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Bobigny Un homme devant les assises pour le viol punitif d'une lesbienne

Jeudi 05 mars 2020 à 17h24
Catégories : FRANCE, Revue de presse

La jeune femme, qui a d'abord demandé le huis clos, souhaite finalement un procès public. Elle espère que ce qu'elle a vécu soit reconnu comme un crime.
 
Il m'a punie pour trois choses: être lesbienne, ne pas avoir eu peur de le ramener chez moi et ne pas avoir eu peur de lui dire non". Jeudi et vendredi, un homme de 24 ans comparaît à Bobigny, accusé d'avoir violé, battu et volé une jeune femme "en raison de son orientation sexuelle".
 
Le 8 octobre 2017, à 3H30 du matin, Jeanne (prénom modifié), 30 ans, boit une bière avec une amie sur les marches de la place de la République, à Paris, après une soirée arrosée en boîte de nuit. Un jeune homme les aborde. Alors que le garçon flirte avec elle, Jeanne «tente de lui mettre un stop» et lui explique être lesbienne, raconte-t-elle.
 
Rejoints par un ami du jeune homme, ils poursuivent la soirée à quatre et s'installent dans un parc, où ils continuent à boire.
 
"Séduite", Jeanne, qui n'a pas eu d'histoire avec une homme depuis près de dix ans, finit par rentrer chez elle, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) vers 6H30, accompagnée du jeune homme. Alors qu'ils entament un rapport sexuel, Jeanne change d'avis et lui demande d'arrêter.
 
Selon son témoignage, il la traite alors de "petite conne" et lui lance : "Ah, tu kiffes les meufs, je vais te faire kiffer". Suivront près de deux heures de coups et de sévices sexuels. Jusqu'à ce que le jeune homme finisse par quitter l'appartement, après avoir dérobé une chevalière et la carte bleue de sa victime.
 
"Avant de partir, il m'a dit 'T'as compris maintenant, tu feras moins ta conne ?'", rapporte la jeune femme.
 
Un agresseur déjà connu des services de police
 
Le médecin légiste qui examinera Jeanne quelques heures après les faits relèvera de "très nombreuses plaies sur l'ensemble du corps", "une perforation du tympan" et "des ecchymoses au niveau du cou et du thorax". Et lui octroiera 20 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
 
Après deux semaines d'enquête, son agresseur présumé, déjà connu de la police pour des faits d'agression sexuelle et de vol avec violence, est interpellé à Herouville-Saint-Clair (Calvados), où il vit avec sa compagne. Confondu par des images de vidéo-surveillance et par son ADN, il déclare aux enquêteurs n'avoir eu que des rapports sexuels consentis, "sans aucune violence", avec la jeune femme. Il sera mis en examen et écroué.
 
Sollicité par l'AFP, l'avocat de l'accusé n'a pas souhaité faire de déclarations. Au terme des investigations, le juge d'instruction a décidé de le renvoyer devant la cour d'assises pour viol, "avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en raison de l'orientation sexuelle de la victime". L'accusé devra également répondre de vol avec violence et de tentative d'escroquerie.
 
Aujourd'hui âgée de 33 ans, Jeanne, qui avait dans un premier temps envisagé de demander le huis clos, souhaite finalement un procès public. "Porter plainte pour viol c'est terrible, c'est un combat long et dur qui s'ajoute au viol. Aller au bout de la procédure, supporter cette épreuve en vaut la peine si elle permet de faire passer la justice", dit-elle. Soulignant qu'il "y a tellement peu de femmes qui obtiennent un procès", elle attend que ce qu'elle a vécu "soit reconnu comme un crime". Le verdict est attendu vendredi.


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