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 d’ADHEOS

Organisées depuis 10 ans avec un succès croissant, voici que les marches LGBT sont interdites les unes après les autres par les autorités islamo-conservatrices. A Izmir, toutefois, les manifestants ont bravé les ordres de la police.
S’il fallait encore une preuve de la dérive autoritaire du pouvoir islamo-conservateur turc, le gouverneur d’Izmir l’a fournie, cette semaine. Il a interdit la Gay Pride prévue aujourd’hui dans la troisième ville du pays avec le soutien de la municipalité de Konak, le district central d’Izmir. Motif? «Des informations reçues des services de renseignements, selon lesquelles la manifestation serait infiltrée par des personnes ou des groupes agissant pour une organisation terroriste et mènerait des actes de provocations et de violence.»
 
Ces dernières années, le mouvement LGBT a reçu le soutien de la gauche prokurde, que le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan est en passe de mettre hors-la-loi en raison de liens présumés avec la rébellion kurde du PKK.
 
Ankara et Istanbul aussi
 
Des arguments analogues à ceux évoqués à Izmir ont été utilisés pour interdire la marche contre l’homophobie et la transphobie prévue à Ankara le 22 mai. L’an dernier, la Pride d’Istanbul, la plus ancienne du pays, qui avait été réprimée par la police après son interdiction – officiellement en raison de la coïncidence de la marche avec le mois du ramadan. Des canons à eau et balles en caoutchouc avaient été utilisées contre les milliers de participants au défilé pacifique. Les organisateurs avaient déposé une plainte pour violences policières, qui avait été rejetée. La pride 2016 dans la métropole du Bosphore est prévue le samedi 26 juin, également pendant ramadan.

Défilé maintenu
 
Bravant l’ordre d’interdiction, une centaine de manifestants LGBT sont tout de même descendu dans la rue, hier en début de soirée à Izmir. La police avait bloqué le parcours prévu avec des barrières et a appelé la foule à se disperser. Au contraire, le défilé a bifurqué pour se rendre sur le bord de mer aux cris de «Etat homophobe, nous te renverserons!», et «Tayyip [Recep Erdogan], tire-toi, les homos sont là!» Aucun incident n’a été signalé.