveur de l'égalité sur la question des droits de successions. Une
avancée promise par le gouvernement depuis deux ans.
Des
participants à la gay pride de Berlin, le 19 juin 2010.
Bonne nouvelle pour les homos allemands. La Cour constitutionnelle
allemande a en effet affirmé aujourd’hui que les couples de même sexe
devaient bénéficier des mêmes droits en matière d'imposition sur les
successions que les couples hétérosexuels.
Rappelons que l'Allemagne n’autorise pas le mariage, mais offre aux
homosexuels la possibilité de contracter des partenariats domestiques
depuis 2001. Jusqu’en 2008 le pays s’était refusé à accorder les mêmes
droits que le mariage en matière d'imposition.
Egalité fiscale
Le gouvernement avait promis en juin d'en élargir les règles pour
établir l'égalité de taxation sur les successions entre couples homos et
couples hétéros. C’est maintenant chose faite puisque la Cour vient
d’avaliser la proposition du gouvernement, en exigeant que le Parlement
rectifie a posteriori les règles fiscales.
Très concrètement, tous les couples paieront de 7% à 30% de droits de
succession, alors que les couples de même sexe étaient auparavant taxés
de 17% à 50%, le même taux que pour des personnes non parentes.
«La coalition œuvre pour les homosexuels»
La Cour était saisie du cas d'un homosexuel qui a hérité en 2001 de
140.000 euros de la part de son partenaire légal et qui a dû payer
30.000 euros de droits de succession. Une autre plaignante a elle hérité
de 58.500 euros de sa partenaire et a dû verser 12.000 euros d'impôts.
La ministre de la Justice, Sabine Leutheusser-Scharrenberger, a salué
la décision de la Cour constitutionnelle, en estimant que la coalition
de centre-droit au pouvoir œuvrait au niveau fiscal en faveur des
couples homosexuels.
En Israël, un magazine arabe
publie des textes gays
Un magazine en ligne de la communauté arabe en Israël publie
notamment des auteurs homosexuels, qui y publient anonymement leurs
textes.
Des
intellectuels palestiniens et arabes israéliens ont lancé lundi un
nouveau magazine en ligne en Israël décidé à défier les tabous, en
consacrant notamment une rubrique à des auteurs homosexuels.
«Notre site sera comme un oasis culturel où chacun
pourra s'évader pour lire une nouvelle ou regarder un événement culturel
via YouTube», a expliqué Alaa Hlehel, fondateur de
Qadita.net et
citoyen arabe d'Israël.
Liberté d'expression
Le magazine, qui tire son nom d'un village détruit pendant la guerre de
1948 au moment de la création de l'Etat d'Israël, s'en prend aux
restrictions imposées à la liberté d'expression dans les sociétés arabes
et musulmanes.
«Des écrits insoumis ou “non conservateurs” ne
devraient pas tomber sous le coup de la censure juste parce que leur
propagation énerve certains ou offense des sensibilités», a indiqué le
communiqué de présentation du magazine. «Nous pensons que la marge de
liberté dans les publications en langue arabe est assiégée en raison des
tensions politiques et sociales».
Une part naturelle de la culture arabe
Le site publie déjà des contributions de nombre d'auteurs arabes et
palestiniens, et consacre une rubrique spéciale à des écrivains
homosexuels, qui publient anonymement. L'homosexualité est vivement
dénoncée dans les sociétés arabes et considérée comme un délit dans
beaucoup de pays du Moyen-Orient.
«Nous faisons cela pour autoriser les homosexuels à
s'exprimer, fuir leur ghetto et devenir une part naturelle de la culture
arabe et palestinienne», a dit Alaa Hlehel, ajoutant qu'il ne craignait
pas d'attaques de groupes extrémistes ou religieux. «Nous attaquer sur
le sujet de l'homosexualité sera facile, mais à cause de ça nous allons
nous assurer que tous nos écrits seront de grande qualité».
Préservatif spécial (plus lubrifié) pour les gays, nouveau
magazine, agence de voyage… Un an après la décriminalisation de
l'homosexualité dans le sous-continent, le marché gay-friendly ne cesse
de s'y développer. Petit tour d’horizon.
Des
jeunes indiens participent à une campagne de promotion pour des nouveaux
distributeurs de préservatifs, en mars dernier à New Delhi.
Avec
la librairie LGBT en ligne et
des publicités gay-friendly, il s'agit maintenant d’un mouvement
bien amorcé: les commerciaux indiens font de l'œil à la «roupie rose».
Les marques entendent bien s’emparer de ce nouveau marché, surtout
depuis qu’il a (presque) perdu son odeur de soufre avec la
dépénalisation de l’homosexualité il y a un an.
Le dernier né de cette opération
séduction? Un préservatif spécialement conçu pour les gays. Actuellement
en cours de développement, il n'est pas encore lancé, mais un nom a déjà
filtré dans la presse indienne. Il devrait s’appeler «Spice Up»
(«Pimentez»). Il a été imaginé par un grand fabricant de préservatifs en
collaboration avec la NACO, le bras anti-sida du Ministère indien de la
Santé. Le Dr Prakash Kothari, sexologue, est persuadé que ce produit
sera bien accueilli. Il souligne: «Parfois, pendant l’amour, la
lubrification devient insuffisante et le sexe anal peut devenir
douloureux.» Un problème qui devrait être résolu grâce à ce moyen de
prévention plus adapté.
Un nouveau magazine gay
Mais la presse elle-aussi s’engouffre dans la brèche du marché gay. Le
prince Manvendra Singh Gohil, lui-même homosexuel (lire
article), a lancé à Goa voici semaines un nouveau magazine dédié à
la communauté gay, Fun. Comme son nom l’indique, Fun
cherche à se démarquer des publications militantes, plus austères. «Nous
nous concentrons sur la mode, le bien-être, les gadgets et les
relations» explique son fondateur. Lui veut du glamour, de la légèreté,
en bref, du commercial. D’ailleurs, le premier numéro a été tiré à
75.000 exemplaires, un chiffre ambitieux comparé aux 3.000 exemplaires
de Bombay Dost, le pionnier indien des magazines gays relancé
l’année dernière après sept ans d’interruption.
Et dans la nouvelle galaxie des sociétés
gay friendly, Indja Pink effectue une belle percée. Cette agence de
voyages spécialisée depuis plusieurs années sur le marché homo voit son
activité augmenter depuis l’année dernière. Tant et si bien qu’elle
propose désormais des cérémonies de mariage à l’indienne et des lunes de
miel au pays des Maharadjahs.
Espagne: Bientôt une première
maison de retraite homo
La commune de Torremolinos (province de Malaga) accueillera, dès 2011,
le premier établissement pour personnes âgées homosexuelles d’Espagne.
Le quotidien national espagnol El País raconte en effet, dans
un article intitulé « Vieillir
sans renoncer« , l’histoire d’Antonio Gutiérrez Dorado, un militant
LGBT de la première heure et de son nouveau projet de maison de retraite
gay.
GRANDE SOLITUDE
Bien qu’en Espagne les droits LGBT aient considérablement avancé ces
dernières années, ce militant et ses amis redoutent désormais le double
défi qui les attend: « être vieux et homo ». Il explique ainsi que
beaucoup de personnes LGBT de sa génération ont coupé les liens avec
leur famille pour vivre leur sexualité en liberté à une époque où les
choses étaient particulièrement difficiles et que cette première
génération de militants qui a lutté pour obtenir des droits redoute
désormais une grande solitude.
TABOU
« Être gay à 30 ans c’est bien, mais à 60 ans c’est plus très cool »,
explique Antonio Gutiérrez Dorado qui souhaite ouvrir ce débat sur les
personnes âgées au sein de la communauté. « La vieillesse chez les gays
est taboue », explique à son tour Beatriz Gimeno, ex-présidente de la
Federación de Lesbianas, Gays y Transexuales de España, « la communauté
LGBT a développé une sous-culture particulièrement liée à la jeunesse
éternelle et dans laquelle la vieillesse n’a que très peu de place ».
INVISIBILITÉ
Le nouveau combat d’Antonio Gutiérrez Dorado: que l’évolution de la
situation des LGBT en Espagne profite désormais à toutes les tranches
d’âge, à toutes les étapes de la vie. « On ne sort pas du placard juste
pour quelques années », ajoute t-il, insistant sur le fait qu’il est
pourtant toujours bien difficile d’être un homo en maison de retraite et
que certains se voient parfois obligés de retourner à l’invisibilité.
C’est ainsi qu’est né
Arco Iris-LGTB, un projet de résidence de 27 appartements, pensé
avec l’un des amis d’Antonio, directeur d’un groupe immobilier et expert
dans le secteur du troisième âge. Il sera inauguré à Torremolinos, en
plein cœur de ville. Pour l’anecdote, c’est dans cette même commune que
s’est ouvert en 1962 le premier bar gay d’Espagne. Le projet devrait
ensuite s’étendre au reste de l’Espagne, probablement à Barcelone,
Madrid et Malaga.
Les gays sans ghettos
(article Sud-ouest Saintes du 12/08/2010)
Hétérosexuels saintongeais et
homosexuels venant de plus loin se mêlent les fins de semaines au
Folie's à Fontcouverte. Décryptage de l'une des deux boîtes de nuit gay-friendly
du département.
Voilà trois ans, il a posé ses valises à Saintes. À
l'âge où certains pensent à la retraite, il a investi (dans) les nuits
saintaises, après avoir animé les aurores rochelaises et rochefortaises.
Nous parlons ici de Gérard Doury. À 56 ans, c'est un
nom reconnu dans le milieu de la nuit dont il est l'un des piliers
depuis un quart de siècle. Sa spécialité : les établissements « gay-friendly
». Comprenez des discothèques destinées à une clientèle homosexuelle
mais qui acceptent les hétérosexuels. Bien que lui-même hétéro, Gérard
Doury a toujours été attiré par le monde des homos. Sans doute
l'héritage d'un frère qui n'avait pas les mêmes préférences sexuelles.
Ainsi, après avoir fait ses gammes à Saumur
(Maine-et-Loire), il a tenu un bar à La Rochelle, L'Insolite, jusqu'à la
fin des années 90. Avant de bifurquer en direction des boîtes de nuit.
La Cage à Rochefort (de 1999 à 2005), puis Le Paradise à La Rochelle (de
2005 jusqu'au mois de juillet 2010), la seconde et unique autre boîte de
nuit gay-friendly dans le département.
Gérard Doury dirigea aussi La Maison blanche, à
Cognac. Pendant un an. Un épisode sur lequel il préfère ne pas
s'attarder mais qui laisse deviner que la tolérance à l'égard des
homosexuels n'était pas érigée au même rang dans la Charente intérieure.
Les
gays ne surjouent plus
Car Gérard a un credo : « Un concept de boîtes sans
ghetto, dans lesquels les gays s'affichent et ne sont ni moqués, ni
critiqués. »
« On veut accueillir des gens qui nous ressemblent »,
dit encore le patron, qui s'est marié en 2007. Ancienne employée au
siège du Crédit agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres, à Saintes,
Delphine Doury meublait ses nuits le week-end à La Cage. « Je compte
beaucoup d'amis gays. À La Cage, tout le monde s'amusait, en liberté »,
se souvient-elle.
À rebours des idées reçues, les codes de la nuit ont
changé depuis une dizaine d'années. « Les gays ont investi toutes les
couches de la société », assure le gérant, qui y voit le corollaire
d'une « meilleure intégration ».
Conséquence : alors qu'ils avaient tendance,
auparavant, à s'extérioriser en se retrouvant, à surjouer, le
comportement des gays s'est standardisé. À l'image d'un couple lambda,
les homos se tiennent par la main au Folie's et s'échangent des baisers.
Airs
libertaires
Le tout dans une atmosphère libertaire qui détonne
par rapport à une boîte classique. Ici, il n'est en effet pas rare que
garçons ou filles se trémoussent en sous-vêtements sur l'un des deux
podiums installés. « Discrétion, liberté et respect de l'autre » sont
élevés au rang de valeur par le gérant. « Les strip-tease sont des jeux,
il n'y a pas de connotation, surtout quand ils mettent en scène gays et
homos », certifie Gérard Doury.
Une mixité sexuelle qui n'est d'ailleurs pas du goût
de tous les homos, certains reprochant aux établissements gay-friendly
d'accueillir une proportion croissante d'hétéros.
Les
hétéros majoritaires ?
Cyril n'est pas de leur avis. Figure du milieu gay à
Saintes et Bordeaux, le facétieux trentenaire jamais à court d'un bon
mot se réjouit de disposer « d'une boîte dans une ville de cette taille.
Il faut arrêter les établissements uniquement pour homos, affirme-t-il.
Les gens qui viennent ici savent où ils mettent les pieds. »
Car si les homos affluent depuis une cinquantaine de
kilomètres à la ronde, les hétéros sont issus majoritairement de Saintes
et des environs. Attirés par le bouche à oreille. « Il a fallu qu'ils
surmontent certains clichés, se souvient Gérard. Ainsi, au début, ils
croient qu'ils vont se faire sauter dessus, draguer, voire tripoter ». «
Les garçons plus que les filles », corrige Delphine.
Ironie du succès, les hétéros sont en passe de
devenir majoritaires. Si la clientèle se répartit à 50 % le samedi, ils
sont plus nombreux les vendredis et dimanches
Le Folie's 8 Route De St Jean D'angély -
Fontcouverte 17100 Saintes
Infoline et Réservation : 05.46.91.34.67
Le FOLIE'S : club privé "Friendly"
Agréable patio. Ambiance survoltée tous les week-ends.
Ouvert les vendredis, samedis et veilles de fête, de 23h30 à 7h00, ainsi
que les dimanches de 23h00 à 4h00.
Grand parking. Situé juste à la sortie de Saintes en direction de St
Jean d'Angély.
Le militaire gay Bradley
Manning, un héros de paix?
Son portrait a fait le tour des Etats-Unis. Bradley
Manning, militaire gay opposé à la loi «Don't ask don't tell», est
actuellement en prison pour avoir divulgué des documents
secret-défense.
Pour
certains, Bradley Manning est un militant homosexuel révolté. Pour
d'autres, l'auteur présumé des fuites du site Wikileaks est un héros
du pacifisme, qui a exposé la face noire des guerres en Irak et en
Afghanistan. Son portrait a fait le tour des Etats-Unis.
S'il s'avère qu'il a bien divulgué ces milliers de
documents confidentiels, le première classe «pourrait s'être identifié
aux peuples d'Irak et d'Afghanistan qui ont souffert de la politique
guerrière du gouvernement» américain, déclare à l'AFP Jeff Paterson,
membre dirigeant de son comité de soutien.
«En partie, ajoute le pacifiste, car il ressent
lui-même les mêmes choses, en tant que membre d'une minorité
injustement traitée au sein de l'armée américaine et de la société
américaine en général».
Opposé au «Don't ask, don't tell»
Après une enfance passée à subir les quolibets de ses camarades, en
raison de son côté «intello» et de son homosexualité, Bradley Manning
rejoint les rangs de l'armée en 2007.
Recruté en tant qu'analyste de renseignement, ce
natif de l'Oklahoma (sud) cherche un nouveau départ dans la vie, ont
raconté des connaissances au New York Times, qui publiait ce
week-end une
enquête fouillée sur lui.
Mais très vite, le première classe a découvert la
rudesse des règles du Pentagone, en particulier la loi «Don't ask,
don't tell» (ne rien demander, ne rien dire), qui oblige les
homosexuels à taire leur orientation sexuelle, sous peine de devoir
quitter l'armée.
Fuite d'un document top-secret
«Il s'opposait ouvertement à la loi “Don't ask, don't tell” et en
parlait ouvertement à ses amis», poursuit Jeff Paterson, dont
l'association coordonne la défense du soldat qui a été arrêté en mai
sur sa base militaire des environs de Bagdad, puis transféré en
juillet dans une prison américaine.
Les autorités de Washington l'accusent d'avoir remis au site
internet Wikileaks
la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak.
Rendue publique en avril, elle montre le raid dans la capitale
irakienne d'un hélicoptère américain au cours duquel ont été tués deux
employés de l'agence de presse Reuters et plusieurs autres personnes.
Depuis deux semaines, le jeune homme de 22 ans est également le
principal suspect dans l'affaire des milliers de documents
confidentiels portant sur les guerres en Irak et en Afghanistan et
publiés sur Wikileaks.
Un geste de «désespoir»?
Pour certains de ses proches interrogés par le prestigieux quotidien
new-yorkais, un tel coup d'éclat pourrait avoir été motivé par «son
désespoir à se faire accepter».
Son ressentiment à l'égard du traitement imposé par l'armée aux
homosexuels aurait été démultiplié après avoir rencontré son petit
ami, peu de temps avant de partir en Irak. Amoureux, entouré de gens
ouverts, «il avait trouvé une ambiance qui était à l'opposé de
l'armée», écrit le New York Times, citant des amis du soldat.
M. Paterson met en garde: s'il s'avère qu'il est bien l'auteur des
fuites, «il est difficile de croire qu'il l'ait fait pour toute autre
raison que d'exposer les réalités de la guerre».
«Héros» pacifiste
Et sur internet, Bradley Manning est carrément élevé au rang de
«héros» du mouvement pacifiste américain.
Le site
antiwar.com dénonce ainsi la «campage de diffamation» menée, selon
ses auteurs, par le gouvernement américain afin de «détourner
l'attention» du contenu des fuites et ne pas «débattre du sens de
l'occupation de l'Afghanistan».
Cette campagne, estime le site, vise à «discréditer un jeune homme
très courageux et idéaliste» qui a participé au «réveil» du peuple
américain.
S'il est reconnu coupable, le jeune homme risque plus de 50 ans
derrière les barreaux.
Un jeune de 18 ans condamné à
mort en Iran pour «homosexualité»
Hillary Clinton s'est dite «inquiète» de la condamnation à
mort du jeune iranien Ebrahim Hamidi, accusé à tort d'homosexualité et
qui risque une exécution imminente. Une pétition est ouverte en ligne.
Mohammad Mostafaei, l'avocat du jeune homme, à Oslo (Norvège) le 8
août.
Un jeune iranien de 18 ans risque actuellement
d'être pendu après avoir été accusé – apparemment à tort –
d'homosexualité. Ebrahim Hamidi a été condamné le 21 juin dernier à
Tabriz, dans le Nord-ouest de l’Iran, à la peine capitale pour
homosexualité et acte de sodomie. Et ce sans preuve, sur la base de
«la connaissance du juge», une faille juridique du système iranien,
basée sur un seul témoignage, retiré depuis, dans le cadre d'une
banale dispute entre deux familles.
C'est le quotidien britannique The Guardian
qui a
révélé ce drame dans son édition du 8 août. Les cas de
condamnations à mort en Iran sont difficiles à vérifier et sont
rarement connus à l'étranger, mais cette fois l'avocat du condamné
n'est autre que Mohammad Mostafael (photo), qui a dû fuir vers la
Norvège après l'arrestation de sa femme, il y a deux semaines.
Hillary Clinton «inquiète» L'émotion a gagné les Etats-Unis, où la secrétaire d'Etat
Hillary Clinton a publié mardi un communiqué afin d'exprimer son
inquiétude. «Nous sommes inquiets par les informations rapportant qu'Ebrahim
Hamidi, un homme de 18 ans accusé d'homosexualité risque une exécution
imminente même s'il n'a actuellement pas d'avocat», a dit Mme Clinton.
Selon Mme Clinton, cette affaire, ainsi que celle
de
Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une femme condamnée à mort par
lapidation pour adultère (défendue par le même avocat, une affaire
assez médiatisée qui a d'ailleurs entraîné les menaces contre M.
Mostafaei), n'a été traitée avec «la transparence et le droit à un
procès équitable gravés au sein même de la constitution iranienne».
Pétition en ligne
A Londres, le militant Peter Tatchell tente de mobiliser la diplomatie
britannique. «Le cas d'Ebrahim est la preuve que des hétérosexuels
innocents peuvent être condamnés à mort sur des accusations factices
d'homosexualité» en Iran, a-t-il déclaré.
Dans ce pays, une personne accusée de sodomie peut
être condamnée à des coups de fouet, à la pendaison ou à la lapidation
à mort. La loi prévoit diverses sanctions, telles que 99 coups de
fouet si deux hommes dorment dans le même lit, sans être de la même
famille et «sans y être contraints», même s'ils n'ont pas eu de
rapports sexuels. Et un garçon violé par un homme peut également être
fouetté si la cour décide qu'il a «aimé» cela.
Une
pétition en ligneest ouverte pour tenter
d'empêcher l'exécution d'Ebrahim Hamidi.
Le ministre allemand gay renonce à emmener son conjoint en terre
homophobe
Guido Westerwelle, le premier chef de la diplomatie
ouvertement homosexuel, explique ne pas vouloir être
contre-productif en présentant son partenaire à des chefs d'Etats
homophobes.
Guido
Westerwelle (à droite), au côté de son compagnon Michael Mronz,
lors d'une visite officiel au Japon le 14 janvier 2010.
Homosexuel déclaré, le chef de la diplomatie
allemande Guido Westerwelle dit dans une interview à paraître jeudi
renoncer à emmener son compagnon de longue date dans des pays où
l'homosexualité est punie par la loi.
«Nous voulons encourager l'idée de la tolérance
dans le monde. Nous ne voulons pas parvenir au résultat inverse en
nous comportant de manière irréfléchie», a déclaré le ministre et
chef du parti libéral FDP dans la dernière édition du magazine Bunte. Il a
rappelé que dans sept Etats, les homosexuels risquaient la peine de
mort: Iran, Yemen, Mauritanie, Somalie, Nigeria, Soudan et Arabie
saoudite.
Mais M. Westerwelle estime ne pas être pour
autant entravé par son orientation sexuelle. «Il s'est avéré que les
craintes (à ce sujet) étaient infondées», a-t-il dit.
Sans son conjoint en Turquie et dans le
Golfe
En janvier, M. Westerwelle a voyagé sans son compagnon Michael Mronz
lors d'une tournée en Turquie, et dans plusieurs Etats du Golfe,
dont l'Arabie saoudite. Des militants des droits de l'homme lui
avaient demandé d'évoquer la répression des homosexuels dans le
royaume wahabite, où prévaut une interprétation de la charia
(loi islamique) qui fait encourir la peine de mort aux homosexuels.
En revanche, M. Mronz a accompagné le ministre au Japon,en
Chine ou en Amérique latine.
Avocat de formation, Guido Westerwelle est le
premier chef de la diplomatie en Europe ouvertement homosexuel. Il
avait fait son coming out en 2004 à l'occasion d'un banquet pour les
50 ans d'Angela Merkel, qui n'était alors pas encore chancelière.
Lui et son compagnon portent chacun un anneau doré à l'annulaire
gauche, bien qu'ils n'aient pas conclu de partenariat de vie civile,
un contrat possible en Allemagne.
Mariage des homos en
Californie: et si les antigays avaient déjà perdu?
C'est un scénario qui ne paraît pas si absurde. Arnold
Schwarzenegger ne souhaite pas faire appel pour défendre la Prop 8.
Ceux qui le veulent seront-ils donc légitimes à le faire? Tentative
d'explication, alors qu'on attend jeudi une décision capitale.
«Notre Administration estime que l'intérêt public
est de permettre au jugement de la cour de prendre effet, et donc de
restaurer les droits des couples de même sexe en Californie.
Procéder ainsi est en cohérence avec la longue histoire de la
Californie qui est de traiter chaque citoyen, ainsi que leur
conjoint, à égalité de dignité et de respect. (…) 18.000 mariages de
couples homosexuels ont été célébrés (entre mai et novembre 2008),
sans que cela n'entraîne le moindre préjudice pour notre Etat.»
Cette déclaration, publiée par les avocats du
gouverneur de Californie en son nom, est claire: non seulement
Arnold Schwarzenegger accepte la décision du juge fédéral d'abroger
la proposition 8 (lire
article), mais il fait un pas en avant, en proposant à la
justice de reprendre immédiatement la distribution de «marriage
licences».
Reprendre ou ne pas reprendre, là est la
question
En attendant le jugement d'appel, faut-il maintenir la proposition 8
ou appliquer son interdiction? Telle est la question sur toutes les
lèvres depuis le jugement historique de la cour fédérale de
Californie, selon laquelle la «Prop 8» qui empêche depuis 2008 les
couples gays et lesbiens de se marier est anticonstitutionnelle (lire
article).
Théoriquement, les mariages pourraient donc
reprendre. Mais les opposants au mariage des homos, qui ont fait
appel de cette décision (lire
article), ont aussi prévenu que reprendre les unions aboutirait
à un «chaos juridique» si la
cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit, ou la Cour
suprême du pays, annulait la décision du juge Walker. On ne sait pas
encore quand le juge dira s'il permet ou non de reprendre les
mariages homos en l'attente du procès en appel.
Qui plaidera en appel?
Mais la question du mariage homo en Californie, à la lumière de la
déclaration du gouverneur Schwarzenegger déjà citée, révèle une
situation juridique pour le moins inhabituelle. En effet, en temps
normal, c'est la partie à qui la justice donne un ordre (en
l'occurrence, l'Etat de Californie) qui réclame un sursis (le gel
des mariages). Ici, la partie concernée accepte d'obtempérer, et
seuls les groupes antigays veulent ne pas reprendre les
célébrations.
Plus fort encore, cette question: mais qui va
plaider contre le mariage des homos en appel? D'ordinaire, le
gouverneur et son ministre de la Justice sont censés défendre les
lois qui sont mises en cause, quelles que soient leurs opinions
personnelles. Mais il semble que Schwarzenegger et son ministre,
Jerry Brown, refusent de participer au nouveau procès contre la
décision du juge, même s'ils sont tous deux nommés comme
«défenseurs». Les seuls à plaider pourraient donc être les
défenseurs de la proposition 8, une coalition de groupes
conservateurs et religieux connue sous le nom de «Protect
marriage».
Une situation juridique inédite
Et si le gouverneur en tant que défenseur ne faisait pas appel
(comme ça devrait donc être le cas), une partie («Protect marriage»)
à laquelle on n'a rien demandé en première instance serait-elle
qualifiée pour le faire? Les cours fédérales ne peuvent auditer un
dossier que lorsqu'il y a «matière à controverse», avec un réel
préjudice, et non une simple dispute idéologique. Clairement: il
n'est pas dit que les défenseurs de la proposition 8 aient le
pouvoir de faire appel.
C'est en tout cas ce que suggèrent les analystes
juridiques cité par le site américain
Towleroad, qui sert notamment de source à cette tentative
d'éclaircissement. Mais tout ceci n'est que conjectures: on voit que
dans cette situation inédite, dans un système judiciaire américain
particulièrement complexe, beaucoup reste encore à trancher. Seul
l'avenir dira si la bataille du mariage en Californie s'arrête là ou
s'il elle continue encore plusieurs années.
Stupeur au Vatican: un
théologien fait son coming out... il est viré
Le théologien catholique allemand David Berger s'est
déclaré gay et a osé demander une révision de la position de
l'Eglise sur l’homosexualité. Désormais, même les laïcs sont traqués
pour homosexualité, analyse la revue «Golias».
Agé de 42 ans, le théologien catholique David
Berger, un laïc allemand, très brillant, héritier d’une ligne
romaine classique, et responsable de la revue
Theologisches, vient d’être exclu de ses fonctions auprès
de l’Académie Pontificale de Saint Thomas d’Aquin, pour avoir révélé
son homosexualité.
David Berger s’est publiquement déclaré
homosexuel depuis avril de cette année. En outre, il a osé prendre
position contre la radicalisation récente de la position de l'Eglise
sur la question. Mgr Luis Clavell, Président de l’Académie et membre
de l’Opus Dei (au sein de laquelle il passe cependant pour modéré!)
a révoqué la mission du Professeur Berger.
Grillé sur Facebook
Dans le Frankfurter Rundschau, en avril dernier, il s’était
exprimé en ces termes: «Je ne puis plus me taire plus longtemps.» Il
dénonçait l’attitude «bigote et hypocrite» de l'Eglise. Il
demandait, au nom même de la tradition théologique, une révision de
la position sur l’homosexualité. Dans le pur style du
thomisme, qui valorise la nature et ses appétits: la grâce
perfectionne la nature mais ne la détruit pas. Une position à
rebours de l'augustinisme
vertical et pessimiste de Joseph Ratzinger exaltant ce qui est de
Dieu l'opposant à l'œuvre de l'homme.
C’est Facebook qui aurait au départ «grillé»
David Berger, puisque de nombreux gays figuraient sur son profil.
Les déboires du jeune théologien montrent aussi que, désormais, les
laïcs eux-mêmes pourront être traqués pour cause de gaytitude
et non pas simplement les séminaristes, prêtres et religieux. La
grande purge est commencée. Cette affaire pourrait avoir une grande
résonance et des suites.
Zimbabwe: vingt jeunes filles
arrêtées pour soupçons d’homosexualité
Sans qu'on ne sache trop si elles sont lesbiennes ou
victime d'une vengeance entre élèves, ces jeunes filles doivent
comparaître prochainement.
Au Zimbabwe, la délation à l'école est prise très
au sérieux quand il s'agit d'homosexualité. Vingt jeunes filles,
âgées de 14 à 16 ans, ont été arrêtées après qu'une de
leurs camarades les a accusées d'avoir des relations homosexuelles.
L'incident a eu lieu le jeudi 29 juillet, dans un
lycée pour filles de Bulawayo, la deuxième ville du pays. La police
a emmené les élèves incriminées au commissariat, où elles auraient
été interrogées toute la journée. Pour l'association des Gays et
lesbiennes du Zimbabwe (GALZ),
il s'agit là d’une violation des droits de l’enfant.
Conséquences psychologiques
«Quand des enfants passent neuf heures à être interrogés par la
police, il est probable que cela ait des conséquences psychologiques
et que cela affecte leur droit à l’éducation. Ces jeunes filles,
après avoir été ainsi exposées, seront victimes de moqueries et de
stigmatisation de la part des autres étudiantes», a commenté Samuel
Matsikure, responsable du programme Santé de cette association.
A la suite des arrestations, le directeur
provincial de l'éducation, Dan Moyo, a quant à lui condamné
l’homosexualité comme «une pratique inacceptable», ajoutant qu'il ne
sait «pas si les accusations sont fondées ou relèvent d'une
vengeance entre élèves». Les étudiantes doivent comparaître
prochainement devant un tribunal.
La loi zimbabwéenne ne prévoit pas de sanction à
l'égard de l'homosexualité féminine, mais considère la sodomie comme
un délit passible de trois ans de prison.
Une «académie antigay»
suscite l’émoi près de Chicago
REPORTAGE. Une association pro-famille vient d'organiser
un séminaire pour sensibiliser aux dangers de la «propagande
homosexuelle». Devant les lieux, une contre-manif entendait lutter
contre la bigoterie homophobe...
De notre envoyé spécial à Arlington Heights (Etats-Unis)
Population plus blanche qu'un cachet d'aspirine,
haies bien taillées, pelouses nickel, églises omniprésentes:
Arlington Heights, dans l'Illinois, respire le conservatisme. Dans
ce contexte, lorsqu'une centaine de queers débarque
drapeaux rainbow à la main dans les rues calmes de cette
ville pavillonnaire de la banlieue de Chicago, forcement, ça se
remarque.
Plusieurs associations LGBT de la région
s'étaient donné rendez-vous, jeudi, devant une école catholique
locale pour protester contre la tenue au même moment, derrière les
portes bien gardées du bâtiment, d’un seminaire un peu particulier.
La «Truth Academy» (ou «Académie de la Vérité») vise à sensibiliser
des militants antigays de tout poil (profamille, ex-gays, religieux
conservateurs) à «la désinformation pratiquée par les homosexuels»,
suspectés de vouloir imposer en douce leurs mœurs diaboliques au
reste du pays, en particulier à sa population chrétienne. «De la
même manière que les homosexuels s’organisent, forment des
coalitions ou des groupes de travail pour défendre leurs droits,
nous nous organisons aussi, affirme Peter LaBarbera, le président de
l’association conservatrice «American Families for Truth about
Homosexuality» (AFTAH),
organisatrice de l’événement. Nous voulons défendre nos idées avec
la même force que les homosexuels défendent les leurs.»
«De
la gay pride à la tyrannie gay»
Fondée en 1996, AFTAH se décrit sur son site comme un «groupe rare»
décidé à «défendre la cellule familiale et la sexualité telles que
voulues par Dieu» au moment où les LGBT américains remportent des
victoires politiques importantes, de Prop 8 en Californie à
l'abrogation de «Don’t Ask Don't Tell». L'association figure depuis
peu sur la liste des groupes prêcheurs de haine («hate groups») de
la Southern
Poverty Law Center, une association qui observe et lutte contre
toute forme de haine aux Etats-Unis.
Le programme de la «Truth Academy» a été dévoilé
en juillet dernier, provoquant l’émoi des associations LGBT. Jeudi
matin, le séminaire commençait fort avec une discussion au thème
évocateur: «De gay pride à tyrannie gay». Puis, Cliff Kincaid,
journaliste connu pour son soutien à la loi anti-gay en Ouganda (lire
article), évoquait «le parti pris des médias traditionnels en
faveur des homosexuels». De retour de la pause déjeuner, le
président des Jeunes conservateurs de Californie prouvait que naître
gay était une vaste fumisterie tandis que le fondateur de
l’association des ex-gays juifs se demandait si les homosexuels
pouvaient guérir de leurs penchants sexuels. D’autres discussions
étaient prévues le lendemain.
«Nous devons dénoncer la bigoterie antigay» L'association prend soin de préciser
sur son site
que les militants progays ne sont pas les bienvenus au séminaire,
mais que des réductions sont offertes aux couples mariés et aux
moins de 25 ans. «Je n'ai pas de mots assez durs pour condamner ce
qu’ils font, commente Tessa Hughes, une des manifestantes présentes
jeudi. C'est incroyable que ce genre de choses existe en 2010.»
«Nous ne pouvons pas attendre qu'on nous donne nos droits. Nous
devons être agressifs pour dénoncer la bigoterie antigay, que se
soit à Chicago ou en France, souligne Andy Thayer, directeur de «Gay
Liberation Network», le collectif qui a coordonné la
manifestation. C'est comme ça que nous gagnerons le combat.» «Je
comprends leur indignation, concède pour sa part le pasteur John
Kirkwood, qui participait au séminaire. Je veux leur dire que je les
aime, que Dieu les aime mais qu'il y a un meilleur chemin que
l’homosexualité.»
Menaces homophobes contre
le probable futur Premier ministre belge
Un courrier menacerait directement Elio Di Rupo, le
socialiste wallon ouvertement gay, qui est considéré comme le
probable prochain Premier ministre du royaume. Mais sa formulation
laisse planer des doutes sur son expéditeur...
La chaîne d'information flamande VTM a révélé
le 6 août avoir reçu une lettre de menace visant Elio Di Rupo, le
probable futur Premier ministre belge. Le courrier débute par les
mots «Au nom d'Allah» et se poursuit en affirmant que «dans un
pays musulman comme la Belgique, un homosexuel ne peut en aucun
cas devenir premier ministre».
La menace a immédiatement été prise au sérieux
par le ministère de l'Intérieur. Il faut dire que Elio Di Rupo est
une personnalité de premier plan. Président du Parti socialiste
depuis 1999, il avait été chargé par le roi d'une mission de
préformation du prochain gouvernement, alors que la Belgique est
plongée dans une crise institutionnelle qui semble inextricable.
Ouvertement
gay
Les socialistes étant arrivés premiers lors des élections
parlementaires de juin dernier, il est considéré comme ayant le
plus de chance d'être le prochain Premier ministre. Ce qui en
ferait le deuxième chef de gouvernement ouvertement homosexuel du
monde, après
Johanna Sigurdardottir en Islande.
En 2001, il avait été premier homme politique
belge à faire son coming out. Il avait révélé son homosexualité à
un magazine flamand, en espérant que cela ne nuirait pas à sa
carrière. L'annonce n'a eu finalement que peu d'impact, dans un
pays où la vie privée des politiques intéresse très peu.
Pas de protection
spécifique
Au final, plus de peur que de mal, puisque après étude de la
lettre, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace a
annoncé qu'il ne fournirait pas à Elio Di Rupo de protection
particulière. L'intéressé n'en avait d’ailleurs pas demandé. Les
menaces ne sont en effet pas considérées comme très crédibles, et
il pourrait très bien ne s'agir que d'une mauvaise
plaisanterie. Le journal Le Soir
assurait d'ailleurs lundi que ce n'était pas la première fois
qu’une personnalité belge était ainsi menacée. Et le quotidien de
conclure que généralement «les chiens qui aboient ne sont pas ceux
qui mordent».
MISE A JOUR : Précision
Comme nous le signale un lecteur sur la page
Facebook de TÊTU, la traduction de la lettre relayée par la
presse francophone belge est imprécise. Le courrier parle en fait de
la Belgique comme «futur pays musulman» et non pas comme «pays
musulman». Cette formulation semble se rapprocher très fortement du
discours islamophobe de l'extrême droite flamande. Un intitulé un
peu gros qui pointerait donc vers la thèse d'un faux courrier,
destiné avant tout à diviser l'opinion.
Louis Nicollin va diffuser le
clip contre l'homophobie dans le stade de Montpellier
Plus connu pour ses saillies pas très fines, le président de
l'équipe de foot montpelliéraine change son fusil d'épaule et s'engage
contre l'homophobie dans l'univers du football
Louis Nicollin et Pascal Brethes, président du Paris Foot Gay, lors
de la signature de la Charte. (Photo DR)
On n'osait à peine y croire à l'annonce de la
nouvelle, en mai dernier. Mais c'est confirmé: Louis Nicollin, le
président du club de Montpellier, a bien signé la Charte contre
l'homophobie le 21 juin dernier. Le Paris Foot Gay a confirmé
l'information en annonçant un autre geste fort: le clip vidéo contre
l'homophobie dans les stade sera diffusé avant le match qui opposera
dimanche les Montpelliérains aux Girondins de Bordeaux. Une date très
solennelle, puisque cette rencontre sera la tout première de la nouvelle
saison du championnat de Ligue 1.
Cinq clubs signataires
En devenant le cinquième président d'un club de Ligue 1 signataire de la
Charte, Louis Nicollin a surpris son monde. Car le bouillant «Loulou»
était plutôt connu pour sa gouaille pas toujours bien inspirée, voire
homophobe, traitant par exemple le capitaine d'Auxerre de «petite
tarlouze» l'an dernier. Et quand la presse lui demande en 2009 s'il
compte diffuser le clip contre l'homophobie, l'idée lui inspire à
l'époque surtout des sarcasmes. «Après, ce sera quoi, les femmes
battues? Je préférerais montrer des filles à poil. Il n'y a qu'un truc
contre lequel je me battrais, c'est le racisme» déclarait-il à
Aujourd'hui Sport.
Louis Nicollin a semble-t-il rangé sa hiérarchie des
discriminations, et c'est un beau geste. Reste à savoir qui rejoindra
Montpellier, le PSG, Nice, Auxerre et Saint-Etienne dans le club encore
très confidentiel des équipes qui s'engagent contre l'homophobie.
«On ne mérite pas de vivre la
peur au ventre»
Jean-Luc et Michel ont déposé plainte sept fois à la gendarmerie
pour divers incidents et insultes homophobes. Depuis douze ans, ils
disent vivre un cauchemar dans leur village du sud de la France. Ils
souhaitent déménager.
«On est écœurés» lâchent Jean-Luc et Michel. Et pour
cause! Crachats, insultes, menaces de mort, pneus crevés, câbles de
frein arrachés, le couple a tout eu. Mais cette fois, c'est trop! Il y a
quelques jours, quelqu'un s'est attaqué, à coup de peinture, à la façade
de leur maison (photos plus bas). Les deux hommes sont lassés. Pourtant
depuis leur arrivée à La Palme (Aude), en 1998, Jean-Luc et Michel ont
porté plainte à sept reprises à la gendarmerie du coin, sans succès.
«Le côté presque banal de la chose a d'ailleurs fini
par faire que nous ne sommes plus allés à chaque fois chez les
gendarmes, sachant qu'aucune suite ne serait donnée. Nous ne sommes
ressortis avec un PV qu'une seule fois et nous n'avons jamais eu de
nouvelles de cette plainte ni des autres, sûrement passées à la trappe.
Nous avons toujours eu l'impression que les gendarmes prenaient ça à la
légère. Mais cette fois-ci, il semblerait qu'ils aient enfin décidé de
se bouger.»
«La
peur au ventre»
En couple depuis seize ans, les deux quadragénaires ont jusque-là choisi
de faire front: hors de question de se laisser impressionner et de
déménager. Mais aujourd'hui ils hésitent de plus en plus. «Bien sûr que
partir c'est donner raison aux gens qui nous font ça… mais notre vie
compte aussi et il nous paraît désormais impossible de vivre dans ce
village», avoue Jean-Luc, avant d'ajouter: «Quand je travaille et que
Michel est seul à la maison, j'avoue que j'angoisse pour lui. Je ne suis
jamais tranquille. Je crois qu'on ne mérite pas de vivre avec la peur au
ventre.»
Un élan de soutien
Grâce à la parution d'un
article dans le quotidien régional L'Indépendant, les deux
hommes se sentent un peu plus soutenus. «Nous sommes constamment au
téléphone ou sur internet pour répondre aux messages de soutien venus de
partout. Certains nous proposent même de créer des associations ou des
comités de défense des droits, du civisme, etc. Mais même si beaucoup de
gens au village nous ont surpris par leurs témoignages de sympathie,
nous n'avons plus la force de regarder ces gens qui nous ont ignorés
pendant des années et qui se rendent compte seulement maintenant que ça
craint.»
L'écrivain Michèle Causse a
choisi de partir
Une praticienne de l'écriture lesbienne politique majeure
s'en est allée hier, jeudi 29 juillet. Elle a choisi elle-même de
partir. TÊTUE lui rend hommage en rappelant son œuvre.
Née,
sur les Causses du Lot, le 29 juillet 1936 à Martel, Michèle Causse
vient de nous quitter, a annoncé la Coordination lesbienne en France.
Elle a choisi elle-même de partir hier, 29 juillet, auprès de
l'association Dignitas à Zurich et ses cendres seront ultérieurement
dispersées dans le vieux cimetière de Montvalent, au-dessus de la
Dordogne. Elle avait accepté de témoigner en faveur de la mort choisie
dans une émission de la télévision suisse romande Temps présent
qui sera diffusée à l'automne 2010 en Europe.
Monique Wittig fut sa première lectrice
Après avoir obtenu un diplôme de traductrice à l'Université de Paris
(Sorbonne), Michèle Causse a enseigné brièvement en Tunisie, vécu dix
ans à Rome où elle a étudié le chinois et écrit un essai sur la
condition des caméristes-concubines-courtisanes dans les romans Ming
(inédit). Rentrée en France, elle a écrit L'encontre dont
Monique Wittig fut la première lectrice.
Elle a vécu pendant huit ans en Martinique et écrit,
pour le compte du ministère des Droits des femmes, une étude sur la
stratification ethno-sociale des femmes en Martinique, puis dans la même
île, deux ouvrages, Lettres à Omphale, et ( ).
Elle a ensuite brièvement vécu à New York où elle a
rencontré Djuna Barnes, Jill Johnston, Catherine Stimpson, Joan Nestlé,
Kate Millett. En Floride, elle a séjourné pendant un an dans la
communauté de Barbara Deming où elle a pu côtoyer Sonia Johnson
(ex-candidate à la présidence des USA).
Puis elle a émigré au Canada où elle a publié quatre
de ses principaux ouvrages. Rentrée en France, elle a publié Contre
le sexage (Balland, 2003).
Une praticienne lesbienne politique de
l'écriture
Michèle Causse a contribué à faire connaître la culture lesbienne
mondiale en traduisant de l'anglais et de l'italien une trentaine de
romans (Melville, Gertrude Stein, Djuna Barnes, Mary Daly, Silone,
Pavese, Natalia Ginzburg, Alice Ceresa, Luigi Malerba, etc.).
Elle a été professeure invitée à Rome (chaire
d'éducation des adultes), consultante à l'Unesco (département
d'alphabétisation, où elle a utilisé la méthodologie créée par Alice
Ceresa "l'Unité de bibliothèque"), professeure invitée à Montréal à
l'Université Concordia.»
Mais surtout en praticienne lesbienne politique de
l'écriture, elle a écrit une œuvre prolifique, des essais, des fictions,
des nouvelles et poèmes, où elle élabore une lecture et critique
radicales du monde patriarcal ou phallogocentrisme:
«Comment mon texte peut-il entrer dans votre contexte?» demandent
de plus en plus nombreuses certaines «je» mauvais sujets. (...) nous
c'est-à-dire cette pluralité de «je» radicales actives dans la négation
du «on» (homme) qui nous régit et veut nous nier.»
Meurtre de Metz: information
ouverte pour meurtre aggravé
Les éléments à charge s’accumulent contre le jeune marginal de
24 ans mis en examen, hier à Metz, à la suite du meurtre épouvantable
perpétré contre un retraité gay de 72 ans.
Lorsque
les policiers ont réussi à interpeller Stéphane B., mardi 27 juillet à
Metz (lire
article), ils ont pu effectuer des comparaisons avec les traces
trouvées dans l’appartement du retraité gay, dont le corps a été
retrouvé dimanche. Son ADN a été identifié sur les lieux du crime. Les
voisins l'ont également reconnu formellement.
Malgré ces éléments à charge, le jeune homme a
commencé par nier être pour quoi que ce soit dans le meurtre de
Pierre-Edouard Gauthier, assurant être employé de manière occasionnelle
par la victime pour effectuer des tâches ménagères dans l’appartement.
Aveux partiels
Puis il a effectué des aveux partiels. Stéphane Breuer est un marginal
connu pour errer, souvent torse nu, dans le centre ville de Metz. Son
casier judiciaire comporte de nombreuses condamnations pour dégradations
et vols avec violence. Il est décrit comme «émotionnellement instable et
capable de facilement péter les plombs».
Le juge d’instruction à qui il a été présenté jeudi
l’a mis en examen pour meurtre précédé, accompagné ou suivi de viol.
Cette qualification juridique recouvre des sévices perpétrés avec
pénétration, l’objet étant une bouteille. Pour sa défense, le meurtrier
présumé a assuré que la victime lui avait fait subir des violences
sexuelles, et qu’il l’avait alors repoussée violemment. A l’issue de sa
mise en examen, le jeune marginal a été incarcéré.
Stéphane Breuer sera jugé par la cour d’assises de
Moselle une fois l’instruction bouclée. Il risque la réclusion
criminelle à perpétuité.
Traces de lutte
Le corps de Pierre-Edouard Gauthier a été retrouvé dimanche 25 juillet
en position agenouillée, le visage enfoui dans le canapé du salon (lire
article). La victime avait les mains ligotées dans le dos par un
lacet, portait de nombreuses traces de violences sur le visage, sur le
corps, et a subi de dégradants sévices sexuels.
L’autopsie a encore révélé que ce professeur de
mathématique à la retraite, proche du maire de Paris, Bertrand Delanoë,
a été étranglé avec un lacet, la mort remontant à vendredi soir ou
samedi matin. Son appartement de la place Valladier, à Metz, présentait
des traces de lutte et de sang.
Les voisins n’auraient rien entendu, mais ont vu
entrer et sortir de l’appartement un jeune homme blond, de taille
moyenne, dans les heures correspondant à celles du décès de la victime.
Il ne s’agissait pas du garçon avec qui Pierre-Edouard Gauthier vivait
depuis quelque temps, mais d’un autre jeune homme, filmé durant le même
laps de temps par la caméra de surveillance d’un distributeur
automatique du quartier de Pontiffroy, à Metz, en train de retirer 60
euros avec la carte bleue de la victime.
Inquiétudes pour les trans en
prison
Un «avis» du contrôleur général des prisons pointe la situation
préoccupante des trans en milieu carcéral, discriminés et privés de
soins médicaux. L'administration pénitentiaire s'en défend.
Un
article des Inrocks faisait état en février dernier des
discriminations et violences subies par les personnes transsexuelles
incarcérées. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté
(CGLPL), Jean-Marie Delarue, tire la sonnette d’alarme dans un avis
«relatif à la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérés»
paru le 25 juillet au Journal officiel.
François Bès, de l’Observatoire international des prisons (OIP),
salue la démarche: «C’est, à ma connaissance, la seule autorité qui se
soit intéressée au problème à ce jour, à cause du petit nombre de
détenus transsexuels (une dizaine actuellement en France, selon ses
estimations, ndlr), et du rejet ou désintérêt de la société en général.»
Difficultés d'accès aux soins
Saisi par plusieurs détenus transsexuels, le contrôleur des prisons
constate dans cet avis le manque d’«information précise relative aux
modalités de leur prise en charge médicale», les difficultés d’«accès à
l’offre de soins existant hors des établissements pénitentiaires en la
matière» ainsi que «l’absence de principes directeurs»: «Chaque chef
d’établissement pénitentiaire apprécie, au cas par cas, les mesures à
mettre en oeuvre: port de vêtements féminins autorisé ou non,
possibilité de cantiner (ndlr: acheter) des produits de beauté,
affectation en détention normale ou placement à l’isolement…»
S'appuyant sur la législation existante et la jurisprudence, le CGLPL
réaffirme le droit des détenus transsexuels à accéder aux traitements
hormonaux et chirurgicaux nécessaires à leur conversion vers l’autre
sexe.
Brimades et violences
La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, dans son article 46, établit
ainsi que «la qualité et la continuité des soins sont garanties aux
personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont
bénéficie l’ensemble de la population»: «En se basant sur des aspects
légaux, il traite les transsexuels comme des personnes comme les autres,
avec le même droit au respect et à la dignité», se réjouit François Bès.
L’avis insiste également sur la nécessaire modification d’état civil
dès lors que la conversion (avec ou sans ablation des organes génitaux)
est réalisée. Affectés dans des prisons pour hommes ou femmes, qui ne
correspondent pas au sexe désiré, les détenus transsexuels ne
s’intègrent pas et sont victimes de brimades et violences. Changer
d’état civil peut prendre jusqu’à trois ans. Delarue suggère donc:
«L'article D. 248 du code de procédure pénale pourrait alors être
modifié comme suit: «Les hommes et les femmes sont incarcérés dans des
établissements distincts, sauf autorisation motivée par des
circonstances exceptionnelles.»
Intégrité physique
Enfin, il préconise de veiller à l'intégrité physique des trans: «Sans
que cela conduise nécessairement à son placement à l’isolement, et que
celle-ci ne subisse de pressions ou de brimades d’aucune sorte ni
d’aucune autre personne du fait de son projet.»
Au nom du droit à l’intimité et à la vie privée, il estime que «dans
l’enceinte de sa cellule, la personne concernée [doit pouvoir] porter
des vêtements et utiliser des produits d’hygiène et de beauté en
adéquation avec le sexe désiré. Par conséquent, elle doit être en mesure
de cantiner de tels biens et produits.»
«Un avis global auquel se référer» Depuis la
création du CGLPL en 2007, seuls trois « avis » (sur le courrier,
les biens des détenus, puis les trans) ont été rendus publics.
Contrairement aux « recommandations » découlant d’une visite, ils
portent sur des questions transversales. François Bès se félicite de
cette parution: «On a enfin un avis global, auquel pourront se référer
les associations pour faire évoluer la situation des personnes
transsexuelles incarcérées qu’elles soutiennent.»
Selon lui, le CGLP est «une autorité qui en impose». Pourtant,
l’absence de pouvoir contraignant des «avis» et «recommandations»
formulés par le contrôleur avait alimenté les critiques lors de sa
création. Jean-Marie Delarue se défend: «Après chaque visite, je saisis
le ministère concerné, qui est tenu par la loi de m’adresser une
réponse. Localement, l'administration pénitentiaire et la direction des
établissements sont également très à l'écoute.»
Des retours qu’il liste dans son rapport annuel de 2009, au chapitre
5. Le premier «avis», portant sur le courrier des détenus, préconisait
la mise en place de boites aux lettres dans les coursives pour que les
détenus puissent poster eux même leur lettres, sans courir le risque
d’être lus par les surveillants. «Cela n’a pas débouché sur une consigne
générale de l’administration pénitentiaire, mais un certain nombre
d’établissements ont pris sur eux de les installer.»
Bientôt au Struthof, une plaque à
la mémoire des homos déportés
C'est une première. Les déportés pour motif d'homosexualité
auront leur plaque commémorative dans le camp du Struthof, en Alsace.
Les membres de l'association Les Oublié(e)s de la Mémoire se
réjouissent.
Une vue
du camp du Struthof aujourd'hui.
«À la mémoire des victimes de la barbarie nazie, déportées pour motif
d'homosexualité», voilà ce qui figurera désormais sur le mur du Souvenir
de l'ancien camp de concentration nazi de Natzweiler-Struthof, aux côtés
des autres plaques commémoratives. L'aboutissement de plusieurs années
de travail pour les membres de l'association
Les
Oublié(e)s de la Mémoire.
«Nous sommes forcément contents car cela fait près de 4 ans que nous
travaillons sur ce projet. Pour la première fois l'ensemble des déportés
homosexuels aura une reconnaissance dans la pierre, c'est un événement
historique», nous confie Philippe Couillet, le président de
l'association.
L'inauguration de cette plaque aura lieu le 25 septembre prochain, et
sera ouverte à tous ceux qui souhaite participer.
A noter enfin que pour financer la
cérémonie ainsi que la fabrication de la plaque commémorative, Les
Oublié(e)s de la Mémoire font appel aux dons. Vous pouvez donc
exprimer votre soutien à partir de 10 euros. Pour plus de
renseignements, cliquez
ici.
Droit d’asile: quatre pays
retirés des «pays sûrs»
Petite bonne nouvelle pour les demandeurs d'asile provenant
d'Arménie, de Madagascar, de Turquie et du Mali: leurs demandes ne
seront plus jugées avec un a priori négatif, car ces pays ne sont plus
jugés sans risques.
Les
homosexuels en provenance d'Arménie, de Madagascar, de Turquie et du
Mali ont désormais (un peu) plus de chances d’obtenir l'asile. Le 23
juillet, le Conseil d'État a en effet rayé ces pays de la liste des
«pays sûrs» – pays que la France considère comme assurant le «respect
des principes de liberté, de la démocratie et de l'état de droit, ainsi
que des droits de l'homme et des libertés fondamentales».
Un soulagement pour les ressortissants de ces quatre
pays, car «l'inscription d'un pays sur la liste accélère l’examen des
demandes d’asile des personnes concernées (15 jours au lieu de 118 en
moyenne) et autorise les préfets à les renvoyer dans leur pays, avant
même une éventuelle décision en appel de la Cour nationale du droit
d'asile sur leur demande», dénoncent dans un communiqué Amnesty
International France, le Gisti, la Cimade, Acat-France et Association
des avocats ELENA France, qui, avec d’autres associations, sont à
l’origine de la décision du Conseil d’État.
Les pays «sûrs» ne le sont pas pour les LGBT
Mais c'est toute la notion de pays «sûr» que les associations souhaitent
remettre en question. «Pour nous, chaque demande doit être vue au cas
par cas, souligne Mathilde Chevalier, membre de la Commission LGBT
d'Amnesty International France. La notion de "pays sûr" est totalement
contraire aux conventions internationales qui régissent le droit
d'asile.» D'autant que la liste est jugée discriminatoire, opaque et
politiquement motivée.
En outre, les pays qui figurent toujours sur la
liste… ne sont pas réellement «sûrs», notamment pour les LGBT. Le Bénin,
le Ghana, le Sénégal et la Tanzanie pénalisent l'homosexualité, tandis
qu'à Maurice la sodomie est interdite mais pas les relations amoureuses
gays et lesbiennes (lire
article). Dans les autres pays de la liste (la Bosnie-Herzégovine,
le Cap-Vert, la Croatie, l'Inde, la Macédoine, la Mongolie, la Serbie,
l'Ukraine), la prudence demeure la règle malgré l'absence de loi
répressive…
Peut-on espérer que les États disposant d'une loi homophobe soient
retirés de la liste? À l'Ofpra, l'office qui examine la situation des
demandeurs d'asile, on nous explique qu'un tel projet n'est pas à
l'ordre du jour.
Californie: la prop 8 qui empêche
le mariage des homos est jugée «anticonstitutionnelle»
Renversement de situation: la cour fédérale de San Francisco
vient de désavouer la «prop 8» adoptée par référendum en 2008. Une
grande victoire pour les homos californiens, même si un appel est
probable, et même assez dangereux.
C'est
une décision qui relance de plus belle le combat pour le mariage des
homos en Californie. La cour fédérale de San Francisco (photo) a en
effet estimé mercredi que l'interdiction du mariage des couples de même
sexe dans cet Etat, entérinée par référendum en 2008, était
«anticonstitutionnelle», une victoire immense pour les défenseurs des
droits des gays.
Huit mois de débats retentissants
Le juge Vaughn Walker a fait connaître sa décision huit mois après les
premières audiences d'un procès retentissant, qui a opposé pendant
plusieurs semaines défenseurs et opposants acharnés des unions gays.
Retour sur les faits: la plainte avait été déposée par un couple de
lesbiennes contestant la Proposition 8, dont l'adoption en novembre 2008
par 52% des Californiens avait annulé la décision de la Cour suprême de
l'Etat, quelques mois plus tôt, d'autoriser les mariages des couples de
même sexe en Californie.
La décision de la Cour suprême de Californie avait
incité des milliers de couples gays et lesbiens à se passer la bague au
doigt. Mais la «Prop 8» avait amendé la Constitution de l'Etat en
statuant que «seul le mariage entre un homme et une femme est valide et
reconnu par l'Etat de Californie». Les mariages déjà célébrés avaient
cependant été validés.
Les opposants à la Proposition 8 affirmaient qu'elle est discriminatoire
envers les homosexuels, et donc contraire à la Constitution américaine.
Ses défenseurs faisaient valoir de leur côté que les électeurs
californiens se sont exprimés et que rien ne devrait autoriser à
remettre en cause leur décision.
Le procès à San Francisco a été l'occasion pour les
parties de faire assaut d'arguments contradictoires, notamment sur la
question de la procréation. Charles Cooper, l'un des avocats des
défenseurs de la Proposition 8, avait notamment assuré que «le but de
l'institution du mariage, son but essentiel, est de permettre la
procréation, et de canaliser l'activité sexuelle procréative dans le
cadre d'unions stables et durables».
Appel attendu
Ce à quoi une experte, Nancy Cott, avait répondu que des individus ayant
passé l'âge d'avoir des enfants, de même que des femmes stériles,
pouvaient se marier sans problème, ajoutant que personne n'avait jamais
songé à refuser à George Washington, premier président des Etats-Unis,
notoirement stérile, le droit de se marier.
Ce couple de lesbienne offre donc une grand victoire
aux homos californiens, même si tout le monde s'attend à ce que la
décision soit l'objet d'un appel, avant d'atterrir en bout de course sur
le bureau de la Cour suprême des Etats-Unis. Une issue risquée, car une
décision de la Cour suprême scellerait le sort des unions homosexuelles
sur l'ensemble du territoire américain, sans possibilité de recours pour
l'une ou l'autre des parties. Il s'agirait donc d'une sorte de va-tout
juridique, et plusieurs associations LGBT avait lancé des mises en garde
quand la procédure engagée par les deux femmes avait été connue. Malgré
cette décision positive, la partie est donc loin d'être gagnée.
JUILLET
Metz: un retraité gay étranglé
avec un lacet
Crime homophobe ou geste crapuleux? Le jeune homme qui
habitait avec la victime est recherché pour être interrogé.
Le
corps de Pierre-Edouard Gauthier, 72 ans, était en position agenouillée,
le visage enfoui dans le canapé de son salon, lorsqu'il a été découvert
dans son appartement du troisième étage d’un immeuble moderne, place
Valladier à Metz. La victime avait les mains ligotées dans le dos par un
lacet, et portait de nombreuses traces de violences sur le visage.
Le procureur de Metz n’a pas confirmé, «par respect
pour la victime», si des sévices sexuels ont été perpétrés contre cet
enseignant à la retraite, honorablement connu dans son paisible quartier
de Pontiffroy, à Metz, où il vivait sans dissimuler son homosexualité.
Un ami de Bertrand Delanoë
Pierre-Edouard Gauthier avait exercé comme professeur de mathématique
dans deux lycées de la ville, Fabert et Georges-de-la-Tour. Ce proche de
Bertrand Delanoé était considéré comme «un monsieur sympathique, un
homme calme, discret, qui avait toujours un mot gentil. On savait qu’il
était homosexuel, mais c’est tout», témoigne une voisine qui le croisait
de temps en temps quand il partait faire son footing.
Le corps de Pierre-Edouard Gauthier a été découvert
dimanche 25 juillet à 13h30 par les pompiers, alertés par un ami inquiet
de ne pas avoir de réponse depuis plusieurs heures. L’autopsie réalisée
lundi a révélé que le septuagénaire est mort par strangulation, avec un
lien. Un autre lacet, qui pourrait être l’arme du crime, a été retrouvé
sur lui.
Son amant recherché
Son appartement présentait un désordre évident, avec des traces de
lutte, et de sang. Les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse, crime
crapuleux, ou geste homophobe. Ils s’efforcent de reconstituer l’emploi
du temps du septuagénaire, qui serait décédé 36 à 48 heures avant la
macabre découverte, selon les résultats de l’autopsie.
Pierre-Edouard Gauthier habitait semble-t-il avec un jeune homme, qui
n’était pas présent dimanche et lundi dans la résidence. Les enquêteurs
le recherchent activement pour l'interroger.
Cinéma lesbien cherche
distributeur français
ENQUÊTE. En France, les films lesbiens restent plus
difficilement distribués dans les salles obscures que les films gays.
Pourquoi? Peu soutenus par les médias, ils souffriraient d'un casting
d'inconnues et n'auraient pas suffisamment de public...Têtue s'est
penchée sur la question.
Les
films avec des héroïnes lesbiennes gagnent en visibilité. De nombreuses
productions sont téléchargeables sur Internet ou projetées lors de
manifestations culturelles, dont Cineffable, le Festival international
du film lesbien et féministe de Paris. Epicentre Films, BQHL, Outplay ou
encore Optimale distribuent quelques DVD d'«histoires lesbiennes» aux
Fnac et autres Virgin. Pourtant, beaucoup de films lesbiens sortent
difficilement dans les salles, et ceux qui y arrivent font figure
d'exception (Gazon Maudit, Mulholland Drive...) avaient d'abord
trouvé la lumière dans les salles obscures. C’est le cas de Bandaged
(2009), un thriller érotique de la réalisatrice américaine Maria Beatty
projeté dans les cinémas des Etats-Unis et d’Allemagne – mais uniquement
sorti en DVD en France, ainsi qu'en Belgique et en Suisse. Même sort
pour I Can't Think Straight (2007) et The World Unseen
(2008), de la Britannique Shamim Sarif (photo au-dessus). Tous trois ont
été bien accueillis à l'étranger. Le dernier, où deux Indiennes vivent
une romance dans une Afrique du Sud en plein Apartheid, a même été primé
à 23 reprises.
Prenons The World Unseen par exemple. Pourquoi son succès ne
séduit-il pas les distributeurs hexagonaux? Le contexte épique et
l'histoire d'amour entre deux femmes créeraient un blocage. «Lors du
festival de Cannes, très peu de distributeurs ont fait des offres en
dehors des distributeurs gays, qui ne pouvaient pas assurer une
diffusion au cinéma à cause des coûts», regrette Hanan Kattan, compagne
de Shamim Sarif et productrice du film.
Les
films lesbiens, peu soutenus par les médias, contrairement aux films
gays
Cynthia Pinet, notamment en charge de la promotion de The World
Unseen, accuse: «Les films lesbiens ne sont pas soutenus par les
médias, ce qui joue beaucoup sur leur notoriété et leur diffusion». Et
de souligner la différence de traitement entre les «films lesbiens» et
les «films gays» - ces derniers étant jugés comme «plus vendeurs».
Bandaged de Maria Beatty
«C'est difficile de vendre un film quel qu'il soit,
tranche Valérie Minetto, réalisatrice d'Oublier Cheyenne. Ça
n'a rien à avoir avec le fait que le film soit "lesbien". Et d'ailleurs,
qu'est-ce ça veut dire film "lesbien"? Le problème est économique: les
distributeurs essayent de se faire le plus d'argent possible en faisant
le moins d'effort. Alors il y a de très bons films qui restent dans les
tiroirs.»
Les films d'auteurs souffrent de la crise
Et la crise n'a rien arrangé. Plus que jamais, «les
distributeurs et les exploitants préfèrent mobiliser deux copies d'un
même film dans certains cinémas pour sortir de grosses productions
américaines et rentabiliser leur investissement, plutôt que de laisser
une chance à des films d'auteurs», résume Cynthia Pinet.
Les «films lesbiens» sont-ils particulièrement lésés? «Il y a de bonnes
et de mauvaises histoires, c'est tout, observe Marion Tharaud,
directrice marketing à Haut et Court, distributeur de La Naissance
des pieuvres (2007) et de Two Girls in Love (1996). Quand
on s'engage sur des films, [la thématique lesbienne] n'est absolument
pas un frein. Mais c'est vrai que, par rapport au public, c'est moins
passé dans le quotidien, contrairement à l'homosexualité masculine.»
Des
distributeurs français qui restent frileux et craignent l'absence du
public
Certains distributeurs se montreraient donc frileux, craignant de
braquer les spectateurs. Clothilde Hanoteau, membre de Cineffable,
renchérit: «Quand il s'agit d'un sujet vraiment lesbien, ceux qui
produisent ou subventionnent pensent que ça n'intéresse personne, qu'il
n'y a pas de public.» Surtout lorsque le réalisateur, le producteur et
les acteurs du film sont peu connus... Oublier Cheyenne de Valérie
Minetto
L'engouement pour la série The L Word
changera-t-il la donne? Clothilde Hanoteau veut y croire. En revanche,
Cynthia Pinet est réservée. «Après The L Word, commente-t-elle, tous les
producteurs ont trouvé intéressant d'intégrer un personnage lesbien dans
leur série, comme Grey's Anatomy ou Desperate Housewises.
Mais où sont les films lesbiens? Dans les festivals... C'est dommage. Et
il n'est pas là question de faire du militantisme, mais simplement de
montrer que les héros d'une série policière, d'une histoire d'amour,
d'un thriller, peuvent être un homme et une femme, ou deux hommes ou
deux femmes... sans que cela n'enlève rien à l'intrigue ou à la qualité
du film.»
Retraites: toujours pas de
pension de réversion pour les pacsés
Dans le cadre de la réformes des retraites, les députés de la
majorité se sont opposés à l'extension des bénéfices de la pension de
réversion pour les couples pacsés. Suscitant une triste bagarre digne de
celle de la création du pacs…
A l'âge de la retraite, au décès de votre conjoint
pacsé, vous trouveriez normal, afin de ne pas trop déstabiliser votre
train de vie, de pouvoir continuer à toucher sa retraite (la «pension de
réversion») comme le font les couples mariés? Les députés de la
majorité, eux, ne sont pas d'accord.
Car en plein examen de la réforme des retraites, la
commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a rejeté,
hier, un amendement qui aurait enfin pu le permettre. Martine Billard
(Parti de gauche) et d'autres députés du Front de gauche, avaient en
effet déposé un amendement destiné à étendre le bénéfice de la pension
de réversion aux couples pacsés, sur le modèle des couples mariés.
Promesses
de campagne
Cet amendement a été rejeté en commission «sous prétexte», a fait valoir
Mme Billard (photo ci-contre) dans un communiqué, que «le pacs
n'entraîne pas la même obligation alimentaire que le mariage».
La députée a affirmé que cette extension était une
promesse de Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Plus
précisément, l'ex-futur président de la République avait promis
l'alignement du régime des gays et lesbiennes veufs dans le cadre de la
création d'une «union civile» pour les couples homosexuels,
comme il le déclarait dans une interview à TÊTU. Une union civile
qui n'a jamais vu le jour.
Vifs échanges
Cet vote a donné lieu à de vifs échanges, sorte de réveil de la guerre
du pacs, douze ans après son adoption. «Vous avez fait un trait
d'égalité entre le pacs et l'homosexualité!», s'est insurgée Mme
Billard, dans les couloirs de l'Assemblée, à l'adresse de l'UMP.
«On montre à nos concitoyens que nous sommes attachés
aux pensions de réversion, que vous voulez fragiliser dans une logique
précaire. Je constate que vous êtes d'accord avec Mme Parisot (Medef),
qui disait que l'amour comme le travail, c'était aujourd'hui précaire et
fragile», lui a répondu Hervé Mariton (UMP).
Martine Billard: «Je me suis toujours battue pour que
le travail soit stable! (…) L'amour, ce n'est pas le mariage qui
garantit sa stabilité. Cela se saurait!»
«Cette lâcheté à
refuser toutes nouvelles améliorations en faveur du pacs montre le peu
d’intérêt de la majorité envers l'avancée des droits.» L'Inter-LGBT
«L'UMP est sortie du bois»
«Au moins, le débat cette fois-ci a permis de faire sortir l'UMP du bois
tout comme le gouvernement, écrit Martine Billard
sur son blog.
L'inconscient d'Hervé Mariton a parlé pour lui.» Elle s'explique les
arguments de la majorité: «Parmi ses arguments contre: pas question de
donner les mêmes droits sous prétexte de ne pas discriminer sur la base
de l'orientation sexuelle. Ainsi pour Mariton, le pacs, c'est pour les
personnes de même sexe. Il est en plus en retard d'une réalité: ce sont
massivement les hétérosexuels qui sont pacsés. Ensuite, il ose expliquer
que le mariage a une vocation de stabilité et non le pacs, comme s'il
n'y avait pas de divorce après quelques mois ou années de mariage.»
L'Inter-LGBT partage son analyse et rappelle que la Mission
d'évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS),
le Conseil d'orientation des retraites, la Halde et le médiateur de la
République (lire
article) se sont déjà exprimés pour l'alignement du régime de la
pension de réversion, du pacs sur celui du mariage. «Les signes de
rupture sont de plus en plus manifestes avec les LGBT,
écrit l'interassociative. Cette lâcheté à refuser toutes nouvelles
améliorations en faveur du pacs montre le peu d’intérêt de la majorité
envers l'avancée des droits. Le président de la République ne se donne
plus les moyens de convaincre et affiche une certaine hostilité face aux
revendications portées par les couples de même sexe.»
Cambrai: du vandalisme sur fond
d'homophobie?
Dans cette ville du Nord malheureusement habituée aux faits
divers sur fond d'homophobie, la vitrine d'un coiffeur gay a été
vandalisée ce week-end. «Je ne baisserai pas les bras», confie-t-il à
TÊTU.
Quatre
salons de coiffure ornent la rue des Chaudronniers, au centre-ville de
Cambrai (Nord). Pourtant, c'est la vitrine de Sedryck Fontaine, un
artisan coiffeur ouvertement gay, que les vandales ont choisi de
démolir, dans la nuit de samedi 17 juillet à dimanche. La Voix du
Nord
note pourtant que ce salon est le seul de la rue à disposer d'un
dispositif de sécurité avancé…
Dans les décombres de la vitrine, les policiers ont
trouvé des insultes homophobes. Sedryck Fontaine a d'ores et déjà porté
plainte contre X, avec le soutien du
Collectif contre
l'homophobie. La police, quant à elle, préfère rester discrète et ne
pas se prononcer quant aux motivations des vandales.
«Plus on m'emmerde, plus je vais me montrer!» Interrogé par TÊTU, le propriétaire du salon ne compte pas se
laisser abattre, pour lui, assumer c'est déjà gagner une bataille. «Je
dérange, un pédé qui gagne bien sa vie, qui a une belle voiture et une
belle clientèle qui le soutient évidemment ça énerve! Mais je suis un
battant, plus on m'emmerde et plus je vais me montrer, crier fort!»
Pourtant, ce n'est pas la première fois que Sedryck
Fontaine est victime d'homophobie dans sa ville. Entre lassitude,
mépris et incompréhension, il explique qu'il commence à peine à prendre
ses marques à Cambrai. «J'ai déjà eu mes volets tagués, ma voiture
démolie avec des messages homophobes sur le capot, et encore ce matin,
j'ai eu un coup de téléphone qui me disait "petite tapette, on va
démolir ta vitrine une deuxième fois". Je suis ici depuis dix ans
et ça fait dix ans que ça dure. On est en 2010, y'en a marre! Foutez la
paix aux homos.»
«Cette fois c'est différent»
Les services de police se sont rendus plusieurs fois sur place depuis
l'infraction, un investissement que salue l'artisan coiffeur, qui
constate que «cette fois c'est différent. Peut-être parce que je ne
ferme pas ma gueule!» déclare-t-il, avant d'ajouter: «J'en connais trop
qui baissent les bras, et je vois régulièrement des mecs se faire
courser avec des battes de base-ball. Moi je cours après ceux qui
tiennent les battes!»
Ce fait divers n'est pas le premier à Cambrai. On se
souvient du meurtre d'un sexagénaire, en 2008, pour lequel deux hommes
avaient été condamnés (lire
article). Et ce n'est pas tout, nous informe Hussein Bourgi, le
président du Collectif contre l'homophobie: «Notre association est hélas
connue à Cambrai. Nous étions partie civile aux assises de Douai en
décembre dernier suite à ce meurtre homophobe, et nous le sommes encore
dans plusieurs procès à venir dans le Nord.»
GayLib et le parti de Christine
Boutin à couteaux tirés après la défaite de Rambouillet
Dimanche, le parti de Christine Boutin perdait son fief des
Yvelines. Une défaite dont a profité GayLib pour demander à l'UMP de
ne plus présenter de candidats estampillés Boutin. Retour sur une
semaine de tensions et de noms d'oiseau dans la majorité.
La
guerre est déclarée entre GayLib, mouvement homo associé à l'UMP, et
le Parti Chrétien Démocrate (PCD) de Christine Boutin. Tout a commencé
dimanche, quand Jean-Frédéric Poisson, candidat PCD qui représentait
l'UMP, a perdu la législative partielle de Rambouillet dans les
Yvelines, et vu les Verts s'emparer du fief historique de Christine
Boutin.
«Des valeurs qui ne sont plus en phase avec la société»
Aussitôt, GayLib a surfé sur cette défaite historique et dégainé un
communiqué assassin. Le mouvement homo expliquait que ce «résultat
démontre une fois de plus que les candidats portants des valeurs en
contradiction avec la philosophie libérale qui a fondé l'UMP mènent
notre famille politique à la défaite». Il estime que «le PCD est arc
bouté sur des valeurs d'exclusion qui ne sont plus en phase avec la
société française» et «appelle solennellement l'UMP à se ressaisir et
ne plus soutenir des candidats prônant l'exclusion des familles
homoparentales et la négation de l'homosexualité comme mode de vie
digne et ayant toute sa place dans notre société.»
Emmanuel Blanc, président de GayLib, insiste et persifle: «Si même
dans les Yvelines ils arrivent à perdre, imaginez s'ils se présentent
ailleurs. Les candidats du PCD ne peuvent plus représenter l'UMP dans
son ensemble.»
«Le libéralisme libertaire amène l'anarchie»
Immédiatement, les jeunes du PCD ont répliqué avec un communiqué
musclé. Pour eux, la défaite de leur candidat est liée à «la division
de la majorité» et aux affaires. Ils estiment que le ton de GayLib est
«indigne d'un mouvement associé à la majorité», et invitent leur rival
«à rejoindre Jean-Luc Roméro chez Jean-Paul Huchon». Maxence Poumaere,
président des Jeunes du PCD, joue maintenant l'apaisement : «On ne
veut pas que GayLib quitte l'UMP mais nous n'avons pas compris leurs
attaques. C'est dommage de se diviser dans un moment de faiblesse
pour la majorité. Nous, nous acceptons toujours de débattre, sans
attaquer personne.» Et il déplore au passage que Christine Boutin soit
si «souvent pointée du doigt.»
Puis il revient à ses fondamentaux et admet qu'il y a «une
contradiction profonde» entre GayLib et le PCD. «La philosophie
libérale invoquée par Gaylib n'est autre que le libéralisme libertaire
qui amène à l'anarchie. Nous voulons protéger la famille et les droits
des enfants. Nos valeurs ne sont pas d'un autre temps, au contraire,
elles sont avant-gardistes», explique-t-il.
Christine Boutin avant-dernière
Pour lui, ce sont ses valeurs qui sont en phase avec celles de l'UMP
et son parti est légitime pour représenter la majorité : «Nicolas
Sarkozy a été élu en voulant liquider la philosophie libertaire
soixantehuitarde. Il défend l'institution du mariage et n'a jamais
promis d'accorder le droit au mariage ou à l'adoption pour les couples
homosexuels. L'UMP n'acceptera jamais.»
Emmanuel Blanc reste persuadé que «la majorité est plus ouverte que
ça» et conteste toute légitimité au PCD : «Ce parti ne représente que
lui-même. C'est un lobby très actif mais son écho médiatique est
disproportionné par rapport à son poids politique réel.» Et pour le
prouver, il rappelle à l'envi la déroute de Christine Boutin à la
présidentielle de 2002 : elle avait alors rassemblé 1,19% des voix et
fini avant-dernière...
Carnet rose: Franck et Yannick,
les premiers pacsés en mairie de Cannes
Ce couple de garçons a inauguré la nouvelle disposition qui
permet de célébrer son pacs à la mairie de Cannes. Pour eux, c'est
aussi un petit geste militant.
Ce n'est pas le mariage comme en Argentine... Mais
quatre mois après l'instauration de cette disposition à Cannes, un
couple de garçons vient d'inaugurer les célébrations de Pacs en
mairie. A 46 et 45 ans, Yannick Jakob (ci-dessus à gauche) et Franck
Valmage (à droite) tenaient à bénéficier de cette opportunité «pour
marquer le coup et faire la fête avec la famille et les amis». Tout de
blanc vêtus «pour ne pas faire de différence entre nous», les deux
hommes ont accepté que la presse assiste à la cérémonie «pour faire
avancer les choses et les mentalités. C'est un acte de militantisme à
notre modeste échelle.»
Lapsus de la conseillère municipale
Après quinze années de vie commune, les deux garçons ne sont pas des
inconnus dans la communauté gay. Ils tiennent depuis sept ans, le
Domino, un resto du vieux Cannes où pavoise le Rainbow flag. La
cérémonie restera gravée dans leurs mémoires. «On a beau dire mais
c'est émouvant, souligne Yannick. Comme si c'était un mariage!»
C'était manifestement aussi le sentiment de Nadia Moussalem
(ci-dessous), la conseillère municipale UMP qui a, dans un lapsus
révélateur, trouvé «très sympathique ce mariage».
Pourtant pour en arriver jusqu'à elle, Franck a dû
s'armer de patience : «Quand je me suis renseigné pour la cérémonie,
certains employés en mairie ne savaient même pas que c'était possible.
Ils ne savaient pas comment faire, mais finalement l'accueil a été
impeccable.» Et cela n'a pas empêché les garçons de faire la fête
pendant trois jours.
Sondage: les Français de plus
en plus favorables à l'adoption et au mariage pour les homos
Les choses bougent dans les décisions de justice et les
pays étrangers. Un sondage du Crédoc fait le point sur les derniers
tabous des Français.
Une
décision de justice qui ouvre une brèche vers l'adoption par les
couples homos (lire
article), l'ouverture du mariage en débat au Luxembourg et en
Argentine... En France, l'opinion est-elle prête à franchir le pas?
Proportion en hausse
Selon un
sondage du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des
conditions de vie (Crédoc), près de la moitié des Français (48%) se
disent favorables à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels.
Chaque année, 2.000 personnes (échantillon représentatif des adultes
vivant en France, méthode des quotas) sont interrogées dans le cadre
de l'enquête «Conditions de vie et aspirations».
En novembre dernier, un sondage BVA réalisé pour Canal+ était plus
optimiste: 57% des Français se disait favorables à l'adoption (lire
article). Peut-être à cause des énoncés des questions: pour BVA,
il fallait dire explicitement si l'on était favorable ou opposé à
l'adoption par les couples homos. Pour le Crédoc, il s'agit de dire si
l'on partage un certain nombre d'opinions, dont celle-ci: «Deux
personnes de même sexe devraient pouvoir adopter un enfant».
Quoi qu'il en soit, la proportion favorable dans le sondage du
Crédoc est en hausse constante ces dernières années: elle n'était que
de 40% en 2007, en 2009, elle était de 44%.
Pour l'union civile également
Parallèlement, 61% des personnes interrogées se disent en faveur d'une
union civile à la mairie des couples de même sexe, contre 60% l'an
dernier et 55% en 2007. A noter que le terme «mariage» n'est pas
mentionné, mais il n'est pas dit non plus que cette union s'en
différencierait.
Si les 18-39 ans sont toujours aussi favorables au mariage
homosexuel (autour des trois-quarts), les plus âgés s'y déclarent en
2010 bien plus favorables qu'en 2007. Ainsi, les 40-59 ans sont
désormais à 67% pour (55% en 2007) et les 60-69 ans à 48% (37% en
2007). L'idée fait même son chemin chez les «70 ans et plus», avec 27%
pour en 2010 (21% en 2007).
Abandon de certitudes»
Pour le Crédoc, «ces changements s'inscrivent dans un mouvement
d'abandon de certaines attitudes traditionalistes: l'idée que le
mariage est une union indissoluble perd régulièrement du terrain
depuis trente ans».
Sur l'homoparentalité, ce sont les 40-60 ans qui ont le plus changé
d'avis: 40% y étaient favorables en 2007, alors qu'ils sont 51%
aujourd'hui.
VIH: le dépistage rapide
devrait se développer
L’accès au dépistage pour tous est l’un des enjeux majeurs
discutés à la conférence internationale sur le sida à Vienne. En
France, le projet de dépistage communautaire non médicalisé Com'Test a
présenté des résultats intéressants pour les gays.
De notre envoyée spéciale à la conférence sur le sida à Vienne
Quel
est ce projet ? L’agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) avait
décidé, en novembre 2008, de lancer une expérimentation de dépistage
rapide, hors centres de soins, à visée de la population gay. L’essai a
eu lieu à Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris, dans les locaux de
Aides ou d’associations LGBT partenaires. Les dépistages ont été
réalisés avec un test rapide: une simple goutte de sang prélevée au
bout du doigt et le résultat est disponible en une demi-heure. «Le
test a une fiabilité de 97% à deux mois. C’est très légèrement
inférieur aux tests classiques, mais ça reste fiable et ce type
d’approche permet de toucher beaucoup plus de monde», explique
Jean-Marie Legall, de Aides, conseiller scientifique sur Com'Test.
Quels résultats ? Un tiers des personnes qui se sont présentées n’avaient pas
fait de tests depuis au moins deux ans. Le mauvais accueil dans les
centres traditionnels leur paraissait décourageant. «Nous avons pu
faire intégrer la pratique du dépistage, 9% de ces personnes sont
mêmes revenues plusieurs fois», constate Jean-Marie Legall. Point
important, les dépistés positifs au VIH l’étaient à un stade moins
avancé que dans les centres médicalisés. Ce résultat, sur un
échantillon aussi petit, n’a pas de valeur statistique, mais il montre
l’intérêt de ce dépistage communautaire: il est plus facile d’être
traité avec succès quand on est dépisté tôt.
Quelle sera la suite ? Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a annoncé à Vienne
son intention de «banaliser» le dépistage du sida en multipliant les
tests réalisés par des non-professionnels de santé. Dix centres de
«santé sexuelle» pourraient ainsi ouvrir dès 2011, à l’instar du
centre parisien Le 190,
un vrai succès (lire
article). Pour autant, Aides attend encore des moyens des agences
régionales de santé. «Nous voudrions développer de l’outreach,
aller dans les saunas, les bars», milite Jean-Marie Legall. Pour
Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, les blocages subsistent
encore chez les médecins et les biologistes, «on touche à un dogme.
Les biologistes vont continuer à faire du lobbying pour un examen
complémentaire.»
Sex on the beach: cinq erreurs
à oublier
Si l'été est la saison du plaisir, il s'agit de ne pas
commettre des erreurs qui pourraient gâcher de beaux souvenirs… Le
point sur cinq des erreurs les plus courantes concernant la
prévention.
Comme des jeunes filles qui croient qu'on ne tombe pas enceinte la
première fois, les gays entretiennent des mythes qui les exposent à
des saloperies dont on se passerait bien. Voici quelques vérités qu'il
est toujours bon de rappeler, à mémoriser avant de sortir la serviette
et les tongs!
La circoncision me protège.
Non, ça ne remplace pas une capote. Ensuite, le professeur Lantieri
ne greffe pas de gland en latex, Le Parisien aurait eu
l'exclu et on l'aurait su.
Je suis actif, c'est plus safe.
Ah bon… Mais connais-tu le nombre d'actifs qui croyaient cette
connerie et qui sont devenus séropositifs? Le virus du sida, comme
nombre d'infections sexuellement transmissibles, se transmet de
muqueuses à muqueuses. Prendre ou se faire prendre sans capote peut
suffire, même une fois.
L'estomac détruit les virus
Et depuis quand? Contrairement à ce que racontent quelques clowns,
avaler le sperme multiplie vraiment les risques. De la bouche à
l'estomac, il y a un max de portes d'entrées pour un tas de virus.
Moi, je fais confiance.
Ben faut pas. C'est en faisant confiance qu'un tas de garçons
confiants sont devenus séropos. Et puis c'est pas la mer à boire, un
tas de gens baisent sous latex et prennent leur pied comme ça.
Le sida, c'est un truc de vieux.
Et non. Sur les 7.000 nouveaux contaminés chaque année, il y a des
jeunes gays. Le virus ne fait pas la différence. Barrez-lui la route.
VIH: répondez à une enquête
sur le dépistage
Vous avez plus de 16 ans et vous ne connaissez pas votre
statut sérologique? Répondez au questionnaire de Sida Info Service
Aller
faire un test de dépistage n'est pas un geste facile. Après un prise
de risque, tout le monde n'a pas forcément le courage d'accomplir
une telle démarche et l'angoisse qui accompagne les résultats peut
être lourde. Sida Info Service a donc décidé d'étudier les usages
français du dépistage du virus du sida.
En ligne jusqu'au 26 juillet
L'objectif affiché par l'observatoire est d'obtenir un millier de
réponses. L'idée, c'est aussi d'observer la façon dont les gays se
font dépister (ou pas) pour les autres infections sexuellement
transmissibles, qui sont en nette augmentation. Ce questionnaire,
disponible
à cette adresse, prend un peu plus de cinq minutes. Il comporte
plusieurs questions dites «ouvertes» qui vous laissent la
possibilité de vous exprimer en détails. Dépêchez-vous, il ne reste
en ligne que dix jours, jusqu'au 26 juillet!
Sorties DVD: Trois films
fantastiques... et gays
Quelle sera votre préférence: une adaptation de Shakespeare,
de Poe, ou de Lovecraft? Vous avez le choix, avec cette sélection de
trois films fantastiques tout juste sortis en DVD.
WERE THE WORLD MINE
S'inspirant du Songe d'une nuit d'été de
Shakespeare, ce conte musical, une rareté dans la cinématographie gay,
joue sur la féérie. Timothy, un jeune gay candide, découvre la recette
d'une potion magique qui lui permet de rendre les gens amoureux… et
homo! Cocktail très anglo-saxon entre comédie musicale, film et
théâtre, Were the World Mine assume ses décalages et même sa
candeur. Ce premier film du réalisateur Tom Gustafson a été un
triomphe dans le circuit festivalier, gagnant plus de vingt prix à
travers le monde.
Were The World Mine - 19,99 € - Outplay
LA CHUTE DE LA MAISON USHER
Pur produit du cinéaste David DeCoteau (un
cocktail de très jolis garçons dans une atmosphère néo fantastique où tout
le monde se retrouve, à un moment ou à une autre, nu…), ce film est en
réalité inspiré d'une nouvelle frissonnante et gothique de Edgar Allan
Poe. Une nouvelle qui a connu de nombreuses versions cinématographiques,
dont une célèbre avec l'acteur phare du genre, Vincent Price, en 1960. Là,
on frissonne et on se rince l'oeil gentiment dans cette histoire de maison
hantée où les acteurs sont aussi sexys… que pas très doués!
La chute de la maison Usher - 19,99€ - Optimale
CTHULHU
Drôle de titre pour drôle de film. Tiré d'une nouvelle de H.P.
Lovecraft, ce thriller d'épouvante tranche dans le registre gay. On y suit
l'histoire d'un prof venu exécuter les dernières volontés testamentaires
de sa mère, et qui va découvrir un drôle de culte… Tourné dans les décors
quasi-fantastiques de l'Oregon, avec un casting improbable (Tori Spelling!),
on sourit à ce festival un brin gore et très anti-religieux. Bizarre et
même un peu kitsch.
CTHULHU - 19,99€ - Optimale
Suède: Des lesbiennes
discriminées par leur banque
Elles souhaitaient acheter un appartement ensemble, mais la
banque a refusé de leur octroyer un prêt. La raison? Leur «situation
personnelle»! Les deux femmes pourraient porter plainte.
Sara Evaldsson 29 ans et Maria Engström 31ans,
vivaient séparément depuis trop longtemps. C'est donc tout naturellement
que les deux femmes ont décidé d'emménager ensemble à Västerås (comté de
Västmanland) en Suède. Seulement voilà, après avoir demandé un crédit à
leur banque pour un appartement de deux chambres, le couple est reparti
bredouille.
«La femme à la banque était très méprisante. Nous
allions acheter l'appartement à un bon prix et nous savions que c'était
une bonne affaire. Nous avions toutes sortes de papiers avec nous, mais
elle n'était pas intéressée», a déclaré Maria dans le journal suédois
The
Local.
«Vous devriez revoir votre situation
personnelle»
L'employée de la banque en question a d'abord estimé
que le prêt (d'une valeur de 55.000 euros ) était «beaucoup d'argent» et
a insisté pour qu'un dépôt de dix pour cent soit versé par les deux
jeunes femmes. Mais lorsque le couple a contesté cette décision, elle
leur a répondu: «Vous devriez revoir votre situation personnelle et
continuer à vivre dans des endroits différents.» Un commentaire que les
jeunes femmes ont encore du mal a encaisser. «Nous avons été choquées.
Nous nous sommes demandé ce qu'elle voulait dire. Nous avons également
demandé si un couple hétérosexuel aurait eu le même conseil.»
Pourtant, une banque rivale leur a tout de suite
accordé le prêt demandé. «Ils ont dit immédiatement que c'était un bon
achat, et que même seule, l'une d'entre nous aurait pu obtenir ce prêt»,
affirme Maria. Le couple a donc décidé de signaler l'incident au
Sweden's
Discrimination Ombudsman (une association de lutte contre les
discriminations liées à l'orientation sexuelle).
«Nous prenons l'incident très au sérieux»
La banque, quant à elle, s'est excusée via son chargé
de communication. «Nous prenons ce genre d'incidents très au sérieux.
Notre politique à ce sujet est claire, nous ne discriminons jamais en
raison de la religion, du sexe ou de l'orientation sexuelle de nos
clients. Par ailleurs nous cherchons aussi à donner le bon exemple en ce
qui concerne les questions LGBT, et nous sommes sponsor de la Stockholm
Pride.»
Reste maintenant à savoir si Maria et sa partenaire,
soutenues par le Sweden's Discrimination Ombudsman, porteront plainte.
Face à l'avancée des droits des
gays, l'Eglise ne sait plus quoi dire
Alors que des fiefs catholiques comme le
Portugal ou l'Argentine viennent d'autoriser le mariage pour les homos,
des spécialistes du Vatican analysent la perte d'influence politique de
l'Eglise. Principale cause selon eux: un discours inadapté face aux
évolutions de la société.
Le
discours de l'Eglise est-il has been? «Inadapté» préfèrent dire les
vaticanistes et historiens, qui constatent la nouvelle défaite de
l'Eglise dans les fiefs catholiques que sont le Portugal et l'Argentine,
où le mariage est désormais ouvert aux couples homos. «Depuis longtemps,
l'Eglise perd des points dans ces pays qui lui étaient très liés et il y
a une prise de distance progressive des gouvernements», observe ainsi le
vaticaniste Bruno Bartoloni.
Le Portugal et l'Argentine, dont respectivement 88% et 91% des habitants
se déclarent catholiques, viennent d'ouvrir le mariage aux couples de
même sexe. Les homos argentins pourront même adopter. Au même moment,
l'Espagne, autre terre traditionnellement catholique, vient de faciliter
l'avortement.
«Processus de sécularisation»
Sandro Magister, vaticaniste, y voit un signe de «globalisation», avec
«une assimilation des systèmes politiques européens y compris en
Amérique Latine», l'Argentine étant «la pointe la plus avancée de ce
phénomène qui touche aussi l'Uruguay, le Brésil, le Chili et le
Mexique».
Pour l'historien Alberto Melloni, la nouveauté est
que ces évolutions concernent désormais des choix privés car il existe
«depuis la Révolution française, un processus de sécularisation qui
entraîne une émancipation des lois civiles des canons moraux de
l'Eglise». «A chaque fois (mariage civil, école publique...), cela a été
analysé comme une perte d'influence de l'Eglise vu du dehors et comme
une grande catastrophe vu de l'intérieur de l'Eglise», relève-t-il.
«La crise d'autorité de l'Eglise catholique ne dépend
pas de ses succès ou non à imposer ses codes moraux ou ses convictions
religieuses aux Etats», remarque cependant un autre historien, Giancarlo
Zizola.
«L'Eglise perd le contact avec les nouvelles
générations»
Le nombre de catholiques dans le monde ne fait d'ailleurs pas apparaître
de perte d'influence puisque, selon les chiffres du Vatican, les
baptisés ont augmenté de 11,55% entre 2000 à 2008, passant de 1,045 à
1,165 milliard et de 17,28% à 17,40% de la population.
Mais, relèvent ces experts, le problème de l'Eglise
aujourd'hui est qu'elle est «en retard pour prendre en compte
l'évolution de la société», selon le Pr Zizola. «Elle perd le contact
avec les nouvelles générations», déplore le Pr Melloni, notant que «pour
la première fois depuis 700 ans, les jeunes n'ont pas l'espoir d'avoir
une vie meilleure que celle de leurs parents et l'Eglise se comporte
comme si elle n'avait rien à dire sur ce sujet».
Pour le Pr Zizola, l'Eglise doit «repenser son
discours moral face aux jeunes d'aujourd'hui car elle a créé une morale
de règlements plutôt policiers, faisant de la sexualité un cauchemar».
«Le désastre est évident», note-t-il. Selon lui, dans le nord de
l'Italie, les prêtres n'évoquent même plus ces règles morales devenues
«complètement inefficaces». «Dans certains domaines, l'Eglise prêche des
attitudes dépassées», renchérit Bruno Bartoloni, pour qui «le veto» de
l'Eglise sur le divorce est jugé «incompréhensible».
«Grande réforme»
Et pour eux, le discours de l'Eglise est également inadapté face aux
scandales de pédophilie qui la secouent depuis des mois. On se souvient
des amalgames entre pédophilie et homosexualité proférés à la va-vite
par certaines éminences du Vatican (lire
article). Le pape «a donné le message que la sévérité est la manière
de régler le problème» mais ce principe est «sans fin» car «il ne sera
jamais assez dur pour l'opinion publique qui demande de brûler les
coupables» et «cela entraîne une perte d'autorité de l'Eglise», relève
le Pr Melloni.
Pour son confrère Zizola, si le pape «a été
extraordinaire» et «a pris les rênes de la curie pour l'empêcher de
continuer sa politique traditionnelle d'omerta et d'hypocrisie», il
reste encore à faire une «grande réforme» de la curie afin de déléguer
plus de pouvoir aux évêques dans leurs pays respectifs.
Le plus célèbre militaire gay
américain a été révoqué
Le lieutenant gay Dan Choi, qui milite depuis des années
contre le «Don't ask, don't tell», est le licencié le plus connu, et
donc le plus symbolique, de l'armée américaine.
C'est sans nul doute le militaire américain
ouvertement gay le plus connu, et celui qui a combattu la ligne «Don't
ask, don't tell» (ne rien demander, ne rien dire) de son armée avec le
plus de courage. La sanction qui vient de tomber contre Dan Choi est
donc hautement symbolique.
Ce lieutenant, vétérant de la guerre en Irak, a en
effet été officiellement licencié du bataillon de commande de la Garde
nationale américaine. Et ce, alors même que la loi qui a entraîné
d'abord sa suspension, puis son licenciement le 22 juillet, est en
voie d'être abrogée (lire
notre article).
«Une insulte envers ce que représente
l'Amérique»
Dan Choi avait fait un coming out très public en 2009, et attendait
depuis la sanction à son endroit. En mars dernier, il s'était enchaîné
aux grilles de la Maison blanche en signe de protestation (photo et
vidéo ci-dessous).
Il a commenté dans un communiqué: «Cette nouvelle
est à la fois révoltante et douloureuse. Mais je me considère encore
en service. Rester silencieux, alors que les membres de notre
communauté son licenciés ou punis pour être ce qu'ils sont, serait ne
pas défendre ce qui salit l'honneur de notre uniforme et est une
insulte envers ce que représente l'Amérique.»
Dan Choi est diplômé de la préstigieuse West Point
Academy en 2003. Reconnu pour ses compétences (il parle l'Arabe et le
Coréen), il avait été fait meneur de peloton d'infanterie après avoir
combattu en Irak à deux reprises. S'il est le plus médiatisé, il est
loin d'être le seul à être licencié de l'armée pour homosexualité
«visible»: depuis la fameuse loi adoptée sous Bill Clinton en 1993, on
estime à 13.500 le nombre de soldats ainsi sanctionnés.
Alice Nkom: «Au Cameroun, la
pénalisation nuit gravement aux séropositifs»
A la conférence sur le sida de Vienne, rencontre avec cette
avocate camerounaise qui défend avec courage les homos dans son pays.
Elle fait le lien entre répression de l'homosexualité et risques
sanitaires.
De notre envoyée spéciale à la Conférence sur
le sida à Vienne
La
discrimination peut tuer autant que le VIH. Le slogan de la conférence
internationale sur le sida à Vienne «Des droits ici et maintenant» le
rappelle à juste titre. Rencontre avec Alice Nkom, avocate, qui se bat
pour les droits des homosexuels au Cameroun.
TÊTU: Quelle est la situation des gays au
Cameroun?
Alice Nkom: En 2006, l’archevêque de Yaoundé a déclaré que
les pratiques homosexuelles et les «promotions canapé» étaient la
cause du chômage au Cameroun. Ce discours a déclenché une véritable
chasse aux sorcières. On a ressorti un vieil article du code pénal,
jamais appliqué avant, qui préconise de six mois à cinq ans
d’emprisonnement pour les homosexuels. Pour moi, cette inscription est
irrégulière au motif qu’elle viole la vie privée.
Comment sont les conséquences d’une telle
loi?
Les arrestations sont complètement folles. J’ai défendu une trentaine
de personnes depuis l’application de ces mesures. Deux des personnes
que je vais défendre en août ont été arrêtées dans le hall d’un hôtel
pour «suspicion de pratiques homosexuelles». Et les conséquences sont
désastreuses pour les personnes contaminées par le VIH. Ils n’osent
plus aller consulter, prendre leurs médicaments de peur de se faire
«démasquer» par leurs familles.
Comment lutter contre cette situation?
Avant j’avais vraiment le sentiment d’être toute seule. Ici à Vienne,
la communauté internationale a clairement exprimé que l’épidémie ne
pourra pas être combattue tant que les droits des homosexuels ne
seront pas respectés.
Qu’attendez-vous du Fonds mondial de lutte
contre le sida, la tuberculose et le paludisme? Je souhaite qu’il engage des discussions sur les droits de
l’homme avec les dirigeants des pays concernés au moment de
l’attribution des subventions. C’est vraiment le moment de le faire.
L’Eglise italienne choquée
par «les folles nuits des prêtres gays»
Un reportage choc dans un magazine dénonce, photos à
l'appui, les «vices» et «perversions» de prêtres catholiques. Une
situation qui démontre l'hypocrisie du clergé, selon les
associations.
L'une
des captures d'écran publiées par Panorama,
visibles ici.
Un article sur la vie sexuelle de prêtres homosexuels à Rome a
entraîné une riposte rapide du diocèse local, qui s'est engagé
vendredi à poursuivre «tout comportement indigne de la vie
sacerdotale», les associations homosexuelles dénonçant de leur côté
«l'hypocrisie» ambiante.
«Qui connaît l'Eglise de Rome ne se reconnaît pas
le moins du monde dans le comportement de ceux qui ont une
double vie, qui n'ont pas compris ce qu'est le sacerdoce
catholique et ne devaient pas devenir prêtres», affirme le
diocèse de Rome dans un communiqué. «Personne ne les contraint à
rester prêtres et à en exploiter seulement les bénéfices. La
cohérence voudrait qu'ils se dévoilent. Nous ne leur voulons pas de
mal, mais nous ne pouvons pas accepter qu'à cause de leur
comportement l'honorabilité de tous les autres soit couverte de
boue», estime-t-il.
«Vices et perversions» L'article de Panorama, paru vendredi et intitulé
«Les folles nuits des prêtres gays», propose «un voyage (avec une
caméra cachée) chez les prêtres qui ont des relations sexuelles avec
d'autres hommes, dans les bars romains, dans le quartier gay ou chez
eux».
L'hebdomadaire, propriété du groupe Mondadori
contrôlé par le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, publie la
photo des mains croisées d'un prêtre avec un chapelet et les ongles
vernis de rose, accompagnée d'une accroche sensationnaliste: «Un
journaliste de Panorama a vécu au milieu des homosexuels de Rome, et
pendant presque un mois a assisté aux vices et perversions de
prêtres insoupçonnables ayant une double vie.»
«Indigne»
Face à de telles révélations, le diocèse de Rome se dit «déterminé à
poursuivre avec rigueur (...) tout comportement indigne de la vie
sacerdotale».
Il cite en outre le pape Benoît XVI, qui appelle
chacun à «ne pas corrompre la foi et la vie chrétiennes en portant
atteinte à l'intégrité de l'Eglise, en affaiblissant sa capacité de
prophétie et de témoignage, et en altérant la beauté de son visage».
Interrogé par l'AFP, le Vatican s'est contenté de
renvoyer au communiqué du diocèse de Rome.
«Ridicule» De son côté, Aurelio Mancuso, l'ex-président d'Arcigay,
principale association italienne de défense des droits des
homosexuels, a jugé «ridicule» la réaction du diocèse.
«Si les prêtres homosexuels devaient (…) quitter
la prêtrise, d'un seul coup une grande partie de l'administration du
diocèse de Rome et des paroisses serait paralysée», a-t-il ironisé.
Zone de drague
Un responsable de l'association Certi Diritti, Sergio Ravasio, a
estimé quant à lui qu'«il est inacceptable que des prêtres qui de
jour s'expriment contre les personnes gay se livrent de nuit à des
pratiques exactement contraires» à leurs déclarations. Il a aussi
affirmé qu'il existait «une zone de drague» homosexuelle dans
l'enceinte du Vatican.
Cette polémique intervient à un moment où l'homosexualité est un
thème brûlant pour l'Eglise catholique: le mariage homosexuel vient
d'être autorisé en Argentine et au Portugal, malgré son opposition
virulente.
En outre, le lien établi par le numéro deux du Vatican, le
cardinal Tarcisio Bertone, entre l'homosexualité et la pédophilie
avait, en avril, provoqué une controverse. La France avait ainsi
condamné «un amalgame inacceptable».
Vidéo: pas d'homos dans
l'armée turque!
Découvrez ce reportage effrayant de l'AFP, qui révèle
qu'en Turquie, si on veut être exempté de l'armée, il faut fournir
des documents pour le moins compromettants…
En Turquie, l'homosexualité n'est pas illégale.
Elle reste pourtant un sujet tabou, et elle est parfois considérée
comme une déviance, voire une tare dans certains milieux. Ainsi dans
l'armée, si l'homosexualité d'un appelé est prouvée, il sera déclaré
inapte à effectuer son service militaire car il aura été jugé
"malade"... Durée:
2mn13s
Argentine: la présidente
signe la loi sur le mariage homosexuel
«Nous sommes aujourd'hui une société plus égalitaire que
la semaine dernière», a déclaré Cristina Kirchner, au moment de
signer ce texte historique.
La
présidente Cristina Kirchner, hier, lors de la signature du texte. A
ses côtés, le secrétaire technique de la présidence Carlos Zanini.
La présidente argentine Cristina Kirchner a
promulgué le 21 juillet la loi autorisant le mariage de personnes de
même sexe, adoptée la semaine dernière lors d'un vote historique au
Sénat, en présence de représentants de la communauté LGBT.
«Nous sommes aujourd'hui une société plus
égalitaire que la semaine dernière», s'est félicitée Mme Kirchner.
«Ce sont des choses qui ne peuvent pas nous diviser, mais nous
unir», a-t-elle déclaré, en référence à la vive polémique déclenchée
par le projet, dans un pays dont la population se déclare catholique
à 91%.
«Une société diverse, plurielle et large»
Le texte de loi, désapprouvé par l'Eglise catholique, mais soutenu
par le gouvernement de centre-gauche de Cristina Kirchner, a été
adopté le 15 juillet par 33 voix pour, 27 voix contre et trois
abstentions après près de quinze heures de débats.
«Nous n'avons pas seulement
promulgué une loi, mais une structure sociale transversale, diverse,
plurielle et large» Des représentants d'organisations qui ont
soutenu le projet de loi faisant de l'Argentine le premier pays
d'Amérique latine à autoriser le mariage homosexuel, ont assisté à
la cérémonie de signature.
«Nous n'avons pas seulement promulgué une loi,
mais une structure sociale transversale, diverse, plurielle et large
qui n'appartient à personne d'autre qu'à la société», a souligné Mme
Kirchner.
Premier mariage le 13 août
Le premier mariage homosexuel d'un couple vivant ensemble depuis 34
ans, aura lieu le 13 août en Argentine. Ernesto Rodriguez Larrese,
60 ans, et Alejandro Vanelli, 61 ans, avaient reçu une fin de
non-recevoir lors d'une demande à l'état civil il y a trois ans.
Selon la présidente de la Fédération argentine des lesbiennes,
gays et transexuels, Maria Rachid, une centaine d'autres couples
homosexuels pourraient choisir de se marier autour de la même date.
Dubaï: un an de prison en
appel pour un jeune travesti
Un émirati de 22 ans a vu sa peine réduite en appel, selon
la presse locale. Placé en détention depuis un an, il devrait donc
être libéré prochainement. On apprend que son compagnon avait aussi
été condamné.
Un jeune travesti émirati, condamné en première
instance à trois ans de prison pour relations homosexuelles
notamment, a vu sa peine réduite en appel à un an, a rapporté
mercredi la presse. Le jeune homme, étudiant de 22 ans, a été
«reconnu coupable d'attentat à la pudeur, travestissement,
homosexualité, outrage à la religion et relations homosexuelles
consensuelles», a indiqué le quotidien The National.
Il avait été arrêté en juillet 2009 à l'aéroport
de Dubaï alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour «l'Europe en
compagnie de son partenaire, un autre Emirati, également reconnu
coupable d'homosexualité et condamné à un an de prison».
Homosexualité réprimée dans le Golfe
En première instance, il avait été condamné à trois ans de prison
pour, entre autres, «distribution de photos indécentes le montrant
maquillé et en sous-vêtement», selon le quotidien 7Days,
citant le procureur général. Sur celles-ci, il apparaît sous le
pseudonyme «Hamdan British» en maillot de bain qui mettait en relief
ses fesses ou habillé en femme, a ajouté ce journal. Il était
également accusé d'avoir posé pour des photos le montrant en train
de lire le Coran en portant le voile islamique, selon les journaux.
Mais étant en détention depuis son arrestation il
y a un an, il doit être libéré dans les prochains jours, selon
7Days. C'est pourquoi, toujours selon les médias locaux, le
jeune homme a accueilli la nouvelle de sa condamnation avec
soulagement. Son avocat avait plaidé que ni son arrestation ni le
mandat de perquisition à son domicile n'étaient conformes à la loi.
Dubaï est l'un des sept membres des Emirats arabes unis, un pays
du Golfe où la loi sanctionne l'homosexualité. Les gays y risquent
dix ans de prison s'ils sont inculpés de «sodomie consensuelle».
En Asie, «les lois antigays
favorisent la propagation du sida»
On s'en doutait un peu, mais cette fois c'est une agence
officielle de l'ONU qui le dit. Ce programme de développement estime
que la criminalisation de l'homosexualité a conduit à priver des
personnes de traitements.
«Quelque
19 des 48 pays de la région Asie-Pacifique continuent de
criminaliser les relations sexuelles entre hommes», selon un rapport
de l'UNDP
(Programme de développement de l'ONU) publié à l'occasion de la 18e
Conférence internationale sur le sida cette semaine à Vienne.
«Ces législations conduisent fréquemment à des
abus et des violations des droits de l'Homme. Aussi la prévalence du
VIH a atteint des niveaux alarmants parmi les hommes ayant des
relations sexuelles avec des hommes et les transgenres dans de
nombreux pays de la région», poursuit ce rapport.
Privations de traitements
Un rapport plus récent, réalisé à la demande de l'UNDP et la
Coalition APCOM
spécialisée dans la santé des homosexuels, a établi que la
criminalisation des relations homosexuelles et des personnes
transgenres a conduit à priver ses personnes de traitements antisida
et de services de santé.
«Des environnements légaux
répressifs institutionalisent la discrimination.» «Des
environnements légaux répressifs institutionalisent la
discrimination, limitent les financements et empêchent les
homosexuels et les personnes transgenres de se protéger, eux-mêmes,
leurs familles et leurs amis, efficacement contre le VIH», a
souligné Jeff O'Malley (photo), directeur du dossier sida auprès de
l'UNDP.
«Contaminations inutiles»
Il a appelé à l'abolition «de ces lois répressives et des pratiques
discriminatoires».
Le responsable de l'APCOM, Shivananda Khan, a
noté que les contaminations inutiles pourraient être empêchées en
s'assurant que «tous les citoyens d'un pays puissent avoir accès à
des services de santé, sans qu'on tienne compte de leur orientation
sexuelle».
Constance McMillen: «Je suis
fière de mon lycée»
Cette jeune lycéeenne américaine, privée de bal de promo
parce qu’elle voulait s’y rendre avec sa copine, vient d'obtenir
gain de cause auprès de la justice et son lycée va modifier ses
règles. Elle se confie à TÊTUE.
«Je
suis soulagée!» Constance McMillen n'en revient pas. A 18 ans,
l’élève lesbienne dont le combat pour participer avec sa copine au
grand bal de fin d’année (ou «Prom'») de son lycée avait passionné
l’Amérique (lire
article), a obtenu mardi gain de cause dans le bras de fer légal
qui l'opposait à son établissement. Le lycée agricole d’Itawamba
accepte de réviser son règlement intérieur pour interdire toute
discrimination anti-LGBT. Une première pour un lycée du Mississippi
(Sud des Etats-Unis). En outre, l’établissement versera à la jeune
fille 35.000 dollars (plus de 27.000 euros) en compensation des
dommages psychologiques subis et des frais d’avocat.
«Je suis soulagée. Je suis particulièrement
contente que mon école ait décidé de changer ses règles. C'est la
meilleure récompense possible, indique Constance à TÊTU. Maintenant
je suis très fière de mon lycée.»
«Je continuerai à me battre»
Le jugement fait suite à une plainte déposée fin avril par la
puissante association de défense des libertés civiles, la
ACLU. Motif: au
début du mois, un groupe de parents d’élèves avait organisé une Prom’
bidon pour Constance, sa copine et une dizaine d'autres élèves
«moins populaires» (lire
article).
Devenue pendant quelques mois le porte-étendard
des élèves homosexuels victimes de discrimination, Constance n'aura
jamais la Prom’ dont elle rêvait depuis son entrée au lycée, mais au
moins ce jugement lui permet d’aller à l’université le cœur
tranquille. Entre ses futurs cours de psychologie, elle dit vouloir
continuer à s’engager: «Je veux continuer à aider la communauté
LGBT. Je me battrai pour toutes les causes que je rencontre,
dit-elle. Je veux me servir de l’attention autour de mon cas pour
faire de grandes choses.»
Les Irlandais vont enfin
pouvoir se pacser
Nos amis gaéliques sont heureux: à compter de janvier
2011, ils auront accès à une union civile reconnaissant pour la
première fois les couples gays et lesbiens.
La
présidente irlandaise Mary McAleese.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas trop tôt…
Après des années d'hésitations et de débats parlementaires, les
Irlandais gays et lesbiennes vont enfin avoir le droit de contracter
une union civile.
La présidente de la république d'Irlande, Mary McAleese, a en
effet signé hier le texte de loi voté à une large majorité début
juillet par le Sénat irlandais (lire
article). Les premiers contrats pourront être signés dès janvier
2011.
Pas d'accès à la parentalité
Le texte étend aux couples non mariés, qu'ils soient homos ou
hétérosexuels, des obligations et des droits jusqu'ici propres aux
mariés tels que la taxation commune, la sécurité sociale, la
retraite, la succession, la propriété et la protection contre la
violence conjugale. Des dispositions assurent également une aide au
conjoint dépendant financièrement au moment de la rupture.
En revanche, le texte ne permet aucun accès à l'homoparentalité
telle qu'un lien quelconque avec les enfants du partenaire ou la
possibilité d'adopter en couple.
«Un grand jour pour l'Irlande»
Le ministre de la Justice, Dermot Ahern, s'est déclaré «profondément
fier» de cette loi, précisant qu'elle va «permettre de protéger et
d'accorder des droits à des millier d'hommes et de femmes
irlandais.»
«C'est un grand jour pour l'Irlande, a déclaré pour sa part
Kieran Rose, de l'association Gay and Lesbian Equality Network (GLEN).
Les lesbiennes et les gays, leurs parents, leurs familles, leurs
amis et collègue ont hâte désormais de pouvoir célébrer leurs unions
civiles.»
Ile Maurice: kidnappées pour
«guérir» leur homosexualité
Certaines familles organisent l'enlèvement de leur propre
enfant pour mettre un terme à ses amours homosexuelles. Une pratique
que combat tant bien que mal, sur place, le Collectif Arc-en-Ciel.
Le
6 juin, la vie de Shalima a basculé. Cette Mauricienne de 20 ans a
été violemment enlevée sous les yeux d'une amie et séquestrée
pendant plus d’une semaine dans la maison de ses parents. «Mes
proches n’ont jamais accepté mon orientation sexuelle et en
m'enlevant, ils ont voulu tout bonnement m'éloigner de la femme que
j'aime», a confié Shalima au journal local KotZot News.
A Maurice, île de l'océan Indien, la sodomie est
interdite et la société tolère mal les relations gays et lesbiennes.
«Nous avons déjà eu le cas d'une jeune fille enlevée sur la plage
par ses parents et séquestrée de la même manière (que Shalima), ou
celui d’une jeune fille enfermée à l’hôpital psychiatrique et
menacée physiquement par sa famille. Mais pour ceux et celles qui
ont le courage de témoigner, combien de cas sont passés sous
silence?» s’interroge Nathalie Ahnee, présidente de l’association
locale Collectif Arc-en-Ciel.
Du bruit à la radio
La police ne se montre pas toujours coopérative. Dans le cas de
Shalima, «des policiers ont refusé de prendre la plainte de son amie
qui avait assisté à l’enlèvement (…) arguant qu’il n’y avait pas de
quoi poursuivre, essayant même de décourager et d’impressionner
cette jeune femme, explique Nathalie Ahnee. Ensuite, ils n’ont pas
pris cas du fait qu’une personne avait été enlevée et était
séquestrée, faisant fi de la notion de "non assistance à personne en
danger" et prétextant que les parents avaient le droit d’agir de
cette façon puisqu’ils étaient les parents.»
«Pour ceux et celles qui
ont le courage de témoigner, combien de cas sont passés sous
silence?» Alerté par des amis de Shalima et Radio One, le
Collectif Arc-en-Ciel a donc pris le relais. «Nous avons demandé à
notre avocat conseil d’intervenir à la radio locale afin de montrer
au grand public le caractère illégal d’un tel acte et les
conséquences encourues. Il a fallu attendre que l’émission ait lieu,
que des hauts gradés l’écoutent et entendent tous les renseignements
et le témoignage enregistré de Shalima pour que les choses bougent:
les policiers ont été chez les parents de Shalima, ont interrogé son
père et son frère, l’ont retrouvée et interrogée, le tout en moins
de 2h. A chaque fois, nous arrivons à résoudre ces situations grâce
à un gros battage médiatique.»
Difficile de porter plainte
Shalima, de même que sa compagne, est aujourd'hui très fragile. Le
contrecoup du rapt. Portera-t-elle plainte? Rien n’est moins sûr:
«Il n’est pas évident de porter plainte contre ses parents, observe
Nathalie Ahnee. Porter plainte signifie aussi avouer son
homosexualité, ce qui est encore très difficile. De plus, on ne peut
pas dire que l’attitude de la police incite à faire respecter ses
droits.» Et les associations doivent se contenter d’apporter un
soutien moral et juridique: elles ne sont pas autorisées à ester en
justice ou à se porter partie civile.
Nouvelles révélations choc
contre les «ex-gays» américains
Un coach personnel du New Jersey est accusé d'avoir
demandé à ses clients de se déshabiller et de se toucher pour
«guérir» de leurs tentations homosexuelles.
Les «ex-gays», qui veulent «guérir» les homosexuels de leurs
penchants, connaissent des heures difficiles aux Etats-Unis. Après
George Reckers, figure de proue du mouvement pincé en mai dernier
avec un escort (lire
notre article), l'œil du cyclone se déplace à présent sur Alan
Downing. Ce coach personnel, concepteur de séjours expérientiels
dits «réparateurs», est accusé de comportements sexuels inconvenants
par deux de ses anciens clients.
Dans une vidéo postée hier sur le site de
Truth Wins Out, une association qui lutte contre le mouvement
ex-gay, Ben Unger (photo) et Chaim Levin, deux membres de la
communauté juive orthodoxe, racontent que Downing aurait demandé à
chacun de se déshabiller en face d’un miroir et de se toucher. Une
technique appelée «strip tease psychologique» qui vise à réconcilier
le sujet avec sa masculinité.
«Il m'encourageait: allez Ben, retire ton tee-shirt,
raconte Ben Unger dans cette vidéo. Il était beaucoup plus âgé que
moi, j'avais 20 ans à l’époque».
«Je lui ai fait comprendre à plusieurs reprises que je n’étais
pas d’accord avec sa méthode, poursuit dans la même vidéo Chaim
Levin, qui souvient du moment où le thérapeute lui aurait demandé de
se toucher les organes génitaux. Il m'a dit: touche-toi,
touche-la une seconde.Comme ça tu pourras appréhender ta
masculinité physiquement.»
«Des
centaines d'heures d'expérience»
Alan Downing, qui n'a répondu ni aux mails ni aux appels
téléphoniques de TÊTU, est présenté sur le site de
People Can
Change, une association qui propose des thérapies réparatrices,
comme ayant des «centaines d'heures d'expérience» dans ce domaine.
Il a organisé en Europe et aux Etats-Unis des dizaines de week-ends
thérapeutiques proposant aux participants de renouer avec
l'hétérosexualité à-travers des sessions de groupe, des exercices de
visualisation et d'expression d'émotions. L'association
JONAH
(Jews Offering New Alternatives to Homosexuality), qui accueille les
homosexuels juifs du New Jersey et de New York et dont Downing est
actuellement le directeur du coaching et des services de groupes,
n'a pas non plus retourné nos appels.
«Downing n'est pas tout le temps dans les médias, mais c'est un
leader dans le domaine des thérapies "ex-gay", insiste Wayne Besen,
directeur de Truth Wins Out. Il est temps que cette industrie
disparaisse.»
Dix-huit morts lors d’une
soirée au Mexique
MIS A JOUR. Une fusillade a fait une
vingtaine de morts et autant de blessés lors d'une fête
d'anniversaire. Un massacre qui ne serait cependant pas un crime de
haine mais l'acte d'un cartel de la drogue.
MISE A JOUR
21/07: Des journaux mexicains expliquent que la soirée gay,
qui avait été annoncée précédemment en cet endroit et en ce lieu,
avait finalement été annulée en dernière minute et avait cédé la
place à une fête d'anniversaire sans être spécifiquement
homosexuelle. Nous vous tiendrons informés si les faits révèlent à
nouveau des liens avec la soirée prévue.
Une invitation lancée via Facebook conviait, dans
la nuit de samedi 17 juillet à dimanche, homos et hétéros à une
soirée d'anniversaire dans un centre de loisirs de Torreon, une
ville du Mexique septentrional (État de Coahuila). Mais la soirée a
viré au cauchemar aux alentours d'une heure du matin. Alors que la
fête battait son plein, un groupe d'hommes lourdement armés a fait
irruption et mitraillé la foule. Dix-huit personnes, selon le
dernier bilan, sont tuées et 19 autres sont blessées, dont certaines
très grièvement.
Les cartels de la drogue suspectés
Les organisateurs de la fête étaient homosexuels mais d'après
un
article du journal mexicain Milenio la soirée était ouverte à
tous. Et bien que la piste des militants antigays ait été envisagée,
elle a très vite était écartée. Les enquêteurs penchent plutôt pour
un règlement de compte entre gangs. La guerre de la drogue fait rage
au Mexique, et aurait déjà tué plus de 25.000 personnes en quatre
ans. Le ministère de l'intérieur a très vite réagi, condamnant «une
attaque barbare». L'enquête, quant à elle, suit son cours.
Zimbabwe: Mugabe contre les
droits des homosexuels dans la Constitution
«C'est similaire à un comportement de chien!» Une
nouvelle fois, le président de ce pays du Sud de l'Afrique a utilisé
une homophobie violente, au moment de refuser le moindre droits aux
gays et lesbiennes de son pays.
Le
président du Zimbabwe Robert Mugabe a réitéré lors d'un
rassemblement religieux son opposition à la reconnaissance de droits
pour les homosexuels dans la future Constitution, ont rapporté les
médias d'Etat dimanche.
«Nous disons non à des droits pour les gays. Nous
n'écouterons pas ceux plaident pour leurs droits dans la nouvelle
Constitution», a déclaré Robert Mugabe lors d'un rassemblement de
l'Eglise apostolique dans l'arrondissement de Marange (est du
Zimbabwe).
«Folie»
Le processus politique pour l'élaboration d'une nouvelle
Constitution a été lancé le 16 juin conjointement par le président
Mugabe et son rival devenu Premier ministre Morgan Tsvangirai. La
rédaction d'une nouvelle Constitution fait partie de l'accord élargi
signé en février 2009 par les deux partis sur un gouvernement
d'union.
«Pourquoi un homme
devrait-il avoir une relation avec un autre homme quand les femmes
représentent 52% de la population?» MM. Mugabe et Tsvangirai
se sont l'un et l'autre déjà prononcés contre la reconnaissance par
la constitution des droits des homosexuels.
Robert Mugabe a qualifié l'idée de «folie». Il
avait déclaré il y a une décennie que les homosexuels étaient «pires
que des cochons et des chiens».
«Comportement de chien»
«Pourquoi un homme devrait-il avoir une relation avec un autre homme
quand les femmes représentent 52% de la population? En fait, il y a
moins d'hommes que de femmes», avait déclaré pour sa part M.
Tsvangirai.
Devant les membres de l'Eglise apostolique,
Robert Mugabe s'en est pris à la reconnaissance par l'Eglise
anglicane des mariages gays, qualifiant à nouveau l'homosexualité de
«un comportement de chien».
«Aujourd'hui l'Eglise anglicane tolère les
mariages entre hommes et entre femmes. L'archevêque bénit de tels
mariages. C'est similaire à un comportement de chien», a-t-il
déclaré.
Deux militants poursuivis
L'homosexualité est illégale au Zimbabwe où le mouvement de défense
des droits des gays et des lesbiennes (GALZ) est l'objet de
harcèlements de la police, même s'il n'est pas formellement
interdit.
Deux permanents du GALZ ont été arrêtés en mai
lors d'une opération de police dans les locaux de l'association, où
la police affirme avoir trouvé du matériel pornographique. Remis en
liberté sous caution, ils sont poursuivis pour infraction aux lois
sur la censure.
Europride: pari réussi à
Varsovie
Des milliers de participants, des contre-manifestants
maintenus à distance par la police... Samedi, les LGBT polonais
ont pu faire valoir leurs revendications au cours de cette gay
pride européenne, qui rassemblait les militants de plusieurs pays.
Une dizaine de milliers de personnes se sont
réunis samedi à Varsovie pour l'Europride, qui avait lieu pour la
première fois dans un pays d'Europe de l'Est. Les couleurs, la
musique, le soleil de plomb... Tous les ingrédients des gay prides
étaient réunis, même si le défilé était tout de même beaucoup plus
modeste par rapport à ceux que connaît l'Europe occidentale.
L'année dernière, la parade EuroPride s'était tenue à Zurich, en
Suisse. Elle avait réuni environ 50.000 personnes.
«Solidaires avec les gays polonais»
Les manifestants ont brandi des banderoles réclamant des droits
pour leur minorité, dont le droit à une reconnaissance légale de
leurs unions. Onze plateformes tirées par des camions sont parties
depuis la grande place devant la mairie de la capitale polonaise,
pour parcourir les principales avenues du centre de la ville.
«Nous espérons ouvrir un débat sur la
possibilité de légaliser les unions de couples gays et lesbiens
mais nous ne sommes pas optimistes qu'une telle législation puisse
passer dans un proche avenir», a déclaré Jacek Adler, responsable
du site gaylife.pl consacré aux gays en Pologne. «Nous voulons
rester solidaires avec les gays polonais. Nous voulons aussi
montrer aux policiers polonais que dans la police il n'y a aucun
problème à se déclarer gay», a indiqué de son côté l'inspecteur
Goran Stanton, président de l'Association des gays dans la police
suédoise, participant au défilé à Varsovie.
Huit personnes interpellées
La municipalité a mobilisé environ 2.000 policiers pour superviser
la Marche et protéger ses participants contre d'éventuelles
agressions de la part de groupements nationalistes et
ultracatholiques qui avaient annoncé des contre-manifestations à
proximité du passage de l'Europride. Quelques oeufs ont été lancés
en direction des manifestants au départ du défilé mais la police a
immédiatement isolé les agresseurs. Huit personnes ont été
interpellées.
Des organisations catholiques ont distribué des
tracts aux manifestants, représentant une effigie de Jésus Christ
prononçant cette phrase du Nouveau testament: «Je ne suis pas venu
pour condamner mais pour sauver». Des prières pour la «conversion»
des participants à l'Europride ont été organisées dans plusieurs
églises de Varsovie.
Deux Polonais sur trois contre les
manifestations LGBT
L'organisation de l'Europride en Pologne a suscité des
controverses dans ce pays catholique à plus de 90%, où la
communauté LGBT fait souvent l'objet de remarques et comportements
ouvertement homophobes, y compris de la part d'hommes politiques.
Les promoteurs de l'Europride ont d'ailleurs déploré que la
municipalité ait refusé de s'engager dans son organisation.
Le président conservateur polonais Lech
Kaczynski, mort dans un accident d'avion en avril, avait interdit
une marche des fiertés à Varsovie en 2005 quand il fut maire de la
capitale. Il a ensuite été condamné pour cette décision par la
Cour européenne des droits de l'Homme.
Dans les années suivantes, plusieurs gay pride
ont eu lieu en Pologne, souvent accompagnées de
contre-manifestations. Selon des sondages, deux Polonais sur trois
refusent aux organisations LGBT le droit de manifester dans la
rue. 79% des Polonais se déclarent opposés à l'idée des mariages
homosexuels et 93% excluent celle de l'adoption d'enfants par des
couples gays ou lesbiens.
Mariage homo en Argentine:
«une grande avancée sociétale» pour la présidente Kirchner
La chef de d'Etat argentin, qui a défendu le projet de
loi, s'est réjoui publiquement du vote du Sénat qui autorise le
mariage et l'adoption pour les couples homos.
La
présidente argentine Cristina Kirchner ne va pas tarder à
décrocher son statut d'icône. Après avoir défendu vigoureusement
le projet de loi qui autorise le mariage et l'adoption pour les
couples de même sexe, elle s'est réjoui publiquement du vote
favorable du Sénat la nuit dernière.
«C'est un pas positif en faveur de la défense des droits
des minorités en Argentine», a déclaré la chef de l'Etat aux
médias argentins à Shanghai, lors du dernier jour d'une visite
officielle en Chine.
Comparable au droit de vote pour les femmes
La loi a été approuvée à une courte majorité (33 pour, 27 contre
et 3 abstentions) au terme de 13 heures de débat, en dépit de la
forte opposition de l'Eglise, dans ce pays où 91% de la population
se dit catholique (lire notre article).
«Le fait que l'on ait parlé de guerre de dieu, par exemple, a mis
en évidence une radicalisation qui n'était absolument pas
positive», a déclaré Mme Kirchner, en se référant à des
déclarations de l'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge
Bergoglio, en pointe contre ce projet. Pour elle, il s'agit d'une
grande avancée sociétale, comparable à l'autorisation du vote des
femmes, des mariages interraciaux aux Etats-Unis ou du mariage
civil en Argentine, en 1888.
Son chef de gouvernement, Anibal Fernandez, considère pour sa part
que «l'Argentine s'est placée à l'avant-garde de la revendication
des droits» en Amérique latine. La présidente Kirchner doit encore
promulguer la loi avant que celle-ci entre en vigueur.
Etats-Unis: Début du
procès d'un adolescent jugé pour crime homophobe
Agé de 14 ans au moment des faits, il avait abattu de
deux balles dans la nuque un adolescent de 15 ans, ouvertement
gay et victime de brimades.
Le
procès d'un adolescent qui avait abattu à bout portant l'un des
élèves de son école parce qu'il était gay s'est ouvert hier en
Californie, au terme d'une bataille de procédures qui défraie la
chronique.
Le 12 février 2008, alors âgé de 14 ans,
Brandon McInerney avait abattu de deux balles dans la nuque le
jeune Larry King, 15 ans, en pleine salle de classe, à Oxnard,
une ville située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Los
Angeles. Le meurtre, qui avait suscité une vague d'indignation à
travers les Etats-Unis, est traité par l'accusation comme un
crime homophobe, car Larry King, victime en permanence des
moqueries de ses camarades, se revendiquait gay.
Pas de report
Selon les témoignages des audiences préliminaires, Brandon
McInerney avait menacé de mort Larry King à plusieurs reprises,
et avait attendu une vingtaine de minutes, arme en main, avant
d'abattre l'adolescent pendant un cours d'informatique.
A la surprise générale, le juge Charles
Campbell, de la Cour supérieure du comté de Ventura, à l'ouest
de Los Angeles, a refusé aux avocats de Brandon McInerney,
aujourd'hui âgé de 16 ans et jugé comme un adulte, le report de
«quelques mois» qu'ils demandaient pour pouvoir achever leur
enquête et assurer à leur client, qui risque la prison à vie,
«un procès juste».
«Je ne pense pas que vous ayez été
suffisamment diligents» dans cette affaire, a lancé assez
sèchement le juge aux avocats Scott Wippert et Robyn Bramson,
qui avaient déjà obtenu un report de deux mois en mai dernier.
«Cette histoire tourne à la blague»
Le juge a suivi le procureur, Maeve Fox, qui avait estimé un peu
plus tôt: «Cette histoire est en train de tourner à la blague.
On va finir par perdre des témoins, qui vont en avoir assez de
tout ça».
A la sortie du tribunal, M. Wippert se
montrait scandalisé par la décision du juge et la position de
l'accusation. «C'est effrayant de voir un procureur précipiter
la tenue du procès d'un garçon de 16 ans quand il est clair, et
nous le disons depuis plus d'un mois, que nous ne sommes pas
prêts».
Mme Fox a déclaré pour sa part aux
journalistes que «la défense avait eu près de deux ans pour se
préparer» et que cette «enquête est certainement ce qu'elle
aurait dû commencer par faire».
Un appel possible
Poursuivi pour meurtre avec préméditation, Brandon McInerney
risque la prison à vie. Le visage impassible, il n'a pas dit un
mot lors de l'audience de mercredi. Sa mère était présente dans
la salle.
Les débats devaient reprendre lundi avec la sélection du
jury, à moins que la défense ne fasse appel de la décision du
juge Campbell, ce qu'elle n'excluait pas mercredi. «C'est une
option», a déclaré Mme Bramson.
«Restez discrets!» Londres
épinglée pour son refus d'asile à deux réfugiés gays
Les demandeurs homosexuels ne devraient plus être déboutés
sous prétexte qu'ils peuvent éviter les persécutions en
dissimulant leur orientation sexuelle.
Nouvelle
chance pour l'Iranien H.J. et le Camerounais H.T. Mercredi 7
juillet, à l'unanimité, la Cour suprême de Londres les a autorisés
à faire appel du rejet de leur demande d'asile, basée sur les
risques encourus en raison de leur homosexualité.
«Nier le droit à être qui l'on est»
H.J. et H.T., qui risquent respectivement chez eux la pendaison et
cinq ans de prison, reviennent de loin. Le précédent gouvernement
avait instauré en 2006 un «test pour le statut de réfugié». Le
principe? Déterminer si, renvoyés dans leur pays, les homosexuels
peuvent «raisonnablement» rester discrets afin d'éviter les
persécutions. C'était apparemment le cas de H.J. et H.T., déboutés
en première instance et devant la Cour d'appel.
Les deux hommes ont cependant fait valoir que le test violait la
convention de 1951 relative au statut de réfugié, un texte des
Nations-Unies dont la Grande-Bretagne est signataire. La Cour
suprême leur a donné raison. «Obliger un homosexuel à feindre que
sa sexualité n'existe pas ou supprimer la façon dont il se
comporte revient à nier son droit fondamental à être qui il est»,
a expliqué le juge Lord Hope, avant de rappeler l'égalité des
droits humains entre hétéros et homos.
«Bonne nouvelle»
Reste que la décision de la Cour suprême pourrait faire
jurisprudence. Une nouvelle dont se réjouit, en France,
l'Association de reconnaissance des droits des personnes
homosexuelles et transsexuelles à l'immigration et au séjour (Ardhis).
«Le fait qu'un demandeur d'asile n'ait pas été jusqu'à
extérioriser son homosexualité dans son pays parce qu'il craignait
des persécutions possibles, et probables, est un motif d'octroi du
statut du réfugié. On ne peut plus renvoyer une personne en lui
disant: "Chez toi, tu vivras comme un hétéro. Comme ça, tu ne
seras pas en danger, tu ne seras pas en prison"», commente Thomas
Fouquet-Lapar, président de l'Ardhis.
Les dossiers de H.T. et H.J. seront ainsi de nouveau examinés, de
même que d'autres affaires, selon la ministre britannique de
l'Intérieur, Theresa May. «C'est une très bonne nouvelle», estime
Mathilde Chevalier, de la Commission LGBT d'Amnesty International
France.
«Comment décider?»
Dressant un parallèle avec la France, la militante souligne que,
s'il y a des avancées, «ce qu'on rejette avant tout, c'est la
notion de «pays sûrs» dans lesquels sont englobés des pays qui
pénalisent l'homosexualité». Pour sa part, Thomas Fouquet-Lapar
constate que «certaines décisions récentes de l'Ofpra (Office
français pour les réfugiés et apatrides, ndlr) vont dans le sens
de la décision de la Cour suprême britannique».
Il conclut toutefois qu'en France comme en Grande-Bretagne une
question reste en suspend concernant le traitement des demandes
d'asile: «Comment évaluer une orientation sexuelle? Quelquefois
c'est criant, mais parfois non. Alors comment décider?».
«McDo n'a rien fait pour la
communauté LGBT américaine»
Alors que la marque fait des appels du pied aux gays
français, le divorce est consommé entre McDo et les homos aux
Etats-Unis. Le président de la chambre de commerce LGBT américaine
revient pour TÊTU sur la relation tumultueuse entre son
organisation et le géant du burger.
«Rien...
A ce jour, nous n'avons pas eu de réponse ». Quand on demande à
Justin Nelson si McDonald's a répondu à la lettre bien sentie
qu'il a adressée à son PDG James Skinner le 3 juin dernier (lire
article), on décerne une pointe d'amertume dans sa voix.
Partenariat en grande pompe en 2008
Pour le président et co-fondateur de la Chambre de commerce LGBT
outre-Atlantique, la NGLCC
(National Gay and Lesbian Chamber of Commerce), le constat scelle
de facto le divorce entre McDonald's et son organisation. Une
série d'attentes déçues, de rendez-vous manqués et une pub
française auront donc eu raison du partenariat que le couple avait
noué en grande pompe deux années plus tôt. «La relation se
dégradait depuis longtemps, reconnait-il aujourd'hui. On se
demande même pourquoi ils ont rejoint la Chambre de commerce !»
En effet, dès 2008, la relation entre la marque américaine et la
Chambre de commerce, qui compte 120 entreprises-membres et défend
les intérêts de 1,4 millions de commerces LGBT aux US, démarrait
sous de bien mauvaises auspices. L'AFA (American Family
Association), une association familiale conservatrice, avait
appelé au boycott de McDo pour dénoncer la décision de la chaîne
de restauration rapide de participer au financement de
l'organisation, accusée de «soutenir de le mariage homosexuel»,
ainsi que d'avoir autorisé son vice-président chargé de la
communication à rejoindre le bureau exécutif de la Chambre (lire
article).
«Ils n'ont rien fait»
Si l'on en croit Justin Nelson, l'épisode, violent, qui durera
plusieurs mois, définira les relations à venir avec le géant du
burger. Quelques mois plus tard, en 2009, en l'échange du
sponsoring du grand diner annuel de la NGLCC, il demande à McDo un
«plan d'action» en faveur de la communauté LGBT américaine, que ce
soit à travers un soutien au monde associatif LGBT ou à une gay
pride par exemple. C'est la désillusion : «Ils n'ont rien fait, se
souvient-il. Il manque un leadership fort à McDonald's. La loi de
quelques uns est devenue la loi du plus fort. C'est dommage.»
La suite de l'histoire est celle d'une accumulation de déceptions.
Fin janvier 2010, la NGLCC se voit répondre dans un entretien
téléphonique avec des responsables de McDonald's que l'enseigne ne
soutiendrait pas la Supplier Diversity Initiative, initiative clé
de la Chambre de commerce pour promouvoir les fournisseurs «friendly».
Puis, en mai dernier, il découvre ce qui est désormais appelé la
«French ad», qui montre un enfant gay avec son père dans un
restaurant McDo. Pour un Justin Nelson «irrité, frustré» selon ses
propres termes, la pub diffusée en France et non aux Etats-Unis
est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. «On ne pouvait pas
continuer un partenariat avec une entreprise qui ne tenait pas ses
promesses.»
«Ça ne nous fait pas mal»
Si le PDG de McDo fait la sourde oreille, Nelson espère toujours
que la compagnie reverra sa politique en direction des LGBT.
« Leur départ de la NGLCC ne nous fait pas mal car nous avons plus
de 120 membres, assure-t-il. En revanche, même si la compagnie ne
nous rejoint pas, j'aimerais que McDonald's s'engage pour les LGBT
pour aider la communauté dans son ensemble.»
La prison, danger pour les
jeunes homos américains
REVUE DE PRESSE. Les jeunes gays et lesbiennes seraient trop
souvent envoyés dans des centres de redressement et y subiraient
plus de violences que leurs codétenus hétérosexuels. Une enquête
inquiétante qui vient de sortir dans le journal américain «The
Nation».
Krystal,
une jeune trans de 18 ans, affirme avoir subi la violence de ses
co-détenus au quotidien, après avoir refusé les avances de certains
matons. Comme elle, les adolescents LGBT sont plus fréquemment et
injustement envoyés en prison que leur camarades hétéros. C'est en
tout cas ce que prétend
un article du journal américain The Nation.
D'après Marty Beyer, une psychologue clinicienne
américaine, «les jeunes LGBT sont plus susceptibles d'être arrêtés
que les jeunes hétéros, parce qu'ils sont souvent chassés de leur
foyer et se retrouvent dans la rue». Plus facile donc d'envoyer les
jeunes SDF en détention que de les aider. Marty Beyer ajoute même:
«une fois arrêtés, les ados homosexuels sont souvent soumis à une
incarcération inutile, à la violence verbale et physique de leurs
pairs et des gardiens, aux tentatives de conversions religieuses
antigay, et parfois même aux agressions sexuelles».
Agressés douze fois plus souvent
Si l'étude estime à 10% environ la proportion de gays, lesbiennes,
bi ou trans dans la population américaine, les jeunes LGBT
représentent 15% de la population carcérale. Pire encore, d'après un
rapport du ministère de la Justice datant de 2009, les jeunes homos
incarcérés sont douze fois plus souvent agressés sexuellement par un
codétenu que les hétéros. Autre aspect particulièrement préoccupant:
en Louisiane, par exemple, 10% de tous les abus sexuels sur les
jeunes gays sont perpétrés par un membre du personnel pénitentiaire.
Mariage et adoption pour les
homos: c'est en bonne voie au Luxembourg
Le gouvernement luxembourgeois a validé vendredi le
projet de loi qui doit autoriser le mariage et l'adoption pour les
couples de même sexe. Le texte doit maintenant passer devant le
Parlement.
Le
Luxembourg a fait vendredi un pas de plus vers le club des pays
européens où le mariage et l'adoption sont accessibles aux couples
homos. Les gays et les lesbiennes luxembourgeois peuvent déjà se
pacser, mais sans bénéficier des mêmes avantages que les couples
hétéros mariés. Or cela devrait bientôt changer: le Conseil de
gouvernement, l'équivalent de notre Conseil des ministres, a adopté
vendredi le projet de loi modifiant les textes relatifs à l'union de
couples du même sexe, ainsi que ceux régissant les règles de
l'adoption. C'était l'un des engagement du nouveau gouvernement
formé en juillet 2009 par Jean-Claude Juncker. Si le texte termine
sans encombre son parcours législatif, les homos luxembourgeois
pourront bientôt se marier et adopter.
Adoption simple
Concernant la possibilité d'adopter, le projet de loi entend
favoriser l’intérêt de l’enfant en ouvrant l’adoption simple aux
couples de même sexe, qu'ils soient mariés ou pacsés. Cela signifie
que l'un des partenaires pourra adopter l'enfant de son conjoint, à
condition qu'ils aient plus de 25 ans.
Cette décision du gouvernement n'en reste pas
moins qu'une étape, car le texte ne devrait pas entrer en vigueur
avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Guy
Schuller,responsable de la communication du gouvernement, explique
dans un article de
lessentiel.lu qu' «en ce qui concerne une adoption définitive de
la loi, il faut compter, dans le meilleur délai six mois, au vu
d'éventuelles oppositions parlementaires et avis du Conseil d'Etat.
Mais en ce qui concerne le gouvernement, il s'agit d'une réforme
prioritaire.»
Marseille et Nice ont bouclé la
saison 2010 des Marches des fiertés
Plusieurs milliers de personnes ont défilé
hier sous le chaud soleil du sud, pour la Lesbian and Gay pride
marseillaise, et la Pink Parade niçoise... Sur le Vieux-Port, la
reconnaissance des familles homoparentales étaient au coeur des
revendications.
L'arrivée de la
Marche marseillaise du le Vieux-Port (capture extraite de la vidéo
ci-dessous)
Plusieurs milliers de personnes - 3.000 selon la
police, près de 10.000 selon les participants- ont défilé samedi
après-midi pour la Lesbian and Gay Pride.
Après la décision de la Cour de cassation
«Tous citoyens, tous égaux?», interrogeait la banderole tendue sur le
camion de tête tandis qu'un orateur s'adressait à la foule en ces
termes: «Nous sommes dans la rue à Marseille pour l'égalité. Et
l'égalité passe par la reconnaissance des familles homoparentales».
La décision de la Cour de cassation, qui a reconnu le
statut de parents à deux femmes jeudi, a ouvert une brèche dans la loi
et a remis la revendication de l'adoption par les couples homos au
premier plan. Le thème de la famille a donc été largement repris pendant
le défilé marseillais, où avaient pris place bébés et enfants.
Pride factory
«La famille change, changeons la loi», «pour une égale protection des
enfants, quel que soit leur environnement familial» ou «pour la
reconnaissance totale du couple homosexuel», pouvait-on encore lire sur
les banderoles tendues sur les chars ou portées à bout de bras.
Le défilé, parti du parc du 26e centenaire au sud-est
de la ville, est arrivé trois heures plus tard sur le Vieux-Port de
Marseille où les organisateurs, Tous & Go, avaient préparé un apéritif
géant. La journée s'est achevée par la Pride Factory, une grande soirée
qui avait lieu aux Docks des Suds.
Pink parade indépendante
Traditionnellement, ce dernier week-end de gay prides était celui de la
marche de Nice. Entre 3 000 et 7 000 personnes ont défilé sur la
Promenade des Anglais, pour cette 7e édition de la Pink Parade qui tient
à son indépendance par rapport aux Marches «officielles» chapeautées au
niveau national par la coordination Interpride.
Les manifestants ont rejoint l'esplanade du Mamac, où
l'association organisatrice AGLAE avait prévu un apéro géant, suivi
d'une Pink Party au High Club.
Un aperçu de l'ambiance de la Lesbian and gay pride de
Marseille:
Adoption pour les couples homos en France: état
des lieux
La Cours de Cassation a confirmé jeudi 8
juillet, la validité d'une adoption obtenue aux Etats-Unis pour la
compagne française d'une Américaine. Un premier pas vers l'ouverture de
l'adoption pour les couples de mêmes sexes? Voici où l'on en est, et ce
que cela peut éventuellement changer
La décision prise par la Cour de Cassation jeudi
marque un tournant qui pourrait conduire le législateur à adapter les
textes à cette situation nouvelle. Voici pourquoi.
Que s'est-il passé? La
cour a accepté de rendre exécutoire en France une décision de la Cour
Suprême du comté de DeKalb en Géorgie (Etats-Unis). La Haute Cour
française a statué au bénéfice de la compagne française de la mère
biologique américaine d'une petite fille, lui reconnaissant un lien de
filiation ave l'enfant. Le couple, installé aux Etats-Unis, aura attendu
onze ans pour se voir reconnaître les mêmes droits dans les deux pays,
l'enfant étant née en 1999. Le 9 octobre 2008, la cour d'appel de Paris
s'était déjà dite défavorable à cette validation, au nom des intérêts de
l'enfant. Car en droit français, l'adoption par le conjoint signifie la
perte d'autorité parentale du parent biologique si le couple n'est pas
marié. Or la décision américaine ne destituait pas la mère de ses
droits. En transposant la validité de cette décision américaine en
France, la Cour de Cassation a initié une révolution.
La Haute Cour a ainsi signifié que l'adoption par un
couple de même sexe n'est pas contraire à l'ordre public français. Si
cette adoption n'est pas en contradiction avec les valeurs de la
République, il peut être reconnu qu'une adoption faite en France ne les
viole pas non plus. Mais cela implique une modification du droit. Or, la
décision de la Cour de Cassation ne modifie pas la loi.
Couple homo et adoption d'enfant: les trois
cas de figure L'adoption
pour les couples de mêmes sexes revêt cependant désormais trois
facettes: l'adoption déjà légale dans un pays étranger qui peut être
reconnue en France ; l'adoption par le conjoint, de l'enfant de son
partenaire ; l'adoption d'un enfant étranger au couple.
L'adoption déjà légale dans un pays étranger
Selon l'avocate du couple franco-américain, Caroline Mécary, cette
décision peut permettre à « tous les couples de même sexe ayant obtenu
une décision d'adoption à l'étranger de la faire reconnaître» en France
sur la base de cette jurisprudence. Les cas sont peu nombreux, « une
centaine » d'après la juriste puisque. Mais cela peut, selon elle,
créer, dans l'état de nos lois, une situation de discrimination « à
rebours » pour les couples ayant obtenu l'adoption ici. Cette décision,
si elle ne change donc rien au droit français, peut éventuellement
inciter le parlement à modifier la loi au profit des couples de même
sexe. Mais ses effets pour les couples adoptant en France ne devraient
pas se voir dans un futur proche.
L'adoption par le conjoint de l'enfant de son
partenaire
A l'heure actuelle, si une personne non mariée,
homosexuelle ou hétérosexuelle a un enfant (adopté, né d'une relation
précédente, dans le cadre d'un projet de coparentalité, etc.) et
souhaite que son ou sa partenaire soit juridiquement lié(e) à l'enfant,
il peut uniquement demander une délégation de l'autorité parentale. Car
l'autorité parentale ne peut être partagée que par les deux conjoints
d'un couple marié. C'est sur ce point, inscrit dans la loi à l'article
365 du Code Civil, qu'ont butté toutes les demandes de partage de
l'autorité parentale dans des familles homoparentales. Ainsi, si la
justice accordait l'autorité parentale au partenaire du parent
biologique de l'enfant, celui perdrait sa propre autorité parentale,
puisqu'elle ne se partage pas entre concubins ou pacsés. Le décalage
entre les dispositions prévues par cette loi et les réalités familiales
actuelles viennent même de pousser la Cour de Cassation à demander au
Conseil constitutionnel d'émettre un avis sur cet article, qui «institue
une distinction entre les enfants au regard de l'autorité parentale,
selon qu'ils sont adoptés par le conjoint ou le concubin de leur parent
biologique».
L'adoption d'un enfant étranger au couple
Pour ce qui est de l'adoption d'un enfant étranger au couple, la DASS
n'accorde son agrément qu'aux célibataires ou aux hétérosexuels mariés.
Pour avoir un enfant, les couples homos - dans l'impossibilité légale de
se marier - font la demande d'agrément au nom de l'un des deux. Pour que
le conjoint se voie reconnaître un lien avec l'enfant il devra passer
par toutes les difficultés que nous venons d'évoquer, et, au mieux, se
contenter d'une délégation d'autorité parentale.
La solution pour les couples homos reste donc pour
l'instant inchangée. Pour qu'elle évolue il faudrait que la décision du
8 juillet 2010 incite à une modification du droit d'adoption français en
faveur des couples pacsés ou en union libre, ou bien tout simplement que
la loi française autorise le mariage homosexuel.
Deux femmes reconnues comme
parentes adoptives: Christine Boutin s'indigne
Au lendemain de la décision de la Cour de cassation de valider
une décision de justice américaine et de reconnaître deux femmes comme
parentes adoptives, le parti Chrétien-démocrate de Christine Boutin crie
à la perte de souveraineté.
Le Parti Chrétien-Démocrate (PCD) de Christine Boutin
n'a pas tardé à réagir. Hier, la Cour de cassation validait en droit
français une décision de justice américaine accordant l'adoption
conjointe à un couple de femmes.
Aujourd'hui, le PDC s'insurge, et se demande si la France n'a pas
«décidé d'abandonner sa souveraineté». Le parti de Christine Boutin
(allié à l'UMP) estime que «les juges de la Cour de cassation
outrepassent leurs fonctions qui devraient être de défendre le droit
national et non de favoriser son détournement».
Le PCD rappelle notamment que la Cour européenne des droits de l'Homme
avait estimé le 24 juin que chaque Etat devait être libre de légiférer
comme bon lui semble en matière de droit au mariage homosexuel, suite au
pourvoi de deux gays Autrichiens qui souhaitaient se marier. Il est vrai
que la cour avait rejeté leur demande en se lavant les mains au passage
de cette question embarrassante, évoquant des «connotations sociales et
culturelles profondément ancrées qui diffèrent largement d'une société à
l'autre». Bref, à chaque Etat de se débrouiller.
Demain la polygamie?
Même s'il ne s'agissait que du mariage, c'est une aubaine pour le parti
de Chritine Boutin, qui s'engouffre dans la brèche: «alors que les juges
de la CEDH ont eu la sagesse de reconnaître la nécessité de traiter ces
questions dans le cadre national, faut-il que nos juges acceptent un
contournement pernicieux et symbolique de nos dispositions internes?».
Et d'achever par une comparaison du meilleur goût: «Si demain un
polygame vient nous dire que dans certains pays cette pratique est
autorisée, s'alignera-t-on aussi de la même manière? Cette confiscation
de la loi par des juges, capitulation sans précédent du droit français,
va à l'encontre des principes fondamentaux de notre démocratie», estime
le Parti Chrétien-Démocrate.
Du côté des réactions positives, l'Inter-LGBTs'était félicitée dès hier
soir de cette décision de la Cour de cassation. «Pour la première fois,
et par l'application d'une décision d'une justice étrangère, il y a une
reconnaissance implicite d'une famille homo-parentale via le biais d'un
couple bi-national», saluait Vincent Loiseau, porte-parole de
l'Inter-LGBT. Tout en déplorant l'immobilisme français sur cette
question, «alors que l'on sait que 57% des Français y sont favorables»,
soulignait-il, rappelant un sondage paru en novembre 2009 (lire
article sur ce sondage).
Insultes homophobes à Monaco: un
homme condamné à cinq jours de prison
Verdict sans précédent à l'encontre d'un homme reconnu coupable
d'avoir injurié, au moins à deux reprises, un gardien d'immeuble en
raison de son homosexualité. C'est la première fois que la justice
monégasque était saisie d'une affaire d'homophobie.
Verdict
sans précédent dans la lutte contre l'homophobie. Mardi, le tribunal
correctionnel de la principauté de Monaco a prononcé une peine de prison
ferme à l'encontre de l'agresseur récidiviste d'un homosexuel. Cinq
jours de réclusion assortis de 5 000 euros de dommages et intérêts.
Philippe A, un retraité de 52 ans, a été reconnu coupable d'avoir
proféré à deux reprises des insultes liées à l'orientation sexuelle
d'Arnaud C, un concierge de 33 ans. Tous les deux sont français résidant
à Monaco.
Les premiers faits remontent à janvier. L'agresseur était venu rendre
visite à sa mère qui habite, dans le centre de Monaco, la résidence où
la victime est gardien. Alors qu'il s'était entretenu avec lui, Philippe
lâche qu'il « vient de parler au petit pédé ». Une remarque prononcée à
haute voix qui n'échappe par au concierge. Il récidive début juin.
Témoignages à l'appui, Arnaud dépose plainte à chaque fois. Bien que
défendu par de nombreux copropriétaires venus le soutenir jusqu'à
l'audience, le jeune homme, dans ce contexte lourd, d'abord affecté par
des troubles du sommeil, tombe en dépression. Au terme de plusieurs
arrêts maladie, il est déclaré «inapte à travailler dans tout immeuble
où se trouve Monsieur A.». Avant qu'il ne perde son emploi et son
logement de fonction, il est pris une troisième fois à parti par son
agresseur le 29 juin.
«Ce n'est pas cher payé»
«Même si mon seul objectif était de mettre hors d'état de nuire cet
infâme individu, cinq jours de prison et 5 000 euros ce n'est pas cher
payé, minore Arnaud. Car, outre mon préjudice moral, je me retrouve
aujourd'hui au chômage et à la rue à cause de lui.»
Il n'empêche que le verdict fait la une de la presse cette semaine sur
le Rocher. Au-delà de sa sévérité «qui se justifie autant par les
insultes proférées, analyse un journaliste, que par la désinvolture de
leur auteur qui a prétexté une crise d'angoisse pour ne pas assister à
l'audience», c'est la première fois que la justice monégasque était
saisie d'une affaire d'homophobie. Aucune loi ne sanctionne ce type
d'agression en principauté. C'est désormais le cheval de bataille
d'Arnaud qui a tenté de sensibiliser la princesse Stéphanie à travers
son association Fight aids contre le sida et espère bientôt obtenir une
audience auprès du conseil national.
Le jeune homme est optimiste «car Monaco n'est pas homophobe. Il y a
beaucoup de gays ici qui vivent très bien». «L'homosexualité est
toujours taboue en principauté, mais de moins en moins», nuance notre
confrère. La preuve : songeant aux dernières insultes dont Arnaud a fait
l'objet, le procureur a prévenu à l'issue de son réquisitoire qu'il se
montrera « encore plus sévère pour la troisième plainte qui devrait être
jugée à l'automne.» L'affaire n'est pas terminée
La Cour de cassation ouvre une
brèche vers l'adoption pour les couples homos
Un arrêt de principe rendu jeudi reconnait sur le sol
français la validité d'une adoption obtenue par deux femmes aux
Etats-Unis. Une décision qui fera jurisprudence, et qui place la
législation française devant ses contradictions. Explications.
La
Cour de cassation a ordonné jeudi l'exécution en France d'une décision
de justice américaine selon laquelle un enfant adopté peut avoir pour
parents deux personnes de même sexe. Une décision qui crée un précédent
fondamental en matière d'adoption par les couples homos, qu'ils soient
ressortissants étrangers ou français.
«Partage de l'autorité parentale»
La haute juridiction ordonne qu'un jugement d'adoption prononcé aux
Etats-Unis au bénéfice de la compagne française de la mère américaine
d'une petite fille soit reconnu en France. Le statut équivalent de
parent est donc reconnu en France à un couple d'adoptants homosexuels
alors que dans l'état actuel du droit seul un parent adoptif peut être
reconnu, son concubin demeurant un tiers aux yeux de la loi.
Pour la cour de cassation, le refus d'exécuter dans
l'Hexagone le jugement américain ne peut se fonder sur le motif qu'il
heurte des principes essentiels du droit français. C'étaient les motifs
avancés par un arrêt de cour d'appel de Paris du 9 octobre 2008 qui
avait débouté les deux femmes de leur demande. Or il n'en est pas ainsi
de «la décision qui partage l'autorité parentale entre la mère et
l'adoptante de l'enfant», écrivent les magistrats dans leur arrêt.
Discrimination
«C'est un pas considérable fait vers l'égalité de traitement des enfants
élevés par deux femmes ou deux hommes», réagi Me Caroline Mécary,
l'avocate du couple contactée par TÊTU. Cet arrêt de la cour de
cassation signifie que «tous les couples de même sexe ayant obtenu une
décision d'adoption à l'étranger pourront la faire
reconnaître» en France sur la base de cette jurisprudence. Cela concerne
quelques centaines de dossiers à l'heure actuelle, estime l'avocate,
mais ce chiffre devrait grossir au fur et à mesure que des pays
étrangers reconnaissent l'adoption par des couples homos.
Mais par ailleurs, Me Mécary estime que «se trouve
posée la question de la pertinence de la législation française actuelle
qui ne permet pas l'adoption par le second parent de même sexe et
l'adoption par des concubins ou des pacsés, quel que soit leur
orientation sexuelle». Si désormais deux parents homos étrangers peuvent
être considérés légalement comme parents en France, une discrimination
s'établit de fait avec les couples homos français qui se voient refuser
une demande d'adoption. Ce type de discrimination, «à rebours», précise
Caroline Mécary, devrait donc contraindre le législateur à revoir la loi
sur l'adoption, dont l'essentiel des termes date de 1966.
Pologne: Le nouveau président
devra composer avec les questions gays
Le libéral Komorowski a remporté les élections
présidentielles en Pologne. Mais son avance plus limitée que prévu
montre qu'il lui faudra composer avec la gauche, plus tolérante sur les
questions de mœurs en général et l'homosexualité en particulier.
Le
suspense a pris fin dimanche soir avec la publication des résultats
définitifs du vote des Polonais. Bronislaw Komorowski, président par
intérim issu du parti au pouvoir Plate-forme civique, a été élu à la
tête de la Pologne avec 53% des voix. Il faisait face au conservateur
Jaroslaw Kaczynski, le frère de l'ancien président tué dans un accident
d'avion le 10 avril dernier.
Pas de déclarations homophobes
Première surprise, l'écart entre les deux candidats a été plus serré que
prévu. Certains sondages comme celui du journal Gazeta Wyborcza
donnaient en effet Komorowski vainqueur dès le premier tour! Il faut
dire que son adversaire a été particulièrement habile dans la gestion de
son image. Jaroslaw Kaczynski s'est particulièrement appliqué à gommer
son agressivité naturelle et sa propension à la controverse. Morceau
choisi: c'est lui qui avait soutenu en 2005 : « l'affirmation de
l'homosexualité conduira à la ruine de la civilisation». Pour cette
campagne, il a soigneusement évité la polémique en n'abordant que des
thèmes rassembleurs. Le vainqueur, de son côté, ne s'est jamais
distingué par des déclarations homophobes, quoique son parti de droite
libérale ne fasse pas mystère de convictions peu progressistes en
matière de mœurs.
Le réel imprévu est plutôt venu de la gauche, que les analystes disaient
moribonde en Pologne. Le candidat du parti SLD (gauche démocratique),
Grezgorz Napieralski, a remporté 13,6% des suffrages au premier tour,
alors que les sondages le créditaient de 3 à 10% des intentions de
votes. Les médias l'attendaient donc comme l'arbitre du second tour. Le
jeune homme politique, 36 ans, ne cachait pas le prix de son soutien:
adhésion à la Charte des droits fondamentaux (que l'ancien président
avait refusée afin de ne pas accorder trop de droits aux gays),
introduction de la parité hommes/femmes aux élections, retrait des
troupes polonaises en Afghanistan. Son parti prépare par ailleurs un
projet de loi sur un partenariat civil ouvert aux homosexuels.
Patience et combativité
Finalement, Napieralski n'appellera à voter pour aucun des deux
candidats, ses conditions n'ayant pas été satisfaites. Les résultats
prouvent logiquement que les voix de gauche se sont majoritairement
reportées vers Komorowski, pro-européen et plus centriste. Celui-ci
devra donc compter avec cet électorat jeune plus ouvert sur des
questions sociales. Prochain enjeu: les élections législatives au
premier semestre 2011, qui pourraient de nouveau renverser la vapeur.
Mais les LGBT polonais devront surtout s'armer de patience et de
combativité pour voir leur situation s'améliorer: pas de loi
anti-discrimination, pas d'union civile, pas de législation
anti-discours de haine, le chemin vers l'égalité reste long à parcourir
en Pologne
Centre d’archives LGBT de
Paris: enfin du neuf à la rentrée?
Yagg fait le point sur ce projet et son état
d’avancement, alors qu’il semble stagner depuis plusieurs années.
« INTERLOCUTEUR OPÉRATIONNEL »
« Le vendredi 18 juin, une lettre a été envoyée à la Mairie de Paris par
les légataires testamentaires de Jean Le Bitoux, son dernier compagnon
et son ex-compagnon, et par les frères de Jean Le Bitoux », explique à
Yagg Hussein Bourgi, président du
Mémorial de la déportation homosexuelle. Ce courrier comportait deux
demandes du fondateur de Gai Pied: « il informe d’abord du legs
indivisible des archives et que ce legs indissociable est destiné au
Centre d’archives LGBT. Puis ses héritiers et ses frères demandent au
Maire de Paris de désigner un « interlocuteur opérationnel ». Cet
interlocuteur sera chargé de mettre en œuvre la donation. Soit la Mairie
de Paris est en mesure de réceptionner les archives et les stocker le
temps que le centre sorte de terre, soit il faudra que les héritiers les
conservent en attendant ».
« Depuis le décès de Jean Le Bitoux, je suis cet
interlocuteur, précise à Yagg Philippe Lasnier, qui s’occupe des
questions LGBT à la Mairie de Paris. Ces archives représentent environ 2
mètres cube, soit 40 cartons, ajoute-t-il. La recherche de lieu de
stockageen attendant que le centre ouvre est en
cours ».
« J’ai rencontré à trois reprises Jean Le Bitoux dans
les mois qui ont précédé son décès, déclare à Yagg Louis-Georges Tin, du
Comité Idaho, chargé du dossier du centre. Il m’avait exprimé son désir
de nous confier ses archives, comme il l’a confirmé dans son testament.
C’est le fruit d’un accord élaboré depuis près d’un an. Sa décision a
suscité en moi une certaine émotion, mais aussi un sentiment très fort
de responsabilité. Il s’agit de Jean Le Bitoux: il représente à lui tout
seul cinquante ans de mobilisation gay et lesbienne, de la mémoire de la
déportation au sida en passant par Gai Pied« .
« LE PROJET DOIT ÊTRE MENÉ À BIEN »
La Ville de Paris est en attente d’un Centre d’archives LGBT depuis des
années mais il se pourrait bien que ce projet prenne un nouveau tournant
dès la rentrée prochaine.
« Le projet date de 2001. L’Inter-LGBT le portait et
l’a fait valider par le Maire de Paris. C’est une institution montée
sous la houlette de Jean Le Bitoux, rappelle Philippe Lasnier. Il y a eu
des polémiques de quelques personnes qui voulaient être dans les
instances mais la Mairie n’impose rien, on ne donne pas d’ordres aux
associations, ajoute-t-il. Il y a eu également des attaques violentes,
surtout lorsque Jean Le Bitoux était malade. Avec le travail en aval de
Jean Le Bitoux, Louis-Georges Tin a réussi à mettre les gens autour de
la table. Le projet doit être mené à bien. L’urgence est que rien ne se
perde. La priorité sont les documents audios et écrits. La Ville est
prête à dénicher un local qui soit bien placé en termes logistique et
humain mais elle ne veut pas financer le projet à elle seule parce que
le centre a vocation à être francilien. Il y a eu une demande concrète
d’aide à la Ville pour un local et une subvention, mais on ne pourra pas
tout financer. Pour le moment, on attend la demande de l’association
pilotée par Louis-Georges Tin. Rien n’a bougé depuis quelques années,
mais il y aura une concrétisation s’il n’y a pas de polémique ».
« APLANIR LES DIFFICULTÉS PASSÉES »
« Les travaux sont en cours, confirme Louis-Georges Tin. La prochaine
étape se fera d’ici la rentrée avec des négociations pour terminer le
projet. Puis un rapport sera adressé à la Mairie, à la Région et à
l’État. La mission est d’accueillir toutes les archives. Nous avons déjà
pris des contacts et obtenu des promesses de dons d’archives de
personnes LGBT âgées, mais aussi de politiques qui ont joué un rôle
important ces dernières années. Mon travail était de les réunir mais
aussi d’aplanir les difficultés passées. La Mairie a fait appel à moi
pour faire le lien entre les différents interlocuteurs, et mener le
projet à son terme ».
Les huit revendications du
collectif LGBT «Egalité des Droits»
Plus d'une vingtaine d'associations a décidé de miser sur le
collectif. Autour d'une campagne et d'une pétition commune, elles
veulent créer un large rassemblement et placer les droits LGBT au cœur
des prochaines campagnes électorales. Découvrez leurs revendications.
Face à «la stagnation des droits des trans, des pédés
et des gouines», l'heure est au rassemblement. Plusieurs associations se
sont ainsi regroupées et ont lancé il y a quelques jours la campagne
Egalité des droits. A l'origine de cette initiative: un noyau dur,
composé des Panthères Roses, d'Outtrans, d'Etudions Gayment, de Helem et
de l'association nantaise MixCité. Ensemble, elles ont trouvé un terrain
d'entente autour de huit revendications, qui constituent le socle de la
campagne et la base de leur union.
Ainsi, elles exigent : un mariage et une adoption uniques quelque soit
le sexe des partenaires, l'accès aux PMA (Procréations médicalement
assistées) pour tous, l'accès au droit au séjour pour les couples non
européens pacsés, le don du sang accessible à touTEs, la possibilité de
modifier son état civil sur simple déclaration, une lutte effective
contre les discriminations liées au sexe, à la sexualité et à l'identité
de genre et la reconnaissance comme discrimination par la Halde et
l'Etat de la transphobie. «Ce sont des revendications simples, les plus
basiques et les plus urgentes, explique Raphael, militant des Panthères
roses, qui travaille à l'élaboration de cette plate forme depuis plus de
six mois. Nous avons un problème de mobilisation de masse. Il fallait
définir ce qui pouvait tous nous regrouper pour créer le rassemblement
le plus large possible. Nous avons vocation à être rejoints par toutes
les associations LGBT et toutes celles qui luttent contre les
discriminations, ainsi que par les partis politiques et les syndicats.»
Des centaines de signatures
Mise en ligne la semaine dernière, la pétition a déjà recueilli des
centaines de signatures et attiré le NPA, le syndicat Solidaires et une
vingtaine d'autres associations. Parmi elles, plusieurs Centre gay et
lesbien, dont ceux de Paris, Rennes et Strasbourg, le collectif contre
l'homophobie et la LGP de Montpellier, Homozygotes, les Alternatifs ou
des Ils et des Elles. Toutes viennent d'horizons divers, leurs
revendications et leurs moyens d'actions peuvent varier, la seule
condition pour entrer dans le collectif est de souscrire aux 8 points
cardinaux de la
plate-forme. «Tout le monde est bienvenu», clame Raphael avant de
confier que, pour favoriser le rassemblement, même les toujours
turbulentes Panthères ont accepté de faire quelques concessions et que
«chacun a mis de l'eau dans son vin».
Cet œcuménisme, tous le veulent durable et l'objectif de la campagne
paraît ambitieux. Le collectif espère imposer ses revendications dans
les campagnes électorales qui approchent et faire de la plate-forme une
sorte de pacte auquel devront adhérer «tous les candidats
progressistes». «Nous souhaitons que les partis politiques signent la
plate-forme et que les candidats s'engagent sur ces points et les
reprennent dans leur programme, annonce Raphael. Et plus nous serons
nombreux et rassemblés, plus ce sera facile de mettre en place l'égalité
des droits.»
Contact: «Nous voulons être
encore plus présents dans la lutte contre l'homophobie»
L'association Contact favorise le dialogue entre les enfants
homosexuels et leurs parents. Elle vient d'achever sa 1ère édition du
festival «Un Printemps pour le Dialogue en Île-de-France». Entretien
avec Jean-Claude Pinchon, le président de Contact.
Contact
est née dans l'esprit de cet ancien président du «MAG - Jeunes Gais,
Lesbiennes, Bi et Trans», qui se trouvait très fréquemment interpellé
par les jeunes de l'association sur la difficulté à confier leur
homosexualité à leurs parents, aboutissant parfois à des relations
familiales conflictuelles voire à une rupture. Ressentant la nécessité
de répondre à ce problème et suite à sa rencontre aux Etats-Unis avec
Paulette Goodman, présidente de la fédération PFLAG (Parents, Families
and Friends of Lesbians and Gays) au printemps 1992, des groupes de
parole sur ce thème se sont dans un premier temps mis en place au sein
du MAG. Dans un second temps, grâce au soutien de quelques parents et
amis, Jean-Pierre Pinchon (photo) crée l'association Contact et la
déclare officiellement début 1993.
TÊTU: Comment avez-vous eu l'idée de créer «Un Printemps pour le
Dialogue en Île-de-France»? Jean-Claude Pinchon: Depuis plus de 15 ans, Contact*
mène de nombreuses actions afin d'améliorer le dialogue et l'acceptation
mutuelle dans les familles concernées par l'homosexualité et/ou
l'homophobie, la plupart menée au sein de notre local situé au cœur de
Paris. Depuis quelques années, nos interventions en milieu scolaire nous
ont amenés à rencontrer des publics plus variés, comme par exemple les
personnels infirmiers et sociaux des établissements scolaires. Nous
avons voulu amplifier ce mouvement en engageant la discussion sur ces
thématiques avec des populations qui ne sont pas nécessairement
concernées directement, mais peuvent avoir des amis ou des membres de
leur famille qui le sont, ou simplement des personnes qui sont
intéressées par les sujets de société en général. Et pour éviter de
limiter le public à celui du quartier où se situe notre lieu d'accueil,
nous avons proposé à une vingtaine de mairies d'Ile-de-France
d'accueillir une étape du festival.
Quel bilan dressez-vous ?
Pour cette 1ère édition, peu de mairies ont répondu à notre proposition
mais celles qui l'ont fait ont montré un grand intérêt. Au final, nous
avons réussi à programmer 5 étapes: deux à Montreuil (93), qui
souhaitait amener le débat dans les quartiers sud et nord de la ville,
deux à Paris (dans le 18e et dans le 19e) et une dernière étape à
Saint-Denis (93) qui a dû être reportée à la dernière minute. La
fréquentation n'a pas été très importante mais les échanges fort
intéressants qui ont émaillé chacune des projections-débats nous
confortent dans l'idée que ce type d'événement est à reproduire, en
travaillant certainement de façon plus approfondie le plan de
communication locale. Ce sera très probablement une des priorités pour
l'édition 2011 de ce festival qui a été très apprécié des mairies qui
nous ont accueillis et que nous pensons reconduire chaque année afin
d'être encore plus présent dans la lutte contre les discriminations en
général, et l'homophobie en particulier, et faire avancer les droits des
LGBT.
Y aura-t-il d'autres initiatives du même ordre en province ?
En région Midi-Pyrénées, Contact organise également un festival
itinérant. D'autres initiatives pourraient voir le jour dans d'autres
régions, à surveiller de près auprès de l'association la plus proche de
chez vous...
Quelles nouvelles perspectives après votre congrès annuel ?
Nous avons plusieurs projets d'envergure au sein de l'association, comme
par exemple le rafraichissement de notre brochure à destination des
jeunes, homos, bis ou qui se posent des questions. Nous souhaitons aussi
mettre en place une ligne d'écoute nationale, alors qu'aujourd'hui
chaque association communique sur un numéro local disponible plusieurs
heures par semaine. Ceci afin de pouvoir proposer une écoute sur des
créneaux horaires beaucoup plus amples. Enfin, nous pensons aussi lancer
une rénovation du site internet et quelques autres projets permettant de
poursuivre le développement des activités de l'association, pourquoi pas
sur de nouveaux territoires si des groupes de volontaires venaient à se
former.
Des projets pour la rentrée ?
Nous avons récemment mis au point un nouveau module d'intervention en
milieu scolaire pour discuter avec les collégiens du modèle
garçon/fille, et plus largement des questions de stéréotypes, pour
aborder les questions de discriminations liées au sexisme et à
l'homophobie. La rentrée scolaire sera l'occasion de commencer à le
mettre en pratique de façon plus intense. Nous envisageons aussi de
reproduire une projection-débat avec le «MAG - Jeunes Gais, Lesbiennes,
Bi et Trans» et d'autres associations étudiantes pour permettre de
renforcer le dialogue entre les jeunes et leurs parents. Enfin, la
rentrée sera l'occasion de commencer à travailler sur la prochaine
édition du festival «Un Printemps pour le Dialogue» en parallèle de nos
activités récurrentes que sont les groupes de parole, l'écoute
téléphonique anonyme, les réunions inter-associatives ou encore des
activités ludiques comme «Les sorties du placard».
Guerre des associations: il y
aura deux marches des fiertés à Marseille
Dans la cité phocéenne, deux parades gays auront lieu à une
semaine d'intervalle. C'est une guerre entre associations qui est à
l'origine de ces scissions. Retour sur des mois de tensions dans le
milieu marseillais.
A Marseille, la communauté LGBT a explosé et la
marche des fiertés a été emportée dans ses divisions. Cette année, elle
se scindera en deux défilés, qui auront lieu les 3 et 10 juillet. A
l'origine de cette ambiance délétère: un affrontement entre deux
associations, Fiertés de Provence et Tous&Go. Et entre ces frères
ennemis, les rancunes sont tenaces, les accusations et les attaques
personnelles fusent, les dérapages sont nombreux et ont déjà donné lieu
à des dépôts de plainte.
«Chasse à l'homme»
Ces deux associations sont nées en début d'année, sur les ruines de la
Lesbian and gay pride de Marseille. Cette association originelle a
disparu en janvier après avoir perdu l'agrément de la Coordination
Interpride de France (CIF) pour organiser la marche et utiliser la
marque gay pride. «La communauté LGBT de Marseille n'en pouvait plus de
l'opacité et du manque de démocratie de la LGP et nous avons saisi la
CIF pour leur signaler des pratiques qui allaient à l'encontre de la
charte éthique», explique Christophe Lopez, président de Tous&Go. A
l'époque, Sébastien Gony, président de Fiertés de Provence, dirigeait la
LGP et son analyse est différente. Lui dénonce une collusion entre
Christophe Lopez et la CIF, qui auraient mené une chasse à l'homme pour
satisfaire l'ambition personnelle du président de Tous&Go. «Nous avions
des problèmes financiers et nos statuts déposés à la préfecture
n'étaient pas à jour, reconnaît-il. Mais la CIF a mené un double jeu, un
travail de longue haleine pour nous éliminer au profit de Christophe
Lopez.»
Aussitôt la LGP éteinte, chacun a monté sa propre
association avec un but: décrocher le label gay pride auprès de la CIF.
En avril, c'est Tous&Go qui a obtenu ce sésame. «Nous fédérons des
commerces et des associations, une équipe compétente et motivée, qui
veut faire de la gay pride de Marseille une des plus importantes de
Méditerranée. Il faut respecter le choix de la CIF», clame Christophe
Lopez. Pour Sébastien Gony, le match n'était pas équitable, presque joué
d'avance, et la CIF les aurait défavorisés. Mais il affirme avoir été
prêt à rejoindre la gay pride organisée par Tous&Go. «Même si de
mauvaises personnes le conduisent, leur projet est beau. Ce n'était pas
notre intention de faire deux marches mais M. Lopez a envoyé un
communiqué nous interdisant de participer à la gay pride. On peut se
demander où est sa charte éthique!» Christophe Lopez estime de son côté
avoir tout fait pour éviter la séparation des défilés: «Nous avons tenté
de nombreuses négociations mais ils ont semé la division, multiplié les
attaques, c'est allé très loin, ce n'était plus possible. S'ils veulent
défiler à trois, qu'ils le fassent.»
«Aucun rapprochement possible»
Fiertés de Provence a obtenu de la municipalité le droit de manifester
le 3 juillet, date rituelle des marches marseillaises, et table sur un
cortège plus fourni que ce que ne lui prédit son adversaire. «Tous&Go ne
fait pas l'unanimité, ils sont tenus par de nombreux engagements
politiques et financiers. Beaucoup de commerces et d'associations nous
ont rejoints», affirme Sébastien Gony. Pour éviter la concurrence de la
gay pride de Barcelone, Tous&Go marchera le 10 juillet et promet un
défilé d'une ampleur inédite à Marseille. Ce jour là, Sébastien Gony
appelle les LGBT de Marseille à rejoindre Nice, pour participer à la
Pink Parade, défilé lui-aussi dissident de la CIF.
Sur le long terme, il estime qu'«aucun rapprochement
n'est possible» avec Tous&Go. Mais il compte «poursuivre le travail,
pour faire vivre un milieu LGBT à Marseille et créer une nouvelle
dynamique.» L'ambition de Christian Lopez paraît proche : «On veut
redonner de la visibilité et de la lisibilité à la communauté
marseillaise, qui est souvent laissée pour compte». Et les deux hommes
tombent d'accord sur un autre point: tous les deux jugent la situation
«triste» et «déplorable».
Un Algérien gay et pacsé évite de
justesse l'expulsion de France
Saïd risquait une expulsion après le rejet de son dossier de
demande d'asile en décembre.
Il
s'en est fallu de peu. Saïd a obtenu vendredi 25 juin le statut de
réfugié, annoncent dans un communiqué Lesbian and gay pride Lyon et
l'Association de reconnaissance des droits des personnes homosexuelles
et transsexuelles à l'immigration et au séjour (Ardhis).
Cet Algérien vit depuis trois ans à Lyon avec René, avec qui il s'est
pacsé. «Il y a deux ans, racontent les deux associations, Saïd avait
demandé l'asile du fait de craintes de persécutions en tant
qu'homosexuel en Algérie, mais sa demande a été successivement rejetée
par l'Ofpra (Office français pour les réfugiés et apatrides) puis par la
Cour nationale du droit d'asile en décembre dernier.»
En centre de rétention
N'ayant pu suspendre l'expulsion, Saïd a été arrêté et placé en centre
de rétention il y a trois semaines. Il ne doit son salut qu'à une
demande de réexamen en urgence de son dossier à l'Ofpra. On connait
désormais le dénouement.
L'Ardhis et la Lesbian and gay pride Lyon reconnaissent «une décision
particulièrement forte de l'Ofpra». Elles soulignent que si l'Office «ne
lui avait pas octroyé le statut de réfugié, Saïd pourrait être
aujourd'hui en Algérie séparé de son compagnon».
Dépistage: le Conseil national du
sida montre les crocs
Deux instances clés de la santé publique jugent inadéquat le
projet de plan de lutte contre le sida du ministère de la santé.
Le Conseil national du sida (CNS) et la Conférence
nationale de santé ont rendu public un avis conjoint sur le projet de
plan national VIH/sida-IST 2010-2014, censé guider la politique
publique française de lutte contre le sida. Vous avez bien lu, ce projet
évoque 2010, et nous sommes déjà au milieu de l'année. La lutte contre
la pandémie n'apparaît pas urgente à tout le monde.
Saisies par la Direction générale de la santé (DGS, c'est-à-dire le
ministère), les deux instances jugent le projet de plan «incapable de
répondre aux enjeux actuels de la lutte contre le sida et les IST.»
Contre l'ensemble des avis d'experts, aucune redéfinition radicale de la
politique de dépistage n'est engagée. L'avis regrette également «les
contradictions persistantes entre les politiques de santé et les autres
politiques publiques, en particulier de sécurité et d'immigration». Mais
ce n'est pas tout, le CNS sort de sa torpeur pour demander la garantie
d' un accès universel à la prévention et aux soins, avant de déplorer
dans ce domaine, «l'effondrement du leadership de la France à la fin des
années 2000».
Pas assez de dépistage
Faut-il comprendre que le CNS met un zéro pointé à la DGS? Pas
exactement, il s'agit plutôt d'un avertissement, ou d'un rappel des
priorités. On peut légitimement se demander pourquoi la DGS a commandé
un rapport d'experts, si c'est pour faire l'inverse de ce qui est
préconisé. Serait-ce un mal français? Suite à la publication de cet avis
critique, le ministère a indiqué qu'il allait «nourrir la phase finale
d'élaboration du plan qui sera rendu public dans les semaines qui
viennent».
La Haute autorité de santé (HAS) avait elle aussi préconisé que le
dépistage soit proposé systématiquement à toute la population, de 15 à
70 ans et qu'il soit renforcé pour les groupes estimés plus vulnérables,
comme les gays. En France, 40 à 50.000 personnes vivent avec le VIH sans
le savoir. Une personne sur deux est dépistée tardivement, et les
conséquences sont parfois dramatiques. «210 personnes meurent chaque
année pour avoir été prises en charge tardivement», a ainsi souligné le
Pr Willy Rozenbaum, président du CNS
Act Up lance un site de
prévention, à fréquenter avant de coucher
Sur reactup.fr, les internautes peuvent s'informer et
vérifier leurs connaissances sur la transmission du VIH et des IST.
Il était très attendu, le voilà enfin! Le site de
prévention créé par Act Up-Paris est enfin on line. La trépidante
association le définit comme «un site web de vulgarisation scientifique
et d’empowerment des gays sur la prévention». En français courant, ça
veut dire que chacun de nous se prend en charge pour s'informer avant
tout plan cul et surtout vérifier que les connaissances que l'on croit
avoir correspondent (ou pas) à des réalités scientifiques.
Site ouvert et participatif
De nombreuses idées fausses circulent encore aujourd'hui. C'est en
voyant combien Internet véhiculait parfois des idées simplistes ou
dangereuses que l'équipe d'activistes a décidé de réagir. REACTUP,
puisque c'est son nom, souhaite délivrer «une information fiable et
objective sur la transmission du VIH et des Infection Sexuellement
Transmissibles (IST), l’épidémiologie ou les différentes approches de
prévention.» Les porteurs du projet ont voulu un site ouvert et
participatif: «Nous souhaitons promouvoir au travers de ce site une
discussion argumentée sur des faits, constructive et non partisane sur
la prévention du sida et la santé sexuelle dans la communauté gay.»
Les articles recensées sont ainsi distincts du commentaire de la
rédaction, tout comme des opinions d’Act Up-Paris, exprimées par
ailleurs. Allez le découvrir, c'est intelligent et parfois surprenant.
Sida Info Service enquête sur
les usages du dépistage VIH
L’association Sida Info Service lance une enquête
sur son site pour en savoir plus sur les usages actuels du dépistage
VIH et le profil des personnes passant un test, et pour connaitre les
freins à ce dépistage en 2010.
Une enquête importante pour
Sida Info Service qui fait un triste constat: en France, environ
un tiers des personnes séropositives ignorerait leur statut vis-à-vis
du virus du sida. Ce retard au dépistage met en évidence la nécessité
d’élargir l’offre des tests.
L’association insiste sur ses deux objectifs:
éviter de nouvelles contaminations via la connaissance personnelle de
son statut vis-à-vis du VIH et permettre une prise en charge précoce
de l’infection afin d’empêcher ainsi l’entrée dans la maladie.
Retrouvez ce questionnaire anonyme et rapide (5 à
10 minutes) sur
Sida Info Service. Il s’adresse aux personnes de 16 ans ou plus ne
connaissant pas leur statut VIH.
Le dépistage, pour soi et pour
les autres: la nouvelle campagne de la mairie de Paris
Comme chaque année, ces messages de prévention feront leur
apparition dans les rues de la capitale à la mi-juillet, en version homo
et hétéro, regardez.
L'été: ses rencontres, ses amours, ses plaisirs... et
sa campagne de prévention de la mairie de Paris. Comme tous les ans, la
Ville profite de la saison estivale pour rappeler qu'il faut rester
vigilant, en organisant un concours d'affiches auprès de l'Ecole
Professionnelle Supérieure d'Arts Graphiques et d'Architecture.
Cette année c'est le thème du dépistage qui est mis en avant. Des
enquêtes récentes ont en effet révélé chez les gays une méconnaissance
préoccupante de leur statut sérologique. Or, comme le rappelle la
campagne, ignorer sa séropositivité c'est prendre le risque d'être pris
en charge trop tard. Et c'est aussi mettre en danger ses partenaires.
Une ignorance préjudiciable à soi et aux autres illustrée ici en deux
versions (homo et hétéro) sur les affiches retenues par la Mairie de
Paris.
Centres de dépistagerapide
Si ce message vous incite à faire le point, vous pouvez profiter à Paris
des centres de dépistages rapides, comme le Checkpoint (lire
reportage), ou le 190 (lire
autre reportage). Pour toutes les autres adresses, à Paris et en
Province, contactez
Sida Info Service au 0 800 840 800.
Ces visuels seront placardés dans la rue en deux temps à partir du 14
juillet et jusqu'au 28 août, avant une piqûre de rappel cet hiver. Ils
seront aussi décliné en cartes postales gratuites: 40 000 "Carte'com»
seront distribuées dans les bars, restaurants et autres lieux de
convivialité de la capitale.
Cinq bonnes raisons d’aller fêter
l’Europride à Varsovie
Et si vous alliez à l'Europride de Varsovie ce mois-ci? La
Pologne, à un tournant de son histoire tourmentée, accueille cette année
la gay pride européenne… En chemin, vous pourriez même découvrir une
ville pleine de ressources et où il fait bon passer un grand week-end.
Du 9 au 18 juillet, Varsovie va voir l'arc-en-ciel!
L'Europride, après avoir réuni 50.000 marcheurs à Zurich l'an dernier,
aura lieu cette année dans la capitale polonaise, avec un défilé qui
démarrera le 17 juillet du centre-ville. Les organisateurs n'attendent
plus que vous pour défiler! Alors, bien sûr, la Pologne n'est pas
exactement le premier lieu qui vient à l'idée quand on choisit une
destination pour l'été… Pourtant, on peut apprécier le séjour sans avoir
l'âme d'un grand militant… On vous explique pourquoi, en cinq raisons.
Parce
que ce sera un événement important
Avec le second tour de l'élection présidentielle début juillet, qui
opposera Jaroslaw Kaczynski, le frère jumeau du président homophobe
décédé en avril, à Bronislaw Komorowski, guère plus gay-friendly mais au
projet de société tout de même plus libéral (lire
article), la Pologne est à un tournant de son histoire. Raison de
plus d'y aller pour encourager les homos polonais et afficher sa fierté
en Europe centrale (qui accueille pour la première fois cet événement).
Dans ce pays, si l'homosexualité a en effet été
dépénalisée dès les années 1930 (sous l'influence du Code civil
français), les homos ne bénéficient d'aucune reconnaissance de leur
couple ni de protection contre les discriminations. Mais le climat
homophobe qui règne encore dans ce pays très catholique ne se ressent
pas vraiment dans la capitale, et les gay prides qui y ont lieu presque
chaque année sont bien encadrées par la police.
Pour
découvrir Varsovie
Cette ville de deux millions d'habitants est passionnante. Son histoire
est pour le moins tourmentée. On sait qu'elle a été occupée à de
nombreuses reprises, arrachée par les Allemands et par les Russes au 20e
siècle et presque entièrement rasée pour s'être rebellée contre
l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, si la Vieille
ville au cachet moyenâgeux a été classée au Patrimoine mondial de
l'humanité par l'Unesco, c'est aussi en raison du courage des Polonais,
qui
sont venus dans les années 1950 de tout le pays reconstruire leur
capitale, presque sans argent, donc avec les moyens de l'époque.
Certains bâtiments, comme l'église du Sacré-Cœur, ont pu être
reconstruits à l'identique grâce au trait précis des tableaux de
Canaletto! On peut donc avoir devant ses yeux la copie, et dans ses
mains l'original…
Aujourd'hui, parcourir Varsovie offre des émotions
multiples. Outre la Vieille ville et la Voie royale qu'on ne manquera
pas, la capitale est composée de larges avenues, des gratte-ciels de
banques ou d'hôtels accolés à des barres d'immeubles dont on connaît le
style dans nos banlieues. Et aussi le beau
Palais de la science et de la culture offert par Staline, quatrième
bâtiment le plus haut de l'Union européenne, qui se fondrait comme un
charme au bord de Central Park. Ce mélange des genres ne cesse d'étonner
et constitue le cœur même d'une visite à Varsovie. Sans oublier bien sûr
le ghetto juif, dont il ne reste rien qu'un monument bouleversant dédiée
aux héros martyrs de l'insurrection contre les nazis.
Pour
l'exposition «Ars Homo Erotica»
On vous en a déjà parlé (voir
visite guidée), l'expo que l'on peut voir tout l'été au
Musée national de Varsovie vaut largement le détour. Plus qu'un
événement local qui vise à bouleverser les consciences des Polonais, son
intérêt dépasse les frontières et constitue une jolie réflexion sur
l'art classique, contemporain, leurs interactions et la sexualité faite
art… L'anecdote qui fait rire les gays locaux est que l'arrière du musée
est depuis des dizaines d'années un lieu de drague bien connue. C'est
comme si l'esprit de tous les gays qui y sont passés était finalement
entré dans le bâtiment!
Bien sûr, une telle exposition en Pologne n'est pas allée sans faire
grincer quelques dents. Ces dernières semaines, une pétition circule
même pour exiger la démission du nouveau conservateur du musée. La
réaction (ou non) du futur président polonais sera l'occasion de tester
son goût pour la liberté d'expression…
Pour
la vie gay et lesbienne de Varsovie
Mais si! On peut s'amuser à Varsovie! On a testé pour
vous, l'ambiance des bars gays y est des plus chaleureuses. La plupart
accueille d'ailleurs les filles qui aiment les filles avec le plus grand
naturel. Le Rasko, par exemple, avec son ambiance «boum» étudiante, est
très relax avec ces airs de paillotte et sa large terrasse. Le Galeria
possède une ambiance plus mâle, avec une spécialité de grands spectacles
de travestis sur des tubes polonais… Et si vous arrivez à le trouver en
fond de cour, le Fantom est un sex-club quasi historique car c'est le
plus vieux bars à mecs d'Europe centrale, ouvert dès les années 1990 par
une rock star locale…
Toutes ces adresses, et bien d'autres, peuvent être
consultées
sur ce site (en anglais).
Pour Chopin
Impossible de le manquer: il est partout. Le grand
compositeur a beau avoir eu des rapports conflictuels avec la Pologne,
qu'il a quittée définitivement en 1830, il s'est nourri du romantisme de
son époque et de cette ville. Pour cette année qui célèbre le
bicentenaire de sa naissance, la ville vient de se doter d'un
ultra-moderne
Musée Chopin composée de onze salles dont chacune offre un accès à
une partie de son univers, avec des dizaines de bornes d'écoute à
lecture magnétique. Mais dans toute la ville vous trouverez des statues,
des plaques élévrant des événements –jusqu'à la maison de naissance de
son père!– et surtout d'innombrables concerts, dont certains gratuits et
en plein air dans le
parc Lazienki.
INFOS PRATIQUES
Pour rejoindre l'Europride, nous vous recommandons le site
discover-poland
qui a négocié des tarifs avec des hôtels de Varsovie. De toute façon,
certains établissements, dont les hôtels cinq étoiles
Radisson Blu (non loin des lieux gays) ou
Hilton (et sa piscine de grande taille) proposent des tarifs
spéciaux durant l'Europride avec un service gay-friendly.
La première ministre islandaise
se marie avec sa compagne
Le jour même de l'entrée en vigueur du mariage ouvert aux homos
en Islande, la première ministre islandaise s'est unie avec sa compagne.
Les deux femmes vivaient ensemble depuis plusieurs années sous le régime
d'«union civile».
Dimanche,
jour de l'entrée en vigueur de la loi légalisant les mariages
homosexuels en Islande, était aussi un jour de fête pour le chef du
gouvernement du pays nordique. Ouvertement lesbienne, la sociale
démocrate Johanna Sigurdardottir (photo) a enfin passé, au moins
symboliquement, la bague au doigt de sa partenaire de longue date,
Jonina Leosdottir.
Pas de grands changements
Les deux femmes vivaient déjà depuis plusieurs années sous le régime
d'«union civile», un contrat créé en 1996 qui donne les mêmes droits aux
couples homos et hétéros, mais qui n'est pas un véritable mariage.
Or le Parlement islandais a adopté à l'unanimité le
12 juin l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, une loi qui est
entrée en vigueur dimanche. Comme la première ministre et sa compagne,
les couples déjà unis civilement doivent demander une validation de leur
union signifiant qu'ils sont bel et bien mariés et qu'ils sont désormais
des «époux».
Mariage religieux autorisé D'après la loi, l'Eglise protestante aura même la possibilité
de marier des couples homos dans les lieux de culte. Pour mémoire,
l'Islande autorise aussi depuis 2006 l'adoption par des couples homos.
La Finlande se prépare à ouvrir
le mariage aux couples gays et lesbiens
Les autorités finlandaises envisagent l’introduction du mariage des
personnes de même sexe. À l’automne prochain, le ministère de la Justice
étudiera les façons de modifier le code civil de manière à ce que tous
les couples puissent contracter mariage, quel que soit le sexe des
conjoints. L’étude portera également sur l’adoption homoparentale.
Les couples gays et lesbiens ont déjà la possibilité d’adopter en
Finlande, mais uniquement un enfant du cercle familial.
Tuija Brax, la ministre finlandaise de la Justice, a rappelé que
la Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation
sexuelle.
Pratiquement tous les grands partis politiques du pays approuvent
l’ouverture du mariage aux personnes du même sexe, à l’exception du
parti de la Première ministre Mari Kiviniemi.
Quant à la possibilité de se marier à l’église, ce n’est pas au
Parlement d’en décider. L’église finlandaise devra examiner la question
de son côté.
Aux États-Unis, Google va
augmenter ses salarié-e-s homos pour compenser un surplus d’imposition
Parce qu’il n’est pas juste que les couples gays et
lesbiens engagés dans des partenariats enregistrés paient des impôts
supérieurs aux couples hétérosexuels mariés, Google – qui a fait cette
année son entrée dans le
classement des entreprises gay-friendly de la la Chambre de commerce
international gaie et lesbienne (CCIGL) – a décidé d’accorder à tou-te-s
ses salarié-e-s homos en couple une augmentation visant à couvrir la
différence, a annoncé la société
sur son blog.
Ce geste, que d’autres grosses entreprises
américaines ont déjà effectué, selon le
New York Times, ne s’appliquera qu’aux employés de Google aux
États-Unis et sera rétroactif au 1er janvier. « Selon la loi fédéral,
les avantages sociaux accordés par les employeurs en matière de santé
aux partenaires enregistrés sont considérés comme des revenus
taxables », explique le New York Times. En moyenne, les couples
engagés dans des partenariats enregistrés paieraient 1069 dollars
(environ 850 euros) de plus en impôts que les couples mariés.
Mais comme cette hausse de salaire sera réservée aux
gays et aux lesbiennes (Google part du principe que les hétéros peuvent
se marier), les conservateurs, relayés par
FoxNews, crient à la discrimination, puisque la loi veut que pour un
même travail, le salaire soit le même, quelle que soit l’orientation
sexuelle des salarié-e-s.
Le président serbe soutient le
projet d'une gay pride à Belgrade
Après une rencontre avec des militants LGBT, Boris Tadic a
indiqué qu'il souhaitait une telle marche, «pour montrer que la Serbie
est une société sûre pour tous».
Le président serbe, Boris Tadic (photo), s'est
déclaré mercredi favorable à la tenue d'une Gay Pride à Belgrade, où
plusieurs tentatives d'organiser une telle manifestation ont échoué, en
raison des menaces proférées par des groupes extrémistes homophobes.
Ultra-nationalistes homophobes
«La tenue d'une Gay Pride représentera un pas en avant qui montrera que
la Serbie devient une société sûre pour tous ses citoyens,
indépendamment de leur orientation sexuelle», indique la présidence
serbe dans un communiqué diffusé à l'issue d'une rencontre de M. Tadic
avec des militants d'associations LGBT.
La dernière tentative d'organiser une gay pride à Belgrade avait échoué
en septembre 2009 en raison des menaces de violences de la part de
groupes ultra-nationalistes homophobes.
Violence en 2001
Les autorités avaient fait valoir qu'elles n'étaient pas en mesure de
pouvoir assurer la sécurité des participants. Il faut dire que le
premier rassemblement public homo s'était achevé dans la violence en
2001 à Belgrade, les forces de l'ordre n'ayant pu contenir des
assaillants ultra-nationalistes.
Le Parlement serbe a adopté en 2009 une loi contre la discrimination à
l'égard des homosexuels, malgré une forte opposition des nationalistes
et des responsables religieux
Argentine: la tension monte avant
le vote sur le mariage des homos
Si le Sénat valide le projet de loi, l'Argentine deviendra le
premier pays d'Amérique latine à ouvrir le mariage aux couples de même
sexe. En attendant, la lutte fait rage entre l'Eglise et les militants
pro-LGBT, et chaque camp organise des démonstrations de force.
L'Argentine pourrait bien devenir le premier pays d'Amérique latine à
autoriser le mariage entre personnes de même sexe. Le projet de loi a
franchi le premier obstacle à la chambre basse début mai, où il a été
approuvé par 126 voix pour, 109 contre et cinq abstentions. Reste
maintenant le Sénat, où le texte doit être débattu le 14 juillet, et où
la bataille s'annonce beaucoup plus serrée.
91% de catholiques
En attendant le grand jour, la tension monte et des dizaines de milliers
de personnes ont déjà manifesté pour le projet de loi, à Buenos Aires et
en province. En face, l'Eglise catholique, qui demeure très influente
dans le pays, a organisé une grande mobilisation face au Congrès pour le
13 juillet, veille du débat au Sénat. Elle fait parallèlement campagne
pour un référendum.
La consultation populaire «est une voie plus raisonnable que celle
empruntée par des sénateurs agissant bien souvent sous pression», estime
en effet l'évêque Antonio Marino, qui compte sans doute sur le fait que
91% des Argentins se disent catholiques.
Des milliers de personnes face au Congrès
Mais les militants du mariage pour les homos ne l'entendent pas de cette
oreille: «les droits de l'Homme ne peuvent être soumis à référendum, car
ils sont clairement énoncés dans la constitution, selon laquelle tous
les citoyens sont égaux devant la loi. Aucun référendum ne peut modifier
ce principe constitutionnel» explique Maria Rachid, responsable de la
Fédération argentine de lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT), à
l'origine de ce combat. Selon elle, trente-huit sénateurs sur 72 se sont
engagés à adopter le texte.
Lundi soir, des milliers de personnes étaient
rassemblés face au Congrès à Buenos Aires pour soutenir le projet de loi
(regardez la vidéo ci-dessous). Le même jour, une manifestation
importante avait lieu à Mendoza, à l'appel d'organisations religieuses,
«en défense de la famille». «Nous voulons un papa et une maman», «Ils
veulent nous prendre notre Dieu», pouvait-on lire sur des banderoles. Et
les démonstrations de force devraient encore se succèder au cours des
deux prochaines semaines.
Queer Ink, la première librairie
homo, ouvre en Inde
Cette nouvelle librairie sur internet ouvre officiellement
aujourd'hui. Au programme : petits prix, livraison rapide, et surtout,
plus de 200 titres destinés aux LGBT indiens.
Il
y a un an jour pour jour, le 2 juillet 2009, la Haute Cour de Justice de
Delhi décriminalisait l'homosexualité en Inde. Aujourd'hui, la première
librairie homo indienne est inaugurée sur le web, et, même s'il ne
s'agit que d'un site internet, sa créatrice n'en est pas peu fière.
Shobna Kumar, une lesbienne de 42 ans, vit à Bombay. Elle qui milite
depuis vingt ans pour les droits des gays et la lutte contre le SIDA
s'aventure avec enthousiasme dans ce nouveau projet. «J'avais une raison
égoïste de démarrer ceci, car je ne parvenais pas à accéder à ces
livres» explique-t-elle. «Amazon ne les livrait pas. Je crois qu'ils
n'arrivaient pas à passer les douanes car ils choquaient les
sensibilités indiennes (...). Je me suis dit que d'autres personnes
devaient se trouver dans la même situation que moi.»
Shobna raconte aussi que c'est un livre qui l'a aidée lorsqu'elle a
découvert sa sexualité, quand elle n'osait pas en parler à ses amis et
parents hétéros. Elle souhaite donc que Queer Ink s'adresse à tous les
homosexuels du sous-continent. Mais surtout, la librairie ne cible pas
uniquement les Indiens favorisés qui lisent en anglais. Parmi les 200
titres à petits prix déjà
disponibles,
nombreux sont ceux rédigés en Bengali, Marathi, Gujarati, Tamoul, et
bien sûr Hindi. Cette diversité devrait aider les MSM («Men who have sex
with men») qui ne font pas partie de la communauté homo, souvent
urbaine, aisée et anglophone, à accéder à une culture gay dans leur
langue maternelle.
Des histoires «non patriarcales»
Queer Ink commercialise donc des essais, de la fiction, de la poésie,
des romans d'amour, des magazines, mais pas encore d'ouvrages érotiques.
En revanche le site comprend une section «famille» et une autre
«enfants», avec des histoires «non patriarcales». Shobna ajoute: «Les
gays veulent voir leur vie reflétée dans des fictions. Mais je pense que
les gens hésiteraient à acheter ces livres dans un magasin classique,
c'est pourquoi je l'ai fait en ligne.» La nouvelle libraire songe déjà à
s'improviser éditrice pour des auteurs indiens qui n'arrivent pas à
publier leurs textes queer. Souhaitons-lui le même succès qu'Azaad
Bazaar, une boutique online d'objets fun et gay-friendly lancée par un
couple d'Indiennes en février 2009.
JUIN
Renault et la Fnac soutiennent la
fierté gay avec TÊTU
Deux opérations en partenariat avec TÊTU sont prévues à
l'occasion de la Marche des fiertés parisiennes. Comme l'an passé, des
TÊTU boys and girls embarqués dans des Renault distribueront le guide
spécial gay pride. Et vendredi, la Fnac des Halles organise une soirée
gay friendly avec artistes et promos.
Comme l'an dernier, le guide des
adresses TÊTU édité en partenariat avec l'Inter-LGBT sera distribué au
cours de la Marche.
Cette année encore, Renault roule avec TÊTU pour la
Gay Pride. D'abord en distribuant le guide des adresses gays co-édité
par TÊTU avec, à l'intérieur, une pub friendly - le nouveau coupé
roadster proposé par Renault étant, nous dit-on, «bi». Une publicité
dédiée, complétée par la Marche elle-même où cinq véhicules défileront
en tête de cortège, à la suite du carré de tête. «Nous profitons de cet
événement pour faire défiler nos nouveaux produits, explique Marina
Picard, responsable de la gamme «petites voitures» à la direction du
marketing de la marque au losange.
Au menu: la Renault Wind, la nouvelle Mégane CC ainsi
que le nouveau Master, équipé pour l'occasion d'une sorte de plateforme
où mixeront des DJ de l'équipe de Goom radio, sous les couleurs de TÊTU
radio. Pour la marque, qui avait déjà participé à la Gay Pride
parisienne l'an dernier, c'est «une opportunité exceptionnelle d'aller
au-devant d'une cible particulièrement appropriée. Et tout ceci devant
700 000 personnes!»
Alizée et Yoann Lemaire en dédicace
Autre label, autre initiative. Celle de la Fnac qui avait déjà marqué le
coup en 2003 par une opération de sensibilisation à la littérature gay
et lesbienne. Cette fois, il s'agit d'une soirée «Gay Friendly»
organisée par la Fnac du Forum des Halles à Paris le vendredi 25 juin,
de 20 heures à 22 heures. Au menu : showcases (dont celui d'Ysa
Ferrer), dédicaces (d'Alizée ou encore de Yoann Lemaire) et offres
promotionnelles sur certains produits et sur une liste de CD et DVD -
pêle-mêle, Prince, Lady Gaga, ou encore le film Tu n'aimeras point.
«C'est ouvert aux gays et aux gays-friendly, à tous
ceux qui se sentent concernés en fait, explique Brigitte Benaaron,
responsable de la communication et du marketing de la Fnac Forum. L'idée
était de dire que la Fnac distribue des biens culturels et de
reconnaître ainsi la part de la culture gay. La population du Marais
vient souvent à la Fnac des Halles, c'est une façon pour nous de la
reconnaître». Pour participer à cette soirée privée, vous avez jusqu'à
vendredi 19 heures 30 pour télécharger vos invitations ou pour les
retirer en magasin
La Convention des droits de
l'homme «ne consacre pas le droit au mariage gay»
Pour la Cour européenne des droits de l'homme, saisie par un
couple de gays autrichiens, les autorités nationales restent «mieux
placées pour apprécier les besoins sociaux» et permettre ou non aux
homos de se marier.
La
Convention européenne des droits de l'Homme ne consacre pas le droit au
mariage homosexuel, et chaque Etat est libre de légiférer comme bon lui
semble en la matière, a estimé jeudi la Cour de Strasbourg, déboutant
deux gays autrichiens désireux de se marier.
«Aucun consensus ne se dégage parmi les Etats membres
du Conseil de l'Europe sur la question du mariage homosexuel», a observé
la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
«Connotations sociales et culturelles»
«Les autorités nationales sont mieux placées pour apprécier les besoins
sociaux en la matière et pour y répondre, le mariage ayant des
connotations sociales et culturelles profondément ancrées qui diffèrent
largement d'une société à l'autre», ajoutent les juges.
La Cour avait été saisie par Horst Michael Schalk, 48
ans, et son compagnon Johann Franz Kopf, 50 ans, résidant à Vienne. Les
deux homosexuels se battent en vain depuis 2002 devant la justice de
leur pays pour pouvoir se marier (lire
article). Ils sont pour cela allés jusque devant la Cour
constitutionnelle qui leur a donné tort.
Le pacs autrichien, «discriminatoire»
Lors d'une audience devant la CEDH en février dernier, ils avaient
souligné que la nouvelle loi sur les unions homosexuelles, sorte de
«pacs» à l'autrichienne introduit le 1er janvier 2010, ne leur donnait
toujours pas le droit d'adopter (comme en France, NDLR) et était donc
selon eux discriminatoire (lire
article).
La Cour leur a donné tort: si elle reconnaît qu'«une
différence de traitement fondée sur l'orientation sexuelle (doit) être
justifiée par des motifs particulièrement impérieux», elle souligne
aussi que les différentes formes de partenariat civil apparues ces
dernières années dans les différents pays d'Europe ne doivent pas
forcément «conférer un statut analogue sur tous les points au mariage».
Au moins 21 des 47 Etats du Conseil de l'Europe prévoient ou ont déjà
des lois sur l'union civile entre personnes de même sexe. Six autorisent
le mariage homosexuel.
L’UMP a-t-elle vraiment
l’intention de sanctionner Christian Vanneste?
Le 23 mai dernier, sur Canal+, le secrétaire général de l’UMP, Xavier
Bertrand
condamnait les propos homophobes du député du Nord Christian Vanneste
et affirmait que le bureau départemental de la Fédération du Nord de
l’UMP devait statuer début juin sur le cas du député, pour une
éventuelle sanction, voire une exclusion.
Un mois plus tôt, le 30
avril, Christian Vanneste,
dans un post sur son blog de député, avait largement associé
homosexualité et pédophilie apportant son soutien à l’Église
catholique et au cardinal Bertone « victimes de l’atelier sémantique
gay ».
« ÉTUDIER SON CAS DÉBUT JUIN »
« Je condamne ces propos et il le sait »,
déclarait il y a un mois Xavier Bertrand, sur le plateau de
Dimanche +. « J’en ai parlé avec Christian Vanneste. Je peux vous
indiquer que le bureau départemental de la Fédération du Nord, qui à
la première compétence là-dessus, va étudier son cas début juin ».
Le secrétaire général de l’UMP avait également renouvelé cet
engagement lors de sa
rencontre avec GayLib, le 15 juin dernier: « Sur la question de
Christian Vanneste, en ce moment je dois en être à 1131 mails
d’insultes ou autres de la part de gens qui se réclament proche de
Christian Vanneste suite aux propos que j’ai tenu condamnant Christian
Vanneste sur Dimanche + sur Canal. J’assume tout à fait.
Maintenant, je le dis aussi, il y a des procédures et des méthodes
dans cette famille politique. Et le bureau départemental du Nord qui
doit se réunir dans les semaines à venir aura aussi à aborder cette
question », avait-il alors confirmé.
« CE N’EST ABSOLUMENT PAS PRÉVU DANS L’IMMÉDIAT »
Contactée par Yagg, la Fédération du Nord tient quant à elle un tout
autre discours. « Le bureau ne s’est pas réuni pour l’instant sur
cette question et ce n’est absolument pas prévu dans l’immédiat. Il y
aura un comité en juillet, mais ce sujet ne sera pas évoqué, de toute
façon, lors de ce comité ».
Voilà qui a le mérite d’être clair. Les déclarations de Xavier
Bertrand ressemblent désormais à un bel effet d’annonce. L’ensemble de
l’UMP ne partage visiblement pas son point de vue et n’est pas prêt à
se mettre à dos une partie de son électorat.
Il est cependant étonnant de constater que
le gouvernement s’est employé à condamner fermement les propos du
cardinal Bertone, numéro deux du Vatican, en avril, lorsque
celui-ci faisait cet amalgame entre homosexualité et pédophilie, mais
ne s’emploie pas à le faire lorsque ces mêmes propos sont prononcés
dans son propre pays et au sein de sa propre famille politique.
Interrogé plusieurs fois par Yagg, le cabinet de Xavier Bertrand
continue « d’assurer » – indifférent à cette réponse de la Fédération
du Nord – que celle-ci étudiera bien cette question en juillet,
affirmant que le cabinet sait mieux que la Fédération elle-même si le
sujet sera abordé. Les semaines à venir nous le diront.
Halde: Première rencontre
entre Jeannette Bougrab et les associations LGBT.
ADHEOS y était présente.
Jeannette Bougrab, la nouvelle présidente de la
Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), a reçu
hier matin les principales associations LGBT, pour la première fois
depuis son arrivée à cette fonction.
Cette réunion, qui a lieu entre les associations
LGBT et la Halde tous les six mois pour faire le point sur les
dossiers et les recommandations en cours, a permis à Jeannette Bougrab
de faire le tour des préoccupations actuelles des associations. La
rencontre d’hier a été notamment l’occasion d’aborder la question des
inquiétudes qui entourent la Halde face au futur statut du Défenseur
des droits, qui pourrait absorber l’institution.
« Il était important que l’on se rencontre et tout
s’est très bien passé, raconte Bartholomé Girard, président de
SOS homophobie, présent lors de cette rencontre. Jeannette Bougrab
a réaffirmé son souhait d’avancer avec nous sur les questions LGBT. On
sent qu’elle a les compétence juridiques nécessaires et qu’elle
connait très bien ses dossiers. »
La présidente de la Halde a notamment fait une
proposition sur la création d’un groupe de travail, pour la rentrée de
septembre, sur la question « des discriminations fondée sur
l’orientation sexuelle au travail », sur le modèle du groupe de
travail qui existe déjà sur le thème de « la lutte contre l’homophobie
dans l’éducation ».
Elle a enfin annoncé qu’elle prévoyait la création
d’un « collège de la Halde spécialisé sur les questions LGBT » pour
octobre-novembre 2010, rapporte Vincent Loiseau, porte-parole de l’Inter-LGBT.
Nicolas Sarkozy, coming out,
célibat... Bertrand Delanoë se confie à TÊTU
Pour le numéro spécial anniversaire en vente ce mercredi, le
maire de Paris a accordé à TÊTU une longue interview, dans laquelle il
évoque pour la première fois son statut de célibataire, revient sur son
coming out… et tacle Nicolas Sarkozy.
A l'occasion des quinze ans de TÊTU, le
maire de Paris nous a accordé un long entretien. Un cadeau qui a du
sens, puisque TÊTU l'avait choisi comme représentant de la partie
«Politique» de son cahier anniversaire: «Ça ne m'est pas désagréable du
tout», glisse-t-il d'une litote. «Je connais l'identité de Têtu,
et je le lis de temps en temps.»
Ouvertement homosexuel lui-même, Bertrand
Delanoë aura profondément marqué la quinzaine qui s'est écoulée depuis
la création de TÊTU, en faisant un coming out retentissant en 1998,
alors qu'il n'était encore «que» sénateur de Paris (voir la vidéo
ci-dessous). Il revient sur cet événement: «J'ai simplement choisi de ne
pas me mentir à moi-même. (…) Je me disais que si quelqu'un comme moi,
un sénateur “convenable”, affirmait “je suis homo”, ça rendrait
peut-être les choses plus simples pour des personnes confrontées à des
situations difficiles.» Mais il refuse d'en faire l'élément principal de
sa personnalité: «Je veux être jugé sur le logement, les voies sur
berges, la dynamique de Paris, mais pas sur mon identité personnelle.»
Le Président taclé
Il s'oppose à l'idée selon laquelle la gauche et la droite seraient
aussi efficaces pour les droits des homos: «Aujourd'hui, quelques
personnalités de droite s'affichent presque gay-friendly, très bien.
Mais à l'époque, quel tir de barrage! Et que je sache, l'actuel
président de la République ne l'avait pas voté, le pacs. Dans son livre,
il s'était même interrogé: “Quelle mouche a bien pu piquer Bertrand
Delanoë de vouloir à tout prix révéler son homosexualité?”» Il tacle
Nicolas Sarkozy, dont il raconte qu'il lui a confié avoir «changé, par
exemple sur l'homosexualité» au moment où il s'apprêtait à laisser
gagner
Christian Vanneste aux élections législatives: «Cela ne signifie
même pas que Nicolas Sarkozy n'était pas sincère, cela veut dire qu'il
faut toujours juger sur les résultats.»
Alors que lui-même n'est pas candidat à
un troisième mandat à Paris, et a renoncé à se porter candidat à
l'élection présidentielle en 2012, il continue de défendre la capacité
de la gauche à mieux défendre les homos que la droite. Et évoque les
répliques cinglantes, à la limite de l'homophobie, entendues parfois
dans le parti de la majorité.
Enfin, TÊTU n'a pas oublié d'évoquer la
question que tout le monde se pose, et la réponse laisse comprendre, que
le maire de Paris est bien célibataire…
L'UMP virée de la Marche de
fiertés par GayLib
Lassée de voir l'UMP refuser toute avancée sur les sujets
LGBT, GayLib a décidé de défiler à la gay pride parisienne de samedi
sans logo ni financement du parti présidentiel. Une première. Le
président de l'association s'en explique
Cette année, l'UMP sera privée de gay pride. Et c'est
par son propre mouvement homo que le parti présidentiel a été exclu du
cortège. «L'UMP aujourd'hui ne peut plus figurer à la marche des
fiertés», déclare Emmanuel Blanc, président de GayLib. Pour la première
fois, le mouvement LGBT affilié à l'UMP défilera sous ses propres
couleurs, sans logo ni financement du parti présidentiel. À l'origine de
cette émancipation: la réunion de la semaine dernière avec Xavier
Bertrand, un long dialogue de sourds qui a achevé les dernières
illusions des militants de GayLib. «Le décalage entre l'UMP et GayLib
est évident, explique Emmanuel Blanc. Le gouvernement et le parti
restent en retrait sur les sujets LGBT, tout est au point mort. Dont
acte.»
Mais la rébellion est mesurée et Emmanuel Blanc
garantit qu'elle n'annonce pas une rupture définitive entre GayLib et l'UMP:
«Nous n'en sommes pas là, je ne suis pas en voie de Romerisation (Ndlr:
Jean-Luc Romero avait quitté l'UMP pour rejoindre le PS fin 2009,
lire article). Nous soutenons toujours Nicolas Sarkozy pour le reste
de sa politique. Nous continuons d'avancer et nous espérons que l'UMP
évoluera.»
Nous sommes un mouvement LGBT comme les
autres
Reste à savoir si un GayLib sans UMP sera mieux accepté dans le défilé.
C'est presque devenu une tradition: chaque année, le char de GayLib est
bloqué par des militants d'extrême gauche, des Panthères roses ou d'Act
Up-Paris, qui dénoncent la «présence d'un mouvement solidaire d'un parti
et d'un gouvernement homophobes à la marche des fiertés».
Emmanuel Blanc assure qu'il ne s'est pas désolidarisé
de l'UMP pour calmer ses adversaires et s'offrir une marche plus
paisible. «Les bloqueurs nous bloqueront s'ils le veulent, je n'ai pas
d'infos sur ce sujet. Mais ces blocages sont scandaleux, anti
démocratiques et stupides. Nous sommes un mouvement LGBT comme les
autres et nous portons les revendications communes à toutes les
associations.»
Bruxelles: La communauté LGBT
se mobilise contre la venue du chanteur homophobe Beenie Man
Le festival
Couleur Café, qui se tient à Bruxelles du 25 au 27 juin, a invité
le chanteur jamaïcain Beenie Man à se produire le 26 juin. Star du
dance hall, Beenie Man fait partie des chanteurs jamaïcains qui
hérissent la communauté LGBT internationale depuis de longues années
en raison des paroles homophobes de certaines de leurs chansons.
En 2007, Beenie Man s’était engagé à ne plus
chanter les morceaux incriminés mais il n’a pas tenu sa promesse:
en décembre dernier, en Ouganda, il a ainsi interprété la chanson
Mi Nah Wallah, dans laquelle il invite à égorger les
homosexuels…
Sa programmation dans les différents festivals
européens et nord-américains donne régulièrement lieu à des
protestations. Aux Pays-Bas, le festival Parkpop de La Haye vient
ainsi d’annuler le concert prévu ce week-end,
sous la pression du COC, le centre LGBT néerlandais. À Bruxelles
en revanche, Couleur Café
insiste: « En 20 ans, le Festival a toujours été une plate forme
pour la tolérance. Les propos extrémistes ne trouveront jamais de
place sur les scènes ». « Le festival a également pris toutes les
garanties contractuelles et juridiques pour que cette exigence soit
respectée », rapporte la
RTBF.
Mise
à jour,Selon
la RTBF, Couleur Café aurait annulé le concert, après un
communiqué du secrétaire d’État bruxellois à l’Égalité des
chances, Bruno De Lille, dans lequel il annonçait son intention de
remettre en question la subvention accordée au festival. Les
organisateurs, cités par la RTBF, se disent « absolument abasourdis
par l’ampleur de la campagne anti-Beenie Man prodiguée par certaines
associations homosexuelles, n’hésitant pas à discréditer la réputation
du festival auprès de notre public, de nos partenaires publics et
privés et de la presse. Nous sommes révoltés que ces associations
n’aient pas eu la décence de nous rencontrer pour dialoguer ».
Des gays américains vont
boycotter McDonald’s
L’association américaine Gay & Lesbian Alliance Against Defamation (Glaad) a
interpellé la chaîne de restauration McDonald’s, suite à la
diffusion en France d’une publicité mettant en scène un jeune
homosexuel.
La réaction du numéro deux du groupe, qui a confirmé la semaine
dernière que cette publicité n’allait pas être diffusée au États-Unis,
a mis en colère l’association qui a pointé du doigt l’inaction de la
multinationale en faveur des LGBT. C’est Michael Musto, chroniqueur
influent du Village Voice,
qui a lâché le mot boycott, en soulignant qu’il ne s’agissait pas
seulement de « faire du bien à sa ligne ».
Répondez à la première enquête
européenne sur la sexualité entre hommes
Pour la première fois, un questionnaire en ligne propose de
recenser les comportements sexuels des «hommes attirés par des hommes»
et leur niveau d'information face au VIH dans 31 pays d'Europe.
Si
vous vous reconnaissez parmi «les hommes homosexuels, bisexuels et les
autres hommes attirés par des hommes», vous pouvez répondre jusqu’au 31
août 2010 à l’enquête en ligne lancée le 4 juin dernier par un groupe
international de chercheurs et de professionnels de la santé d'instituts
de santé publique, d'universités et d'associations travaillant sur les
questions du VIH, de la santé et des droits des homosexuels dans 31 pays
d'Europe.
Premier bilan en fin d'année
Une initiative inédite à cette échelle. Il s’agit de voir si ces
différentes catégories de population ont accès au test de dépistage du
VIH et à la prévention. Les questions portent sur les modes de vie, la
vie sexuelle, les risques, l’utilisation des structures de soin, etc.
L'enquête est financée par la Commission européenne et soutenue par le
Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC), par le
Bureau régional européen de l'Organisation Mondiale de la Santé et par
de nombreuses organisations et de nombreux sites web homosexuels. Un
premier bilan sur les résultats de l’étude sera publié d’ici à la fin de
l’année sur le site du projet et un rapport final sera disponible en
septembre 2011.
Il faut à peu près un quart d'heure pour répondre à tout le
questionnaire. Aucune question ne vous est posée sur votre identité.
Il est accessible ici.
Prison ferme pour la nuit de
cauchemar infligée à un jeune gay
Trois hommes qui avaient enlevé, torturé et humilié un garçon
avant de l'abandonner en plein champ ont écopé hier de lourdes peines de
prison. Le récit de leurs exactions fait froid dans le dos.
C'est
une terrible affaire dont
Le Parisien relate aujourd'hui l'aboutissement judiciaire.
Trois hommes ont été condamnés mercredi à Meaux à de la prison ferme, de
six mois à trois ans, pour avoir enlevé, torturé et abandonné en plein
champ un jeune gay.Ils avaient été mis en examen en
mars 2008 (lire
article).
Imagination sadique
Le récit des méfaits de cette «équipée sauvage», comme l'a désignée la
présidente du tribunal correctionnel, est difficilement soutenable. Les
trois garçons se trouvent le 8 décembre 2007 au Hurricanes, la boîte de
nuit de Disney Village. Ils y rencontrent Sébastien, un styliste de 29
ans qui flirte avec celui qui deviendra quelques heures plus tard l'un
de ses plus violents bourreaux.
Alors qu'il pense poursuivre la soirée dans un hôtel,
Sébastien s'engouffre dans la voiture des trois individus. A partir de
cet instant, le cauchemar commence; il durera cinq heures et demie. Le
véhicule s'arrête en plein champ, du côté de l'Oise. Le jeune homme est
d'abord dépouillé de ses cartes bancaires. Puis viennent les
humiliations dont le caractère homophobe n'est pour une fois pas remis
en cause: il est obligé de se déshabiller, se retrouve en slip dans le
coffre de la voiture, aspergé d'huile, qu'on lui fait prendre pour de
l'essence, puis brûlé avec une cigarette. «Les pédales comme toi, on les
brûle» entend-il. L'imagination sordide et sadique des trois
tortionnaires est fertile: Sébastien, à genoux, doit s'excuser d'être
gay, puis maintenu comme en laisse avec une écharpe, il est contraint de
se traîner dans la boue. Il est ensuite abandonné sur place.
«C'est dur, ce n'est pas effacé»
Sébastien n'a pas voulu assister à l'audience et revoir ses bourreaux.
«C'est dur, ce n'est pas effacé» expliquent ses parents, présents au
tribunal, au
Parisien. Du côté des prévenus, on se victimise, on se renvoie
la balle. «Je venais de perdre ma mère» explique l'un d'eux. «Je l'ai
insulté, je l'ai tapé, mais c'est Hichem qui lui a arraché son jean»
poursuit-il. Cet Hichem qui avait engagé le flirt avec Sébastien dans la
boîte de nuit, est aussi celui qui a mis en scène la fausse immolation.
Ces deux-là ont été condamnés à quatre ans de prison,
dont trois ferme. Le troisième homme, qui s'est contenté d'assister à la
scène et d'en rire, écope de deux ans de prison, dont dix-huit mois
ferme. Le parquet avait requis jusqu'à cinq ans de prison, pour la «vie
brisée» de Sébastien
Lyon: Agression de quatre
jeunes filles en marge de la Gay Pride
D’après un communiqué de la
Lesbian and Gay Pride de Lyon, samedi 12 juin, quatre filles,
mineures, ont été agressées par deux jeunes hommes qui ont supposé
qu’elles étaient lesbiennes car elles portaient sur elles le drapeau
arc-en-ciel (rainbow flag). Les faits se sont déroulés en marge de la
15e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans de Rhône-Alpes,
à Gerland, un quartier de Lyon.
Les deux hommes, majeurs, ont dans un premier temps
proposé aux jeunes filles de leur faire une fellation ayant pour
objectif de les « guérir » de leur homosexualité. Les quatre filles
ont ensuite été insultées et frappées au niveau de la tête. Cette
agression à caractère lesbophobe a eu lieu dans un endroit de passage
sans que personne n’interpelle les deux hommes, jusqu’à l’intervention
d’un chauffeur de taxi.
L’un des deux agresseurs a déjà été « formellement
identifié » par les quatre victimes. Il a été incarcéré. Selon
l’association: « Le Procureur de la République a requis un mandat de
dépôt. [L'agresseur] vient de comparaître devant le juge des libertés
et de la détention qui a ordonné sa mise en détention. Il est
poursuivi pour deux motifs aggravants: violence volontaire en raison
de l’orientation sexuelle (supposée) des victimes et violence sur
mineurs de moins de quinze ans. »
La
Lesbian and Gay Pride de Lyon, qui regroupe 20 associations
Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, a annoncé son intention de se porter
partie civile au procès.
Rouen: Trois jeunes se mobilisent
pour faire renaître une gay pride
Refusant la fatalité qui condamnait l'édition 2010 à rester
dans les tiroirs, ils ont créé une association et organisé en quelques
jours une marche des fiertés qui aura lieu samedi. Et ils ne comptent
pas en rester là...
Orpheline
du Collectif Comme Ça, Rouen peine à reconstruire un tissu associatif
fort en faveur des droits des homosexuels. L'an passé déjà, une
association s'était exceptionnellement montée pour l'organisation de la
gay pride. Mais Homogène s'en est allée avec le défilé. Cette année,
faute d'organisateurs, le projet de marche des fiertés devait rester
dans les cartons mais c'était sans compter la détermination de trois
jeunes.
«C'est avant tout pour le symbole» argumente Loïc,
l'un des instigateurs de la manifestation, «cela serait un recul de la
lutte pour nos droits, si la Gay Pride n'avait pas lieu à Rouen»
conclu-t-il. Militant politique et syndical, Loïc connaît le combat. Fin
mai, le jeune homme de 27 ans contacte personnellement la Coordination
Interpride France qui le met en relation avec deux filles qui viennent
de faire une démarche similaire. Ensemble, ils créent l'association
l'ARCHE.
Trois semaines pleines d'enthousiasme Ce
sceau rend possible un soutien financier et logistique des collectivités
locales et des commerces gays de la ville. Le temps presse et «l'égalité
pour tous» n'attend pas. En moins de trois semaines, pleine
d'enthousiasme et de bonne volonté, la fine équipe collecte les
adhésions, distribue les affiches et crée un facebook évènementiel. Le
point d'orgue de toute cette débauche d'énergie se tiendra ce samedi 19
juin. Le cortège de la Gay Pride partira à 14h de la place Saint-Sever,
sillonnera les rues du centre ville avant un arrêt devant l'hôtel de
ville où Valérie Fourneyron, la maire de Rouen, devrait prendre la
parole. Les organisateurs tablent sur 500 participants. «La proximité de
Paris laisse le choix aux normands de défiler à Rouen ce samedi ou dans
la capitale le week-end prochain» déplore Loïc, le futur professeur de
physique-chimie. «Il faut combattre l'homophobie là où elle est,
c'est-à-dire partout !» ajoute-t-il.
C'est bien dans cette démarche de long terme que l'ARCHE s'engage. Des
projets d'intervention en milieu scolaire et d'écoute des adolescents
victimes d'homophobie familiale devraient être mis en place bientôt.
L’APGL: «Sur la gestation pour
autrui, on nage en pleine hypocrisie»
Le porte-parole de l'Association des parents gays et lesbiens
réagit au cas relaté par TÊTU de ce Français gay dont les enfants, nés
par mère porteuse, restent bloqués en Inde par l'administration
française.
Le cas de ce Français gay bloqué en Inde avec ses
enfants, parce que ses jumeaux nés dans ce pays par mère porteuse ne
sont pas reconnus par la France (lire
article), est symptomatique de la situation aberrante dans laquelle
peuvent se retrouver aujourd'hui des homos (comme des hétéros) qui ont
recours à cette solution, pourtant légale dans certains pays, comme
l'Inde. Il suscite également un grand nombre de questions, auquel répond
pour TÊTU Philippe Rollandin, le porte-parole de l'Association des
parents et futurs parents gay et lesbien (APGL).
Avez-vous
suivi le cas de ce papa gay bloqué en Inde avec ses jumeaux? Comment
l'analysez-vous?
Philippe Rollandin (photo): Plusieurs journaux indiens ont
parlé de ce «French gay» bloqué en Inde par le Consulat français qui,
selon nos informations, refuse de lui délivrer un passeport lui
permettant de rentrer en France avec ses deux bébés nés en avril. La
transcription des actes de naissance du service de l'état civil en
France lui a été également refusée par le ministère des Affaires
étrangères. Il y a quelques semaines, un Israélien a été confronté au
même problème et d’autres couples de même sexe et hétérosexuels, de
différentes nationalités, sont dans la même situation.
La procédure de GPA en Inde n'est pas cadrée de la
même manière que dans d'autres pays. L'absence du nom de la mère dans
les actes de naissance peut poser des problèmes. Il faut savoir que, en
Inde, l'accès à la Gestation pour autrui pour les étrangers et
particulièrement pour les gays fait, en ce moment, l'objet d'un débat.
Pour éviter les problèmes diplomatiques, un projet de loi indien, en
cours de discussion, prévoit que tout étranger demandant une GPA dans ce
pays devra avoir l’accord préalable de son gouvernement ou de son
consulat. On imagine les conséquences si cette loi était votée. Les
hôpitaux et les cliniques qui, en Inde, pratiquent la GPA n’y sont pas
favorables car – pardon pour le coté cynique – pour eux, il s'agit d’un
véritable marché. Du coup, les médias sont sensibilisés à cette question
et focalisent leur attention sur quelques cas d'espèce. Nous espérons
que ce Français pour lequel le recours à une Gestation pour autrui est
le fruit d’un véritable projet parental pourra rapidement rentrer en
France avec ses deux enfants.
«L'interdiction de la
GPA en France est la porte ouverte à toutes les dérives.»
Pourquoi les gens se tournent-ils vers ce pays pour faire une GPA?
Est-ce une idée à conseiller à ceux qui recherchent une GPA?
Ph. R: Nous ne conseillons rien à personne parce que toute
notre démarche s’inscrit dans le respect de la loi. Mais nous sommes
favorables à une légalisation de la Gestation pour autrui dans un cadre
strict, évitant toutes les dérives et dans l’intérêt de l’enfant. Nous
nous battons pour cela. Pourquoi, les gens se tournent-ils vers l'Inde?
Une des raisons est sans doute le coût moins élevé qu’il peut l’être
dans d’autres pays. Cet aspect économique de la question est choquant.
Elle est la porte ouverte à toutes les dérives et à toutes les
inégalités que l'interdiction prétend justement évacuer.
Mais le problème dans le cas présent n'est
pas l'attitude de l'Inde, ce sont les blocages de l'administration
française… Est-ce une situation fréquente? Qu'en pensez-vous?
Ph. R: Vous avez tout à fait raison. On estime que chaque
année, plusieurs centaines de couples de même sexe ou hétérosexuels se
rendent à l’étranger pour recourir à une mère porteuse. Leur retour en
France pose parfois des problèmes mais pas ceux que l’on imagine. Ils
sont rarement inquiétés pour le fait d’avoir eu recours à une Gestation
pour autrui mais sur la question administrative de la transcription dans
l’Etat civil français des actes de naissance de leur enfant. C’est le
cas emblématique des époux Mennesson pour lesquels, après dix ans de
procédures, la filiation avec leurs enfants nés de mère porteuse aux
Etats-Unis est reconnue mais pour autant, ceux-ci ne sont pas reconnus
comme français. On nage en pleine hypocrisie.
A l’APGL, nous demandons un vrai débat de fond sur la
GPA, un débat qui dépasse la question de la manière de faire des bébés
pour poser celle – essentielle à nos yeux – du projet parental qui
légitime le recours à une mère porteuse. De ce point de vue, le projet
de loi de révision des lois de bioéthique – tel qu’on le connait – est
un grand rendez-vous manqué
L’UMP et les homos: que reste-t-il des
promesses de 2007?
GayLib, le mouvement homo de l'UMP, rencontrait hier Xavier
Bertrand et Christian Estrosi pour un point d'étape sur le mandat de
Nicolas Sarkozy. Malgré des avancées, il y a des retards, et la
majorité parlementaire est désignée comme principale responsable...
Hier, GayLib,
mouvement homo affilié à l'UMP, rencontrait les dirigeants du parti
présidentiel. Objectif de la réunion: vérifier ce que sont devenues
les promesses de 2007 en matière de droits LGBT.
Pour le président de GayLib, Emmanuel Blanc, le
bilan est en demi teinte. Il salue les progrès, comme «l’égalité
fiscale entre pacs et mariage, les campagnes contre l'homophobie en
milieu scolaire, la dépénalisation internationale de l'homosexualité
ou le retrait du transsexualisme de la liste des maladies
psychiatriques».
Contrat
d'union civile et statut du beau-parent au point mort
Mais Emmanuel Blanc (photo ci-contre, debout) tempère aussitôt: «Il y
a clairement du retard. Nous voulons rappeler que les deux principales
mesures du programme, le Contrat d'union civile et le statut du
beau-parent, n'ont pas été réalisées, et secouer nos dirigeants».
Parmi eux: Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, Christian
Estrosi, ministre de l'Industrie et maire de Nice, ou Sébastien
Huyghe, député du Nord, avaient fait le déplacement.
«Les avancées montrent que la droite ne se
désintéresse pas des sujets LGBT, déclare Emmanuel Blanc pour ouvrir
la réunion. Mais nous demandons l'égalité pour nos familles et nos
couples. Toute l’Europe s'ouvre au mariage homo, c'est une question
d'humanisme de l'instaurer.» Sur l'humanisme et les grands principes,
tous les intervenants sont d’accord.
Pas de mariage en vue
Mais sur le mariage, l'unanimité disparaît et Xavier Bertand précise
immédiatemment que ce n’était pas dans le
programme de Nicolas Sarkozy. Le Contrat d'Union civile l'était.
Il n'est toujours pas en vigueur et le secrétaire
Les élus UMP s'opposeraient au mariage homo. «Il
faudrait les changer», plaisante Xavier Bertrand. «Bonne idée»,
bougonnent quelques militants. général de l'UMP a un coupable
tout désigné pour expliquer ce retard: les parlementaires de droite.
«A l'heure actuelle, je ne pense pas que nous ayons une majorité pour
le faire», dit-il avant de rappeller que ce sont les élus de son parti
qui ont enterré l’avant-projet de loi sur le statut du beau-parent.
Sondages à l'appui, tous les intervenants
expliquent qu'une majorité de Français est favorable au mariage homo,
Xavier Bertand clame que «le président est en connexion avec les
Français», mais les élus UMP s'y opposeraient. «Il faudrait les
changer», plaisante-t-il. «Bonne idée», bougonnent quelques militants.
Débat clos pour les pensions de réversion
Sébastien Huygue confie que la majorité compte «des cas difficiles,
au-delà de Christian Vanneste». Le cas du député est évoqué dès le
début de la réunion, pour «évacuer le sujet» qui «plombe toutes les
discussions». Tous s’en désolidarisent et Xavier Bertrand condamne à
nouveau ses propos «à titre personnel». Mais il se défausse et s'en
remet toujours à la Délégation départementale du Nord pour décider
d’une éventuelle exclusion, tandis que Christian Estrosi estime qu’il
ne faut jamais «jeter l’anathème sur qui que ce soit».
Pour chaque thème abordé, l'UMP veut d’abord «trouver la méthode»
pour convaincre une majorité réticente, «mener une politique des
petits pas» et «ouvrir les débats sans tabou». Mais certains débats
sont déjà clos, dont celui de l’attribution des pensions de reversion
aux couples pacsés. «Dans la réforme des retraites, on n’en prend pas
le chemin, admet Xavier Bertand. Le coût financier serait trop
important et il y a un argument juridique: ce droit est réservé aux
couples mariés». «Bah il faut autoriser le mariage homo», soupire un
militant, apparemment agacé de l’impasse dans laquelle s’enfonce la
conversation. Et au départ des dirigeants de la droite, les adhérents
de GayLib cachent mal leur déception, leur grand soir est encore remis
à plus tard.
GayLib défilera sans l’UMP
à la Marche des Fiertés parisienne
En marge d’un débat à l’UMP, mardi 15 juin, le président de
GayLib, Emmanuel Blanc, a annoncé que l’association défilera bien
à la Marche des fiertés, mais sans l’UMP.
Depuis quelques mois, l’association, qui
continue de se revendiquer proche et amie du parti de la majorité
présidentielle, souhaite cependant faire entendre sa différence.
Emmanuel Blanc explique pourquoi GayLib défilera seule, sans les
couleurs de l’UMP. Selon lui, le parti est « en décalage » et
n’est plus « en phase » avec les revendications de GayLib qui
réclame l’égalité, notamment l’accès au mariage civil pour les
homosexuels.
On se souvient que depuis 2007, la présence
d’un char aux couleurs de l’UMP a suscité la colère de plusieurs
associations, dont les Panthères roses. Hier,
Vincent Loiseau confirmait devant la caméra de Yagg que
l’Inter-LGBT était dans une position de « non-refus » par rapport
à la présence de GayLib à la Marche des Fiertés.
Le gouvernement britannique
et les droits des LGBT: des avancées remarquables
Le gouvernement britannique vient de publier un important document
qui dévoile les plans de la coalition au pouvoir (centre droit:
conservateurs et libéraux-démocrates) pour la création d’une société
plus équitable. Le document intitulé
Working for Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender Equality
a été publié par le
Government Equalities Office juste avant la réception organisée
au 10 Downing Street en l’honneur de la communauté LGBT à l’occasion
du lancement de la
Pride London.
Le document, qu’a présenté Theresa May,
secrétaire d’État à l’Intérieur et ministre des Femmes et de
l’Égalité, concerne tant la politique intérieure que la politique
extérieure du Royaume-Uni. D’après ce texte, le gouvernement
britannique s’engage à s’attaquer fermement à des préjugés dépassés
et à assurer à chacun-e une réelle égalité des chances. Il énonce
toute une série de domaines d’action qui devront recevoir
l’attention particulière du gouvernement:
le combat contre l’homophobie à l’école;
la fin des discriminations au travail;
l’aide aux familles homoparentales;
la célébration des unions gays et lesbiennes dans les lieux de
culte: permettre aux religions qui le souhaitent de pouvoir
célébrer les unions homos dans les églises, les temples ou les
mosquées;
combattre l’homophobie et la transphobie dans le sport;
combattre l’homophobie et la discrimination, instaurer une
vraie politique d’égalité dans le service public (administration,
hôpitaux, etc.);
justice: dans les dossiers criminels des personnes, supprimer
les mentions obsolètes de condamnations antérieures (par exemple,
il y a 30 ans encore, deux hommes qui s’embrassaient offensaient
la pudeur aux yeux de la loi, etc.), aboutir à une meilleure
centralisation des données relatives à la violence homophobe;
politique d’asile: l’arrêt de la déportation des demandeurs
d’asile LGBT vers leurs pays d’origine s’ils risquent
l’emprisonnement, la torture ou la mort en raison de leur
orientation sexuelle;
politique étrangère: la promotion internationale des droits
LGBT tant en Europe que dans le reste du monde. L’utilisation de
l’influence britannique pour que d’autres pays abolissent les lois
anti-gay et notamment dans les 42 pays du Commonwealth qui ont
hérité des législations britanniques anti-homosexuelles et s’y
tiennent encore. Le Royaume-Uni interviendra partout où il le peut
pour soutenir les droits des personnes LGBT, et notamment au sein
des Nations Unies. Il sera attentif à ce que chaque présidence
européenne inclut un volet LGBT à son programme;
enfin le gouvernement accordera une attention particulière aux
droits et à la protection des personnes transgenres.
Il y a évidemment lieu de se réjouir de ces engagements du
nouveau gouvernement britannique et du fait que le Premier ministre
conservateur David Cameron ait perpétué l’initiative du précédent
gouvernement travailliste de recevoir la communauté LGBT au 10
Downing street à l’occasion de la gay pride de Londres. Au cours de
cette soirée, David Cameron a notamment souligné que son
gouvernement ouvrirait la possibilité légale de célébrer les unions
gays et lesbiennes dans les lieux de culte, en laissant bien sûr aux
responsables religieux la liberté d’utiliser cette latitude ou non.
Qu’un gouvernement de centre-droit s’engage pour les droits des
personnes LGBT est un excellent signal. On peut espérer que ce
signal sera perçu par d’autres gouvernements.
Kiana Firouz, cinéaste iranienne et lesbienne, a enfin obtenu
l'asile en Grande-Bretagne. Elle craignait la peine de mort en raison de
son orientation sexuelle. Les militants LGBT se réjouissent.
Elle
avait quitté l'Iran pour le Royaume-Uni en 2008, et, menacée
d'expulsion, elle appréhendait la peine de mort dont sont passibles les
lesbiennes iraniennes
(lire article). Kiana Firouz est enfin rassurée, après plusieurs
rebondissements, elle a enfin gagné le droit de rester au Royaume-Uni.
Forte mobilisation internationale
Très largement soutenue par de nombreuses associations LGBT, la demande
d'asile de Kiana a d'abord été rejetée une première fois par le Home
Office (Ministère de l'Intérieur britannique), avant d'être accordée
hier. Dans un communiqué, L'Iranian Railroad for Queer Refugees(IRQR),
une association LGBT iranienne, remercie donc «tous les officiels élus,
groupes, organisations, activistes et individus qui ont soutenu Katia
Firouz dans sa bataille», avant d'ajouter: «Nous, les queers iraniens,
sommes fiers désormais de ne plus être seuls, car il y a des millions de
personnes qui sont au courant de notre situation et nous soutiennent dès
que l'on a besoin d'eux.»
Kiana Firouz qui tient le premier rôle dans le film Cul-de-Sac
(photo), une fiction-documentaire basée sur sa propre expérience en tant
que lesbienne iranienne, peut donc désormais profiter de sa liberté.
Elle avouait encore hier soir sur sa page Facebook: «Je ne peux toujours
pas y croire»!
Iran: trois hommes menacés de
peine de mort pour homosexualité
Un quatrième homme aurait été battu à mort lors de sa détention.
Reza,
Alireza et Hamid en danger de mort? Ces trois Iraniens ont été arrêtés
en mai à Sari (province de Mazandaran, Nord) pour homosexualité,
explique l'Iranian Railroad for Queer Refugees (IRQR), une organisation
d'aide aux réfugiés LGBT iraniens.
Pendaison fréquente
Lors de leur raid, les forces de sécurité ont saisi pour preuve un
ordinateur et des effets personnels d'Alireza, 28 ans, et Reza, 23 ans.
Ils ont en outre arrêté leurs invités - libérés après qu'ils ont avoué
de force que leurs hôtes vivaient en couple.
La condamnation des amants n'est pas connue mais, au pays des
ayatollahs, la pendaison est fréquente pour châtier les homosexuels.
D'ailleurs, selon la rumeur, c'est le sort qui attend le troisième
homme, Hamid, un quadragénaire qui a déjà reçu 74 coups de fouets parce
que sa femme a dénoncé sa relation sexuelle avec un jeune de 17 ans.
Jeune dont on ignore le devenir...
L'IRQR demande une enquête approfondie
Toujours à Sari, Amir a semble-t-il déjà payé de sa vie son orientation
sexuelle. Arrêté alors qu'il dinait avec sa petite amie, ce bisexuel de
23 ans aurait été battu à mort lors de sa détention.
Basée au Canada, «I'IRQR condamne l'arrestation, la torture et le
meurtre des queers iraniens par les forces de sécurité, qu'elle
considère comme une violation des droits humains internationalement
reconnus, et exhorte le gouvernement iranien à agir pour cesser ces
abus». Enfin, elle demande le soutien d'organisations internationales,
«particulièrement d'Amnesty International et de Human Rights Watch»,
pour approfondir l'enquête sur ces affaires.
«Quatre présidents américains
étaient gay»
En six ans, Michael Rogers s'est fait une spécialité de
révéler l'homosexualité de parlementaires anti-gays. Un jour, pourquoi
pas un président? Rencontre avec celui qui fait trembler les
politiciens du Congrès.
Le Washington Post a dit de lui qu'il
était l'homme le plus craint du «Hill», colline mythique du Congrès
américain. Et pour cause, Michael Rogers, pape américain de la
pratique très controversée de l'«outing», a pouvoir de destruction sur
des carrières et des vies entières.
«Les journalistes n'osent pas poser la
question: "Etes-vous gay?"»
Depuis six ans, sur son blog
BlogActive,
il révèle le nom de politiciens qu'il accuse d'être «hypocrites». Dans
son vocable, ce sont des gays et lesbiennes qui, tout en étant dans le
placard, adoptent une rhétorique et des positions résolument
homophobes à des fins électoralistes. Sa dernière proie en date est le
député républicain Mark Kirk qui a récemment voté contre l'abrogation
de Don't Ask Don't Tell, la loi qui interdit aux homosexuels de servir
ouvertement dans l'armée. «Je ne me suis jamais trompé, dit-il. Je ne
peux pas me permettre de me tromper.»
Démocrate, ancien de Greenpeace reconverti en journaliste-entrepreneur
(il est entre autres le rédacteur en chef de
PageOneQ, un
site d'infos LGBT), Rogers a lancé son blog en 2004, à l'approche de
la réélection de George W. Bush. En plein «gay-bashing», il partait
en croisade contre le silence bien volontaire de ses confrères sur
l'homosexualité présumée de certains politiciens. «Ils n'osent pas
poser la question : "êtes-vous gay?" car ils ont peur que ça soit la
dernière», affirme-t-il.
Washington, Lincoln, Buchanan et... ?
La première personne à laquelle Rogers a posé la question fatidique
était Ed Schrock, un député de Virginie balancé par une source qui
détenait un enregistrement audio du républicain contactant un
prostitué. Le parlementaire a renoncé à se représenter par la suite.
Depuis, Rogers, toujours à partir de sources anonymes, a «outé» une
trentaine d'hommes et femmes politiques, pour la plupart républicains.
Son «outing» de Larry Craig en 2007, sénateur respecté de l'Idaho, lui
a même valu d'être l'objet d'un film, Outrage, qui raconte
son travail.
«Quand j'ai commencé, je ne pensais pas qu'il y
avait autant de politiciens dans cette situation», admet-il.
Mais pour Rogers, le plus gros des trophées de chasse est peut-être
encore à venir. En effet, quand on lui demande s'il pense un jour «outer»
un Président des Etats-Unis, il marque une pause. «Lincoln, Buchanan
étaient gay, Washington était probablement gay. Et je pense qu'il y en
a un quatrième...», répond-il d'un ton énigmatique. Vivant ? Mort ? Il
refuse de donner plus d'informations. «Rappelez-vous, je ne me trompe
jamais.»
«Pendant 15 ans, nous sommes
restés la seule librairie gay de France»
Il y a 30 ans, pour la première fois en France, une
librairie gay ouvrait. Cette pionnière: les Mots à la bouche,
devenue depuis une institution au cœur du Marais. Retour sur son
histoire avec son propriétaire, Walter Paluch.
TÊTU: Les Mots à la bouche sont devenus
un lieu incontournable du Marais. Quelles ont été les principales
étapes pour en arriver à ce succès? Walter Paluch: Quand nous avons créé la librairie
en 1980, le contexte était difficile, l’homosexualité n’était pas
encore dépénalisée, mais nous voulions un lieu ouvert, qui ait
pignon sur rue. Nous étions la première librairie gay de France et
pendant 15 ans nous sommes restées la seule. Au tout début, nous
étions dans le 18e arrondissement et les premières années ont été
très dures. En 1983, nous avons emménagé dans le Marais et la
librairie a progressivement pris son essor. Quand nous sommes
arrivés dans le quartier, il n’y avait que deux ou trois bars homos
et ce n’est qu’à la fin des années 80 qu’il est vraiment devenu un
quartier gay. La librairie a joué un grand rôle dans cette
évolution, en attirant de nombreux gays et en ajoutant un aspect
culturel et intellectuel. De nombreux établissements se sont ensuite
installés et une dynamique d’ensemble s’est créée. Mais depuis
quelques années, on constate une diversification du public du
Marais. Le dimanche, c’est presque un quartier hétéro…
Comment a évolué la littérature homo ces
trente dernières années ?
Elle s’est énormément développée. Dans les années 80, peu d’auteurs
s’affichaient homos, il n’y avait que quelques grands noms.
Maintenant, on ne compte plus les essais ou les romans sur le sujet,
on n’a plus la place de tous les mettre dans les rayonnages ! Mais
on ne se limite pas aux livres homos, on s’est beaucoup diversifié.
Nous sommes aussi une librairie de quartier et les lecteurs homos ne
s’intéressent pas uniquement à leur sexualité. De plus, l’époque a
changé : quand nous avons créé la librairie, on ne trouvait nul part
des livres concernant les homos, à part ceux de quelques auteurs
comme Proust ou Genet. Maintenant, toutes les librairies en
proposent, on est contraint d’élargir notre offre. En Allemagne par
exemple, les librairies homos vendent exclusivement des livres
concernant l’homosexualité, et elles ne marchent pas très bien…
Qu’avez-vous prévu pour marquer cet
anniversaire ? Jusqu’au 25 juin, nous organiserons dix événements, des
tables rondes, des rencontres avec des auteurs, pour mener une
réflexion approfondie sur la situation des homos aujourd’hui. Le
programme s’est construit autour de deux idées. Nous voulons d’abord
soutenir les petites maisons d’édition gay et lesbiennes, qui sont
toujours oubliées des médias. Ensuite, nous proposons deux soirées
consacrées à l’histoire, je suis persuadé qu’il faut toujours
regarder en arrière pour comprendre le monde et ne pas reproduire
les mêmes erreurs. Nous ferons par exemple un hommage à Magnus
Hirschfeld, sexologue allemand et pionnier des luttes homosexuelles
dans les années 20, et nous recevrons le secrétaire de l’association
Les oubliéEs de la mémoire, et auteur d’un livre sur le dernier
survivant de la déportation homosexuelle en France.
Pour en savoir plus sur l’histoire de la librairie et consulter
le programme complet des soirées thématiques :
www.motsbouche.com
BD: Pour son deuxième tome,
La p'tite Blan fait son «Coming Out»
«Coming Out» a officiellement vu le jour hier. Il s'agit
du volet numéro deux des aventures de La p'tite Blan, personnage
«100 % trentenaire, cynique et lesbienne». Une BD dessinée par
Galou et scénarisée par Blan.
Le titre de la bande dessinée ne laisse aucune
place au mystère: La p'tite Blan s'est enfin décidée, elle sort la
tête du placard dans lequel elle est trop longtemps restée
enfermée. Uniquement la tête? Ou aura-t-elle le courage de
s'assumer pleinement? Car cette révélation risque de ne pas être
sans complications... Face à sa famille, à ses amis et à la
société, La p'tite Blan se retrouve inévitablement confrontée aux
préjugés de certains et à l'ignorance ou à l'hypocrisie des
autres.
La suite de Coming Soon
Dans le précédent opus de cette autobiographie dessinée,
Coming Soon, La p'tite Blanc nous racontait ses premiers pas
de lesbienne, après quelques années passées à faire semblant
d'être une hétéro dans le rang. A la fois caustique, provoc et
désinhibée, elle éprouvait malgré tout des difficultés à
s’assumer. C'est désormais chose faite.
Si Coming Out est officiellement sorti
hier, il n'est pas pour autant disponible dans tous les bacs:
certaines librairies ont l'avantage d'être les premières servies.
Vous trouverez plus de détails concernant les points de vente sur
le site de La p'tite Blan. Le lancement national de cette
«histoire de sortie de placard» est prévu courant juin.
Quelles sont les entreprises
les plus gay-friendly?
Le but de
cette enquête, réalisée avec la participation de l’Ilga et de
l’Ilga-Europe, est de faire comprendre l’importance des diversités au
sein d’une société en faisant participer un maximum d’entreprises du
monde entier à l’opération. Arrivent ainsi en tête IBM, Google, BT
Group, Morgan Stanley et Cisco Systems – Google et Morgan Stanley,
toutes deux nouvelles.
Pour participer, les entreprises doivent avoir des
bureaux dans au moins trois pays. Le questionnaire comprend 17
questions, que les entreprises sont chargées de transmettre à leurs
filiales.
Selon Pascal Lépine, président fondateur de la CCIGL,
25 sociétés ont participé cette année à ce programme d’évaluation. Un
programme d’évaluation qui touche donc 2,2 millions de salarié-e-s de
par le monde
Avec « Je t’aime pareil »,
France Inter parlera d’homosexualité tous les samedis soirs
Yagg parle rarement de radio, et pourtant, la radio,
on aime! Et ça tombe bien, parce qu’à partir du 26 juin (date de la
Marche des fiertés LGBT, à Paris), France Inter se penche sur
l’homosexualité, avec Je t’aime pareil, une émission de
Marjolaine Koch et Harry Eliezer, le samedi à 21h05 (sauf le 3 juillet
pour cause d’Eurockéennes de Belfort).
« POURQUOI LA FRANCE SE BRAQUE-T-ELLE? »
« Où en est réellement la société française vis-à-vis de l’homosexualité
aujourd’hui?, s’interroge le dossier de presse. Ces dernières années ont
été marquées par l’arrivée du pacs. Mais contrairement à d’autres pays
parfois très proches de nous, les homosexuels sont-ils vraiment
acceptés? L’idée de cette série d’émissions de radio est de faire un
état des lieux de la situation. En quoi les mœurs ont-elles changé et
qu’est-ce qui bloque encore? Quand des pays comme le Portugal autorisent
le mariage gay ou l’insémination et l’adoption pour les couples
homosexuels en Belgique, pourquoi la France se braque-t-elle en refusant
de franchir le pas? Les témoignages de personnes concernées, qu’elles
vivent en France ou à l’étranger, aideront à dresser un bilan. »
L’émission, qui commencera par « le cliché du jour »,
sera essentiellement composée de témoignages, a indiqué Marjolaine Koch
à Yagg. Pour chaque thème (« Le jour où j’ai su » le 26 juin, « Papa,
maman, les copains… chéri(e): je suis homo » le 10 juillet,
« L’homosexualité hier et aujourd’hui » le 17, « Les différentes
manières de gérer son homosexualité » le 24, « Marié à tout prix » le
31, « L’homoparentalité » le 7 août, « Chez moi, ça ne se fait pas » le
14, « Homo, croyant et pratiquant » le 21 et « Sport et homosexualité »
le 28), deux personnes viendront partager leur expérience (Tatiana
Potard le 24, par exemple), d’autres interviendront en plateau ou
par téléphone, comme ce prof de philo qui tente, à travers ses cours, de
faire en sorte que tous ses élèves se sentent acceptés.
Je t’aime pareil donnera aussi la parole à
des LGBT à l’étranger (les fondateurs du magazine gay marocain
Mithly). Et si le débat n’est pas l’objet principal de Je
t’aime pareil, Harry Eliezer et Marjolaine Koch n’ont pas peur
d’aborder les sujets qui fâchent: ils ont invité une psy qui affirme
« ramener » les homos à l’hétérosexualité. Sa présence n’étant pas
encore confirmée, son nom n’est pas communiqué, mais c’est une édition
qui vaudra sans doute la peine d’être écoutée. Même si ce passage ne
sera semble-t-il pas représentatif du ton de l’émission par ailleurs.
Et pourquoi le service public s’intéresse-t-il à
l’homosexualité au point de lui consacrer une émission tout l’été?
« L’idée est venue de moi, raconte Marjolaine Koch. C’est en discutant
avec des proches de leur vie en tant qu’homos que j’ai eu envie de
creuser la question, de comprendre ce qu’ils vivaient. »
Je t’aime pareil, sur France Inter, le samedi à
21h05, à partir du 26 juin (sauf le 3 juillet) et en
podcast
Journée mondiale du don du
sang? Pas pour tous!
Aujourd’hui, lundi 14 juin, se tient la Journée mondiale du don du
sang. L’occasion pour l’EFS (Établissement français du sang)
d’encourager les Français à donner leur sang. À l’exclusion des
homosexuels qui, depuis 27 ans, n’ont toujours pas le droit de le faire.
Une mesure de précaution qui date en effet de 1983, c’est-à-dire au tout
début de l’épidémie du sida.
En 2007, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot promettait
pourtant de changer cette situation discriminatoire et d’ouvrir le don
du sang aux homosexuels. Deux ans plus tard, revenant sur cette
promesse, elle signait un arrêté définissant de nouveaux critères de
sélection de donneurs de sang (âge repoussé, fréquence des dons
augmentée…), mais réaffirmait l’interdiction aux gays de donner leur
sang. « Il y a un risque, et ce risque est trop élevé », concluait-elle
alors dans un entretien accordé à
Libération.
Évidement le risque zéro n’existe pas et la population gay se trouve
être plus frappée par l’épidémie. Le problème reste cependant que la
sélection se fasse selon l’appartenance à un groupe et non selon le
comportement effectif des gens. Chaque homosexuel étant perçu comme un
potentiel porteur du virus.
De plus, ces critères se fondent sur la parole du donneur. Avant de
donner son sang, le volontaire doit remplir un questionnaire. Un
questionnaire qui se base sur sa bonne foi, qu’il s’agisse de ses
antécédents médicaux comme de ses pratiques sexuelles. La parole d’un
homosexuel, lorsqu’il affirme n’avoir eu que des rapports protégés,
n’aurait-elle pas le même poids que celle d’un hétérosexuel?
ET AILLEURS?
Cette situation n’est pas la même partout. Chaque pays détermine ses
critères de sélection et la perception du risque des donneurs
homosexuels n’est visiblement pas partagée par tous. En Europe, les
homosexuels peuvent par exemple donner leur sang en Espagne où cette
restriction n’a tout bonnement jamais existé. En Italie et au Portugal,
la restriction avait bien été appliquée dès les années 1980, mais elle a
été levée depuis plusieurs années (en août 2006 pour le Portugal).
La Suède a changé ses critères, à son tour, en mars 2010. Les gays
suédois
peuvent donc désormais donner leur sang, à la condition – un peu
particulière – de n’avoir pas eu de rapport sexuel avec un homme au
cours des douze derniers mois.
La Suisse pourrait suivre, comme l’explique un article de
La Tribune de Genève. La question a en tout cas été soulevée au sein
du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge suisse, qui
chapeaute les centres et évalue les critères de dons. Il faudra attendre
l’année prochaine pour connaître ses conclusions.
Colloque « Éducation et
homophobie » – 2: « Une première journée riche, mais chargée… »
Pendant trois jours, du 15 au 17 juin, Besançon
accueille le
colloque « Éducation et homophobie », organisé par l’association
Nouvel Esprit. Natacha Taurisson, coordinatrice nationale du Collectif
éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire (notamment), a
accepté de jouer les « petites souris » pour Yagg.
Il vaut mieux des têtes bien faites, que des têtes
bien pleines qu’il disait… Si je partage entièrement cet adage, la
mienne en cette fin de journée commence déjà à bien se remplir!
Le colloque Éducation et homophobie de Besançon a
donc débuté en ce mardi 15 juin par l’intervention des « officiels ». Le
recteur de Franche-Comté, le vice-président de l’université, la
vice-présidente de la région, le maire de Besançon… bref la brochette
indispensable des acteurs de la politique locale en ouverture de cette
manifestation se présente et délivre son intérêt pour LA cause…
Mon impression? Rien de nouveau du côté de la parole
du représentant de l’Éducation nationale, qui affiche et met en avant du
réchauffé en nous annonçant, comme l’avait fait son ministre de tutelle
le 17 mai dernier, que le ministre de l’Éducation nationale avait décidé
le lancement d’une vaste concertation sur les discriminations, et bla
bla bla… Gonflé quand même, quand on sait que cette concertation est
lancée depuis décembre dernier et ce, sur une demande faite à M. Darcos
datant de l’époque où il était ministre, par l’Inter-LGBT et le
Collectif éducation LGBT. Le rapport est sur le bureau de M. Chatel
depuis de nombreuses semaines, et donc déjà bouclé! Pourtant, on attend
toujours les promesses qui datent d’un an, de mise en place de groupes
de travail sur les discriminations, LGBT notamment.
Dix minutes de présence et d’expression de
l’Éducation nationale seront les seules traces d’une présence de
représentants éventuels au cours de ce colloque d’une durée de trois
jours. Rappelez-moi déjà la thématique du colloque? Pourtant il me
semblait avoir entendu notre ministre dire que la lutte contre « toutes
les discriminations » était sa priorité en février dernier. Les
LGBTphobies dans le milieu éducatif ne doivent certainement pas faire
partie des priorités, voir des discriminations… Oui je suis colère du
peu de cas fait par ce ministère, qui aurait soi-disant accordé à ce
colloque son haut patronage.
Bon allez, c’était ma minute d’humeur militante,
promis. Heureusement que l’on peut aussi entendre des interventions qui
s’engagent davantage. C’était le cas des élus locaux, et notamment du
maire de la ville. Du rarement entendu par mes oreilles, pareil message
provenant d’une municipalité qui prononce tous les mots de la panoplie
LGBT sans tabou, y compris des mots grossiers pour certains comme
« transsexualité », « identité de genre », « transphobie »… en sachant
de quoi il s’agit. Une panoplie d’action mises en place, même reconnue
par la Halde comme exemple national! Et après on dira que les petites
villes de province, au fin fond de la France, ne sont pas à la hauteur.
Voilà pour moi un bel exemple de partenariat associatif constructif qui
apporte son lot d’actions concrètes.
Mais les vrais temps de ce colloque sont pour moi les
partages d’expériences et de pratiques dans les pays de cette planète
que permet cet événement. C’était aujourd’hui la journée consacrée à
l’état des lieux. Comment se nourrir de la quinzaine de contributions
dans les ateliers sans avoir le don de la triple personnalité? Aller
hop, première frustration! Et ce, sans compter les conférences plénières
riches d’enseignements. Décidément le Canada sera toujours à la pointe
de l’accompagnement et du traitement des thématiques soulevées par les
questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre par les
ministères concernés. La Belgique n’est pas mal non plus, malgré certes
quelques soucis en ce moment sur d’autres formes de discriminations
nationales… Je suis aux anges pendant les pauses, quelle chance de
pouvoir profiter de ces temps pour prendre des contacts, échanger en
libre de nos recherches, de nos analyses pour les compléter. C’est dans
ce type de manifestations que l’on prend encore davantage conscience de
l’ampleur du mot « diversité » et la richesse qu’il peut engendrer…
Et voilà, je suis sur mon clavier pour me laisser aller à mes
élucubrations, et je viens de rater le pot de la mairie et la visite du
musée du Temps… Alors je laisse l’écran et file rejoindre la diversité
pour continuer ce voyage francomtois, avec Anne qui cet après-midi nous
a rejoints…
Natacha Taurisson
Natacha Taurisson est coordinatrice nationale du Collectif éducation
contre les LGBTphobies en milieu scolaire; présidente, porte-parole et
animatrice dans le milieu associatif LGBT et spécialiste de la question
de l’identité de genre, depuis 1998; porte-parole et formatrice de
l’association EGO (Être Genre Orientation); enseignante, responsable
syndicale nationale, coordinatrice du pôle national de formation du
Sgen-CFDT, Formatrice et animatrice de l’institut de formation IRIS.
Les mères lesbiennes seraient
de meilleurs parents
Voilà qui va défriser les opposants à
l’homoparentalité: une étude menée sur 25 ans et publiée par la très
sérieuse revue américaine
Pediatrics (téléchargeable
sur le site de la revue) montre que les enfants élevés par des mères
lesbiennes, en couples ou célibataires, vont plutôt mieux que les
autres.
Jusqu’ici, la plupart des études avaient conclu que
les enfants élevés dans des familles homoparentales ne montraient pas de
différence significative avec les autres. Le résultat de la « National
Longitudinal Lesbian Family Study » (NLLFS)
étonne même ses auteures, Nanette Gartrell et Henny Bos: « Nous ne nous
attendions pas à trouver qu’ils allaient « mieux, nous nous attendions à
trouver qu’ils allaient « aussi bien »", a expliqué Nanette Gartrell à
Medpage Today, un site d’information à destination des médecins.
FAMILLES LESBIENNES « PLANIFIÉES »
L’étude menée auprès d’enfants né-e-s de mères lesbiennes et conçu-e-s
par insémination artificielle portait sur quatre axes principaux:
l’adaptation psychologique, les relations des enfants avec leurs pairs,
les relations familiales et l’école. De 1986 à 1992, 154 mères en
devenir de Boston, Washington et San Francisco ont accepté de participer
à cette recherche, qui consistait à suivre des familles lesbiennes
« planifiées » (par opposition à des familles dont les enfants seraient
nés dans un contexte hétérosexuel avant le coming-out de la mère) de la
conception de l’enfant jusqu’à ce qu’il ou elle atteigne l’âge adulte,
soit 84 familles (70 mères biologiques, 70 mères sociales et 14 mères
célibataires). À ce jour, 78 enfants ont été suivis, et des données ont
été récoltées directement auprès d’eux, par des questionnaires et des
entretiens, lorsqu’ils avaient 10 ans puis 17 ans, ainsi qu’auprès de
leurs mères au fur et à mesure, en 5 étapes.
Les données ont ensuite été comparées à celles
recueillies auprès d’un échantillon de jeunes Américains dans le cadre
d’une autre étude (l’étude Achenbach): « Les analyses comparatives ont
démontré que les filles et les garçons de 17 ans de la NLLFS obtenaient
des résultats sensiblement meilleurs dans les rapports sociaux, les
résultats scolaires et les compétences générales et s